Salutations

Comment se purifier avant un rituel ?

La pureté rituelle est un pré-requis dans les paganismes indo-européens. C’est un concept qui a pris beaucoup d’importance en Inde et en Perse, comme on peut le voir aujourd’hui dans l’hindouïsme et le zoroastrisme. En Europe, les procédures semblent avoir plus été simples et moins strictes. Il n’empêche pas moins que, pour les traditions européennes dont nous avons des traces écrites de la liturgie, il est indispensable, pour accomplir un rite de manière valable, de se laver au moins les mains à l’eau claire. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique romaine accordent une si grande importance à l’eau bénite : il s’agit d’un héritage païen qui continue à irriguer notre société par-delà les sicèles, avec une telle force que la nouvelle foi elle-même a dû s’y conformer (les protestants évangéliques ne s’y trompent pas, la plupart rejettant ce « rite païen »).

Eau bénite

Bénitier à l’entrée de la basilique de Fourvières, à Lugdunum. Certaines choses ne changent pas !

Aujourd’hui, dans un monde entré dans l’Âge de Fer et qui nie toute dimension sacrée au Cosmos, se purifier avant un rite est d’autant plus important. Les souillure, ou miasmata pour reprendre le terme grec, sont absolument partout : dans la publicité omniprésente qui pollue notre inconscient (y compris par le biais des réseaux sociaux), dans les dégâts infligés à la Terre nourricière par le mode de vie occidental à chaque fois que nous nous déplaçons, utilisons un appareil électrique, mangeons un produit de l’industrie agro-alimentaire… Se purifier, c’est le meilleur moyen de nous reconnecter à la source première de notre tradition, pour rejoindre nos Ancêtres de l’Âge d’Or dans leur proximité avec les Dieux. Ceci s’applique à tout païen de tradition européenne, qu’elle soit celtique, slave, germano-scandinave, etc. La grande question est de savoir comment s’y prendre, puisque nous ne connaissons pas toujours avec précision les gestes et les mots des anciens.

Yggdrasill manusrit

L’arbre Yggdrasill, manuscrit AM 738 4to (Islande, env. 1680)

Le plus important est clairement de se laver les mains, comme le soulignent toutes les sources grecques et romaines (des descriptions de l’Iliade aux fragments des Purifications d’Empédocle : c’est une coutume nommée khernips en grec ancien). Le mieux est de le faire « à l’eau claire », c’est-à-dire en versant l’eau sur l’une puis l’autre main, sans les plonger dans le récipient pour le ne pas en souiller le contenu (en intérieur, une bassine placée sous les mains sert à recueillir l’eau pour la remettre à la terre : ne la laissez pas s’écouler dans les canalisations). On peut ensuite aussi s’asperger le front également, en versant d’abord de l’eau dans une main.

L’eau devrait être de l’eau de source, si possible puisée directement à une source de votre terroir et stockée à côté de votre autel (ce qui vaudra mieux que de l’eau en bouteille plastique vendue par des multinationales). Certains y ajoutent du sel, élément purificateur ; ou, comme les Grecs, y éteignent un morceau de bois enflammé, geste qui a aussi l’avantage de rappeler la cosmogonie druidique (« Ces druides, et d’autres comme eux, professsent que […] un jour pourtant régneront seuls le feu et l’eau », Strabon, Géographie, IV, IV, 4, trad. Cougny) et scandinave (le grand arbre Yggdrasill, au pied duquel coulent trois sources, relie les neuf mondes qui composent l’Univers, lui-même né de la rencontre entre la glace de Niflheim et le feu de Muspelheim).

On peut imaginer se laver les mains sans paroles, mais on sait qu’il était important pour les anciens d’utiliser des formules consacrées pour chaque geste rituel. D’une part parce que notre religion est ce qui relie les hommes aux dieux et les hommes entre eux, et que les hommes communiquent par la parole. D’autre part parce que l’usage de formules antiques nous permet de nous connecter avec nos Ancêtres, qui sont nos guides pour renouer avec les Dieux en notre période troublée. Et, pour finir, il ne faut pas oublier que, lorsque nous parlons en français ou dans toute autre langue indo-européenne, nous utilisons la langue des *Deywós, des dieux célestes et lumineux. Ce n’est pas le cas dans les autres familles de langues. En proto-sémitique, la racine *?-L, qui a donné Allah en arabe et Elohim en hébreu, était aussi utilisée pour dire « fort, puissant, seigneur, magistrat ». Le mot chinois pour désigner les dieux, shén, signifie dans d’autres langues apparentées « esprit, âme » en insistant sur le côté invisible et immatériel de la chose. En Afrique, chez les Yorubas, une Divinité est un òrìṣà, c’est-à-dire une « tête choisie » pour être un intermédiaire du dieu suprême Olorun (òrì, qui se traduit par « tête », signifie aussi la conscience et la destinée de chaque personne ; c’est un concept très riche mais impossible à traduire réellement dans une langue et une mentalité européenne).

Chaque famille de langue porte dans sa tradition une conception bien particulière du divin, et, par la parole, nous ancrons notre spiritualité dans un héritage indo-européen qui donne son vrai sens à nos pensées et à nos actes. Nos Divinités ne sont ni des maîtres dont nous sommes les esclaves, ni une infinité d’entités mystérieuses et invisibles qui sont disséminées un peu partout. Ce sont, comme le soleil, à la fois une métaphore des cycles cosmiques, une source de vie et de réconfort, des points de repère pour s’orienter, et une lumière qui nous permet de percevoir le monde qui nous entoure.

Hands scooping water from stream

Pour en revenir à notre sujet, quelles paroles pouvons-nous donc dire lorsque nous nous lavons les mains à l’eau claire avant un rite ? On peut trouver en Inde une courte prière répondant directement à cet usage, dans l’Atharva Veda. Plus récent de quelques siècles que les hymnes du Rig Veda, l’Atharva Veda est une compilation de formules magiques qui remonterait tout de même à 3000 ou 3500 ans, ce qui reste plus ancien de quelques siècles que les poèmes d’Homère et d’Hésiode, qui sont les plus vieilles sources dont nous disposions en Europe. Puiser dans l’Atharva Veda, c’est donc certes prendre notre inspiration en Inde, mais à une époque où il existe encore peu de différences avec l’Europe, une époque si ancienne que les Baltes et les Slaves, ou les Gaëls et les Britons, commencent seulement à parler des langues différentes et pas seulement des dialectes éloignés d’une même langue. Nous pouvons donc prononcer ces mots en faisant couler l’eau claire sur nos mains :

QUE L’EAU IMMACULÉE LAVE  L’IMPURETÉ,

PURGE, ET ACTES MAUVAIS, ET MAUVAISES PENSÉES.

DE VOS YEUX BIENVEILLANTS, EFFACEZ NOS SOUILLURES,

EAUX RUISSELANT SUR NOUS AVEC DE BONS AUGURES !

(Adapté de l’Atharva Veda, XVI, 1.10-13, trad. Ralph T.H. Griffith)

Il est évident, et plusieurs textes grecs abordent le sujet, que cette purification ne nous lave pas des fautes graves (parjure, meurtre, manquement à l’hospitalité en tant qu’hôte ou en tant qu’invité, profanation d’un lieu consacré). De même, il est important, quand on accompagne le bon geste (se laver les mains) par la bonne parole (la formule ci-dessus), d’y joindre aussi la bonne pensée, c’est-à-dire une pensée tournée vers les Divinités, exempte de colère et d’orgueil, mais aussi de crainte superstitieuse et de soucis du quotidien.

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Une prière d’offrande aryenne

Le zoroastrisme est une religion monothéiste issue d’une réforme du paganisme originel des anciens iraniens, ou Âryas (les nobles) dans leur propre langue. Son texte liturgique, le Yasna (« rituel ») comporte des parties écrites dans une langue plus ancienne, le vieil avestique, qui présente de nombreuses similitudes avec le sanskrit, mais aussi d’autres langues indo-européennes anciennes (grec ancien, latin, et ce qu’on peut reconstituer du proto-germanique, proto-celtique, et proto-balto-slave).

Zoroastrisme

L’une de ces parties est le Yasna Haptanghaiti, ou « rite des sept chapitres », qui semble être le noyau primitif du rite zoroastrien, et incorporer des formules en usage avant la réforme monothéiste. En voici une adaptation en français, qui s’applique finalement très bien aux paganismes européens dont les textes liturgiques n’ont pas été conservés :

Nous vous honorons, Généreux Immortels,
Par l’ensemble de ces paroles sacrées,
Et nous sacrifions aux sources,
Ainsi qu’aux gués des rivières,
Aux embranchements des routes,
Et aux croisées des chemins.

Et nous sacrifions aux collines
D’où s’élancent les torrents,
Et aux lacs qui débordent d’eau,
Et au blé qui emplit les champs.
Nous sacrifions aux sages d’antan,
Et aux Dieux qui les ont instruit.

Nous sacrifions à la Terre et au Ciel,
Au vent tumultueux né des Dieux,
Au sommet de la montagne sacrée,
A ce pays et à tout ce qui est bon,
Et nous adorons les âmes des héros,
Qui festoient avec le Roi des Dieux.

Nous sacrifions la boisson divine,
Cet or liquide qui chasse la mort,
Au torrent des eaux primordiales,
Au vol prophétique des oiseaux,
Au crépitement du feu rituel,
Et à tous les Généreux Immortels !

Ce qui n’est pas sans évoquer un témoignage d’un historien byzantin du VIe siècle concernant le peuple germanique des Alamans avant leur christianisation :

« Ils adorent certains arbres, l’eau des rivières ou des fleuves, les collines, les montagnes et les vallées. […] Ils s’imaginent ainsi faire acte de piété. » (Agathias de Myrina, Histoires, livre I)

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Hefnatafl & hydromel : traditions germano-scandinaves

Les « loisirs » des Anciens étaient des moyens de développer leur patrimoine. Le jeu d’échecs (tafl) et le brassage d’hydromel en sont deux bonnes illustrations. Une activité intellectuelle comme le tafl permet de développer son cerveau, mais est était aussi une manière de s’élever socialement car c’est un attribut royal. Brasser l’hydromel est une activité artisanale qui permet de produire de la boisson enivrante, mais c’est aussi un acte magico-religieux qui renouvelle les liens entre les Divinités du ciel et de la terre, entre le divin et l’humain, et aussi au sein du clan.

TAFL

LE JEU DE TAFL, OU « ÉCHECS SCANDINAVES », EST L’ACTIVITÉ FAVORITE DES ASES, NOS DIVINITÉS DU CIEL. C’est un loisir positif, qui accroît les capacités de raisonnement, et qui est fermement ancré dans notre tradition. Au début de la nouvelle ère qui suivra le Ragnarök, les Divinités survivantes retrouveront le plateau de jeu et les pièces d’échecs en or utilisées à Asgard. Cela symbolise le fait que les sources de notre tradition ne changent pas plus que les grandes constantes de l’Univers. Notre génération peut et doit les redécouvrir, pour forger sa destinée.

Le hefnatafl est la variante de tafl la plus connue, mais il en existe plusieurs. Tous ont en commun la présence de deux camps inégaux. L’un, moins nombreux, protège un roi au centre du plateau, tandis que l’autre l’encercle. Le but des attaquants est d’empêcher le roi de s’échapper par un des angles, après quoi on passe à la revanche où la situation est inversée. Le vainqueur est celui qui gagne à la fois comme attaquant et comme défenseur. Nous apprenons ainsi que celui qui refuse de baisser les bras, et ne recule devant aucun sacrifice, peut sauver l’essentiel… Ainsi, profitant du cours du Destin, il peut attendre une occasion favorable où reprendre le dessus. Pour vous entraîner à ce jeu, vous trouverez les règles et un plateau virtuel sur ce site : http://hnefatafl.fr

Avant chaque partie, vous pouvez dire cette invocation : « SALUT À VOUS, PUISSANTS ASES, SOUVERAINS DU CIEL ! INSPIREZ-MOI VOTRE SAGESSE QUAND J’AVANCE MES PIÈCES SUR LA TABLE DU DESTIN ».

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brasser SON propre HYDROMEL

L’HYDROMEL EST LA BOISSON DE L’INSPIRATION DIVINE, QU’ODIN RÉCUPERA LORS D’UN DE SES NOMBREUX VOYAGES. Ce mélange d’eau et de miel fermenté est un des premiers alcools produits par l’être humain. Notre tradition considère qu’il est issu de la salive mélangée des Ases et des Vanes, Divinités du ciel et de la terre, et il est donc utilisé pour trinquer de manière rituelle. Il est rare d’en trouver en France, mais demandez à vos apiculteurs locaux. Sinon, achetez leur miel !

Il est assez facile d’en produire dans votre propre maisonnée, comme jadis. Un ou deux essais suffisent pour avoir une boisson correcte. Vous pourrez ensuite perfectionner vos techniques, essayer différents miels et herbes aromatiques, voire récupérer des fûts des chêne pour le vieillissement. Ainsi, vous pourrez partager, avec nos Amis et vos invités, la boisson de la demeure, vibrante manifestation de votre héritage et du bon goût germanique. Voici un exemple de guide détaillé : https://fr.wikibooks.org/wiki/Livre_de_cuisine/Boissons/Hydromel. Comme l’eau a une grande influence, préférez l’eau de source si celle de votre robinet est chlorée.

Cette invocation aidera la fermentation : « ODIN, DIEU DE L’INSPIRATION, QUE LES RAYONS DU SOLEIL, ET L’EAU D’ICI, RÉJOUISSENT ASES ET VANES, ET TOUS LES MEMBRES DU CLAN, MORTS OU VIVANTS ! »

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Nous dédions ce présent fascicule à Yngvi-Freyr, dieu procréateur, à qui serment fut prêté lors des fêtes de Yule d’écrire un ouvrage sur notre tradition et de travailler chaque jour afin d’obtenir sagesse et propsérité pour les nôtres. Vous pouvez retrouver ici le fascicule sur Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Le cycle des nuits et des jours dans la tradition germano-scandinave

DANS NOTRE TRADITION, LE TEMPS N’EST PAS LINÉAIRE, MAIS CYCLIQUE. Les cycles de la respiration, des jours, des lunaisons et des saisons, s’imbriquent les uns dans les autres. Ils forment ainsi le cycle de la Vie : au sein de la longue lignée du clan, chacun passe tour à tour du statut d’héritier à celui d’Ancêtre. Plus largement encore, après la grande bataille du Ragnarök, Divinités et Humains se retrouveront pour débuter une nouvelle ère cosmique. Ce paradigme est donc au cœur de notre spiritualité, et nous l’honorons depuis l’aube des temps par les rites de passage (naissance, mariage, décès) et les grandes fêtes rythmant le calendrier annuel.

Nombre de rites quotidiens existent également pour vivre en harmonie avec les siens, les autres, et notre environnement. Il s’agit de vivre chaque journée plus intensément, en étant conscients des liens qui nous unissent aux puissances sacrées des Neuf Mondes que porte Yggdrasill, l’arbre cosmique. Vivre selon notre tradition, c’est tout simplement faire briller en nous le très ancien symbole de la roue solaire. C’est jouer notre rôle dans la danse de cet astre triomphant, qui renaît chaque matin pour que continue la Vie dont il est la source. Ainsi, nous perpétuons le souvenir de nos Ancêtres, mais surtout nous forgeons jour après nuit, par nos Paroles et nos Actions, un destin à la hauteur de ce que nous souhaitons léguer à nos héritiers, de sang ou de cœur.

Roue solaire

Pour nous, chaque journée est un symbole d’espoir invincible. De la même manière qu’après chaque nuit vient un nouveau jour, après chaque hiver vient un nouvel été, après chaque vieille génération en vient une plus jeune, et après la fin de notre Univers un nouvel ordre cosmique renaîtra. C’est aussi ce qui fait que notre antique tradition, un temps réduite au silence, est aujourd’hui en plein renouveau. Cela nous enseigne donc que nous sommes toujours capables de nous relever, quelles que soient les épreuves qui puissent nous submerger.

A l’aube des temps, les Ases, nos Divinités du ciel, confièrent à Sunna le devoir de conduire le char solaire pour compter les jours. Tous ces cycles ont donc pour nous un sens sacré, et cette étincelle de Vie qui est en nous n’est pas le simple fruit du hasard. C’est le fruit d’un Destin qui nous dépasse, mais dont nous faisons pourtant partie, ce qui nous rend libres et responsables de nos choix. En tant que porteurs de cette puissance divine, nous pouvons donc nous reconnecter au quotidien à cette source primordiale. Pour cela, nous devons être fidèles, par nos Pensées, par nos Paroles, et surtout par nos Actions, aux valeurs morales qu’incarnent nos Divinités.

Jour après nuit, nous pouvons tendre vers l’idéal de nos Ancêtres, dont la sagesse nous guide par-delà les générations. Ils survivent en nous, et nous prouvent aussi que nous survivrons à travers nos héritiers. Pour que cela soit possible, notre relation avec les Êtres de notre terre est primordiale, puisque nulle vie ne peut prospérer sans la Terre généreuse qui l’abrite et la nourrit.

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Nous dédions ce présent fascicule à Yngvi-Freyr, dieu procréateur, à qui serment fut prêté lors des fêtes de Yule d’écrire un ouvrage sur notre tradition et de travailler chaque jour afin d’obtenir sagesse et propsérité pour les nôtres. Vous pouvez retrouver ici le fascicule sur Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Jours de la semaine dans la tradition germano-scandinave

CHAQUE JOUR DE LA SEMAINE EST LIÉ À UNE DIVINITÉ PARTICULIÈRE. Les correspondances sont assez évidentes dans les langues germaniques actuelles, de la même manière qu’en français les noms des jours font référence à des divinités latines (Lundi = Luna, Mardi = Mars, etc).

FRANÇAIS

VIEUX FRANCIQUE

VIEIL HAUT-ALLEMAND

VIEIL ANGLAIS

VIEUX NORROIS

DIVINITÉ HONORÉE

ASTRE

Dimanche

Sunnundag

Sunnuntag

Sunnandæġ

Sunnudagr

Sunna

Soleil

Lundi

Mânendag

Mânetag

Mōnandæg

Mánadagr

Mani

Lune

Mardi

Tiusdag

Zîostag

Tiwesdæġ

Týsdagr

Tyr

Mars

Mercredi

Wuodansdag

Wôtanstag

Wēdnesdæġ

Óðinsdagr

Odin

Mercure

Jeudi

Thonarsdag

Donarstag

Þunresdæġ

Þórsdagr

Thor

Jupiter

Vendredi

Frîadag

Frijatag

Frīġedæġ

Frjádagr

Freyja/Frigg

Vénus

Samedi

?

Sunnuaband

Sæternesdæg

Laugardagr

Freyr (?)

Saturne

Nous vous proposons donc, à la fin de chaque jour, de remercier la divinité en question. Étant donné que l’année commence en hiver, l’ancien calendrier fait commencer les jours à la tombée de la nuit, vous pouvez donc faire cette courte salutation au crépuscule, ou le plus vite possible après. L’idéal est de la faire auprès de votre autel domestique, face à une bougie allumée, mais cela peut se faire n’importe où. Voici quelques exemples :

Dimanche : « SUNNA, CONDUCTRICE DU CHAR D’OR, ROUE SOLAIRE, FLAMME DU CIEL, CLARTÉ DES ELFES, TOI QUI DONNE LE COMPTE DES JOURS, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR CELUI-CI. SALUT À TOI, SUNNA ! »

Lundi : « MANI, CONDUCTEUR DU CHAR D’ARGENT, ROUE LUNAIRE, TÉMOIN DES ASSEMBLÉES, GRAND BUVEUR, TOI QUI DONNE LE COMPTE DES NUITS, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR CELLE-CI. SALUT À TOI, MANI ! »

Mardi : « TYR, ASE MANCHOT ESTROPIÉ PAR LE LOUP, ÉTOILE DANS LA NUIT, GARDIEN DES TEMPLES ET DES SERMENTS, TOI LE PLUS COURAGEUX DES DIEUX, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOS VICTOIRES. SALUT À TOI, TYR ! »

Mercredi : « ODIN, ASE AUX CORBEAUX, HABITUÉ DES CHEMINS, SACRIFIÉ À TOI-MÊME POUR OBTENIR LES RUNES, TOI LE PLUS SAGE DES DIEUX, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOS APPRENTISSAGES. SALUT À TOI, ODIN ! »

Jeudi : « THOR, AMI DES HUMAINS, CONDUCTEUR DU CHARIOT, PORTEUR DU MARTEAU, PUISSANT SANCTIFICATEUR, TOI LE PLUS FORT DES DIEUX, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOTRE SÉCURITÉ. SALUT À TOI, THOR ! »

Vendredi : « FREYJA, MATRONE DES VANES, TRUIE GÉNÉREUSE, MAÎTRESSE DES TUÉS, TOI LA PLUS BELLE DES DÉESSES, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOS AMOURS. SALUT À TOI, FREYJA ! » (Certains dédient ce jour à Frigg. Hors de Scandinavie, Frigg et Freyja sont remplacées par une seule déesse, nommée Friga, Frea, Perchten, Frau Holle, Fraud Gode … selon les endroits).

Samedi : « FREYR, MAÎTRE DE LA PLUIE, DU SOLEIL, ET DES FRUITS DE LA TERRE, ROI DES ELFES, TOI QUI AS ENGENDRÉ DE GRANDES LIGNÉES, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOTRE PROSPÉRITÉ. SALUT À TOI, FREYR ! » (Samedi est d’étymologie variable dans les différentes langues germaniques. Saturne étant une divinité agricole, nous vous proposons d’honorer Freyr ; certains choisissent Hel, d’autres Loki dont nous n’encourageons pas le culte).

semaine

« The Seven Saxon Gods » (Oliver Goldsmith, 1839, d’après Olaus Magnus, 1555)

CE RITE NOUS PERMET DE MESURER CE QUE NOUS ACCOMPLISSONS CHAQUE JOUR. Sunna conduit chaque fois le même Soleil, Mani nous rappelle que chaque jour est différent du précédent par la Lune qui varie. Les autres Divinités nous rappellent nos objectifs : victoire, apprentissage, sécurité, amour, prospérité, pour nous et aussi pour les nôtres. Comme les Anciens, n’hésitons pas à faire savoir à divins alliés quand nous pensons qu’ils ne nous ont pas aidé. Sachons aussi prendre nos responsabilités, en reconnaissant nos erreurs pour les racheter par nos actes le jour suivant.

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Vous pouvez retrouver ici le fascicule sur Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Dendrolâtrie : le culte des arbres

Il est très courant das les religions traditionnelles de vénérer des arbres, soit directement, soit comme réceptacle de la présence d’une divinité (on le voit encore aujourd’hui dans le chamanisme mongol, shintoïsme, hindouïsme, animisme africain, etc). La chose est aussi encore bien vivante en Europe, avec le sapin de Noël et la couronne de houx, mais aussi avec des arbres intégrés dans les cultes chrétiens, comme les chênes pouilleux, les arbres à clous (souvent des chênes ou des tilleuls), ou les chênes de la vierge.

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Arbre à clous, Herchies, Belgique

 

On pense parfois que ce culte des arbres, en Europe, aurait été uniquement d’origine celtique ou germanique. Ce texte de l’auteur romain Pline l’Ancien nous prouve le contraire :

« Les arbres ont été les temples des divinités ; et encore aujourd’hui les campagnes, conservant dans leur simplicité les rites anciens, consacrent le plus bel arbre à un dieu. Et, dans le fait, les images resplendissantes d’or et d’ivoire ne nous inspirent pas plus d’adoration que les bois sacrés et leur profond silence. Chaque espèce d’arbre demeure toujours dédiée à une même divinité, le chêne à Jupiter, le laurier à Apollon, l’olivier à Minerve, le myrte à Vénus, le peuplier à Hercule. Bien plus, les Sylvains, les Faunes, des déesses, des divinités spéciales sont, dans nos croyances, chargées du soin des forêts, comme d’autres divinités président au ciel. » (Pline l’Ancien, Histoire Naturelle 12, 3-5)

Rappellons qu’en l’an 743, le concile de Leptines interdit encore, dans son Indiculus superstitionum et paganiarum, « les sacrifices dans les bois qu’on nomme nemeton » (point VI).

Dans la tradition germano-scandinave, on associe le frêne à Odin ; le sureau, le genévrier et le lin à sa compagne ; le chêne à Thor ; le sorbier et les céréales à son épouse Sif ; la camomille sauvage à Balder ; les pommiers à Idunn. Les bouleaux et les ifs, symbolisés par les runes b (Berkana) et ï (Eïwaz), ont également tendance à être la demeure d’un esprit, de même que les prunelliers ou les aubépines, représentés par la rune th (Thurisaz).

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Arbre sacré, source de Madron, Cornouaille britannique

Chez les Gaulois, on associe le chêne à Taranis (Maxime de Tyr, Dissertations, VIII, 8 : « Les Celtes rendent un culte à Zeus, mais l’image de Zeus, chez les Celtes, est un grand chêne »). C’est sans doute pour cette raison, et pour le caractère sacré du gui de chêne, que leur abattage était interdit sans autorisation d’un druide ; et pour cette raison aussi que le mot français chêne vient d’un des trois mots gaulois le désignant (cassanos, deruos, tannos) et non du latin quercus. Les autres arbres ont des liens moins nets avec une divinité, mais le pommier (immortalité, cf. Avallon = Ynys Afallach en gallois, l’île des pommes), le noisetier (sagesse), le hêtre (inscriptions « Deo Fago », au dieu hêtre, en Gaule Aquitaine), sont également sacrés. Dans l’alphabet oghamique irlandais, cinq signes ont clairement un nom d’arbre : le chêne, le sorbier, l’aulne, le noisetier et le bouleau. Chez les Gallois, Yspaddaden Penkawr, l’équivalent du Balor gaélique, le chef des Géants, a un  nom qui signifie très exactement « Aubépine, Chef-des-Géants ». Enfin, en Bretagne, les buissons d’ajoncs servent de refuge aux âmes des morts, il faut donc éviter de les déranger pendant la nuit (particulièrement le 31 octobre et le 30 avril, quand le voile entre les mondes est le plus fin).

Quant aux Baltes, le chêne y est aussi associé au dieu du tonnerre, Perkûnas. Dans les Balkans, le bouleau est associé au personnage de Baba Marta, le grand-mère du printemps.

Dans tous les cas, les manières de procéder au culte des arbres sont assez simples : ne pas les abattre, ne les tailler que si besoin ou pour collecter un peu de bois à usage rituel conformément aux traditions, déposer des offrandes (rubans autour des branches sans trop les serrer, dépôt de fleurs ou de biscuits, libations). La prière n’a guère besoin d’être longue, il suffit par exemple de le toucher de la main droite en disant « Salut à toi, arbre sacré ! Je te remercie pour tes bienfaits ».

Notez aussi que, si vous vivez en appartement, il est souvent possible d’avoir des versions bonsaï de ces arbres ; bien que le débat reste ouvert pour savoir si c’est bien respectueux ou conforme aux traditions européennes, le Chat Poron en est assez partisan comme solution alternative.

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Deux textes authentiques sur l’oracle runique

Sur internet, la divination runique est le royaume des fantaisies personnelles et de l’ésotérisme judéo-chrétien. Le prétexte en est bien souvent que, comme « on a aucune source écrite », il faudrait soit 1) tout réinventer, soit 2) faire confiance aveuglément à des gourous, qui descendraient d’une lignée de sorcières top secrète, ou auraient une révélation cosmique  (et souvent des bouquins à vendre, qui comme par hasard correspondent parfaitement aux attentes consuméristes du public visé). Naturellement, cela ouvre la porte aux sceptiques, qui s’appuient sur quelques universistaires hyper-critiques pour dire que la divination runique est une fumisterie qui n’a jamais existé.

Par chance, nous disposons de quelques textes authentiques sur l’oracle runique dans les traditions germano-scandinaves. Le premier exemple est de Tacite, auteur romain du Ier siècle qui décrit les coutumes des Germains.

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Une interprétation contemporaine par Aranna Renard

« Il n’est pas de pays où les auspices et la divination soient plus en crédit [qu’en Germanie]. Leur manière de consulter le sort est très simple : ils coupent un rameau à un arbre fruitier, et le divisent en plusieurs morceaux qu’ils marquent de différents signes, et qu’ensuite ils jettent pêle-mêle sur une étoffe blanche. Immédiatement, le prêtre de la communauté si c’est une consultation publique, le père de famille lui-même si c’est une affaire privée, invoque les Divinités, et, regardant le ciel, il lève trois morceaux, et fait son pronostic d’après le signe dont ils sont empreints. Si le sort veut qu’on s’abstienne, on ne consulte plus de tout le jour sur la même affaire ; s’il permet d’agir, on exige encore que les auspices confirment sa réponse : car on sait aussi, chez ces peuples, interroger le chant et le vol des oiseaux. »

Tacite, la Germanie, X (trad.du Chat Poron, d’après J.-L. Burnouf, 1859, les Editions du Porte-Glaive, 1990, et New Northvegr Center, 2015).

Ensuite, concernant le fait de discuter à tort et à travers de ce type de pratiques ésotériques, et pire encore de les monnayer sur internet, l’avis d’Odin à ce sujet nous est bien connu :

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Odin (Lindby, ère viking)

« Quand tu as essayé
De suivre la trace des runes,
Celles que les Puissances
Firent pour les Divinités,
Et qu’a colorées l’Immense Chantre,
Il vaut mieux rester silencieux. »
Havamal, 80 (trad. du Chat Poron, d’après H.A. Bellows, B. Thorpe, et Y. Kodratoff)

C’est cette strophe qui sera la ligne directrice du blog en matière d’articles sur les runes. Le commentaire d’Yves Kodratoff à ce sujet est d’ailleurs plein de bon sens :

« Cela ne contredit-il pas l’autorisation de transmettre des connaissances ? Non, parce qu’il y a d’autres façons que verbales de transmettre des connaissances et ces autres modes de communication sont les plus sages. Vous allez me dire que j’ai fait un livre sur les runes, moi aussi. Si vous le lisez, vous verrez que je me contente de rétablir des connaissances qui ont été étouffées par l’immense brouhaha qui accompagne maintenant l’usage des runes. Je ne dis jamais comment les utiliser, ce qu’on me reproche, mais vous connaissez maintenant la raison de ma discrétion.« 

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Un autel franc selon l’Ancienne Coutume

(Article rédigé par Baldric Hartmann, chef du clan Liddle Franke de l’association Les Enfants d’Yggdrasill)
Dans beaucoup de pratiques païennes du monde entier, il y a des autels aux Ancêtres et aux Dieux, que ce soit dans le shintoïsme, le bouddhisme… Il en va de même pour nos traditions européennes, y compris dans l’Àsatrù. Mon autel qui est en photo est un exemple parmi d’autres et évoluera sans doute au fil du temps.

1 – L’utilité :
Il est utile pour la pratique quotidienne et domestique, permet à ceux qui n’ont pas de jardin de pouvoir vivre leur culte (seul ou accompagné), le mieux étant avec la famille sauf s’ils ne partagent pas votre religion. Il permet aussi de se recentrer sur soi-même et de pouvoir célébrer les fêtes dans le cas où vous n’auriez pas de vé ou que vous n’avez pas le temps de vous y rendre (distance, emploi du temps chargé…).
La pratique à l’autel se fait le plus souvent à l’aurore, ou au crépuscule. Votre autel vous permettra de saluer et remercier vos Ancêtres, de prier une Divinité ou tout simplement de méditer.

2 – La conception :
Faire son autel est avant tout un acte personnel, clanique, ou familial. La conception est assez libre même si certaines règles peuvent entrer en compte en ce qui me concerne : il est préférable de prendre des objets issus de l’artisanat, en matériaux naturels, mais le mieux étant encore que ce soit fait de votre main (ou de membres de votre famille) afin de garantir la perpétuité ancestrale, un des plus grands fondements de notre religion.

autel baldric

 

À titre d’exemple (voir photo) : le bol central en terre cuite est fait par ma mère et permet d’y déposer les offrandes liquides (libations) ; celui en haut à droite également, fait par ma mère, recueille un peu de terre du vé, le sanctuaire où je pratique avec mon clan, cette terre étant chargée d’histoire et de bonnes énergies.
L’idole de Donar que vous pouvez voir à droite est faite main par moi même, il est accompagné d’une joubarbe (barbe de Jupiter, apparentée à Donar en mythologie comparée), utilisé pour repousser les mauvais esprits en Germanie du nord. Plus en bas vous pouvez voir une branche qui appartient au frêne que j’ai consacré pour accueillir les offrandes à ses racines. Il y a aussi des glands que j’ai récupérés en forêt et posé en guise d’offrande.
La pierre en bas à gauche du bol à offrande fût récupérée au pied du dolmen de Janville-sur-Juine, où furent inhumés les corps d’anciens Européens. Elle fut récupérée après avoir versé de la bière pour ces morts.

Juste en haut se trouve un encensoir que j’ai sculpté dans du bois et pyrogravé du futhark, l’encens (j’utilise du papier d’Arménie) permet d’annihiler les mauvaises ondes, de poser une ambiance non négligeable et d’imiter la fumée du foyer.
La corne à boire est essentielle pour verser les libations, car il est souvent considéré comme irrespectueux d’utiliser directement la bouteille ou canette pour notre culte.
La lucarne tout en haut désigne le feu de l’âtre, celui des halles des anciens, qui permettait – en plus de cuisiner- la pratique du culte domestique. J’ai simplement trouvé cet objet dans les encombrants, mais je l’ai restauré et elle est apte à traverser le temps et à être transmise à ma descendance.
Pour finir, la bouteille en haut à gauche permet de recueillir les offrandes liquides avant de les rendre à la terre via l’arbre sacré.

J’ai placé mon autel dans une alcôve de mon grenier face au couchant car je n’ai pas eu le choix. L’ouest représente une mort qui annonce déjà une renaissance à l’est, où je suis placé. L’idole de l’anse Donar se trouve donc au nord. Il est préférable d’avoir une fenêtre pour au moins voir le ciel, mais vous pouvez également placer votre autel dans votre jardin. Vous pouvez y placer des objets ancestraux dont vous auriez hérité, ou des photos de famille.
Pour conclure, la conception de votre autel est libre, le but étant que vous y soyez à l’aise et que vous en soyez le propre architecte (pas prédéfini par un quelconque vendeur d’autel qu’on peu voir sur le net).

 

3 – L’utilisation :
Prenez un peu de temps pour réfléchir, allumez votre bougie et méditez sur l’histoire de votre famille, une sagesse que vous aurait dévoilé votre défunt grand père/mère (ou votre clan, vos amis…). Accueillez les éventuels esprits des lieux à se joindre à vous.
Vous pouvez vous munir d’une boisson alcoolisée préalablement versée dans votre corne, mais aussi déposer des denrées naturelles (pas un plat préparé issu de la grande distrib’, quoi !). Cela peut être du pain, de la charcuterie, un fruit, du miel (pour ça vous pouvez utiliser un autre bol à offrande) ou même un objet…

Pour les remerciements aux ancêtres, vous pouvez le faire avant ou après manger le soir, en les invoquant avec des paroles respectueuses de votre confection. Il faut que cela vienne du coeur, mais vous pouvez vous contenter d’une formule tout faite,  comme « salut à vous, ancêtres de ma lignée ! ». Après avoir fini votre discours vous pouvez lever la corne en disant « hail ! » ou « heel » (selon votre tradition), trempez vos lèvres ou buvez une gorgée avant de verser dans le bol prévu à cet effet.
Vous pouvez très bien remercier vos ancêtres au sens large comme un membre défunt en particulier, voir même un couple, ou des oncles et tantes par alliance. Le lien du sang est important, l’alliance tout autant.

Si vous avez envie d’invoquer une Divinité, la procédure ne change pas vraiment. Si vous invoquez pour remercier, vous pouvez très bien offrir un élément en rapport avec une divinité qui vous aurait aidé. Par exemple, vous êtes partis en mer pour pêcher et avez eu une bonne pêche, vous pouvez très bien déposer un peu de votre prise (pas simplement les arêtes) ou bien un peu du plat que vous avez cuisiné avec, pour remercier Rán et Ægir.
N’hésitez pas à les saluer en contant leurs histoires ou hauts faits : « salut à vous Rán et Ægir, gardienne et gardien des océans, mère et père des neufs vagues, grands parents de Heimdall. Merci pour cette nourriture. Hail! »

La méditation est efficace pour se recentrer et se ressourcer après une journée bien remplie. Soyez confortablement installé et respirez. Pesez les bons éléments et les mauvais de votre journée, et tirez en de la sagesse pour vos jours futurs. Cette session que j’ai nommée « l’instant Mimir » peut permettre -si bien pratiquée- de se rééquilibrer, d’être en phase avec soi-même et le monde qui nous entoure.
Ne pensez qu’à la journée vécue et non au lendemain, ne procrastinez pas !
Après vous pouvez laisser cette journée s’éteindre à l’instar du soleil, en ne focalisant que sur la sagesse utile à votre vie. Laissez vous admirer la flamme et vous concentrer sur tous vos sens.


Vous pouvez mettre une musique adéquate (Hagall de Wardruna par exemple :p), allumer bougies et encens pendant cette séance.

N’hésitez pas à partager cet article s’il vous article plu.

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Honorer les lieux sacrés dans la tradition germano-scandinave

Lieux sacrés

CERTAINS TYPES D’ENDROITS SONT SACRÉS DANS NOTRE TRADITION. Il n’était pas question pour nos ancêtres d’y passer sans s’acquitter d’une offrande à l’entité qui possédait l’endroit, souvent considéré comme n’appartenant que partiellement à Midgard, le monde des Humains.

L’EAU DOUCE, INDISPENSABLE À LA VIE, ÉTAIT DOTÉE DE POUVOIRS MAGIQUES, VOIRE D’UNE VOLONTÉ PROPRE.

SOURCES : Elles avaient pour la plupart des vertus curatives contre un mal spécifique. De ces cultes locaux subsiste la tradition de jeter une pièce dans les fontaines pour obtenir bonne fortune : si une source se trouve près de chez vous, ou si vous avez un puits sur vos terres, saluez l’esprit qui l’habite quand vous allez y puiser. Pour recevoir sa bénédiction, jetez-y une pièce, prenez un peu d’eau dans votre paume droite, et aspergez-vous en le front ou la partie du corps ayant besoin d’être soulagée. Vous pouvez offrir une représentation de l’organe à guérir pour appuyer votre demande par un ex-voto.

"Malvhina Well - 2007 Well Dressing - geograph.org.uk - 423192" by Bob Embleton. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Malvhina_Well_-_2007_Well_Dressing_-_geograph.org.uk_-_423192.jpg#/media/File:Malvhina_Well_-_2007_Well_Dressing_-_geograph.org.uk_-_423192.jpg

« Malvhina Well – 2007 Well Dressing – geograph.org.uk – 423192 » by Bob Embleton. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

COURS D’EAU : Ils étaient vus comme des divinités locales, auquel on offrait des chefs d’œuvres d’artisanat ou des prises de guerre. Quand vous longez ou franchissez un fleuve, une rivière ou un ruisseau, saluez-le par son nom. Si c’est un cours d’eau que vous traversez souvent, vous pouvez demander son assistance pour votre vie professionnelle ou scolaire : en cas de réussite, brisez rituellement un objet fabriqué par un artisan local ou vous-même, et jetez-le dedans en remerciement.

LACS, ÉTANGS ET MARAIS : Ce sont des passages vers les mondes inférieurs. Ils sont souvent liés à des entités féminines (la halle de Frigg, épouse d’Odin, se nomme Fensalir, la maison des marais). Saluez les esprits qui les habitent si vous les longez, les traversez, ou avant de vous y baigner. Vous pouvez également demander leur assistance en échange d’une offrande.

LES SOMMETS ET POINTS CULMINANTS DE CHAQUE RÉGION, PROCHES DU CIEL, POSSÈDENT ÉGALEMENT UNE AURA PARTICULIÈRE : C’EST SOUVENT LÀ QUE SE TROUVAIT UN VÉ, UN SANCTUAIRE DÉLIMITÉ PAR UNE ENCEINTE SACRÉE.

COLLINES : Au sommet d’une colline, si l’endroit n’est pas déjà traditionnellement consacré à une divinité particulière, saluez celle de votre choix en regardant le ciel. Si possible, laissez une offrande.

Temple-musée construit en 1869 au Donon (Alsace) pour abriter les vestiges archéologiques du sanctuaire antique

Temple-musée construit en 1869 au Donon (Alsace) pour abriter les vestiges archéologiques du sanctuaire antique

PIC MONTAGNEUX : En le voyant à l’horizon, saluez l’entité qui y règne. Il peut parfois s’agir d’une divinité plutôt que d’un esprit : on sait par exemple que les Vosges sont le domaine du dieu Vosegus ; tandis que Skadi est considérée par certains comme la maîtresse des massifs de Scandinavie, par d’autres comme la déesse des montagnes de manière générale. Si escaladez une montagne, prenez de quoi faire une offrande. Les habitués savent que leurs colères peuvent être aussi promptes que terribles.

ÎLES : Elles sont, à leur manière, des points culminants, sans quoi elles seraient immergées. En tant que morceaux de terre au milieu d’une mer ou d’un cours d’eau, elles symbolisent ces parcelles des autres mondes qui se trouvent dans Midgard. Beaucoup d’entre elles sont des vés (par exemple l’île danoise de Seeland, mais plus près de chez nous l’île de la Cité au milieu de la Seine ou l’île de Sein au large de la Bretagne). Saluez « la divinité qui possède l’endroit » (même si vous ne savez pas laquelle) avant d’y poser le pied. Particulièrement pour celles encore sauvages, prévoyez également une offrande.

LE CULTE DES ARBRES OCCUPE UNE PLACE IMPORTANTE DANS NOTRE TRADITION.

Ces pratiques sont encore vivantes aujourd’hui par le biais des arbres à vœux. Rien d’étonnant quand on sait que le premier couple humain, Ask et Embla, proviennent de deux essences d’arbres.

Certains végétaux sont dédiés à une divinité en particulier. Le frêne à Odin ; le sureau, le genévrier et le lin à sa compagne ; le chêne à Thor ; le sorbier et les céréales à son épouse Sif ; la camomille sauvage à Balder ; les pommiers à Idunn. Les bouleaux et les ifs, symbolisés par les runes b (Berkana) et ï (Eïwaz), ont également tendance à être la demeure d’un esprit, de même que les prunelliers ou les aubépines, représentés par la rune th (Thurisaz).

Si un des arbres mentionnés ci-dessus se trouve dans votre jardin ou à proximité de votre demeure, vous pouvez vous rendre régulièrement à son pied pour y déposer des offrandes, et nouer un ruban dans ses branches ou autour de son tronc.

"Arbre votif de La Mazaurie, Cussac, Haute-Vienne, France" by Le grand Cricri - Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons

« Arbre votif de La Mazaurie, Cussac, Haute-Vienne, France » by Le grand Cricri – Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons

De plus, de manière générale les forêts appartiennent au dieu Vidar, et sont des lieux sauvages très prisés par les Elfes. Les clairières, surtout celles où poussent les champignons (les « ronds de fée » du folklore), sont souvent leur domaine. Saluez-les en entrant dans une clairière, ou en passant la lisière d’une forêt. Laissez-leur une offrande si vous mangez ou buvez chez eux ; mais ramassez tous vos emballages plastiques, cannettes, capsules de bière et bouteille de verre.

HORS DU TRIPTYQUE « EAUX/SOMMETS/FORÊTS », CERTAINS LIEUX SONT ÉGALEMENT EN CONTACT AVEC DES ENTITÉS LEUR CONFÉRANT UNE DIMENSION SACRÉE. ILS ONT EN COMMUN D’ËTRE DES FRONTIERES ENTRE LES MONDES.

CARREFOURS ET CIMETIÈRES : Saluez Odin, dieu des voyages et seigneur des Draugar, les morts sans repos. Saluez également vos ancêtres si vous passez près d’un cimetière où ils reposent. N’hésitez pas à partager symboliquement un repas avec eux, ni à faire des libations sur leur tombe.

GROTTES : Les lieux souterrains, de manière générale, sont des passages vers les mondes du dessous, qui ont longtemps servi de lieux rituels, d’abris ou de sépultures. Ils sont souvent le domaine de Nains. Si possible, faites en entrant une offrande d’une pièce ou une libation (pas d’aliments, si vous souhaitez épargner l’odeur de putréfaction aux prochains passants).

MÉGALITHES : Érigés il y a des milliers d’années, ils sont encore aujourd’hui entourés de légendes concernant le « peuple caché » des Elfes et des Nains, qu’il s’agisse de menhirs, de dolmens ou de cairns. En vous y rendant, saluez l’esprit qui y réside, et Freyr qui règne sur le monde auquel il mène. Vous pouvez également demander son assistance en échange d’une offrande : leur domaine de prédilection reste de trouver un partenaire ou d’avoir un enfant, mais on dit qu’ils peuvent aussi guérir des maladies ou procurer des richesses. Notez que certaines formations rocheuses ou « grosses pierres » d’origines naturelles peuvent également avoir ces propriétés. Renseignez-vous sur le folklore local !

Dolmen de Troldkirken (les mégalithes étaient présents sur toute la façade atlantique, et leur culte a perduré jusqu'après la christianisation)

Dolmen de Troldkirken (les mégalithes étaient présents sur toute la façade atlantique, et leur culte a perduré bien après la christianisation)

AYEZ TOUJOURS AU MOINS UN SAC POUBELLE DANS VOTRE SAC OU VOTRE POCHE, POUR LAISSER TOUS LES LIEUX PRÉ-CITÉS PLUS PROPRES QUE VOUS LES AVEZ TROUVÉS, NE SERAIT-CE QUE D’UN PEU. Les considérer comme sacrés ou saluer des entités est vide de sens si vous vous comportez comme un touriste irrespectueux.

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Phénomènes naturels dans la tradition germano-scandinave

Note : ceci est un extrait du fascicule du clan Ostara « Jour après nuit : vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », prochainement disponible

Phénomènes naturels

LA SACRALITÉ DES FORCES DE LA NATURE EST UN ASPECT IMPORTANT DE LA VIE SPIRITUELLE POUR L’IMMENSE MAJORITÉ DES PAÏENS EUROPÉENS, même si voir notre religion comme simple vénération des phénomènes météorologiques peut sembler réducteur à certains d’entre nous. Quoi qu’il en soit, apprendre à regarder le monde qui nous entoure d’un œil à la fois neuf et ancien, être sensible au temps qui passe comme au temps qu’il fait, est un moyen de se reconnecter aux énergies primordiales qui constituent les Neuf Mondes. Toutefois, il ne suffit pas de décréter ce qui est divin et ce qui ne l’est pas pour réellement changer nos schémas mentaux : c’est un travail de long terme, qui se bâtit au quotidien par nos pensées, nos paroles et nos actes.

CHAQUE FOIS QUE VOUS ÊTES CONFRONTÉS À UN PHÉNOMÈNE NATUREL, PRENEZ DONC UN INSTANT POUR SALUER LA DIVINITÉ QUI Y EST ASSOCIÉE.

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ARC-EN-CIEL : Salut à toi, Heimdall, gardien de Bifröst, l’arc-en-ciel qui sert de pont entre Midgard, monde des humains, et Asgard, monde de nos dieux !

TONNERRE : Salut à toi, Thor, porteur de Mjöllnir, le marteau qui repousse les Géants, consacre, et fertilise la Terre généreuse par la pluie !

CIEL ÉTOILÉ : Salut à toi, Frigg, maîtresse d’Asgard, grande tisseuse qui sait le destin de tous !

RAFALES DE VENT : Salut à toi, Odin, hurleur, toi qui mène la Chasse sauvage en chevauchant Sleipnir, ton destrier à huit pattes !

CHUTE DE NEIGE : Salut à toi, Skadhi, déesse skieuse, maîtresse de l’Hiver !

ÉCLAIRCIE : Salut à toi, Sunna, conductrice du char solaire !

LUNE : Salut à toi, Mani, conducteur du char lunaire !

PETIT À PETIT, CELA PERMETTRA D’ENTAMER UNE VRAIE RÉFLEXION SUR VOTRE RAPPORT À VOTRE ENVIRONNEMENT, et sur un confort quotidien que nos ancêtres auraient considéré comme luxueux : nous craignons rarement pour notre vie lors des tempêtes, des sécheresses, ou des chutes de neige abondantes.

AU MINIMUM, VOUS POUVEZ CHOISIR DE SALUER LE PHÉNOMÈNE LIÉ À LA DIVINITÉ DONT VOUS VOUS SENTEZ LE PLUS PROCHE. C’est à la fois un bon début, et un premier pas simple à effectuer si ces pratiques ne vous semblent pas naturelles, ou que vous oubliez trop souvent à votre goût. Ensuite, une fois l’habitude prise, vous verrez que votre regard approfondi vous permettra de voir la sacralité dans chaque phénomène.

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