Articles tagués : hymne

Un prière germano-scandinave « augmentée »

« Salut, au jour ! Salut aux fils du jour !
Salut à la nuit et ses filles maintenant !
Regardez-nous ici avec des yeux aimants,
Pour que nous, ici présents, remportions la victoire.

Salut aux Ases ! Salut aux Asynes !
Salut à toute la terre généreuse !
Donnez-nous la sagesse, et de bonnes paroles,
Et des mains guérisseuses, pour toute la vie.

Salut aux Vanes ! Salut aux Dises des Vanes !
Salut à tous les elfes qui, à jamais.
Sous l’arbre de la forêt verte,
Ecoutent le son des cordes de la harpe !

Salut aux hautes montagnes couvertes de forêts,
Et à toutes les vallées vertes !
Salut aux vents qui passent sur toutes les terres,
Remplissant le coeur des hommes !

Salut au soleil, qui d’en haut contemple
Toute la terre avec ses yeux brillants !
Salut à la lune, cette lune nocturne.
Qui erre dans le ciel sombre !

Entonnons tous maintenant les chants de louange,
Pour les dieux, les elfes, et les hommes ;
Pour les nains et les génies, et tout ce qui est bon
Sous le regard du soleil.

Chantons ensemble pendant que le temps le permet,
Avant que les mensonges et les calomnies ne nous séparent ;
Puis quittons-nous en paix, comme devraient le faire des amis
Qui depuis longtemps s’apprécient ! »

Partie en gras : Sigrdrífumál, 2-3 (Edda poétique)

Les cinq strophes suivantes ont été générées par une IA : https://beta.openai.com/playground

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Hymnes païens : à la muse Calliope et à Apollon (par Mésomède)

Ἄειδε μοῦσά μοι φίλη,
μολπῆς δ’ ἐμῆς κατάρχου·
αὔρη δὲ σῶν ἀπ’ ἀλσέων
ἐμὰς φρένας δονείτω.

Καλλιόπεια σοφά,
μουσῶν προκαθαγέτι τερπνῶν,
καὶ σοφὲ μυστοδότα,
Λατοῦς γόνε, Δήλιε, Παιάν,
εὐμενεῖς πάρεστέ μοι.
Chante pour moi, Muse amicale,
Et fais débuter mon chant,
Envoie moi un souffle depuis tes clairières
Pour agiter mon esprit.

Sage Calliope,
Meneuse des réjouissantes Muses
Et habile initiatrice aux Mystères !
Enfant de Letô, Dêlien, Péan !
Favorisez-moi par votre présence !
(Hymne de Mésomède, à la muse Calliope et à Apollon)

Thanasis Kleopas chante, en grec ancien, un hymne païen du poète Mésomède de Crète (IIe siècle de l’ère chrétienne) pour Calliope (muse de la poésie épique) et pour Apollon Péan (maître des chants rituels), seigneur de l’île sacrée de Dêlos.

Autres interprétations : arrangement acoustique de Stef Conner, puis version dub / ambient.

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Naissance du cosmos : quand les Védas indiens rejoignent les Eddas scandinaves

« Ni le non-être l’existait alors, ni l’être.
Il n’existait ni l’espace aérien, ni le firmament au-delà.
Qu’est-ce qui se mouvait puissamment ? Où ? Sous la garde de qui ?
Était-ce de l’eau, insondablement profonde?

Il n’existait en ce temps ni mort, ni non-mort ;
Il n’y avait pas de signe distinctif pour la nuit ou le jour.
L’Un respirait de son propre élan, sans qu’il n’y ait de souffle.
En dehors de cela, il n’existait rien d’autre.

À l’origine, les ténèbres étaient cachées par les ténèbres.
Cet univers n’était qu’onde indistincte.
Alors, par la puissance de l’Ardeur, l’Un prit naissance,
Principe vide et recouvert de vacuité.

Le Désir en fut le développement originel,
Désir qui a été la semence première de la conscience.
Enquêtant en eux-même, les poètes surent découvrir
Par leur réflexion le lien de l’être dans le non-être.

Leur corde était tendue en transversale.
Qu’est-ce qui était au-dessous? Qu’est-ce qui était au-dessus?
Il y avait des donneurs de semence, il y avait des pouvoirs.
L’élan spontané était en bas, le don de soi était en haut.

Qui sait en vérité, qui pourrait ici proclamer
D’où est née, d’où vient cette création ?
Les dieux (sont nés) après par la création secondaire de notre monde.
Mais qui sait d’où celle-ci même est issue?

Cette création secondaire, d’où elle est issue,
Si elle a fait l’objet ou non d’une institution,
Seul celui qui surveille ce monde au plus haut firmament le sait…
A moins qu’il ne le sache pas ? »

(Nasadiya Sukta – Rig Veda, X, 129, trad. Louis Renou)


Éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande), 2010. Photo : Terje Sørgjerd

« Je vous prie de m’écouter
vous tous de la famille bénie
des enfants de Heimdalr [= les Germains] ;
Tu veux, Valföðr [« père des tués » = Odin],
que je raconte bien
les plus lointains des anciens savoirs
dont je me souvienne.

Je me rappelle les géants
nés aux temps anciens
ceux qui anciennement
m’ont nourrie jusqu’à l’âge adulte ;
je me souviens de neuf mondes,
et de neuf géantes,
et le célèbre arbre-ordonnateur de la mesure
encore sous la terre.

En ces temps anciens
où [le Géant primordial] Ymir s’était installé là,
il n’y avait ni sable ni mer
ni fraîches vagues ;
La terre n’existait pas
ni le ciel au-dessus,
seulement un gouffre immense
et d’herbe point.

Les fils de Burr [Odin et ses deux frères], d’abord,
ont rehaussé les terres
où Miðgarðr [le monde des Humains] se trouve,
glorieusement façonné par magie;
la Soleil a brillé du Sud
sur la salle en pierre,
alors dans le sol
ont poussé de verts poireaux.

La Soleil, depuis le Sud, tendit
sa main au Lune pour avoir une place confortable
tout autour du ciel ;
la Soleil ne savait pas
quelle demeure elle avait,
les étoiles ne savaient pas
quel logement elles avaient,
le Lune ne savait pas
quelle puissance il avait.

Alors toutes les puissances sacrées
s’installèrent sur les sièges de jugement,
les dieux, divinités suprêmes
et de ceci ils délibérèrent :
Ils attribuèrent des noms
à la nuit et à ses descendantes,
ils nommèrent le matin
et le milieu du jour,
les heures du jour et celles du soir,
ils comptèrent les années. »

(Völuspá, §1-6, trad. Yves Kodratoff)

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Dem Gott Ingwin (FR : Au dieu Ingwin)

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Yngvi-Freyr

 

Salut à toi, ô Ingwin, fils de Nerde,

Géniteur de grandes lignées !

 

On dit qu’il est bon de t’invoquer

Pour la fertilité de la terre

Comme pour celle des humains.

 

Il y a trois années de cela,

Lors de la fête des moissons

Qui fut célébrée en ton honneur,

Au sein d’un foyer ami

Qui m’avait offert l’hospitalité

Sur la terre lointaine de Weinland,

Je t’ai fait cette promesse :

Un plein fût de bière de mon pays,

Si jamais tu exauçais le souhait

Que je venais de formuler.

 

Toi, le plus renommé des dieux,

Puissant et de beau visage,

Tu as été généreux pour les miens.

 

Aujourd’hui, en ce lieu sacré

Que fréquentent les elfes,

Tandis que nous célébrons enfin

La fin de longues moissons,

Reçois le premier fût de mon foyer ;

Et puisse ce doux breuvage,

Brassé avec joie par notre famille,

Fermenté sur ma terre natale,

Te réjouir comme Albenheim

Que tu reçus comme présent

Pour ta première dent.

 

Lenn er lost

 

(Les noms propres sont sous leur forme haut-allemande.

Ingwin = vieux-norrois Yngvi-Freyr

Nerde = vieux-norrois Njörðr

Weinland = vieux-norrois Vinland

Albenheim = vieux-norrois Alfheimr)

 

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Une prière d’offrande aryenne

Le zoroastrisme est une religion monothéiste issue d’une réforme du paganisme originel des anciens iraniens, ou Âryas (les nobles) dans leur propre langue. Son texte liturgique, le Yasna (« rituel ») comporte des parties écrites dans une langue plus ancienne, le vieil avestique, qui présente de nombreuses similitudes avec le sanskrit, mais aussi d’autres langues indo-européennes anciennes (grec ancien, latin, et ce qu’on peut reconstituer du proto-germanique, proto-celtique, et proto-balto-slave).

Zoroastrisme

L’une de ces parties est le Yasna Haptanghaiti, ou « rite des sept chapitres », qui semble être le noyau primitif du rite zoroastrien, et incorporer des formules en usage avant la réforme monothéiste. En voici une adaptation en français, qui s’applique finalement très bien aux paganismes européens dont les textes liturgiques n’ont pas été conservés :

Nous vous honorons, Généreux Immortels,
Par l’ensemble de ces paroles sacrées,
Et nous sacrifions aux sources,
Ainsi qu’aux gués des rivières,
Aux embranchements des routes,
Et aux croisées des chemins.

Et nous sacrifions aux collines
D’où s’élancent les torrents,
Et aux lacs qui débordent d’eau,
Et au blé qui emplit les champs.
Nous sacrifions aux sages d’antan,
Et aux Dieux qui les ont instruit.

Nous sacrifions à la Terre et au Ciel,
Au vent tumultueux né des Dieux,
Au sommet de la montagne sacrée,
A ce pays et à tout ce qui est bon,
Et nous adorons les âmes des héros,
Qui festoient avec le Roi des Dieux.

Nous sacrifions la boisson divine,
Cet or liquide qui chasse la mort,
Au torrent des eaux primordiales,
Au vol prophétique des oiseaux,
Au crépitement du feu rituel,
Et à tous les Généreux Immortels !

Ce qui n’est pas sans évoquer un témoignage d’un historien byzantin du VIe siècle concernant le peuple germanique des Alamans avant leur christianisation :

« Ils adorent certains arbres, l’eau des rivières ou des fleuves, les collines, les montagnes et les vallées. […] Ils s’imaginent ainsi faire acte de piété. » (Agathias de Myrina, Histoires, livre I)

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A Brigid la Victorieuse

Brigantia

« Victorieuse Brigid,
Gloire du clan,
Soeur du Roi Céleste,
Noble dame,
Menace des parjures,
Torche rayonnante.
Jusqu’au ciel béni,
Nourrice des Celtes,
Confort des invités,
Étincelle de sagesse,
Fille du Bon Dieu,
Dame fière,
Victorieuse Brigid,
Vie de tous les vivants ! »

Adaptation de « Brigit Búadach » à partir de deux traductions anglaises de l’original en vieil irlandais (Dánta Ban: Poems of Irish Women Early and Modern – A Collection par P. L. Henry, 1992 ; The Field Day Anthology of Irish Writing, vol. 4, par Angele Bourke, 2002).

Notez la parfaite correspondance de cette victorieuse Brigid irlandaise avec la Dea Brigantia Victoria attestée par une inscription du IIe siècle sur le territoire du peuple breton des Brigantes. Cette même Brigid irlandaise est patronne du feu du foyer, des l’inspiration poétique, et du brasier de la forge ; or César précise que chez les Gaulois, « Minerve transmet les rudiments des techniques et des arts » (Commentaire sur la Guerre des Gaules, VI, 17). Le nom de Brigantia se retrouve aussi dans la toponymie continentale, de Bregença au Portugal à Bregenz au bord du lac de Constance, en passant par Briançon dans l’actuel département des Hautes-Alpes.

On est donc bien ici en présence d’une divinité pan-celtique, dont les principales attributions sont : les arts et techniques, le feu sacré du foyer, et la victoire au combat.

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Un charme celtique contre le mauvais oeil

La Carmina Gadelica est un recueil de prières et incantations collectées dans l’Ecosse gaélique par le folkloriste Alexander Carmichael, entre 1860 et 1909. Il est parfois nécessaire de décrypter l’interpretatio christiana pour avoir un aperçu du sortilège païen originel. Ici, ce n’est même pas le cas, tout a juste été traduit au plus près, dans la mesure où les nuances de langue poétique gaélique pouvaient s’exprimer en français moderne. Le titre originel est Eolas a bheum shula, ce qui signifie mot-à-mot « le savoir-par-l’expérience de frapper l’oeil » et que Carmichael traduisit par « Exorcism of the eye« .

 

COMMENT CHASSER LE MAUVAIS OEIL

Je chevauche l’œil,
Comme le canard chevauche le lac,
Comme le cygne chevauche l’eau,
Comme l’étalon chevauche la plaine,
Comme la vache chevauche la prairie,
Comme l’armée des éléments chevauche,
Comme l’armée des éléments chevauche.

La force du vent, je l’ai sur lui,
La force du courroux, je l’ai sur lui,
La force du feu, je l’ai sur lui,
La force du tonnerre, je l’ai sur lui,
La force de l’éclair, je l’ai sur lui,
La force de la tempête, je l’ai sur elle,
La force de la lune, je l’ai sur elle,
La force du soleil, je l’ai sur lui,
La force des étoiles, je l’ai sur elles,
La force du firmament, je l’ai sur lui,
La force des cieux et des mondes,
Je l’ai sur eux-mêmes,
La force des cieux et des mondes,
Je l’ai sur eux-mêmes.

Un tiers de ceci sur les pierres grises,
Un tiers de ceci sur les collines escarpées,
Un tiers de ceci sur les cascades galopantes.

Un tiers de ceci sur les jolis prés,
Un tiers de ceci sur le sel de la grande mer,
Elle est le meilleur contenant pour ceci,
Le sel de la grande mer,
Le meilleur contenant pour ceci.

Au nom de la Triade des Éléments,
Au nom des Trois consacrés,
Au nom de tous les Secrets,
Et de toutes les Puissance assemblées.

 

Ex-voto oculaire

Ex-voto oculaire, trouvé au sanctuaire à la déesse Sequana aux sources de la Seine (Côte-d’Or)

Une vraie tradition celtique, donc, à mille lieues des fariboles néodruidiques telles que les triades du franc-maçon et faussaire Edward Williams (dit « Iolo Morganwg »).

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Bénédiction matinale dans la tradition germano-scandinave

Note : ceci est un extrait d’un fascicule en cours de rédaction sur une manière de pratiquer au quotidien la tradition germano-scandinave. L’impératif est utilisé par soucis de concision.

Benediction matinale

IL EST NATUREL DE SALUER LE SOLEIL AU MATIN. Dans notre tradition, c’est la déesse Sunna qui conduit le char solaire. Celui-ci, comme la lune, est poursuivi par un loup géant qui l’attrapera au Ragnarök. Chaque jour qui nous en sépare est béni par un court hymne, afin qu’il soit utilisé pour nous préparer au mieux.

« The Wolves Pursuing Sol and Mani » par John Charles Dollman (1909)

CETTE PRIÈRE PROVIENT DU SIGRDRIFUMAL, UN CHANT TIRÉ DE L’EDDA POÉTIQUE. La valkyrie Brunehilde a été endormie par la piqûre d’une épine magique. Après avoir vaincu le dragon Fafnir, le héros Siegfried la délivre de son sommeil. Lorsqu’elle se réveille, elle lui chante ces deux strophes en lui tendant une corne à boire pleine d’hydromel, la boisson de l’inspiration :

SALUT AU JOUR !

SALUT AUX FILS DU JOUR !

SALUT À LA NUIT ET SES FILLES.

REGARDEZ-NOUS AVEC DES YEUX BIENVEILLANTS, ET ACCORDEZ-NOUS LA VICTOIRE !

SALUT AUX dieux !

SALUT AUX déesses !

SALUT À LA TERRE GÉNÉREUSE.

DONNEZ-NOUS LE BON SENS, L’ÉLOQUENCE ET DES MAINS HABILES À FAIRE LE BIEN !

DÉBUTER AINSI SA JOURNÉE, C’EST S’INSCRIRE DANS NOTRE TRADITION POUR BÉNÉFICIER D’UNE SAGESSE ANTIQUE QUI EST TOUJOURS D’ACTUALITÉ. En effet, la suite du poème contient de précieux conseils révélés à Siegfried. Ils ne sont pas des dogmes, mais des condensés de millénaires d’expérience, issus de temps où la stupidité était synonyme de mort rapide. Alors que nous sommes bombardés de messages publicitaires, c’est un moyen de nous reconnecter à la nature, et à notre propre nature humaine.

NOUS CONSERVONS ENTIÈREMENT NOTRE LIBRE-ARBITRE, NOTRE « VOLONTÉ DE PUISSANCE ». C’est à nous de faire les choix nécessaires pour se forger un destin héroïque. En quelques vers, ce poème nous rappelle que, même sous le regard bienveillant des astres, le succès dépend de nos propres capacités : bon sens, éloquence, habilité. Un journée vécue dans notre tradition consiste donc à les entretenir, à les développer, et à accompagner les siens dans cette voie.

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Vous pouvez retrouver ici le fascicule sur Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Hymnes à la Terre

En cette journée internationale de la Terre, un hymne dédié à celle-ci. Žemyna est la déesse balte de la Terre (žemė en lithuanien moderne). On lui versait de la bière au début de chaque grande fête, après avoir trinqué en son nom. Avant de semer, il était et est toujours coutume d’enterrer un pain, fait à partir de la récolte précédente, pour remercier la Terre de ses bienfaits

Zemyna.

Il était également courant de s’allonger pour l’embrasser, ce qui évoque certaines pratiques grecques concernant les divinités souterraines. En fait, dans les traditions religieuses européennes, les seuls actes « d’abaissement » (s’agenouiller, se courber, …) ont pour sens d’honorer ce qui se trouve sous nous, pour s’en rapprocher. Les entités célestes n’ont nul besoin qu’on se diminue devant elles : par leur nature même, elles nous sont supérieures, et en nous adressant à elles il convient de les regarder, car le contraire serait impoli. C’est donc tout naturellement qu’on fixe leur idole dans les yeux, ou qu’on lève le visage vers la voûte céleste, bras écartés en signe de salut.

On peut trouver de nombreuses équivalentes à cette déesse-Terre chez les autres peuples indo-européens : Gaïa chez les Grecs, Prithvi (aussi nommée Bhumi), l’épouse de Dyaus Pitar, le Père Céleste des Hindous, … Voici donc d’autres exemples d’hymnes à la Terre divine. Pas de très net équivalent de la Terre personnifiée chez les Celtes, mais beaucoup de déesses y sont reliées ; et comme on dit on breton, re gozh an Douar evit ober goap anezhi (la Terre est trop vieille pour qu’on se moque d’elle).

En bonus, deux hymnes en grec, malheureusement sans mélodie conservée.

Hymne homérique à la Mère de Dieux

Chante-moi un hymne à la Mère
de tous les Dieux et de tous les hommes,
Muse harmonieuse, fille du grand Zeus !
Le son des krotales et des tympans lui plaît,
et le trépignement des pieds,
et le hurlement des loups,
et le rugissement des lions féroces ;
et les montagnes sonores lui plaisent,
de même que les gorges boisées.
Je te salue ainsi par mon chant,
Toi et toutes les Déesses.

Si cet hymne est très ancien et sans auteur connu, le second est plus récent, puisqu’il date de « seulement » seize siècles. Il a été écrit par Julien le Philosophe, dernier empereur romain païen.

Hymne à la Mère des Dieux (Julien le Philosophe)

Ô Mère des dieux et des hommes,
Toi qui partages le trône de Zeus
Et qui évalue chacune de ses décisions,
Ô source des dieux de l’esprit,
Qui poursuis ta course, inaltérable,
De même que nos alliés divins,
Toi qui reçois d’eux la vie
Et l’accorde toi-même aux dieux ;

Ô déesse pourvoyeuse de vie,
Providentielle conseillère,
Et créatrice de nos âmes,
Ô toi qu’aime le grand Dionysos,
Qui sauvas de la mort le dieu Attis
Après qu’il ait été abandonné à la naissance
Et qui le ramena quand il descendit
Dans la caverne des nymphes.

Ô toi qui donne tout ce qui est bon
Aux dieux de l’esprit,
Et qui remplis de toutes choses
Le monde que nous percevons,
Donne nous tout ce qui est bon !
Accorde à tous les hommes la joie,
Et la plus grande joie de toutes,
La connaissance des dieux.

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Jare Gody : équinoxe & musique polak

Trois morceaux de musique traditionnelle pour accompagner Jare Gody, la célébration polonaise de l’équinoxe de printemps.

Plus de détails sur les rites de Jare Gody dans un prochain article, n’hésitez pas à vous abonner par mail (en haut à gauche) ou par la page Facebook du Chat Poron !

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