Savoirs

Hefnatafl & hydromel : traditions germano-scandinaves

Les « loisirs » des Anciens étaient des moyens de développer leur patrimoine. Le jeu d’échecs (tafl) et le brassage d’hydromel en sont deux bonnes illustrations. Une activité intellectuelle comme le tafl permet de développer son cerveau, mais est était aussi une manière de s’élever socialement car c’est un attribut royal. Brasser l’hydromel est une activité artisanale qui permet de produire de la boisson enivrante, mais c’est aussi un acte magico-religieux qui renouvelle les liens entre les Divinités du ciel et de la terre, entre le divin et l’humain, et aussi au sein du clan.

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LE JEU DE TAFL, OU « ÉCHECS SCANDINAVES », EST L’ACTIVITÉ FAVORITE DES ASES, NOS DIVINITÉS DU CIEL. C’est un loisir positif, qui accroît les capacités de raisonnement, et qui est fermement ancré dans notre tradition. Au début de la nouvelle ère qui suivra le Ragnarök, les Divinités survivantes retrouveront le plateau de jeu et les pièces d’échecs en or utilisées à Asgard. Cela symbolise le fait que les sources de notre tradition ne changent pas plus que les grandes constantes de l’Univers. Notre génération peut et doit les redécouvrir, pour forger sa destinée.

Le hefnatafl est la variante de tafl la plus connue, mais il en existe plusieurs. Tous ont en commun la présence de deux camps inégaux. L’un, moins nombreux, protège un roi au centre du plateau, tandis que l’autre l’encercle. Le but des attaquants est d’empêcher le roi de s’échapper par un des angles, après quoi on passe à la revanche où la situation est inversée. Le vainqueur est celui qui gagne à la fois comme attaquant et comme défenseur. Nous apprenons ainsi que celui qui refuse de baisser les bras, et ne recule devant aucun sacrifice, peut sauver l’essentiel… Ainsi, profitant du cours du Destin, il peut attendre une occasion favorable où reprendre le dessus. Pour vous entraîner à ce jeu, vous trouverez les règles et un plateau virtuel sur ce site : http://hnefatafl.fr

Avant chaque partie, vous pouvez dire cette invocation : « SALUT À VOUS, PUISSANTS ASES, SOUVERAINS DU CIEL ! INSPIREZ-MOI VOTRE SAGESSE QUAND J’AVANCE MES PIÈCES SUR LA TABLE DU DESTIN ».

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brasser SON propre HYDROMEL

L’HYDROMEL EST LA BOISSON DE L’INSPIRATION DIVINE, QU’ODIN RÉCUPERA LORS D’UN DE SES NOMBREUX VOYAGES. Ce mélange d’eau et de miel fermenté est un des premiers alcools produits par l’être humain. Notre tradition considère qu’il est issu de la salive mélangée des Ases et des Vanes, Divinités du ciel et de la terre, et il est donc utilisé pour trinquer de manière rituelle. Il est rare d’en trouver en France, mais demandez à vos apiculteurs locaux. Sinon, achetez leur miel !

Il est assez facile d’en produire dans votre propre maisonnée, comme jadis. Un ou deux essais suffisent pour avoir une boisson correcte. Vous pourrez ensuite perfectionner vos techniques, essayer différents miels et herbes aromatiques, voire récupérer des fûts des chêne pour le vieillissement. Ainsi, vous pourrez partager, avec nos Amis et vos invités, la boisson de la demeure, vibrante manifestation de votre héritage et du bon goût germanique. Voici un exemple de guide détaillé : https://fr.wikibooks.org/wiki/Livre_de_cuisine/Boissons/Hydromel. Comme l’eau a une grande influence, préférez l’eau de source si celle de votre robinet est chlorée.

Cette invocation aidera la fermentation : « ODIN, DIEU DE L’INSPIRATION, QUE LES RAYONS DU SOLEIL, ET L’EAU D’ICI, RÉJOUISSENT ASES ET VANES, ET TOUS LES MEMBRES DU CLAN, MORTS OU VIVANTS ! »

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Nous dédions ce présent fascicule à Yngvi-Freyr, dieu procréateur, à qui serment fut prêté lors des fêtes de Yule d’écrire un ouvrage sur notre tradition et de travailler chaque jour afin d’obtenir sagesse et propsérité pour les nôtres. Vous pouvez retrouver ici le fascicule sur Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Stoïcisme Nordique du Lundi Matin (n°2)

La même sagesse infuse une nouvelle fois la pensée germano-scandinave et gréco-romaine. Le Chat Poron se joint dont à l’empereur Marc-Aurèle et au dieu Odin en postant avec un peu d’avance ce deuxième épisode.

« Le matin, quand tu as de la peine à te lever, voici la réflexion que tu dois avoir présente à l’esprit : « Je me lève pour faire mon œuvre d’homme ; je vais remplir les devoirs pour lesquels je suis né et j’ai été envoyé en ce monde. Pourquoi donc faire tant de difficultés ? Ai-je été créé pour rester ainsi chaudement sous des couvertures ?

— Mais cela me fait plus de plaisir !

— Es-tu donc né pour le plaisir uniquement ? N’est-ce pas au contraire pour toujours travailler et toujours agir ? Ne vois-tu pas que les plantes, les oiseaux, les fourmis, les araignées, les abeilles concourent, chacune dans leur ordre, à l’ordre universel ? Et toi, tu refuserais d’accomplir tes fonctions d’homme ! Tu ne t’élancerais pas avec ardeur à ce qui est si conforme à ta nature !

— Mais, diras-tu, il faut bien que je me repose.

— D’accord ; le repos est nécessaire ; mais la nature a mis aussi des bornes à ce besoin, comme elle en a mis au besoin de manger et de boire. En cela pourtant, tu vas au-delà des bornes, et tu dépasses ce qu’il te faut. Au contraire, quand tu agis, tu n’en fais pas autant ; et tu restes en deçà de ce que tu pourrais faire. Cette négligence tient à ce que tu ne t’aimes pas sérieusement toi-même ; car autrement tu aimerais ta nature. Ceux qui aiment réellement l’art spécial qu’ils cultivent se dessèchent sur les ouvres que cet art leur inspira, oublieux du boire, oublieux du manger. Et toi, tu apprécies ta propre nature moins que le tourneur n’apprécie l’art du tour, moins que le danseur n’apprécie l’art de la danse, moins que l’avare n’apprécie son argent, ou le glorieux, sa vaine gloire : quand tous ces gens-là sont à leur ardeur labeur, ils songent moins à manger ou à dormir qu’à avancer l’œuvre dont ils s’occupent si passionnément. Et toi, tu trouves les devoirs que la société impose à ses membres moins importants et moins dignes de tes soins ! »

(Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, livre V, I, trad. Barthélémy Saint-Hilaire).

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Et du côté scandinave, donc :

« Il doit se lever tôt, celui qui cherche vengeance,

Ou voudrait les possessions d’un autre.

Le loup qui se repose attrapera peu de viande,

Et l’homme qui dort aussi peu de succès.

Il doit se lever tôt, celui dont les ouvriers sont peu,

Afin de se mettre de lui-même à son ouvrage.

Beaucoup reste inachevé pour le lève-tard,

Car l’entrain est une richesse à moitié gagnée. »

Odin (Havamal, 58-59, trad. Chat Poron d’après H. A. Bellows)

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Stoïcisme Nordique du Lundi Matin (n°1)

Salutations ! Voici la nouvelle rubrique du Chat Poron : le Stoïcisme Nordique du Lundi Matin. L’idée est simple : on sait tous que le lundi matin, c’est le lundi matin, avec tout ce que ça implique. Pour tenter de surmonter l’insurmontable, votre serviteur a deux méthodes : le Havamal (« Dit du Très Haut », un poème scandinave attribué au dieu Odin et qui est une suite de conseils donné à l’homme qui vise la sagesse, autrement dit au philosophe) ; et l’école gréco-romaine de la philosophie stoïcienne (fondée par Zénon en Grèce, et dont les principaux continuateurs seront l’esclave grec Epictète auteur du manuel du même nom, l’homme politique et écrivain romain Sénèque par les lettres à ses amis, et l’empereur romain Marc-Aurèle lui-même dans ses Pensées).

L’idée est donc, chaque semaine, de mettre en regard une ou deux strophes du Havamal (ou éventuellement un passage d’une saga scandinave) et un fragment de philosophie stoïcienne, qui comme vous pouvez les constater se rejoingnent souvent, à tel point que je m’aventurerais presque jusqu’à dire que le monde germano-scandinave païen était stoïcien, ou alors que les Stoïciens gréco-romains avaient tout simplement une mentalité germanique.

« Si quelque dieu te disait que tu mourras demain, ou si ce n’était demain, au plus tard après-demain, tu ne ferais pas grande différence de mourir le troisième jour au lieu de mourir le second, à moins que tu ne fusses de la plus insigne lâcheté. En effet, que serait un tel sursis ? Eh bien ! pense absolument de même que ce n’est pas grand état de mourir après de longues années, plutôt que demain. »
– Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, livre IV, XLVI

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« La richesse meurt, les gens meurent,
Toi-même dans peu de temps tu périras,
Mais je sais une chose qui point ne meurt :
La renomée bien méritée de celui qui l’acquiert. »
– Havamal, 75 (trad. Chat Poron)

Comme Dubrinertos de la Claririère Garganioii nous le rappelle, le monde celte n’est pas en reste non plus, car la tradition orale irlandaise attribue cette phrase au héros Cuchulainn : « Ne serais-je au monde qu’un jour et qu’une nuit, peu m’importe, pourvu que restent après moi mon histoire et le récit de mes hauts faits. »

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L’ornithologie comme voie spirituelle

Soleil dans la brume bellovaque. Celle-ci se dissipe sur le chemin du bois, à mi-pente de la colline funéraire où l’on prie la Dame du Tilleul depuis plus longtemps qu’on y lit des livres. Battements de cœur et le sentier s’ouvre enfin parmi les hêtres, au milieu du tapis violacé où la jacinthe était annoncée par la pervenche. Je les salue comme un vieil ami – elles connaissent ce que je suis depuis plus de mille ans. Le maître est là, presque humain, avec un reflet sur le visage que celui qui sait voir seul verra, sans savoir quoi. Les autres sont là aussi, il leur rappelle que le silence des hommes a ici son royaume comme en tout ce qui est sacré : l’amour, le rêve, et la mort. Des murmures s’accrochent encore à nos pas tandis que nous avançons pour fuir la grand’route (loués soient les chemins de traverse qui nous sauvent du contre-sens).

Première station. Le mauvais œil du maître leur cloue le bec comme un cercueil. Chante, muse, ce qui est : chante-le comme miroir de ce qui fut et de ce qui sera. Chante ce qui est permanent, chante ce qui est éphémère ; chante, dans ce qui est permanent, ce qui change à chaque instant pour permettre cette permanence ; chante, dans ce qui est éphémère, ce qui toujours perdure pour permettre ce changement. Chante l’instant qui passe et l’éternel retour des formes.

450px-morninglight_28807131512629Chante, car de tout ce que disent les hommes, ce qui a le plus de valeur a d’abord été entendu. Mais pour qu’ils entendent, il faut déjà qu’ils écoutent ! Notre époque de raisonneurs aime surtout parler, plus que toute autre chose… Parfois elle pense, souvent c’est pire. Mais écouter ? Qui écoute encore de nos jours ? Qui sait écouter pour comprendre avec les oreilles ? On écoute les bons élèves d’autres élèves. La source, elle, semble être passée de mode. Le vrai rythme pourtant est celui des astres et du souffle, l’harmonie profonde est celle qui unit les contraires : elle les lie par la grande loi où l’aveugle sent le hasard, le borgne, le dieu, et le voyant, le cosmos. Nul mot ne se pose dessus ; sous ce poème, les feuilles sont encore vertes, et l’arbre vit.

Parfois le doigt du maître guide l’oeil vers sa proie, le plus souvent c’est le regard lui-même qui mène le regard. Cette autorité instinctive, loin des idoles rouillées qui demandent qu’on les couvre d’argent, cache sous l’écorce une âme d’or. Seulement de temps à autres un nom franchit la barrière de ses lèvres. Et le son devient chose.

Le chant, lui, n’est pas transcriptible. Seul un patient travail permet de le graver en soi ; aucun calepin ne s’interpose pour protéger de ce poinçonnage. Le savoir offert gracieusement à celui qui veut s’immerger dans les bois, cette « donnée » à portée de celui qui voudra se prendre au jeu, perce notre crâne et orne de ses entrelacs le revers du cuir chevelu. Comme un tatouage initiatique, l’information est surtout transformation. Puis la marche continue, de station en station, des bois aux champs en passant par les restes du vieux bocage, d’une époque où le mot « limite » avait un sens. S’y succèdent, comme en transe, ceux qu’on voit et entend, ceux qu’on voit passer sans les entendre, ceux qu’on entend chanter sans jamais les apercevoir, et ceux qu’on entend ni ne voit mais qui pourtant sont bien là. Surtout eux, d’ailleurs : les Esprits du sol, Ancêtres de pierre dont les os sont la craie blanche et le sombre silex de ce pays, eux qui vivent dans ce terroir et voient leurs vivants congénères y porter la mort, ayant relégué la vie à l’arrière-plan.

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D’autres que moi ont déjà décrété le recours aux forêts, car l’avenir naîtra de ceux qui trouveront pour sanctuaire la source de la plus longue mémoire, celle qui ne se tarit pas. Je rappellerai seulement que pour être invulnérable, il faudra aussi désoublier la langue des oiseaux. Reforgeons l’épée spirituelle, terrassons le dragon vautré sur son trésor. Alors nous comprendrons que ce que proclament sans cesse nos cousins à plumes, sous mille formes qui toujours reviennent, tient en deux mots : l’amour, et le je-suis-ici.

 

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Faut-il se libérer du libéralisme ?

Le libéralisme est une philosophie bourgeoise, celle de l’individualisme possessif, dont le mythe fondateur est l’individu rationnel qui poursuit son intérêt bien compris, qui se décline en plusieurs dimensions.

Pour faire court, le libéralisme est l’idéologie d’accompagnement et de légitimation du capitalisme, sa vision du monde, son anthropologie subliminale, sa théologie sans dieu[x], remplacé[s] par la main invisible du divin marché.

S’il y a une déconstruction à faire, c’est bien celle-là, la déconstruction de la prétendue naturalité du marché – la déconstruction de la destruction et reconstruction marchande de l’homme et du monde. A ce point-là, tout ce qui est antilibéral est nôtre.

Si tout ce qui est antilibéral est nôtre, il faut bien comprendre que certaines positions antilibérales sont auto-contradictoires – notamment celle des antilibéraux étatistes. On a coutume d’opposer au libéralisme du marché la régulation étatique. Il faut bien comprendre qu’historiquement le développement de l’État moderne et celui du capitalisme sont intrinsèquement liés – c’est l’État qui a permis le développement du capitalisme en détruisant ou soumettant à sa loi et à celle du marché les communautés sociales autonomes et toutes les forces productives des populations.

L’État régalien qui a le monopole de l’émission de monnaies est une institution typiquement capitaliste. Au contraire, l’émission de monnaies (et de différents types de monnaies correspondant à leurs besoins réels) devrait être librement décidées par les communautés sociales – comme cela prend timidement place avec le crédit social, les systèmes d’échanges locaux, les monnaies complémentaires, les monnaies fondantes, etc.

Source : « Le libéralisme ne conduit pas à la liberté qu’il promet »

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La nature, cette force qui terrorise l’Homme

La transition écologique, ce n’est pas un monde d’éoliennes au garde à vous plantées dans le gazon bien ras ou le champ d’OGM bien carré. C’est dépasser enfin la peur que nous inspire le foisonnement de la vie. Alors, et alors seulement, nous pourrons envisager une société d’écologie intégrale.

Source : La nature, cette force qui terrorise l’Homme

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Comment être lu par une centaine de personnes sans créer de blog

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D’après une oeuvre de Mario Marchal (vision contemporainede la trifonctionnalité)

La réponse est simple : Un Tiers Chemin – ARS TRADITIONIS vous ouvre ses colonnes ! N’hésitez pas à nous contacter par ce formulaire pour rejoindre notre joyeuse équipe ou proposer un article. Toute personne respectanr la charte qui suit est la bienvenue.

1. Présentation
Un Tiers Chemin – ARS TRADITIONIS est un journal électronique collectif fondé en 2014, consacré à l’information et à la discussion concernant les arts, rites, et savoirs traditionnels. Par traditionnels, nous entendons enracinés dans une manière d’être au monde qui est héritée, partagée et transmise au sein d’une communauté délimitée. Cette délimitation, loin d’être une forme d’exclusion et encore moins de supériorité, est au contraire pour nous une garantie de respect de l’autre, puisque cela permet d’en reconnaître la valeur sans chercher à l’englober ou le soumettre à nos critères. Face à l’idéologie du Même, nous prônons l’harmonie des contraires.
Nos valeurs sont basées sur la déclaration de Vilnius du Congrès Européen des Religions Indigènes : « A une époque où le monde est en équilibre précaire au bord de bouleversements écologiques et économiques, pour beaucoup à cause d’un individualisme sans limite et d’une avidité effrénée, nos traditions promeuvent des modèles spirituels et sociaux très différents : la vie en harmonie, équilibre et modération avec la Terre ; l’importance de la famille et de la coopération collective ; le respect et les hommages rendus à toute forme de vie. Nous poussons tous les peuples et toutes les nations à placer le bien-être de la Terre – qui est, littéralement, notre Vivante Mère – au-dessus de toutes les autres priorités. Nous envoyons ce message en toute fraternité, amour, et respect ». En bref, d’autres mondes sont possibles : ils existent encore, et ont besoin de nous pour cela.
Pour l’équilibre de notre planète, nous estimons qu’il est souhaitable, pour tous les déracinés, de renouer avec leur héritage indigène (patrimoine culturel, identité ethnique, et ressources naturelles), de le partager au sein de leurs communautés, et de le transmettre par des institutions propres. Les Européens, dont le déracinement a engendré de nombreux maux à l’échelle mondiale et les a conduit à déraciner d’autres groupes humains, constituent à nos yeux une communauté traditionnelle à part entière, de mêmes que les diverses communautés européennes. L’enracinement, c’est maintenant !
2. Fonctionnement
L’équipe de rédaction est ouverte à toute personne francophone qui partage ces valeurs et est : soit enracinée dans une communauté traditionnelle, et qui souhaite diffuser des informations concernant son héritage ; soit en relation avec une communauté traditionnelle qui souhaite diffuser des informations concernant son héritage, et lui donne un mandat dans ce but. Cette équipe de rédaction est composée de toutes les personnes ayant publié un article il y a un an et un jour maximum. Celle-ci peut, à la majorité, inclure ou non une personne en faisant la demande et remplissant un des deux critères, ou exclure un membre de l’équipe de rédaction. En cas d’égalité lors du vote, la décision sera du ressort du plus ancien membre de l’équipe de rédaction.
Il sera évidemment possible à l’équipe de rédaction d’adapter ce fonctionnement au fil de l’évolution du journal et de son développement… car, nous en sommes convaincus, nos traditions ont de l’avenir.

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Peinture rupestre de la Cueva del Castillo (datée d’environ 40.000 ans)

 

3. Moyens techniques
L’équipe de rédaction dispose du site internet http://www.1tierschemin.wordpress.com et de la page Facebook « Un Tiers Chemin – Arts, Rites et Savoirs Traditionnels ». Elle pourra faire usage d’autres médias adaptés, tels qu’une chaîne Youtube, un compte Twitter, des publications au format papier ou numérique, un autre site internet, une structure associative selon les lois d’un État francophone.

 

4. Lexique
Arts : Ensemble de pratiques, moyens et méthodes ayant pour but d’inspirer des idées, impressions et sentiments intenses ou complexes
Rites : Méthodes en usage dans une communauté concernant la manière de témoigner du respect envers une réalité supérieure
Savoirs : Manière de se représenter de manière ordonnée les choses et leur fonctionnement, et les compétences qui en découlent
Enracinement dans une communauté traditionnelle : Rattachement durable et profond à un ensemble délimité de personnes (partageant l’héritage d’une manière d’être au monde qu’elles transmettent) perçu comme distinct de la somme des vivants qui le composent à un instant donné, et n’ayant pas vocation à englober toute l’Humanité

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Interview d’identitaires amazoniens

 

Les réactions de ces indigènes d’Amazonie, face à ces images de l’Occident moderne, s’articulent autour de deux grands axes :

  1. Ce n’est pas notre coutume. On ne comprend pas (ou « on trouve ça triste », ou hilarant). Mais si c’est la vôtre, pourquoi pas.
  2. Ce n’est pas bien. Les plantes ont un esprit. Ca nous inquiète. On a remarqué des changements. Il faut plus chaud qu’avant.

Une réponse sort clairement de ce cadre, celle à la prestation de Maria Callas (cantatrice née en 27 before present, c’est-à-dire en l’an 1923 de l’ère chrétienne). Ils indiquent clairement ne pas comprendre, ne pas savoir comment réagir, mais être respectueux et touchés d’une manière inexprimable, parce que « il y  a quelque chose de sacré« . D’une manière assez intéressante, cela ne s’applique pas à Mickael Jackson (showman né en l’an 8 de l’Anthropocène, c’est-à-dire en l’an 1958 de l’ère chrétienne).

Le mot de la fin est également très éclairant.

« Est-ce que vous avez pas peur, en voyant ces images, d’être mangés par ce monde, engloutis par ce monde ?

– Bien sûr que nous sommez très inquiets. D’ailleurs, si on vous a permis de nous filmer, c’est pour que vous montriez aux Blancs qui nous sommes. On sent la pression de l’homme blanc qui monte tout autour de nous et de notre forêt. Que vous le vouliez ou non, nous résisterons, et nous nous battrons pour que vous ne souilliez pas notre terre. »

Encore une fois, Un Tiers Chemin ré-affirme sa position : tous les peuples indigènes de la planète sont objectivement alliés face à la mondialisation libérale qui menace la transmission de leur patrimoine écologique, de leur identité ethnique et de leur héritage culturel.

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DNH #24 : Le nouveau supplice de Tantale

Source : DNH #24 : Le nouveau supplice de Tantale

Le supplice de Tantale ressemble aux délices de l’internaute. Toutes choses sont sur son écran, mais aucune n’est réellement présente. Il croit que le monde est devenu plus petit, qu’il se déverse dans sa chambre, à portée de main, alors qu’il n’a jamais été aussi loin, et que ses doigts ne peuvent pas même saisir les touches de son clavier… […]

Le software nous cache le hard, et voici le plus hard, voici, derrière la pseudo-immatérialité technologique, sa matérialité la plus lourde : les minerais nécessaires à la fabrication de ses composants, et donc les mines, judicieusement délocalisées loin du cybersurfer, où des hommes, des femmes et des enfants travaillent dans des conditions auprès desquelles le « Voreux » de Germinal paraît une attraction de Disneyland. Et voici le plus beau : comme par hasard, parmi ces « minerais du sang », il en est un spécialement dédié à l’électronique, aux condensateurs de nos ordinateurs et nos téléphones mobiles, notamment, et qui s’appelle – je vous le donne en mille – le Tantale ! Celui-ci, dérivé du coltan, vient principalement de la région du Kivu, en République Démocratique du Congo, où des groupes armés tuent, pillent, violent depuis des années pour avoir le contrôle de l’extraction. En 2014, guerre et guérillas y avaient déjà fait pas moins de 6 millions de morts. […]

Bien sûr, ces informations, j’ai pu les obtenir via Google. La machine qui participe réellement au mal est aussi celle qui virtuellement le dénonce. Mais nous sommes comme des Tantale inversés : nous voyons les victimes de nos écrans sur nos écrans, et nos mains ne peuvent leur venir en aide.

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Non-violence et autodéfense chez Plotin

Les sociétés traditionnelles se posent généralement bien moins le problème de la violence que la société libérale. Le concept en lui-même est d’ailleurs rarement pensé en tant que tel, et encore moins moralement négatif, puisque la prédation et la compétition sont des interactions qui structurent les écosystèmes et les communautés.

Dans les cultures indo-européennes, largement diffusées par une aristocratie guerrière, le meurtre d’un hôte ou d’un animal sacré, le fratricide, le parricide, la profanation de lieux consacrés à des divinités pacifiques, enfreignent les traditions. Cela entraîne une souillure sur la personne qui a commis ces actes,  et un désordre qui doit être réparé au niveau cosmique.

Au contraire, la défense de sa communauté, de son héritage, de ses moyens de subsistance, sont des devoirs sacrés. La plupart des figures divines ou héroïques combattent et triomphent ainsi de nombreux adversaires (Akhilleus qui aquiert la « renommée intarissable », kleos aphthiton, formule qu’on retrouve aussi en sanskrit ; Sigurd qui tue le dragon Fafnir ; Cùchulainn qui affronte seul les ennemis de son peuple ; etc). Aujourd’hui encore, il semble normal de qualifier de « héros » quelqu’un qui, par exemple, empêche un viol. Sauf pour certains fonctionnaires du système judicaire. Comment en est-on arrivés là ?

En Europe, c’est surtout le christianisme qui soulèvera ce « problème de la violence » en conseillant de « tendre l’autre joue ». En mal de justification philosophique, les Galilléens jouèrent sur le fait que Platon, et les écoles néoplatoniciennes qui en sont héritières,  usent du terme « Dieu » (Theos) pour désigner l’ensemble de la puissance divine du cosmos. On a ainsi fait de ces écoles une pensée ascétique, coupée du monde, et parfois-même dogmatiquement non-violente. Pourtant, un des derniers grands auteurs néoplatoniciens et païens, Plotin, nous explique en quoi le vertueux a non seulement le droit, mais aussi le devoir, de se défendre des moins vertueux (Ennéades, III, 2, 8 ; trad. Bouillet) :

Il nous reste à expliquer comment les choses sensibles sont bonnes et participent de l’Ordre, ou du moins comment elles ne sont pas mauvaises.

 

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Plotin

Dans tout animal, les parties supérieures, le visage et la tête, sont les plus belles ; les parties moyennes et les membres inférieurs ne les égalent pas. Or, les hommes occupent la région moyenne et la région inférieure de l’univers. Dans la région supérieure se trouve le ciel avec les dieux qui l’habitent : ce sont eux qui remplissent la plus grande partie du monde, avec la vaste sphère où ils résident. La terre occupe le centre et semble faire partie des astres. On s’étonne de voir l’injustice régner ici-bas, parce qu’on regarde l’homme comme l’être le plus vénérable et le plus sage de l’univers. Cependant, cet être si vénérable ne tient que le milieu entre les dieux et les bêtes, inclinant tantôt vers les uns, tantôt vers les autres.

Certains hommes ressemblent aux dieux, d’autres ressemblent aux bêtes : mais la plupart tiennent le milieu entre les deux natures. C’est à ceux qui occupent cette place moyenne que les hommes dépravés, qui se rapprochent des bêtes féroces, font subir leurs rapines et leurs violences. Quoique les premiers vaillent mieux que ceux dont ils subissent les violences, ils sont cependant dominés par eux parce qu’ils leur sont inférieurs sous d’autres rapports, qu’ils manquent de courage et qu’ils ne se sont pas préparés à résister aux attaques. Si des enfants qui auraient fortifié leur corps par l’exercice, mais qui auraient laissé leur âme croupir dans l’ignorance, l’emportaient à la lutte sur ceux de leurs camarades qui n’auraient exercé ni leur corps, ni leur âme ; s’ils leur ravissaient leurs aliments et leurs habits moelleux, y aurait-il autre chose à faire qu’à en rire ? Comment le législateur aurait-il eu tort de permettre que les vaincus portassent la peine de leur lâcheté et de leur mollesse, si, négligeant les exercices gymnastiques qui leur étaient enseignée, ils n’ont pas craint de devenir par leur inertie, leur mollesse et leur paresse, comme de grasses brebis destinées a être la proie des loups ? Quant à ceux qui commettent ces rapines et ces violences, ils en sont punis, d’abord en ce qu’ils sont des loups et des êtres malfaisants, ensuite, en ce qu’ils subissent nécessairement [dans cette existence ou dans une autre] les conséquences de leurs mauvaises actions : car les hommes qui ont été méchants ici-bas ne meurent pas tout entiers [quand leur âme est séparée de leur corps].

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Gymnastes (Sascha Schneider, 1912)

Or, dans les choses qui sont réglées par la nature et la raison, toujours ce qui suit est le résultat de ce qui précède : le mal engendre le mal, comme le bien engendre le bien. Mais l’arène de la vie diffère d’un gymnase, où les luttes ne sont que des jeux. Il faut alors que les enfants dont nous venons de parler et que nous avons divisés en deux classes, après avoir tous également grandi dans l’ignorance, se préparent à combattre, prennent des armes, et déploient plus d’énergie que dans les exercices du gymnase. Or, les uns sont bien armés, les autres ne le sont pas : les premiers doivent donc triompher. Dieu ne doit pas combattre pour les lâches : car la loi veut qu’à la guerre on sauve sa vie par la valeur et non par les prières. Ce n’est point davantage par des prières qu’on obtient les fruits de la terre, c’est par le travail. On ne se porte pas bien non plus sans prendre aucun soin de sa santé. Il ne faut donc pas se plaindre que les méchants aient une plus riche récolte, s’ils cultivent mieux la terre. N’est-ce pas enfin une chose ridicule que de vouloir, dans la conduite ordinaire de la vie, n’écouter que son caprice, en ne faisant rien comme le prescrivent les dieux, et de se borner à leur demander uniquement sa conservation, sans accomplir aucun des actes desquels ceux-ci ont voulu que notre conservation dépendit ?

Mieux vaudrait être mort que de vivre en se mettant ainsi en contradiction avec les lois qui régissent l’univers. Si, quand les hommes sont en opposition avec ces lois, la Providence divine conservait la paix au milieu de toutes les folies et de tous les vices, elle mériterait d’être accusée de négligence pour laisser ainsi prévaloir le mal. Les méchants ne dominent que par l’effet de la lâcheté de ceux qui leur obéissent : il est plus juste qu’il en soit ainsi qu’autrement.

Plotin nous incite donc à :

  • Ne pas croire que, parce que le cosmos est divin, le désordre et les choses néfastes sont également divines
  • Développer nos aptitudes mentales pour guider nos aptitudes physiques, sans quoi elles sont aveugles et néfastes
  • Développer nos aptitudes physiques pour concrétiser nos aptitudes mentales, sans quoi elles sont manchottes et inutiles
  • Organiser notre trajectoire d’existence et notre quotidien en vue de participer à l’ordre cosmique, plutôt que d’être esclaves de nos désirs immédiats
  • Préférer prendre nos responsabilités et remédier à nos erreurs qu’implorer les Divinités hors du culte que la tradition leur prescrit
  • S’opposer activement aux systèmes de domination néfastes que la lâcheté et l’ignorance collective laissent advenir (en particulier le mondialisme libéral qui détruit notre planète)
Catégories : Ethique, Savoirs | Étiquettes : , , , , , , , | 2 Commentaires

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