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Trois nouveaux hymnes à Hêstia, de style homérique

Histiè, qui protèges la demeure sacrée de l’Archer Apollon, dans la divine Pythô, l’huile liquide coule toujours de tes tresses. Viens dans cette demeure, ayant un esprit propice, avec le prévoyant Zeus, et accorde la grâce à mon chant ! Histiè, qui, dans les hautes demeures de tous les Dieux immortels et des hommes qui marchent sur la terre, as reçu en partage un siège éternel, honneur antique ! Tu as cette belle récompense et cet honneur, car, à la vérité, il n’y aurait point sans toi de festins chez les mortels. C’est par Histiè que chacun commence et finit, en faisant des libations de vin mielleux. Histiè, déesse, sois propice à mon désir ! Je te chante et j’élève vers toi, comme un encensoir, un chant à ta gloire.

Ô Histiè, digne d’hommages, tu possèdes un beau palais, reçu en présent de Zeus, toi qui régis, dans les hautes demeures, les plaisirs et les festins ! Quand tous les dieux sont réunis, tu as le premier rang parmi eux, car tous t’estiment et te louent. Mais les hommes également te chérissent et te vénèrent, car tes dons sont les plus précieux : sans eux, nul banquet et nul sacrifice ne peuvent se tenir. Ainsi, tu es présente dans la demeure de chaque homme, peu importe qu’elle soit grande ou petite, et tu es toujours invoquée, toi, la déesse de chaque foyer de Grèce. Chacun, avant même de sacrifier à Zeus qui est le roi des Dieux, souhaite boire et manger en ton honneur, rassasié de bon vin. Ainsi, ô reine, c’est à toi qu’appartient la gloire la plus grande et la plus belle, puisque, parmi les dieux comme parmi les hommes, tu es toujours la bienvenue. Chantons donc maintenant en ton honneur, ô déesse, avec un chant digne de toi !

Histiè, déesse des hôtes, au sein du festin tu es la souveraine, celle que tous les dieux honorés, ainsi que les hommes, invoquent toujours. C’est toi qui présides aux banquets, car nul boit ni ne mange sans t’avoir invoquée. En effet, avec les autres dieux, tu apportes la joie aux hommes, et tu as, ô déesse, reçu un siège éternel au milieu des festins des dieux immortels, dans la demeure du Roi Zeus. C’est là que, assise à côté de l’Olympien, sur un siège d’or, tu prends du bon vin dans un gobelet brillant. Et quand, du haut de l’Olympe, tu regardes la terre, tu es ravie de voir les hommes, qui, sur tout le pourtour de la mer, honorent les dieux avec de beaux sacrifices. C’est à toi qu’ils offrent des boissons et des viandes, et tu te réjouis de voir tout cela. Ainsi, ô déesse, c’est à toi qu’il revient de présider aux banquets et aux libations, car c’est toi qui donnes la joie aux dieux et aux hommes !

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Le paganisme celtique du Barzhaz Breizh (I : les serments)

Le Barzhaz Breizh (« bardit de Bretagne ») est un recueil de chants bretons collectés au XIXe siècle par le marquis Théodore Hersart de la Villemarqué (Kervarker, en breton). L’authenticité de ces chants a longtemps été mise en doute, polémique entretenue par le fait que le marquis, vexé, avait refusé de montrer ses carnets de collectage. La thèse doctorale de Donatien Laurent, spécialiste de la littérature orale bretonne ayant eu accès aux fameux carnets grâce à l’arrière-petit-fils de Théodore, a tranché la question. Ce sont des chants authentiques, qui semblent simplement avoir été compilés et corrigés en assemblant plusieurs versions incomplètes.

Outre leurs qualités poétiques et musicales (louées par Georges Sand et par le mouvement culturel breton), on y trouve de nombreux exemples de ce qui semble être des survivances du paganisme celtique des Bretons de l’Antiquité : hymnes rituels, voeux, serments sacrés, prophéties, fragments de mythes, recommandations de bon comportement avec les génies locaux, etc.

Le Barzhaz Breizh, édition Coop Breizh.

Chacune de ces catégories fera l’objet d’un article à part. Commençons aujourd’hui avec les serments. Pour rappel, la parole donnée est un des fondements indispensables des religions et des sociétés celtiques païennes (comme c’est le cas, plus largement, dans l’ensemble du monde indo-européen païen). Le serment est ce qui fonde toute relation harmonieuse entre les personnes et entre les communautés. Le parjure se diminue donc lui-même, en détruisant son honneur et sa parole, c’est-à-dire la force sacrée qui l’habite… Mais, pire encore, en créant le doute par rapport à la valeur des serments, il fragilise aussi la société et l’ordre cosmique tout entier, en les faisant retourner vers chaos primordial, avant que celui-ci ne soit organisé par les dieux des Celtes. Tout serment a donc une valeur sacrée dans la religion celtique.

Venons-en à présent aux chants du Barzhaz Breizh qui contiennent de tels serments. Ils sont au nombre de deux : « le tribut de Nominoé » (Drouk-kinnig Nevenoe) et « le Faucon » (ar Falc’hun).

Drouk-kinnig Nevenoe, chanté par Yann-Fañch Kemener avec l’accent du pays vannetais

Premier extrait : Le tribut de Nominoé (II, §21-22). « Je le jure par la tête de ce sanglier, et par la flèche qui l’a percé ; avant que je lave le sang de ma main droite, j’aurai lavé la plaie du pays ! » (Me hen toue penn ar gouez-mañ, / Hag ar saezh a flemmaz anezhañ, / Kent ma gwalc’hin gwad va dorn dehoù, / Am bo gwalc’het gouli ar vro !)

=> Ce chant a pour contexte la Bretagne du IXe siècle. Les chefs bretons avaient accepté de verser à l’empereur franc Charlemagne un tribut annuel en pièces d’or, en échange du maintien de leur indépendance. Sous le règne de son descendant Charles le Chauve, un noble breton nommé Nominoé (Nevenoe) est chargé d’empêcher les raids de guerriers bretons contre les territoires francs, et de veiller au bon paiement du tribut annuel. Il acquiert donc un certain pouvoir en Bretagne, prenant le titre de comte des Bretons. Une année, Karo, le fils d’un ozac’h meur (chef de clan) des Monts d’Arrée, va porter le tribut dans la ville de Rennes, mais le poids d’or n’y est pas, et l’intendant franc lui coupe la tête pour « faire le poids ». Le vieux père de Karo est fou de douleur, et se présente dans la demeure de Nominoé, réclamant vengeance pour ce crime. Nominoé rentre à ce moment de la chasse, une tête de sanglier à la main, et prononce ces mots. Ayant tenu « ce serment terrible et sanglant » et « lavé la plaie du pays » en menant une guerre victorieuse pour chasser les Francs, il deviendra le premier roi de toute la Bretagne armoricaine, et sera surnommé Tad ar Vro, le Père de la Patrie.

D’une certaine manière, c’est le fait d’avoir démontré la valeur de sa parole qui lui a permis, en prouvant et en augmentant la force sacrée qui l’habitait, de devenir le pilier d’un nouvel ordre social dont il a garanti et incarné l’harmonie et la robustesse… comme le faisaient les rois celtes païens de l’Antiquité. De la même manière, ceux qui veulent aujourd’hui faire renaître les traditions celtiques devront s’appuyer sur la valeur sacrée du serment pour structurer leurs communautés, car sans communautés les rites ancestraux n’ont ni sens ni valeur. Tout particulièrement, il est vital que des meneurs engagent leur personne et leur force sacrée en proclamant publiquement leur volonté d’accomplir des faits dignes de louange, et surtout en réalisant concrètement ces projets. C’est de cette manière qu’ils pourront être de véritables « piliers de la communauté », et faire rayonner pleinement le potentiel de notre religion celtique, qui est de relier à la fois les humains aux dieux et les humains entre eux.

Nominoé prête serment. Illustration de John Tenniel pour Ballads of Britanny (1865).

Deuxième extrait : Le faucon (v. 23-24 et 33-36). « Je ne payerai pas, je le jure par les charbons rouges de ce feu, par saint Cado et par saint Jean ! […] – Avant le jour ils auront querelle et bataille ! Nous le jurons par la mer et la tonnerre ! Nous le jurons par la lune et les étoiles ! Nous le jurons par le Ciel et la Terre ! » (Na rin ket m’hen toue ruz-glaou-tan, / Sant Kadoù kerkoulz ha Sant Yann ! […] – Kent an deiz kavfont trouz ha kann, / Nini hen toue mor ha taran ! / Nini hen toue stered ha loar ! / Nini hen toue neñv ha douar !)

=> Ce chant a pour contexte la Bretagne du XIe siècle. L’intendant du royaume, un Normand nommé par Edwige de Normandie (veuve du duc Geoffroi Ier de Bretagne et soeur du duc Richard de Normandie), a levé des taxes injustes et contraires à la coutume, affamant le peuple breton pour s’enrichir. Les paysans, outrés par cet affront à la tradition et bien décidés à ne pas laisser leurs familles mourir de faim, se soulèvent avec une violence telle qu’un édit ducal encadrera sévèrement les modalités de fixation et de collecte des taxes. Ces libertés concrètes du peuple breton seront âprement défendues par la suite, jusque dans les termes négociés par la duchesse Anne de Bretagne au moment de l’union du duché de Bretagne et du royaume de France. Le non-respect de ces clauses par Louis XIV provoqua la première révolte des Bonnets Rouges en 1675. Lorsque le régime républicain refusa de les reconnaître, les considérant comme des « privilèges », le peuple breton prit à nouveau les armes, lors de la longue guérilla de la Chouannerie (1791-1805, avec des actions ponctuelles jusqu’en 1813, et de nouvelles insurrections en 1815 et 1832). C’est aussi le non-respect de ce principe qui sera la cause de la deuxième révolte des Bonnets Rouges en 2013-2014, aboutissant au retrait de la taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandises, dite « éco-taxe », qui avait été imposée sans consultation du peuple breton.

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« Ar Bonedoù Ruz », une pièce écrite par Goulc’han Kervella pour le théâtre Ar Vro Bagan

Pour revenir au serment en question : il concerne donc des paysans luttant pour leurs coutumes ancestrales et la survie de leurs familles. La victoire est à portée de main, mais seulement si tous s’unissent pour prendre les armes, et si personne ne fait défaut en rentrant chez lui face aux hommes d’armes envoyés pour les mater. En prêtant serment, ils s’engagent donc à ne pas trahir leurs compagnons de lutte, et créent une confiance mutuelle basée sur un lien sacré qui les rend invincibles. Les éléments (la mer et le tonnerre, la lune et les étoiles, le ciel et la terre) sont invoqués de manière poétique et saisissante, comme dans un serment païen de l’ancien temps, par exemple dans ce serment irlandais, ou dans le serment des jeunes éphèbes athéniens qui s’engageaient à défendre la terre de leurs pères, les armes à la main (condition indispensable de la citoyenneté, donc de la démocratie).

Sont invoqués aussi dans ce serment : Saint Cado, Saint Jean, et les braises du feu autour duquel les paysans sont assemblés dans la nuit. Saint Cado (vieux-breton Catuog, qui signifie « le combatif ») est le saint patron des lutteurs ; d’ailleurs son pardon, sa fête annuelle, célébrée à Gouenac’h aux alentours de l’équinoxe d’automne, comporte un tournoi de lutte traditionnelle bretonne (gouren). Quant à Saint Jean, il est fêté au moment du solstice d’été par un grand feu de joie (tantad, littéralement « feu-père »), apparenté au feu sacré irlandais de Bealtaine ou à un autre rite spécifique au solstice d’été. Le serment, prononcé sur ce feu sacré rassembleur, place donc ceux qui le prêtent en lien intime à la fois avec les forces cosmiques (mer et tonnerre, lune et étoiles, ciel et terre) et avec leurs camarades de lutte. Jusqu’à ce que la tradition soit rétablie dans son bon droit, jusqu’à ce que l’ordre social redevienne aussi harmonieux que l’ordre naturel dans lequel il doit se placer.

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Tournoi de la Saint Cadou (2013), rituel de la prestation de serment. Photographie : Eric Legret.

Pour conclure, rappelons-nous que, puisque le temps des serments sacrés et héroïque n’a pas cessé à la christianisation mais a perduré pendant tout le Moyen-Âge, il peut donc perdurer aussi ici et maintenant – à condition que nous prenions notre destinée en main, pour aligner nos actes à nos paroles, et nos paroles à nos pensées. Bretons, Celtes, Européens : le temps des serments n’appartient pas au passé ! Il appartient à ce que la tradition a de plus sacré, à ce qui ne passe jamaispour peu que nous ayons le courage d’être des hommes et des femmes dignes de nom.

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Kroaz Du (étendard médiéval de la nation bretonne) pavoisé aux abords d’un tantad (feu de la Saint Jean).
Crédit photo : Kadmael ar Bleiz.

(pour comparaison, des exemples de serments en vieil irlandais : https://www.sengoidelc.com/category/oaths/)

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Renouveau du paganisme scythe chez les Ossètes du Caucase

Cet article est une compilation d’extraits traduits de « Scythian Neo-Paganism in the Caucasus: The Ossetian Uatsdin as a Nature Religion », une publication de Richard Foltz (université de Montréal), spécialiste de l’ethnologie religieuse dans le Caucase.

Les Scythes étaient un peuple de guerriers et d’éleveurs nomades, de langue indo-européenne (iranienne), qui ont dominé les steppes eurasiennes tout au long du premier millénaire avant notre ère, entre l’actuelle Ukraine et les frontières de l’actuelle République Populaire de Chine. Une de leurs branches, les Alains, ont à la fois servi et combattu l’empire romain, certains d’entre eux allant jusqu’en Gaule. Ils nous sont connus à travers les récits d’Hérodote et d’autres écrivains grecs de l’Antiquité. La langue des Scythes et nombre de leurs coutumes culturelles survivent aujourd’hui chez les Ossètes du Caucase central, à cheval entre la Fédération de Russie et la Géorgie. Une tentative de faire revivre leur ancienne religion est en cours depuis la chute de l’Union soviétique en 1991.

La religion ossète est généralement considérée comme ayant suivi l’évolution historique suivante :

1) Un paganisme original scythe – c’est-à-dire de type iranien archaïque, proche des autres paganismes indo-européens,
2) Christianisation superficielle sous l’influence byzantine (et géorgienne) entre le Xe et le XIIIe siècle,

3) Une « re-paganisation », au cours des XIVe et XVe siècles, en raison de l’interruption des contacts avec Byzance à la suite des invasions mongoles,

4) Une « re-christianisation » partielle au cours des XVIe et XVIIe siècles à cause des missionnaires de Géorgie,

5) Une autre re-christianisation par les missionnaires russes à partir de la fin du XVIIIe siècle

6) Un athéisme imposé à une population encore superficiellement christianisée, pendant toute la période soviétique de 1920 à 1991,

7) Une « résurgence du paganisme ossète traditionnel », qui a été renommé Ætsæg Din et maintenant plus populairement l’Uatsdin, signifiant la « vraie » ou « sainte » religion, de la fin des années 80 à nos jours.

Une proportion importante de la population – peut-être 20 % – est tombée sous l’emprise de l’islam à travers des contacts avec ses voisins. Mais en fait, la vie rituelle populaire des Ossètes « musulmans » et « chrétiens » est à bien des égards identique. De nombreuses divinités ossètes les plus importantes portent des noms dérivés de ceux des saints chrétiens et ne conservent pas directement leurs appellations iraniennes originales.

Le titre du dieu créateur suprême, Khuytsauty Khuytsau («Dieu de tous les dieux»), est entièrement iranien. Kurdalægon, le forgeron céleste (la forge étant une activité vitale pour les Ossètes prémodernes et leurs ancêtres guerriers les Alains), est également une figure iranienne facilement reconnaissable. Son nom signifie « le forgeron aryen, Wærgon (loup) », et son analogue Kaveh / Kawa est bien connu dans les traditions mythologiques perses et kurdes.

Le calendrier annuel ossète est rempli de rituels et de célébrations populaires, dont certains sont exécutés à la maison par la famille immédiate et d’autres dans des espaces extérieurs sacrés pour la communauté au sens large. Les rituels domestiques sont généralement centrés sur la chaîne du foyer (safa), par laquelle un chaudron est suspendu au plafond au-dessus d’un feu (rappelez-vous que le feu est l’un des éléments sacrés de la tradition indo-iranienne et qu’il est considéré comme une divinité dans l’hindouisme et le zoroastrisme). Les cérémonies communautaires, par contre, ont tendance à être dans des bosquets sacrés ou au sommets de collines, où il y a généralement un sanctuaire, généralement construit en bois mais parfois en pierre. Il y a au moins soixante de ces célébrations fixes organisées tout au long de l’année (pour une liste complète, voir Tuayev 2018: 260-63, suivi par de brèves descriptions aux pages 264-347).

Sanctuaire ossète d’Usanet

Les rituels ossètes consistent en premier lieu à organiser une fête (fyng ou kuvyn) en l’honneur d’une divinité particulière. La cérémonie est dirigée par un homme désigné pour diriger l’occasion, appelé Dzuary Læg ou « saint homme », car il n’y a pas de prêtres professionnels. Son rôle est d’invoquer la divinité à travers l’offrande d’un toast, appelé kuyvd (libation), qui signifie également « prière ». En d’autres termes, pour Ossètes, la forme essentielle de la prière est celle de porter un toast vers le ciel à la divinité. La bière est la boisson habituelle offerte, bien qu’elle puisse être remplacée par divers types d’alcools forts. Des toasts à diverses divinités continuent d’être faits tout au long de la fête qui s’ensuit, au cours de laquelle trois tartes au fromage de cérémonie (ualibakh) sont consommées avec de la viande d’un animal sacrifié pour l’occasion. Il est intéressant de noter que les anthropologues russes ont remarqué aussi tard que le début du XXe siècle que les sacrifices animaux et les prises augures rituels continuaient à être pratiqués sur des dalles de pierre adjacentes aux églises chrétiennes, selon des procédures présumées préchrétiennes extrêmement archaïques (Arzhantseva 2002 : 24-25).

Les cérémonies communautaires en Ossétie sont également généralement accompagnées d’une forme de danse connue sous le nom de simd, qui se déroule à l’extérieur dans un espace naturel spécialement aménagé à cet effet. Bien que cette danse puisse prendre diverses formes, elle est généralement exécutée en cercle. Une version particulièrement distinctive est formée par un anneau de danseurs debout sur les épaules d’un autre anneau de danseurs, constituant une sorte de troupe de danse à deux étages, ce qui est très impressionnant à voir.

La danse ossète traditionnelle, nommée simd

La religion ethnique ossète a officiellment été nommée Ætsæg Din par un groupe d’intellectuels nationalistes, qui ont formé un groupe de pilotage culturel appelé Styr Nykhas (« Grand Conseil ») au début des années 1990. «Ætsæg», qui signifie « véridique », et est le nom de l’un des clans fondateurs du peuple ossète dans la saga des Nartes, un texte désormais pris par certains Ossètes comme une référence pour les normes culturelles traditionnelles. L’érudit français Georges Dumézil, figure majeure de études indo-européennes, a reconnu dans la saga des Nartes des motifs indo-iraniens païens très primitifs, précieux pour le comparatisme indo-européen et donc pour la reconstruction des traditions indo-européennes archaïques. «Din» est la forme ossète d’un ancien nom iranien pour l’incarnation divine des qualités morales d’une personne, Daena, qui a maintenant le sens général de « religion ». Craignant que le terme « Ætsæg Din » n’ait des implications de vérité universelle qui pourraient offenser les chrétiens et les musulmans, le linguiste ossète Tamerlan Kambolov a inventé en 2010 la désignation alternative Uatsdin (« religion sacrée »), qui est désormais le terme le plus couramment utilisé pour désigner la religion.

Au début des années 1990, à environ 30 kilomètres à l’ouest de la capitale Vladikavkaz, un espace rituel a été consacré par le gouvernement d’Ossétie du Nord – à côté d’un bosquet sacré où le légendaire héros ossète Khetag aurait trouvé refuge contre ses ennemis. Depuis 1994, une cérémonie annuelle officielle, centrée autour d’un sacrifice animal, y est organisée. Les dirigeants politiques et communautaires profitent fréquemment de l’occasion pour faire des discours nationalistes (Shnirel’man 2002: 204-205). Manger de la viande est considéré comme un élément essentiel de la cérémonie, avec des toasts aux dieux et des danses. Le festival a lieu en juillet et rend hommage à la principale divinité ossète, Uastyrdhzi, qui, selon la légende, aurait sauvé Khetag de ses poursuivants. Il s’agit de la plus grande célébration publique annuelle de la République d’Ossétie du Nord-Alanie, attirant des milliers de participants chaque année. Le rassemblement annuel tenu en l’honneur d’Uastyrdzhi au Rekom (sanctuaire dans la vallée de Tsey, près de la frontière avec l’Ossétie du Sud), a également vu un certain degré de participation du gouvernement (Foltz 2020).

Ruslan Kuchiev, le directeur du Grand Conseil, préfère éviter le terme de religion, affirmant que ce que l’Uatsdin défend n’est rien de plus que d’anciennes valeurs et traditions rituelles ossètes, qui sont incarnés dans le code social connu sous le nom de iron æghdaw (« tradition ossète »,iron étant un dérivé de Ârya). En ce sens, il considère que la majorité des Ossètes peuvent être considérés comme des pratiquants, car beaucoup pratiquent et respectent ces rituels et valeurs, même en s’identifiant extérieurement comme chrétiens ou musulmans. Il estime que la jeunesse d’Ossète montre un intérêt grandissant pour les principes et les pratiques de l’iron æghdaw.

Précisément parce que les frontières entre la tradition ossète et les religions abrahamiques importées est souvent très fluide, le mouvement Uatsdin a suscité de vives condamnations et des plaintes officielles de la part des dirigeants chrétiens et musulmans d’Ossétie. Même l’archevêque orthodoxe russe de Moscou, Leonidas, a cherché à les faire taire en essayant de interdire les livres de Makeyev en tant que « littérature extrémiste », allant jusqu’à faire appel à ses contacts personnels datant de l’époque où il était membre des services secrets de l’État russe, le FSB. Les dirigeants de l’Église orthodoxe russe ont également essayé de faire construire une église orthodoxe site du sanctuaire de Rekom dans l’espoir d’y attirer les pélerins, mais cet effort n’a jusqu’à présent pas rencontré de succès. De telles attaques ne semblent pas avoir diminué l’attachement que les Ossètes ordinaires semblent ressentir pour leurs anciennes traditions fondées sur la nature. A première vue, le niveau de participation populaire aux « rituels folkloriques » dans toutes les régions d’Ossétie dépasse largement celui que l’on observe dans les églises et les mosquées. Cela semble suggérer que le néopaganisme ossète connaît peut-être un niveau de succès inégalé dans le monde aujourd’hui. Ce que cela laisse présager pour la société ossète et pour les mouvements néo-païens en général reste à voir.

Bibliographie :

Arzhantseva, I. 2002. ‘The Christianization of the North Caucasus’, in W. Seibt (ed.), Die Christianisierung des Kaukasus (Vienna: VOAW): 17-36.

Foltz, R. 2020. ‘The Rekom Shrine in North Ossetia-Alania and its Annual Ceremony’, Iran and the Caucasus, 24.1

Shnirel’man, V.A. 2002. ‘“Christians! Go Home!”: A Revival of Neo-Paganism between the Baltic Sea and Transcaucasia (An Overview)’, Journal of Contemporary Religion 17: 197–211. Doi: https://doi.org/10.1080/ 13537900220125181.

Tuayev, R.G. 2018. Obychai Osetin/Iron Æg’dæwttæ (Vladikavkaz: Respekt).

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Une prière d’offrande aryenne

Le zoroastrisme est une religion monothéiste issue d’une réforme du paganisme originel des anciens iraniens, ou Âryas (les nobles) dans leur propre langue. Son texte liturgique, le Yasna (« rituel ») comporte des parties écrites dans une langue plus ancienne, le vieil avestique, qui présente de nombreuses similitudes avec le sanskrit, mais aussi d’autres langues indo-européennes anciennes (grec ancien, latin, et ce qu’on peut reconstituer du proto-germanique, proto-celtique, et proto-balto-slave).

Zoroastrisme

L’une de ces parties est le Yasna Haptanghaiti, ou « rite des sept chapitres », qui semble être le noyau primitif du rite zoroastrien, et incorporer des formules en usage avant la réforme monothéiste. En voici une adaptation en français, qui s’applique finalement très bien aux paganismes européens dont les textes liturgiques n’ont pas été conservés :

Nous vous honorons, Généreux Immortels,
Par l’ensemble de ces paroles sacrées,
Et nous sacrifions aux sources,
Ainsi qu’aux gués des rivières,
Aux embranchements des routes,
Et aux croisées des chemins.

Et nous sacrifions aux collines
D’où s’élancent les torrents,
Et aux lacs qui débordent d’eau,
Et au blé qui emplit les champs.
Nous sacrifions aux sages d’antan,
Et aux Dieux qui les ont instruit.

Nous sacrifions à la Terre et au Ciel,
Au vent tumultueux né des Dieux,
Au sommet de la montagne sacrée,
A ce pays et à tout ce qui est bon,
Et nous adorons les âmes des héros,
Qui festoient avec le Roi des Dieux.

Nous sacrifions la boisson divine,
Cet or liquide qui chasse la mort,
Au torrent des eaux primordiales,
Au vol prophétique des oiseaux,
Au crépitement du feu rituel,
Et à tous les Généreux Immortels !

Ce qui n’est pas sans évoquer un témoignage d’un historien byzantin du VIe siècle concernant le peuple germanique des Alamans avant leur christianisation :

« Ils adorent certains arbres, l’eau des rivières ou des fleuves, les collines, les montagnes et les vallées. […] Ils s’imaginent ainsi faire acte de piété. » (Agathias de Myrina, Histoires, livre I)

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Schieweschlawe : rite carnavalesque

Il s’agit d’une coutume alémanique très ancienne, qui se déroule le dimanche suivant le carnaval de Mardi Gras.

  • Une arabesque lumineuse

La fête du lancement des disques est restée extrêmement vivante à Offwiller à travers les siècles. Plusieurs semaines avant le carnaval, les préparatifs commencent. Jeunes gens, associations, villageois et conseillers municipaux ramassent du bois mort dans la forêt communale et le déposent dans une clairière qui domine le village (le «Schiewebarri»). Là, sept grandes pierres plates sont dressées de manière à former autant de tremplins dirigés vers la vallée.

Le jour venu, un grand feu est allumé dès l’après-midi. Au village, une atmosphère étrange, feutrée par la neige qui persiste encore en ce mois de février, indique que derrière les petits carreaux des fenêtres se réjouissent des personnes qui se livrent aux ultimes préparatifs de la fête.

A la tombée de la nuit, le ciel rougeoyant annonce le début des festivités. Les habitants sortent un à un des maisons. Tous se rendent à travers la forêt au Schiewebarri, en empruntant la rue de l’Eglise ou le sentier du « Monnesepel ». Les lanceurs portent en bandoulière des chapelets de disques. A la main, ils tiennent des bâtons flexibles de noisetier ou de châtaignier de 1,50 m de long environ.

Les disques en bois de hêtre d’un diamètre de 10 à 12 cm et percés au centre d’un trou de 1 cm, ont été achetés chez le menuisier du village. Mais il y a quelques années encore, chaque famille taillait ses propres disques dans des rondelles de bois de hêtres dont on amincissait les bords à coups de hachette. Le trou du centre était percé soit à la tarière, soit au fer rouge.

                   

Les disques, fixés solidement sur les bâtons, sont ensuite placés dans l’énorme bûcher. Le bord aminci s’enflamme. Le lanceur brandit ensuite le disque rougeoyant en le faisant tournoyer au-dessus de sa tête. Il s’approche d’une de ces tables de pierre. Après plusieurs moulinets, le disque est frappé avec dextérité contre la pierre : il rebondit en lançant des étincelles et le voilà parti dans l’air comme une étoile filante qui décrit une gracieuse courbe lumineuse vers la vallée. De nos jours, tous les villageois, sans distinction d’âge, participent à la fête. Quant aux visiteurs, ils ne se contentent pas de stimuler les autochtones mais cherchent eux aussi à éprouver leur talent. Car, bien entendu, il s’agit de lancer son disque avec adresse haut et loin et de lui faire suivre une trajectoire harmonieuse.

Les femmes restent pour la plupart spectatrices, mais n’en encouragent pas moins leurs compagnons par de joyeuses acclamations. Il y a les virtuoses qui envoient leurs disques avec une aisance nonchalante et recueillent des cris et des sifflements d’admiration. ais il y a aussi les maladroits qui expédient leur disque dans le mauvais sens, au beau milieu de la foule, et dont la malencontreuse performance est saluée par des huées et des rires.

Toute la veillée est ainsi rythmée par de petites émotions. Des étincelles voltigent sans cesse autour des gens, et quand une rafale de vent soulève les braises, c’est la fuite générale sous les arbres. La conscience d’un certain danger, ce brin d’excitation qui anime la fête, lui confère un charme saisissant. Cette fête offre souvent l’occasion de réunir la famille et d’inviter au spectacle les amateurs de folklore vivant. C’est aussi à cette occasion que sont dégustés dans chaque foyer les traditionnels beignets qui, par leur forme, rappellent les disques du Schieweschlawe.
  • Le Carnaval des paysans

Quel que soit le lieu où le lancement des disques était pratiqué, la date des festivités était toujours la même. Il s’agit du premier dimanche de Carême, appelé Carnaval des paysans ou Vieux carnaval. Il semble que ce fait soit en relation avec l’introduction du carême de quarante jours au Vème siècle. A partir du milieu du IVème siècle, on ne jeûnait plus les dimanches. Pour compléter le nombre de jours de jeûne, on avança alors le carême au mercredi des cendres. Les fêtes de printemps ou de Carnaval cessèrent donc à partir du dimanche Estomihi qui obtint le nom de « Herrenfâssenacht ». Mais la population tint ferme au dimanche Invocavit, sans doute parce que l’origine en était une fête païenne plus ancienne.

  • Une célébration de l’équinoxe du printemps

Cette tradition qui se pratiquait autrefois dans tous les villages situés sur la ligne des collines pré-vosgiennes, dans le Kochersberg et en Forêt Noire, s’était fixée précisément là où une éminence naturelle permettait à l’arabesque rougeoyante de rendre son plus bel effet.

Le document le plus ancien concernant le lancement de disque date du 4 mars 1090 et relate qu’un couvent a été incendié à Lorsch (Allemagne) par un disque enflammé lancé lors d’une fête d’équinoxe de printemps. Mais ses origines sont plus anciennes encore puisqu’un capitulaire de Charlemagne de 742 interdisait déjà de tels feux en raison des dangers qu’ils présentaient pour les habitations.

Certains admettent que la fête du lancement de disques enflammés correspond à une invention autonome remontant au Moyen-Age. D’autres voient dans cette coutume un reste de culte solaire de la Gaule antique où le Dieu soleil Vichnon était profondément vénéré. D’autres enfin pensent qu’il pourrait s’agir de survivances d’anciens rites. Nos ancêtres, dans leur vision du monde, voyaient deux forces qui s’affrontaient : le monde favorable de l’été et le monde hostile de l’hiver. Pour eux, c’était un éternel combat entre lumière et ténèbres, entre la vie et la mort. Les rites qu’ils pratiquaient tel le Schiewesclawe devaient favoriser les forces magiques ainsi que le réveil de la nature. Bien plus, les disques enflammés projetés dans la nuit devaient également chasser le froid de l’hiver et les mauvais esprits. Chaque lanceur formulait des vœux de prospérité pour la saison à venir.

En réussissant à lancer son disque haut et loin, on pensait s’attirer les faveurs des Dieux. La fête du lancement de disques enflammés célèbre l’équinoxe de printemps. A partir de cette date les journées commencent à être plus longues que les nuits. Dans la préhistoire, les Européens appelaient déjà la renaissance du soleil par toutes sortes de manifestations visuelles. Les villageois perpétuent ainsi une pratique issue de la nuit des temps. Comme leurs ancêtres, ils lancent vers la coupole céleste des centaines de petits soleils qui sont autant de lueurs d’espoirs, autant de prières pour un retour rapide du printemps.

  • Authenticité


L’originalité du lancement de disques enflammés aurait pu pousser la municipalité à donner une envergure commerciale à la fête. Mais sur ce point, les villageois sont unanimes : le Schieweschlawe doit rester authentique ! Aussi, les festivités ne sont entourées d’aucune publicité, d’aucun commerce, d’aucune attraction particulière. Le lancement des disques est pratiquée à la manière d’antan. Ainsi, c’est toujours dans le noir le plus total que les lanceurs montent à la clairière. Sur place, aucune boisson n’est vendue malgré la forte chaleur dégagée par le bûcher. C’est qu’autrefois, les familles venaient sur les lieux munies de torches et d’eau fraîche.

En réalité, seule l’Amicale des Sapeurs-Pompiers organise tous les ans sur autorisation de la municipalité une buvette et un buffet dans la rue de l’Eglise, au départ du chemin de terre menant à la clairière. Il est possible d’y acquérir bâton et disques. Les sapeurs proposent également aux hôtes du vin chaud et des beignets artisanaux.

Enfin, dès l’après-midi, des démonstrations de fabrication de disques sont faites au Musée d’Arts et Traditions populaires du village. Les spectateurs pourront également se familiariser avec le Schieweschlawe avant de s’y adonner personnellement.

Bien évidemment, la municipalité procède à la sécurisation de la clairière afin que soient évités les risques d’incendie et d’accident.Le Schieweschlawe connaît tous les ans un vif succès. Les spectateurs viennent de toute la région pour y assister. Nombreuses sont les chaînes de télévisions et les radios qui viennent couvrir les festivités qui, parce qu’elles ont su rester authentiques à Offwiller, méritent d’être signalées.

  • Recommandations

Il est conseillé aux visiteurs de s’équiper de bonnes chaussures, de vieux vêtements (retombées de braises, fumées) et d’une lampe de poche pour accéder à la clairière.

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A Brigid la Victorieuse

Brigantia

« Victorieuse Brigid,
Gloire du clan,
Soeur du Roi Céleste,
Noble dame,
Menace des parjures,
Torche rayonnante.
Jusqu’au ciel béni,
Nourrice des Celtes,
Confort des invités,
Étincelle de sagesse,
Fille du Bon Dieu,
Dame fière,
Victorieuse Brigid,
Vie de tous les vivants ! »

Adaptation de « Brigit Búadach » à partir de deux traductions anglaises de l’original en vieil irlandais (Dánta Ban: Poems of Irish Women Early and Modern – A Collection par P. L. Henry, 1992 ; The Field Day Anthology of Irish Writing, vol. 4, par Angele Bourke, 2002).

Notez la parfaite correspondance de cette victorieuse Brigid irlandaise avec la Dea Brigantia Victoria attestée par une inscription du IIe siècle sur le territoire du peuple breton des Brigantes. Cette même Brigid irlandaise est patronne du feu du foyer, des l’inspiration poétique, et du brasier de la forge ; or César précise que chez les Gaulois, « Minerve transmet les rudiments des techniques et des arts » (Commentaire sur la Guerre des Gaules, VI, 17). Le nom de Brigantia se retrouve aussi dans la toponymie continentale, de Bregença au Portugal à Bregenz au bord du lac de Constance, en passant par Briançon dans l’actuel département des Hautes-Alpes.

On est donc bien ici en présence d’une divinité pan-celtique, dont les principales attributions sont : les arts et techniques, le feu sacré du foyer, et la victoire au combat.

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Résurgence du zoroastrisme au Kurdistan irakien

Source : http://geopolis.francetvinfo.fr/daech-fait-renaitre-le-zoroastrisme-de-ses-cendres-au-kurdistan-irakien-64971

zoroastriens-iraniens-au-festival-annuel-sadeh_0Face à la pression du fanatisme de leurs voisins arabes, des Kurdes irakiens ont célébré le 1er mai dernier, autour d’un grand feu sacré, un rite de ré-adoption des coutumes zoroastriennes après plusieurs siècles d’islamisation forcée. Mise à part la minorité yézidie, qui en pratique une version spécifique, cette religion avait disparu du Kurdistan, et ne persistait que faiblement en Iran (30.000 adeptes) et en ailleurs en exil (170.000 adeptes, la plupart en Inde dans la communauté pârsi). Le gouvernement autonome du Kurdistan irakien a reconnu cette nouvelle communauté religieuse et travaille à ce que leur juste place dans la société soit garantie, et ce d’autant plus qu’elle signifie un retour aux sources de la culture kurde.

Le zoroastrisme est une religion monothéiste non-abrahamique, c’est-à-dire qu’elle n’est pas issue du judaïsme. Il s’agit d’une réforme, par le prophète Zarathustra, de la religion traditionnelle des Perses, peuple indo-iranien. Malgré ces changements importants dans la religion, les rites gardent la trace de l’antique paganisme indo-européen, par exemple dans le précepte « Humata, Hukhta, Huvarshta » (bonne pensée, bonne parole, bonne action) ou dans la persistance de divinités en tant qu’émanations ou serviteurs du dieu suprême, Ahura Mazda.

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