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DNH #31 : Culte de la singularité et indifférenciation

La singularité, quand elle n’assume pas une série d’appartenances, quand elle n’est pas la fine pointe d’une pyramide allant du genre à l’espèce, à la sexuation, à la naissance, quand elle se pose dans l’absolu, ne correspond au final qu’à une identité numérique. C’est « le visage », mais ce visage n’a pas de traits, il n’est plus qu’un smiley, parce qu’on craint trop d’y reconnaître un type ethnique, un caractère morphologique, un âge de la vie, la ressemblance avec un père ou une grand-tante, etc. Il est dès lors unique, mais comme n’importe quoi, ne se distinguant des autres que par ses coordonnées spatiotemporelles. Car chaque brin d’herbe est unique, lui aussi, de même que chaque objet industriel, qui porte son numéro et sa marque dans une série. L’unicité est un transcendantal, d’après Thomas d’Aquin (il emploie pour la désigner le terme aliquid). Elle signifie ce qui échappe à la généralisation, mais selon un mode aussi abstrait et commun que le mot « être ». Et c’est pourquoi son exaltation pure, sans passer par des catégorisations préalables, aboutit à l’indifférenciation.

Elle correspond au plan anthropologique à ce qui s’est passé au plan politique, en France, en 1791, avec la loi Le Chapelier, qui supprima les corps intermédiaires. En ôtant toute reconnaissance légale aux familles, aux corporations, aux confréries ou aux rassemblements paysans, elle inventait un jeu social où il n’y avait plus que des individus et un État – mais ces individus divisés, isolés de leur base, pour ainsi dire, devenaient des éléments facile à manipuler et à massifier, comme l’a bien vu Hannah Arendt. Il en va de même quand on ne reconnaît plus que l’identité générique – l’Homme – et l’identité numérique – le pur singulier. Il manque tous les intermédiaires qui donnent à ces termes leur densité.

Mon ami Olivier Rey m’a récemment suggéré que le culte de la singularité avait favorisé l’essor de la statistique. De fait, quand il n’y a plus rien de commun, ni nature, ni genre, ni principes à partir desquels on puisse faire des déductions, il ne reste plus qu’à recenser et chiffrer des données empiriques. L’unicité se change en simple unité de calcul. L’individu se montre si incomparable qu’il devient quelconque et peut même rentrer, ultimement, dans un algorithme. Alors, certes, je suis unique, mais c’est en étant ce vivant mortel, animal, humain, fils de Bernard et Danielle Hadjadj, de naissance juive tunisienne mais à Nanterre (Hauts-de-Seine), de langue française, de confession catholique, ayant grandi en écoutant Brassens et Prince, etc. Seule cette unicité d’assomption (et non d’absolutisation) peut avoir une consistance, tant il est vrai que l’originalité ne se déploie vraiment que dans une hospitalité à nos origines.

Source : DNH #31 : Culte de la singularité et indifférenciation

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Interview d’identitaires amazoniens

 

Les réactions de ces indigènes d’Amazonie, face à ces images de l’Occident moderne, s’articulent autour de deux grands axes :

  1. Ce n’est pas notre coutume. On ne comprend pas (ou « on trouve ça triste », ou hilarant). Mais si c’est la vôtre, pourquoi pas.
  2. Ce n’est pas bien. Les plantes ont un esprit. Ca nous inquiète. On a remarqué des changements. Il faut plus chaud qu’avant.

Une réponse sort clairement de ce cadre, celle à la prestation de Maria Callas (cantatrice née en 27 before present, c’est-à-dire en l’an 1923 de l’ère chrétienne). Ils indiquent clairement ne pas comprendre, ne pas savoir comment réagir, mais être respectueux et touchés d’une manière inexprimable, parce que « il y  a quelque chose de sacré« . D’une manière assez intéressante, cela ne s’applique pas à Mickael Jackson (showman né en l’an 8 de l’Anthropocène, c’est-à-dire en l’an 1958 de l’ère chrétienne).

Le mot de la fin est également très éclairant.

« Est-ce que vous avez pas peur, en voyant ces images, d’être mangés par ce monde, engloutis par ce monde ?

– Bien sûr que nous sommez très inquiets. D’ailleurs, si on vous a permis de nous filmer, c’est pour que vous montriez aux Blancs qui nous sommes. On sent la pression de l’homme blanc qui monte tout autour de nous et de notre forêt. Que vous le vouliez ou non, nous résisterons, et nous nous battrons pour que vous ne souilliez pas notre terre. »

Encore une fois, Un Tiers Chemin ré-affirme sa position : tous les peuples indigènes de la planète sont objectivement alliés face à la mondialisation libérale qui menace la transmission de leur patrimoine écologique, de leur identité ethnique et de leur héritage culturel.

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La mode du celto-négationnisme

Il est devenu fréquent la paganosphère de lire des articles expliquant que les Celtes n’existent pas, que le peuple Gaulois n’a jamais existé, et que ceux qui prétendent le contraire cherchent forcément à justifier des politiques de haine raciale. Souvent (mais pas toujours, heureusement), sous prétexte de tirer des choses au clair, l’auteur embrouille, volontairement ou non, encore un peu plus l’affaire. Et la plupart du temps, hélas, les esprits sont très échaudés par le sujet, annihilant toute possibilité de débat serein. Récemment, j’ai assisté à un échange houleux, et fait remarquer que je désapprouvais le contenu d’un article, mais que cela n’enlevait rien à l’estime que j’avais pour son auteur et son blog (qui est, je n’en démords pas, un des meilleurs blogs francophones pour ce qui touche au paganisme celtique). Première réaction du premier passant : invitation à détailler mes arguments sur-le-champ, pour avoir eu l’outrecuidance de signaler que je n’étais pas du même avis. Alors que, précisémment, je mettais en avant la courtoisie avant toute chose, quelque désaccords qu’il puisse y avoir. Preuve s’il en faut que le sujet est particulièrement miné.

Or, sur Un Tiers Chemin, la règle est d’éviter le syndrome de la barricade à deux côtés. Le Chat Poron tente donc une analyse posée de l’affaire.

1. Celtes, Gaulois : c’est quoi ?

Les Celtes (Keltoi) sont, pour les auteurs gréco-romains de l’Antiquité, des peuples parlant une famille de langues indo-européennes dites celtiques. Archéologiquement, on a plus tard défini les cultures de Hallstatt, puis de La Tène, comme « celtiques », car rattachées à des populations probablement celtophones. On observe, parmi ces populations celtophones, un certain nombre de traits culturels et d’institutions communes : une classe intellectuelle et sacerdotale, dite des « druides », régissant le culte d’un certain nombre de divinités se retrouvant sur une plage de temps et d’espace étendue ; et une aristocratie guerrière, résidant dans des lieux fortifiés dits oppida par les auteurs latins. Enfin, une classe sociale d’artisans produisait pour ces classes des objets ouvragés où on retrouve de fortes ressemblances stylistiques (motifs géométriques, entrelacs, triskèles, rouelles, etc).

Parmi  ces Celtes, certains sont nommés Gaulois (Galli) par les Romains. Ils semblent avoir occupé des territoires compris entre le nord de l’Italie et la pointe armoricaine. Les quelques inscriptions retrouvées, la toponymie, l’anthroponymie, montrent la présence d’une aire linguistique commune, au moins dans la Gallia celtica. La Gaule belgique (plus étendue que la Belgique actuelle) et surtout la Gaule aquitaine, semblent avoir eu des différences linguistiques et identitaires importantes. César nous parle également d’une réunion des druides gaulois en un lieu donné, ce qui constitue une institution commune (il n’est pas précisé Aquitains et les Belges y participent : sans doute pas pour les premiers, peut-être pour les seconds).

peuples_gaulois

Ier siècle av. J-C. Les peuples armoricains, avant les migrations bretonnes ultérieures, pourraient n’avoir été qu’une ligue de peuples de la Gaule celtique, mais en fort contact avec les Bretons.

2. Qu’est-ce qu’un peuple ?

Parce que, oui, finalement c’est toute la question. Si je prends le dictionnaire de l’Académie française et le Littré en ligne, j’ai :

A. Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d’origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d’institutions communes.

B. Partie de la nation soumise à une autorité ayant le pouvoir politique.

Le sens A étant dominant dans les pays non-latins, le sens B dans les pays ayant été les plus influencés culturellement par l’impérialisme romain. Si on est dans un contexte celtique, le sens A semble donc bien plus logique à prendre en compte.

3. Ni les Celtes, ni les Gaulois, n’ont jamais eu d’unité politique ?

Certes. Ceci étant, je n’ai toujours pas compris pourquoi le sujet était systématiquement remis sur la table, alors qu’il n’avait pas de rapport avec la question principale (comme on a pu le voir plus haut), et surtout que je n’ai jamais entendu personne me soutenir le contraire.

Quoi qu’il en soit, la fameuse « incapacité des Gaulois à former des structures politiques larges et stables » (c’est-à-dire que leur notion de peuple est le sens A) a pour revers de la médaille que la communauté politique de référence était bien le peuple, et donc… un conglomérat de lignées sur une base ethnique. On ne devenait pas plus Arverne ou Vénète qu’un teckel devient un caniche. De la même manière d’ailleurs que les cités grecques farouchement indépendantes qui, ne formant qu’occasionnellement des ligues, associaient la citoyenneté à l’origine ethnique (le plus souvent « pure » des deux côtés). Qu’elles soient démocrates ou non, et peut-être plus encore quand elles l’étaient, car cela ouvrait la possibilité d’influer sur le gouvernement de la cité, et devait donc être encore plus précautionneusement surveillé.

Bref, l’absence de méta-structure politique commune ne signe pas l’absence d’un peuple, comme nous le montrent très bien le peuple grec ou le peuple touareg. Définir un peuple par une structure politique étant, on le rappelle, une caractéristique de certains nationalismes européens modernes qui n’ont pas que des bonnes choses au compteur.

4. Les langues celtiques insulaires et continentales forment deux branches séparées ?

Difficile à dire. Bien qu’on puisse observer des convergences grammaticales dans les langues celtiques des Îles Britanniques,  les traces épigraphiques de vieux britonnique et de gaulois sont quasiment identiques (cf. inscription de Bath, par exemple). Des textes antiques signalent aussi une intercompréhension entre les Britons aux Gaulois : la chose n’est pas étonnante, car l’archéologie montre aussi, du néolithique à la période romaine en passant par l’âge du bronze, d’intenses échanges et des similitudes culturelles en de la Manche. A l’époque de la conquête romaine, les Atrébates avaient des terres à la fois sur le continent et en Bretagne. On trouve aussi des « Vénètes »  (Uenetis / Gwynedd) des deux côtés, mais la chose est plus controversée puisque c’est aussi le cas à Venise, en Gaule cisalpine.

Du coup, la « ligne de fracture » des langues celtiques serait plutôt entre l’Irlande et le reste. Une partie du peuplement irlandais semblant s’être fait depuis la péninsule ibérique, on retrouve sans surprise quelques similitudes entre les fragments celtibères et les langues gaéliques (maintient du kw proto-indo-européen en q, là où il devient généralement p ailleurs). Vous me direz que, peu importe où on met la ligne, tout ça reste divisé et prouve l’absence d’unité. Certes, mais d’une part il me semble important de ne pas colporter des vérités partielles sur un sujet déjà mal compris ; d’autre part, il n’en reste pas moins que nos deux sous-groupes de langues celtiques sont nettement plus apparentés entre eux qu’avec n’importe quelles autres langues.

5. En tout cas, ces histoires de peuple celtique, peuple gaulois, c’est raciste !

« Peuple gaulois », mythe ou réalité ? Penchons-nous un peu sur l’Histoire de cette idée. Sa première trace remonte au Ier siècle avant notre ère, sous la plume d’un certain Caius Iulius Caesar, dangereux crypto-néonazi bien connu des services de police : « Galli se omnes ab Dite Patre prognatos praediquant, idque ab druidibus proditum dicunt ». Les Gaulois se disent tous descendants de Dis Pater [divinité romaine associée à Pluton], d’après une tradition qu’ils disent tenir des druides. Bon, déjà, c’est un peu gênant : si je décide de suivre ce qu’on connaît de l’enseignement druidique, bingo, j’adhère à la notion de peuple celtique défini sur une base de parenté génétique. Mais comme on est dans un débat scientifique sérieux, creusons un peu l’affaire et voyons ce qu’en dit la génétique des  populations. Comme le chromosome Y se transmet de père en fils de manière inchangée, sauf mutations de manière exceptionnelle, il est assez facile de voir si ces druides atteints de peste brune avant l’heure nous racontent des bobards à propos d’un père des Gaulois.

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Fréquence de l’haplogroupe Y R1b

 

Et là, on est pas loin de la catastrophe. Rendez-vous compte : la majorité des habitants actuels des territoires correspondant aux trois provinces de la Gaule romaine descendent d’un ancêtre paternel commun (et c’est même visible après les quelques installation romaines et germaniques, et même la fameuse implantation des Sarrasins en Languedoc dont on ne voit pas trace, soit qu’ils n’aient pas été si nombreux, soit qu’ils aient subi un sort tragique contraire à la morale chrétienne). Pire encore, il y a tout de même un certain recoupement avec la carte des populations dites de « culture celtique » (surtout si on prend en compte le fait que les Scandinaves étaient friands des esclaves celtes, en particulier en Islande).

Langues celtiques

Jaune = Halstatt/La Tène, vert clair = extension maximale des langues celtiques, vert foncé = zones celtophones contemporaines

Du coup, il serait facile de se laisser aller à s’exclamer, comme quelqu’un me l’a déjà dit, que la réalité est fasciste. En gros, le celto-négationnisme pousse des gens dont l’identité est niée à se radicaliser (barricade à deux côtés, encore) et en fait donc des proies faciles pour les discours incitant  à la haine. Ce qui, je crois, est l’inverse de ce qui était espéré. Et qui, en tout cas, va fermement à l’encontre de ma conviction, qui fait aussi office de ligne éditoriale pour Un Tiers Chemin, que tous les peuples indigènes sont objectivement alliés face à la mondialisation libérale, qui menace leur patrimoine écologique, leur identité ethnique, et leur héritage culturel. Je ne hais pas les peuples différents du mien. Je combats fermement l’idéologie du Même qui veut détruire ce qui fait nos différences et la richesse de l’Humanité au pluriel, sous prétexte d’apporter une paix qui n’existe pas plus que les armes de destruction massive en Irak.

Ceci étant dit, il est un point qu’il faut aborder : la question basque. Nos chers amis ne parlent point de langue celtique, et il semble que ça ait été le cas d’une partie de l’lbérie et de la Gaule Aquitaine (la Gascogne étant une Vasconie de même origine linguistique que le Pays Basque). La question linguistique étant déjà traitée, un coup d’oeil à notre amie la génétique des pops :

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Sauvés, nos chers amis Basques et autres irrédentistes aquitains semblent bien former un pôle à part au niveau des liens de parenté, quoique proche des Gaulois.

Et quand à ces pourcentages en Turquie qui ne se confondent pas parfaitement avec la zone d’implantation galate ?

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Sous-groupe à part, semble t-il.

Bref, bisous à tous mes cousins et cousines descendants du Dis Pater (an Ankoù, Tad an Anken comme on dit chez moi). Et bisous aussi à tous nos sympathiques colocataires qui aiment notre patrimoine écologique commun et veulent le préserver avec nous. Evitez juste de faire irruption dans les réunions de famille en beuglant qu’on est pas apparentés, ce sera plus poli.

(dans un prochain épisode, toujours sous le coup de la sommation de se justifier, le Chat Poron vous expliquera pourquoi la majorité de vos ancêtres est forcément païenne, à part peut-être si vous appartenez à une lignée juive très préoccupée de pureté raciale, mais du coup l’agitation des goyim de la paganosophère vous passe sûrement bien au-dessus du chapeau, petit chanceux)

 

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Identitaires et universalistes : un point de vue traditionnel

« Universaliste » ou « identitaire«  ? La question inquisitrice semble devenue incontournable dans le néopaganisme américain, et se répandre en Europe – sans même qu’on prennne le temps de savoir si tout le monde est d’accord sur la définition de ces mots, et y compris dans un cadre se voulant apolitique. Voici donc le point de vue de Robert L. Schreiwer, responsable de l’Urglaawe (« antique croyance », communauté païenne tribaliste, basée sur l’héritage des Deitsch, les Germano-américains de Pennsylvanie). Il est également cadre de l’association américaine The Troth (principale association Asatru du pays ne se revendiquant pas comme identitaire) et rédacteur à Wild Hunt (site d’information païen fortement engagé contre les discriminations raciales).

 

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Robert L. Schreiwer, responsable religieux Deitsch

C’est un débat que j’essaye fermement d’empêcher de contaminer l’Urglaawe. Partout où il passe, la division s’ensuit, et les extrêmes mènent la danse. Nous avons notre propre coutume et notre propre chemin, issu de la réalité engendrée par les premiers migrants allemands qui passèrent d’un continent à l’autre et commencèrent à interagir, échanger, et parfois se métisser avec des tribus indigènes, et aussi avec des colons gallois. Nous définissons nos communautés sur la base de valeurs partagées, de l’amitié, et du frith [NdT : terme intraduisible dans les langues latines, mais qui correspond à l’harmonie sociale conformément à la tradition]. Notre point de vue est celui de la culture germano-américaine, mais il n’est pas besoin d’être un Germano-américain pour prendre part à la communauté de l’Uglaawe. Nous ne  sommes, également, pas « universalistes », parce qu’il y a beaucoup de gens (de toutes les origines ethniques) qui ne sont pas prêts à se séparer du point de vue monothéiste.

La sagesse semble être, pour éviter des conflits internes qui ne font qu’encourager à la radicalisation de chaque camp, écraser le débat (syndrome de la « barricade à deux côtés »), et mener à des exclusions à tout va, de suivre ce tiers chemin.

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Autel Deitsch à Frau Holle, avec un Irminsûl (source : The Troth)

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Résurgence du zoroastrisme au Kurdistan irakien

Source : http://geopolis.francetvinfo.fr/daech-fait-renaitre-le-zoroastrisme-de-ses-cendres-au-kurdistan-irakien-64971

zoroastriens-iraniens-au-festival-annuel-sadeh_0Face à la pression du fanatisme de leurs voisins arabes, des Kurdes irakiens ont célébré le 1er mai dernier, autour d’un grand feu sacré, un rite de ré-adoption des coutumes zoroastriennes après plusieurs siècles d’islamisation forcée. Mis part la communauté yézidi, qui en pratique une version spécifique, cette religion avait disparu du Kurdistan, et ne persistait que faiblement en Iran (30.000 adeptes) et en ailleurs en exil (170.000 adeptes, la plupart en Inde dans la communauté pârsi). Le gouvernement autonome du Kurdistan irakien a reconnu cette nouvelle communauté religieuse et travaille à ce que leur juste place dans la société soit garantie, et ce d’autant plus qu’elle signifie un retour aux sources de la culture kurde.

Le zoroastrisme est une religion monothéiste non-abrahamique dont le caractère traditionnel ou révélé fait débat. Il s’agit d’une réforme, par le prophète Zarathustra, de la religion traditionnelle des Perses, peuple indo-iranien. Malgré ces changements importants dans la religion, les rites gardent la trace de l’antique paganisme indo-européen, par exemple dans le précepte « Humata, Hukhta, Huvarshta » (bonne pensée, bonne parole, bonne action) ou dans la persistance de divinités en tant qu’émanations ou serviteurs du dieu suprême, Ahura Mazda.

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Déclaration de l’Organisation pour une Papouasie Libre

Les tribus papoues, indigènes de l’île de Nouvelle-Guinée, sont sous domination indonésienne depuis 1963. Ils représentaient 94% de la population dans les années 70, mais d’après les courbes actuelles, ils ne seront plus que 15% en 2030. Cela est dû à une politique de remplacement ethnique mise en place par le gouvernement indonésien, à des programmes d’acculturation sous couvert de « modernisation », à la destruction des écosystèmes pour des raisons financières, à des conversions forcées à l’Islam (l’Indonésie est le plus grand pays musulman au monde) à la place de leurs religions traditionnelles, et à la répression gouvernementale (criminalisations d’actes « troublant l’ordre public », comme le fait de brandir un drapeau papou). Vous pouvez signer la principale pétition de soutien ici : http://www.thepetitionsite.com/fr-fr/takeaction/109/791/582/

Déclaration de l’Organisation pour une Papouasie Libre (Free Papua Movement / OPM)
Nous ne sommes pas des terroristes !
Nous refusons la vie moderne.
Nous refusons toute sorte « d’aide au développement » :  groupes religieux, organismes humanitaires, et organisations gouvernementales.
Contentez-vous de nous laisser tranquilles, s’il vous plaît !

Les raisons historiques et politiques de notre combat
Nous avons été envahis de manière violente et manipulatrice par l’Etat indonésien, sous la supervision de l’ONU et des Etats-Unis dont il servait les intérêts de manière opaque.
Nous avons été traités comme si nous n’avions aucune valeur : assassinés, torturés, oppressés d’une multitude de manières.

Nous avons été déplacés par les migrations forcées, l’urbanisation, et toutes sortes de processus d’ingénierie sociale, appliquées par le gouvernement indonésien avec l’aide de la Banque Mondiale, des organismes humanitaires internationaux comme la Croix Rouge, et même des organisations écologistes comme WWF.
Nous sommes considérés comme une menace pour la sécurité nationale et comme des terroristes alors que nous nous battons pour notre propre environnement, nos propres droits, notre propre peuple ;
Nos voix sont toujours négligées et ignorées.

Notre riposte est un choix logique

Notre riposte est la manière la plus naturelle de faire face à la destruction et l’exploitation délibérée de nos vies et de notre environnement.
Notre riposte est la réaction la plus naturelle aux intolérables massacres, disparitions, tortures, oppressions et intimidations causés par le gouvernement indonésien.
Notre riposte est une nécessité absolue face à ce régime brutal, inhumain, destructeur, exploiteur, ignorant et terrifiant.
Notre riposte est primordiale pour la simple survie de notre peuple tribal sur cette planète. Pas le lobbying, pas la persuasion, pas la diplomatie, pas la démocratie.
Notre riposte est ce qui est juste face à l’armée indonésienne, fermement soutenue par les pays dits « démocratiques », formule vide et absurde.
Nous ne serons plus ignorés.

Solidarité avec l’OPM !
Nous devons mettre fin à l’exploitation des ressources naturelles par les entreprises multinationales. Nous devons faire cesser l’exploitation des peuples tribaux de Papouasie Occidentale. Nous devons stopper les organisations religieuses, les gouvernements, les ONG, qui détruisent la culture des peuples de Papouasie Occidentale.
Nous nous adressons à « l’Occident » comme à des personnes. Pas comme à des représentants gouvernementaux, ou à des employés. Nous voulons que la civilisation moderne regarde en face la lutte des peuples de Papouasie Occidentale pour survivre en tant que peuples.    
1.    Faites pressions sur les gouvernements qui prétendent appliquer une politique étrangère éthique, mais vendent des armes à l’Indonésie
2.    Faites pressions sur le régime indonésien
3.    Faites pressions sur les entreprises qui détruisent notre terre et notre peuple
4.    Soutenez les peuples qui ont pris les armes dans la jungle
5.    Nous devons tous faire front contre notre Ennemi Commun

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Hervé Juvin : « La fin de la mondialisation et le retour des identités »

Il est rare que je relaye une information parue sur des journaux d’occupation (le Figaro, le Monde, etc), mais il faut bien admettre qu’entre deux bourgeoiseries et soumissions à la finance qui leur colle le flingue sur la tempe, ils ont parfois un sursaut d’intelligence, sans doute un effet secondaire bienvenu de leur prétention élitiste – alors profitons des dernières années de la vieille garde avant que la nouvelle génération de formatés qui sort des écoles de web-journalisme ne mette fin à tout ça.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/04/31002-20140704ARTFIG00159-herve-juvin-la-fin-de-la-mondialisation-et-le-retour-des-identites-12.php

Depuis une trentaine d’années, on assiste à un phénomène nouveau, une forme de transgression qui se traduit par le «tout est possible» ou «le monde est à nous». Tout cela est en train de faire naitre une nouvelle séparation qui bouleverse radicalement tout ce qui faisait le vivre-ensemble et le faire société. Ce que j’appelle «grande séparation», c’est cet espoir un peu fou, très largement dominant aux Etats-Unis, notamment à travers le transhumanisme, de s’affranchir totalement de la condition humaine. L’ultra-libéralisme, l’hypertrophie du capitalisme financier, le retour du scientisme sont l’une des faces d’un visage dont le transhumanisme, la transexualité, le transfrontiérisme sont l’autre face. Il faut en finir avec toutes les limites, toutes les déterminations de la nature. Ainsi Google a pour objectif affiché de lutter contre la mort à travers sa filiale Calico. L’idéologie transgenre veut que chaque homme et chaque femme puisse choisir leur sexe. Des entreprises très «humanistes» comme Goldman Sachs remboursent les opérations de changement de sexe de leurs employés!

Cette idéologie des «trans» vise à construire un homme hors-sol, délié de toute origine, et déterminé uniquement par sa propre volonté. C’est le retour du mythe de l’homme nouveau appuyé sur un délire scientiste qui voudrait que chacun soit à lui-même son petit Dieu autocréateur, pur produit de son désir, de ses intérêts ou de sa volonté propre. C’est cela, la grande séparation: la fabrique d’un homme sans origines, sans liens et sans foi, mais qui a chaque instant se choisit lui-même et choisit qui il est.

[…]

Oui, mais nier l’universel, n’est-ce pas nier le propre de la culture européenne?

Hervé Juvin : C’est le grand débat des Lumières et de la prétention au règne universel de la raison. L’idée que nous, Occidentaux, Européens, Français, Américains, aurions mis en place depuis les Lumières un modèle idéal de vie pour l’humanité, entre la croissance économique et la révolution industrielle, la démocratie et les droits de l’homme. Je ne le crois absolument pas. Je crois que d’autres sociétés qui vivent avec d’autres lois, d’autres mœurs, selon d’autres règles, ont su offrir les conditions du bonheur à leurs habitants. Je ne souscris pas à l’idée selon laquelle notre régime politique, notre musique, notre art, notre culture seraient le point d’aboutissement de l’humanité vers lequel tous les autres peuples devraient converger. Il y a une voie chinoise, une voie hindoue, des voies africaines, qui feront des sociétés équilibrées et heureuses, sûres de leurs identités, différentes de la voie américaine ou de la voie européenne.

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Amérindiens, Européens, et religions indigènes

Un récent article bâclé sur un jounal en ligne (V**e.com), qui semblait visiblement n’être là que pour attirer les clics, a épinglé un leader du paganisme germano-scandinave nord-américain comme étant « raciste ». Il se trouve que deux traductions de déclarations de chefs religieux indigènes étaient dans les cartons du blog. Voici donc, sans commentaire particulier autre que des mises en gras. D’abord, la phrase qui est censée être raciste, puis une déclaration de mars 2003 d’Arvol Looking Horse, chef Lakota reconnu, puis une déclaration du prétendu raciste.

Je n’ai jamais dit que des non-Européens ne pouvaient pas pratiquer l’Asatru [la religion traditionnelle germano-scandinave]. Mais je me demande juste pourquoi quiconque voudrait suivre une religion indigène européenne, alors que la religion de leurs ancêtres est toute aussi valide et digne d’être suivie. Je me demande ce que peuvent ressentir leurs propres ancêtres quand ils sont ainsi négligés.

On tremble devant tant de supériorité raciale. Par contre, chez Arvol Looking Horse, ça rigole déjà un peu moins.

Il a été décidé que, à partir du 9 mars 2003, il n’y aura plus de non-indigènes autorisés à être présents dans notre Ho-c’o-ka (notre autel sacré) pendant nos Sept Rites Sacrés. […]

Ne vous laissez pas tromper par la moustache, c'est le réincarnation d'Adolf Hitler.

La moustache prouve bien qu’il ne s’agit pas de la réincarnation d’Adolf Hitler.

Durant la Wi-wanyang-wa-c’i-pi (la Danse du Soleil), les seuls participants seront des indigènes. Les non-indigènes doivent comprendre et respecter notre décision. Si certains non-indigènes sentaient qu’ils devaient y participer prochainement et s’inquiètent de notre décision, ils doivent comprendre que nous avons été guidé vers ce choix lors de nombreuses prières. Notre but lors de la Danse du Soleil est la survie de nos futures générations, et ce avant toute autre chose. Si les non-indigènes comprennent ce but, ils comprendront aussi notre décision, et sauront que leur départ de notre site sacré est leur sincère contribution à la survie de nos générations futures. […]

Il a aussi été décidé que seuls les Lakotas, Dakotas, Nakotas, auront droit de mener une cérémonie liée à notre autel sacré. […] Il n’y aura aucun frais d’entrée pour participer à une de nos cérémonies sacrées. La seule obligation à ce niveau l’o-pa-g’i, qui consiste à offrir du tabac consacré, que l’Homme-Médecine peut accepter ou refuser. Les Hommes-Médecine doivent survivre, et si quelqu’un veut donner une contribution monétaire ou quelque cadeau que ce soit, après avoir participé à la cérémonie, si celui vient de leur coeur, il n’y a aucun problème à cela. Nous croyons que les Anciens nous permettent de survivre dans le monde moderne, et tous les présents, que ce soit de l’argent, des vêtements, de la nourriture ou quoi que ce soit d’autre représente notre gratitude par rapport à l’aide qu’ils apportent. Certains peuvent se permettre de gros cadeaux, d’autres non. Cela s’équilibre. […]

Je remercie tous les non-indigènes qui ont permis à notre Peuple de récupérer nos talismans sacrés. J’ai pu échanger avec eux en privé, et prendre connaissance de leur profonde sincérité dans l’aide qu’ils apportent à notre Nation pour permettre la survie de notre mode de vie traditionnel, pour les générations à venir. Ils nous ont été à restaurer l’honneur de nos sanctuaires et de nos talismans. […]

Il y a aussi eu des discussions pour savoir si seuls les membres des tribus des Plaines pouvaient participer à nos cérémonies sacrées. Dans les années 70, le chef Fools Crow et mon père Stanley Looking Horse autorisèrent les membres des autres Nations Amérindiennes à participer à ces rites. La raison était que beaucoup de des Nations avaient perdu leurs traditions à cause de l’assimilation ou de la mort de leurs sages. Ils ont donc honoré et compris l’unité des Nations Amérindiennes, au vu de l’aide apportée lors de l’occupation de Wounded Knee. Je ne peux revenir sur leur décision à cause du respect que je leur dois. Il a aussi été dit tout au long de notre histoire que nous avons respectueusement convié à nos cérémonies d’autres Nations Amérindiennes. […]

Dans le Cycle Sacré de la Vie, il n’y a ni début ni fin !

(Chef Arvol Looking Horse, 19ème génération des gardiens de la pipe du bison blanc)

Et c’est bien normal. N’est-ce pas leur droit le plus strict ? Qui serions nous pour venir leur dicter ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire ? Nous autres, indigènes européens, nous laissons ce genre de droit d’ingérence aux colonialistes, et de « devoir d’ingérence » aux mondialistes néolibéraux, grands criminels contre l’humanité de notre époque, qu’ils fassent la guerre « sans l’aimer » ou non.

Pour finir sur une note plus positive, une déclaration un peu plus longue du chef religieux germano-scandinave incriminé :

Asatru – pourquoi nous devons soutenir tous les peuples indigènes

Mon rôle dans le mouvement Asatru a, pour ainsi dire, défini ma vie. Ceux qui me connaissent, toutefois, savent que j’ai fait un certain nombre de choses peu courantes en plus de la religion germanique. Je suis allé au nord de l’Inde interviewer des Tibétains qui luttaient contre l’occupation chinoise. J’ai campé avec les guérilleros Karen dans les jungles de Birmanie, qui défendaient leur identité contre un gouvernement tyrannique. On parle moins de mon soutien au militant démocrate nigérian Ken Saro-Wiwa, et de toutes les autres occasions où j’ai joint ma voix aux cases des peuples indigènes de la planète.

Pourquoi quelqu’un d’occupé à promouvoir notre foi germanique se donne t-il cette peine ? Que peut bien me faire ce qui arrive aux Tibétains, aux Birmans, aux Nigérians ? Nous autres Germains n’avons-nous pas assez de problèmes ?

En tant qu’Européen, et en tant que pratiquant d’une foi indigène européenne, l’Asatru, j’ai l’obligation spirituelle de m’occuper et de défendre mon propre héritage. Mais, même si c’est moins évident, il n’en est pas moins vrai que je dois aussi prendre en compte le destin des autres peuples.

Au final, nous autres Européens sommes dans le même bateau que les Tibétains, les Karens, ou les tribus amazoniennes. Nous essayons tous de préserver notre peuple, notre culture, nos religions indigènes, dans un monde où les multinationales et les gouvernements liberticides détruisent tout sur leur passage, afin de dénaturer l’Humanité en un amas des « gens normaux » déracinés et bon uniquement à produire, consommer, et obéir. Où sera t-elle donc, cette liberté germanique dont certains se vantent ? Qu’arrivera t-il à cette fameuse « âme nordique », à notre tendance faustienne qui nous pousse à nous élever, quand nous serons esclaves dans la plantation mondiale des banquiers et des élites industrielles ? C’est simple : il n’en restera rien. Et le seul moyen d’empêcher cette mort par homogénéisation est d’être chacun ce que nous sommes, d’honorer chacun ce qui nous rend uniques. Nous devons le faire en tant qu’Européens, et devrions encourager les autres à faire de même.

A tel point qu’on a parfois raconté dans mon dos que je « voulais aider toutes les races sauf la mienne ». Non seulement cela dénote une vision un peu biaisée des choses, mais c’est faux. Mon propre peuple restera le plus proche de mes yeux, de mon cœur, de mes mains dévouées à faire le bien autour de moi. Mon amour, et surtout mes devoirs, me poussent en priorité vers lui, et je pense que c’est tout à fait naturel.

L'accusé semble plaider non-coupable.

L’accusé semble plaider non-coupable (mais la question devrait tout arranger)

Mais le monde n’est pas un jeu à somme nulle, et il y a énormément de situations gagnant-gagnant à des problèmes globaux. Même s’il peut y avoir compétition dans certains situations, tous ceux qui veulent préserver leur identité face à la monoculture mondialisée, quelle que soit leur langue ou leur couleur de peau, ont un but commun. Si les libéraux veulent nous vendre du soda fait aux États-Unis et des jouets faits en Chine, il doivent d’abord nous « moderniser ». C’est évidemment à double-tranchant : cela peut avoir des impacts positifs, mais le processus tel qu’il est programmé nous mène à marche forcée vers la destruction de toute forme d’échange interpersonnel gratuit, pour prêter allégeance à la banque et à la télévision. Drôle de manière de fabriquer des « citoyens du Monde ». Cela vaut aussi bien pour les Occidentaux que pour les sociétés tribales du Tiers-Monde, et rien ne serait plus terrible pour ceux qui veulent préserver leurs liens sociaux au XXIème siècle.

L’écologie fait aussi partie de cette lutte. L’industrialisation et l’exploitation des ressources naturelles ne prend pas en considération les besoins des écosystèmes et des peuples locaux qui sont les plus directement touchés. Au moment même où j’écris ces lignes, les derniers habitats forestiers du tigre de Sumatra sont détruits pour fabriquer du papier toilette ! Si cela vous semble trop lointain pour vous inquiéter, pas de soucis, il y a une longue liste d’espèces plus ou moins photogéniques qui sont en train de disparaître à moins de 100 kilomètres de chez vous. Les peuples, comme les animaux, sont adaptés à un écosystème particulier, et en l’affectant vous menacez leur existence-même.

Je suis fier de me tenir aux côtés de ceux qui sont fidèles à leurs traditions et à leur lignée face au naufrage de la mondialisation. C’est le plus grand défi de notre ère, et il consiste en notre devoir vis-à-vis de nos ancêtres comme de nos descendants, qui vivront dans le monde que nous sommes en train de forger par nos choix. Vous voulez un combat héroïque ? Pas la peine de fantasmer sur le passé – nous avons la chance de vivre au plus grand Âge des Héros qui ait jamais été !

Salut aux Dieux ! Salut à l’Asatru !phteven

Steve McNallen (Copyright © Asatrú Folk Assembly)

Tremble, monde libre : le fascisme écologiste anti-impérialiste est à tes portes. Très sainte consommation, priez pour nous et l’intercession de la main invisible du marché unique !

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Réflexions sur le Corps

Toutes les traditions européennes, et bien d’autres au-delà, accordent au corps un rôle fondamental. Pour commencer, il est notre véhicule dans le cycle de la Vie, indispensable au cheminement de notre être dans son ensemble. En tant que tel, il est le principal facteur qui détermine nos capacités d’action, donc la concrétisation de nos choix éthiques, car une bonne intention non-réalisée est littéralement irréelle, nulle et non-avenue. Il est donc un élément à part entière de notre identité. De plus, le corps symbolise parfaitement les liens qui nous unissent à notre lignée : nous l’héritons de nos Ancêtres, mais c’est notre responsabilité de le préserver et de le développer.

Guède

Dans les pratiques dites « magiques », le plan physique revêt une grande importance. Par le biais des Esprits, on peut se métamorphoser ou transformer autrui, projeter son double sous une forme animale pour voyager dans des endroits bien matériels, provoquer ou guérir des maladies… On retrouve ici le fameux « l’esprit domine la matière » dont les courants new-age sont friands. Cependant, on observe que les états de transe permettant ces opérations sont induits par une modification des processus physiologiques : jeûne ou privation de sommeil, danses et sauts, modulation de la respiration, substances psychoactives, vibrations des tambours ou des chants. Ces techniques, pour être maîtrisées, nécessitent donc d’avoir une bonne condition physique, sans laquelle la sensibilité spirituelle est au mieux inutile, au pire dangereuse.

Il est intéressant de constater que les philosophies hindoues, héritières d’une tradition païenne ininterrompue, considèrent aussi que le corps et l’esprit sont profondément intriqués, que les sens et même la pensée sont des phénomènes physiques. Le bouddhisme, qui a passé les doctrines hindoues au crible de la réflexion logique et de l’expérimentation par la méditation, a conservé et même renforcé cette vision des choses… Or, c’est également ce que nous apprennent les recherches menées en neurobiologie depuis plus de deux siècles, et qui se sont accélérées depuis que des scanners plus perfectionnés sont disponibles : notre cerveau et nos nerfs fonctionnent par des influx électro-chimiques, réagissant à notre environnement selon les structures établies par nos gènes et notre mode de vie. Nos émotions peuvent affecter notre santé de manière psychosomatique, mais à l’inverse les influences externes auxquelles on s’expose influencent profondément le fonctionnement de notre cerveau (y compris par le système nerveux entérique qui relie intestin et cerveau, et qui est très sensible aux variations de flore intestinale).

Système nerveux entérique

L’alimentation et le sommeil devraient donc être des priorités pour tout païen conscient. Les habitudes sous-jacentes à la société post-industrielle sont extrêmement néfastes pour notre santé physique comme mentale. Sans même parler de la foule d’additifs, les produits de l’industrie agro-alimentaire sont généralement trop caloriques, trop sucrés, trop salés, trop riches en matières grasses délétères ; mais pauvre en vitamines, en minéraux, en fibres et en acides gras essentiels. Les produits animaux, en particulier, tendent à concentrer les toxines à cause de leur position dans la chaîne alimentaire, et sont beaucoup trop présents dans notre alimentation (55% de l’apport calorique français, sachant que la fourchette conseillée par l’OMS est entre 15% et 30%).

Ainsi, dès que j’invite des frères et soeurs de clan chez moi ou même quand nous allons camper près de notre clairière, nous tenons à préparer nous-même le repas à partir d’aliments bruts, ce qui revient d’ailleurs bien moins cher. Nous favorisons les céréales complètes et les protéines végétales (légumineuses type pois et lentilles, oléagineux type noix et noisettes) en-dehors des grandes fêtes où nous pouvons nous permettre d’avoir de la viande de qualité correcte. Pour rappel, de plus en plus de viandes importées, y compris d’origine européenne, ne sont pas soumis à nos normes sanitaires : traitements antibiotiques sans contrôle vétérinaire, fourrage aux OGM sans obligation d’étiquetage, etc.

Quant au sommeil, une foule d’étude lie les cycles irréguliers et la fatigue chronique à des risques accrus de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancers et de maladies psychiatriques comme la dépression clinique, ainsi qu’au déclin de la mémoire et des capacités cognitives. Les lumières blanches ou bleues, type écrans d’ordinateurs ou de téléphones, participent au dérèglement de l’horloge biologique quand elles sont utilisées juste avant le coucher. Autant que possible, je dîne tôt, en quantités raisonnables, et j’ai une heure limite à partir de laquelle je ne fais rien d’autre que régler les dernières tâches qui ne peuvent attendre le lendemain. Ensuite, je m’accorde une 30 à 60 minutes de lumière tamisée et d’activités plus calmes (douche, lecture, méditation) qui permettent d’être interrompues dès que le pic de fatigue se fait sentir. Ça ne compte pas vraiment comme du temps perdu, puisqu’en général le gain de temps à l’endormissement représente la moitié de cette phase-tampon.

Un minimum d’activité physique est également indispensable à notre santé. Je ne parle pas des sportifs plus ou moins dopés, à l’intellect et aux mœurs plus ou moins discutables ; ni du diktat des magazines de modes qui poussent des foules de personnes culpabilisées dans les salles de musculation. Notre organisme est tout simplement adapté à un mode de vie beaucoup plus actif que le nôtre, beaucoup trop récent pour que les processus évolutifs ne fassent effet. Une heure de sport par semaine, ou trois heures de marche, sont le minimum pour ne pas dégrader notre état ; mais on devrait pousser jusqu’à 6h de sport par semaine ou 18h de marche si l’emploi du temps le permet et qu’il n’y a pas de contraintes médicales. 2×45 minutes de sport et 4h30 de marche constituent un bon objectif, auquel j’arrive à peu près à me tenir depuis que j’ai réglé quelques soucis de dos.

La grande question étant : quel sport ? La marche est rarement contre-indiquée, ne nécessite pas d’équipement particulier, et peut parfois se placer dans son emploi du temps quotidien à la place de la voiture ou des transports en commun. On peut aussi opter pour le vélo, qui fait gagner du temps de trajet, ou courir pour optimiser le ratio dépense/durée de l’exercice. Attention aux problèmes de dos ou d’articulation pour la course, le but n’est pas de battre un record mais d’optimiser votre santé ! Si vous avez accès à un club ou à un professeur qui prend en compte vos éventuels problèmes, je conseille particulièrement le yoga, qui fait travailler les muscles, les articulations et le souffle tout en préparant aux techniques de méditation. Les pratiques taoïstes comme le tai-qi ou le qi-gong, plus axées sur le mouvement, peuvent également être de très bons choix. Pour ceux qui souhaiteraient rester dans un cadre plus « local » ou moins spirituel, la danse est une excellente option trop souvent négligée. J’y reviendrai dans un autre article, mais un peuple qui ne danse pas est un peuple mort. Il y a des cercles de danse bretonne un peu partout en France et même dans le monde, qui sont toujours parfaitement ouverts aux débutants. Si vous ne vous sentez pas spécialement d’âme celtique, vous pouvez tout de même chercher si il y a un club de danse traditionnelle (ou moins traditionnelle) près de chez vous, de votre terroir ou d’ailleurs.

Enfin, les arts martiaux ou sports de combat sont à la fois des moyens d’optimiser sa santé, de grandir spirituellement et de développer des capacités nécessaires à l’application de son éthique. Boxe, lutte, gouren, canne, escrime, autodéfense, ainsi que ju-jitsu, karaté, kung fu et autres, la liste est longue. Les goûts personnels sont des facteurs déterminants, mais prêtez surtout attention à l’enseignant et à l’état d’esprit des élèves. Sont-ils là pour la compétition, pour suivre une voie vers la sagesse, pour apprendre à se défendre en cas d’agression réelle, pour se défouler ? N’hésitez pas à venir faire une séance d’essai dans différents clubs ou dojos avant de faire votre choix. Une année de remise en forme active avant d’attaquer ce genre d’activités peut aussi être bénéfique, pour éviter de se démotiver après trois mois de galère sans progresser car on est largué physiquement.

Pour finir, je voudrais aborder deux points trop souvent mis de côté. Comme dit plus haut, l’usage de substances psychoactives est tellement répandu dans le temps et dans l’espace que c’est quasiment une part de la nature humaine. Cela peut se faire dans différentes optiques : thérapeutique, spirituelle, sociale, … Toutefois, la consommation purement hédoniste et l’addiction sont des phénomènes assez rares historiquement, qui ont explosé à partir de l’industrialisation et de l’urbanisation. Malgré le fait que les gouvernements aient décidé de ne pas inclure divers médicaments, l’alcool et le tabac parmi les drogues, il faut bien garder à l’esprit qu’ils en font bien partie, et plutôt dans la catégorie « drogues dures ». De plus, les effets néfastes de leur consommation chronique ou abusive sont très loin d’être négligeables.

Si vous êtes actuellement en état d’addiction au tabac, à l’alcool, ou à quoi que ce soit (à part peut-être un traitement médical en cours et non-remplaçable par d’autres approches), vous devriez mettre bien en haut de votre liste de priorités le fait d’arriver à une consommation non-journalière – ou au moins de réduire les doses. Je ne vais pas jouer au moralisateur puisque ce n’est pas « mal » en soi : simplement je considère qu’il est de mon devoir en tant qu’indigène de faire ce que je peux pour convaincre mes frères et sœurs de cesser de s’empoisonner jour après jour, et de libérer leur volonté de ces entraves pour accomplir pleinement leur destin.

Pour finir cette masturbation intellectuelle sur une note plus concrète, deuxième point tendancieux : le sexe et la nudité. Les païens n’ont pas de « péché de luxure ». Le plaisir sexuel est parfaitement normal et favorable au bon développement d’un organisme sain, et se défaire de certaines inhibitions et névroses collectives à ce niveau-là est plutôt une bonne idée. Idem, je suis fondamentalement opposé au « slut-shaming » et à ce mouvement antijupes qui va en s’accélérant dans certaines villes  : disons que mes habitudes sont plutôt plages naturistes de la Baltique et saunas collectifs sans arrières-pensées que cosplay transgenre de Batman. Pour autant, l’hypersexualisation de la femme à des fins publicitaires, le « si t’as pas couché avant x ans t’as raté ta vie, on est plus au Moyen-Âge » (x diminuant visiblement d’un an tous les dix ans), ne m’enchantent pas spécialement. L’éloge de l’infidélité et du divorce au bout de dix ans, sous prétexte d’épanouissement personnel, non plus. En fait, tout ce qui tend à faire du « sex, drugs & rock’n’roll » (donc du culte de l’ego et du plaisir facile) le but suprême et universel de l’existence m’inspire à peu près autant de sympathie que le puritanisme le plus étroit… même en remplaçant rock’n’roll par n’importe quelle chapelle du metal.

Spartiate, Veme siècle avant l'ère commune (?)

Spartiate, Ve siècle avant l’ère commune (?)

Pour le bien-être de chacun et de notre société il me semble qu’il y a un minimum de responsabilités à avoir dans le couple, surtout au niveau des enfants adultérins, des maladies sexuellement transmissibles, etc. Je n’ai rien contre le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels, mais pas sans dialogue et confiance réciproque. Un cadre familial stable, où on peut compter sur des relations inter-partenaires (et, le cas échéant, parents-enfants) assez fiables pour ne pas se poignarder dans le dos ou faire ses valises un beau matin, est tout simplement un rempart indispensable contre l’insécurité matérielle et affective dont se servent les multinationales pour nous manipuler et nous refourguer leurs merdes. Des fringues superflues aux sites de rencontre en passant par la parfumerie et autres cosmétiques, c’est toute une industrie qui se nourrit de notre solitude ou de notre insécurité affective, sans même parler de la prostitution et de la pornographie. Au passage, cette dernière, à haute fréquence, via le lien corps-esprit abordé en début d’article, est bien connue pour provoquer des dérèglements neurochimiques du système de récompense… c’est-à-dire une addiction, avec tout ce qui va avec (troubles de la libido, problèmes relationnels, dépression, etc). Je me sens clairement mieux depuis que je fais confiance à mon imagination en l’absence de ma partenaire.

Bref, prenez soin de vous. Et pas seulement avec du vernis à ongles, ou des rituels de soin trop cools. On vit dans un environnement toxique à tous les niveaux, et notre premier devoir en tant qu’êtres vivants est de faire ce qu’on peut pour ne pas se laisser détruire à petits feux.

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Le Pakistan reconnaît la religion du peuple Kalash

https://thekalashatimes.wordpress.com/2015/02/21/breaking-news-government-of-pakistan-finally-accepts-kalasha-as-separate-identity/

Les Kalash sont un peuple de la famille indo-iranienne vivant dans trois vallées du Pakistan (État du Chitral) et  en Afghanistan (Nouristan). Dans le Chitral, certains pratiquent encore leur religion traditionnelle, similaire à celle décrite dans les plus anciens hymnes védiques datant d’environ 5000 ans. Leurs pratiques religieuses sont très liées à leur mode de vie pastoral, celui associé aux premiers peuples parlant des langues indo-européennes. En particulier, ils fêtent le solstice d’hiver, l’arrivée de la belle saison début mai, et surtout le solstice d’été, où ils pratiquent la consommation rituelle de viande de cheval (qu’on retrouvait aussi bien en Inde qu’en Irlande dans les cérémonies liées à la royauté). Ils ont aussi un usage enthéogène de décoctions de buissons du genre Ephedra, permettant d’induire des états de transe profonds lors de longues danses autour du feu sacré.

Une famille Kalash du Chitral

Malheureusement, ils sont soumis à des pressions sociales, économiques et politiques de la part des prédicateurs musulmans, qui voient d’un mauvais oeil la persistance de ces communautés qualifiées d’infidèles (kâfir). La plupart des Kalash ont été convertis, et ils n’en reste que quelques milliers de païens. Après de nombreuses années à devoir inscrire « Bouddhiste » comme religion sur leurs documents officiels, ils ont enfin été reconnu comme communauté religieuse. Cela est dû à deux facteurs : premièrement, la pression mise sur le gouvernement pour pouvoir se prévaloir d’une ligne supplémentaire dans la liste du patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO ; deuxièmement, le boycott des dernières élections générales par les Kalash. Preuve supplémentaire s’il en fallait qu’on ne jamais aussi loin qu’en utilisant ses deux jambes.

Il est à noter au passage que, bien que la société Kalash soit nettement patriarcale, le mariage ne peut se faire sans le consentement de la femme. Celle-ci ne porte pas le voile, et leurs coutumes ne prévoient pas de châtiment pour l’adultère, bien qu’il soit très mal vu.

Liens externes :

M. Witzel, Kalash religion : http://www.people.fas.harvard.edu/~witzel/KalashaReligion.pdf

Article du site Grand Bivouac (avec photos) : http://www.grandbivouac.com/festival-2011/programme/conferences/kalash-les-derniers-infideles-du-pakistan

Reportage d’ICRA International : http://www.icrainternational.org/ikewan/66/1.pdf

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