Articles tagués : Europe

« L’Occident » et « la démocratie » nous coupent de nos racines !

Un poète Antillais dénonce les mensonges de « l’Occident » et de la « démocratie », appellant l’Homme blanc à se ré-enraciner dans sa propre terre et sa propre culture :

Quand nous considérons l’Occident et sa civilisation, il ne faut point être obnubilé par l’Homme blanc qui est un masque et fait écran, même s’il est, en effet, le tout-premier préposé, le tout-premier attaché au service de cette puissance impersonnelle, qu’il a été formaté par cette puissance qui s’est mise en mouvement il ya de cela 2500 à 3000 ans, et qu’à ce titre, son esprit, sa gestuelle même, son efficace et sa performance tant vantés, en sont venus à s’identifier à ce maître anonyme, abominable. Mais à côté de ces tout-premiers attachés, il y a à présent et partout de par le monde, des rattachés, car l’Occident s’est converti en civilisation mondiale. […]

Depuis à présent plusieurs siècles déjà, où que l’on se tourne, dans toutes les directions et sur toute la surface de la planète, il y a une civilisation et une seule, l’Occident, qui est à l’offensive en vue d’établir et de faire triompher la suprématie d’un mode d’existence, mode d’existence qui ne lui est même pas originel, mais qui lui est survenu, dans des circonstances sur lesquelles j’aurais à méditer dans les temps à venir, mais en tout cas, pour le plus grand malheur de tous, y compris de ses propres peuples. Rien ne lui résiste. Le pire, c’est qu’elle n’apporte pas la vie mais la désolation et la désertification de la terre : uniformité, rationalisation, nivellement, autrement dit la mort de la parole humaine et de l’habiter poétique de la terre. […]

Je sais que nous avons une expérience et une notion extrêmement porteuse, celle du Lakou : […] terre, ciel, choses et gens, rentrent en rapports mutuels et ont existence pour l’homme par la parole. C’est dire combien la parole pour l’homme est essentielle, combien il doit veiller à ce qu’elle demeure vivante, chargée, irriguée sans cesse par le flux constant de ces rapports. Veiller qu’elle ne s’use et ne se dégrade en se transformant en simple outil de communication. Voilà donc la source où nous nous abreuvons et sur laquelle il nous faut veiller. [..]Elle peut ouvrir la voie à une créativité prodigieuse dans tous les domaines de la vie, de l’organisation de la vie en commun, en architecture, bokantaj… bref, un mode poétique d’habiter, un modèle de « démocratie », si l’on tient tant à ce mot.

Je ne fais pas l’éloge de la démocratie, l’une des dernières vessies à laquelle s’accrochent les saltimbanques de ce monde en perdition, « heureuse » trouvaille des historiens-idéologues de l’Antiquité grecque qui leur a permis d’occulter (ou tout du moins d’estomper) la réalité foisonnante, sauvage et divine des anciens Grecs derrière l’effigie de marbre idéalisée de la démocratie athénienne. Cette idée de la démocratie, fort opportunément réapparue à l’époque moderne, a été la maitre-pièce pour mettre à la raison, en tout premier lieu, les peuples d’Europe eux-mêmes, avant de poursuivre sa carrière outre-Atlantique et dans le reste du monde. La démocratie est à l’image de ce monde–ci : ce qu’elle fait mine de donner d’une main, elle le reprend de l’autre. […]

J’observe d’ailleurs avec intérêt que la mise en cause de la démocratie est le fil rouge qui relie les révoltes de ces derniers temps dans les différents pays européens. C’est donc le signe qu’elle est en crise, même si l’on ne songe qu’à la rafistoler, à colmater, en quelque sorte, les voies d’eaux. Serions-nous donc, comme toujours, d’éternels supplétifs… ou les derniers suppôts … ? Alors, la sempiternelle question, on croirait des enfants perdus dans un jeu de quille maté : « par quoi la remplacer ? » Je n’en sais rien fout’. Et d’abord pourquoi vouloir « la remplacer » ? Inventez. Habitez votre demeure avec votre corps, votre propre parole.

Monchoachi est un poète martiniquais. Il est à l’initiative d’une revue nommée Lakouzémi dont les deux premiers et uniques numéros sont intitulés »Éloge de la servilité » et « Retour à la parole sauvage ».

Interview complète à cette adresse : https://lundi.am/Entretien-avec-Monchoachi-la-parole-sauvage-a-l-assaut-de-l-occident

Monchoachi

Publicités
Catégories : Chroniques de l'Âge de Fer, Poésie | Étiquettes : , , , | Poster un commentaire

Comment être lu par une centaine de personnes sans créer de blog

Bandeau 1TC

D’après une oeuvre de Mario Marchal (vision contemporainede la trifonctionnalité)

La réponse est simple : Un Tiers Chemin – ARS TRADITIONIS vous ouvre ses colonnes ! N’hésitez pas à nous contacter par ce formulaire pour rejoindre notre joyeuse équipe ou proposer un article. Toute personne respectanr la charte qui suit est la bienvenue.

1. Présentation
Un Tiers Chemin – ARS TRADITIONIS est un journal électronique collectif fondé en 2014, consacré à l’information et à la discussion concernant les arts, rites, et savoirs traditionnels. Par traditionnels, nous entendons enracinés dans une manière d’être au monde qui est héritée, partagée et transmise au sein d’une communauté délimitée. Cette délimitation, loin d’être une forme d’exclusion et encore moins de supériorité, est au contraire pour nous une garantie de respect de l’autre, puisque cela permet d’en reconnaître la valeur sans chercher à l’englober ou le soumettre à nos critères. Face à l’idéologie du Même, nous prônons l’harmonie des contraires.
Nos valeurs sont basées sur la déclaration de Vilnius du Congrès Européen des Religions Indigènes : « A une époque où le monde est en équilibre précaire au bord de bouleversements écologiques et économiques, pour beaucoup à cause d’un individualisme sans limite et d’une avidité effrénée, nos traditions promeuvent des modèles spirituels et sociaux très différents : la vie en harmonie, équilibre et modération avec la Terre ; l’importance de la famille et de la coopération collective ; le respect et les hommages rendus à toute forme de vie. Nous poussons tous les peuples et toutes les nations à placer le bien-être de la Terre – qui est, littéralement, notre Vivante Mère – au-dessus de toutes les autres priorités. Nous envoyons ce message en toute fraternité, amour, et respect ». En bref, d’autres mondes sont possibles : ils existent encore, et ont besoin de nous pour cela.
Pour l’équilibre de notre planète, nous estimons qu’il est souhaitable, pour tous les déracinés, de renouer avec leur héritage indigène (patrimoine culturel, identité ethnique, et ressources naturelles), de le partager au sein de leurs communautés, et de le transmettre par des institutions propres. Les Européens, dont le déracinement a engendré de nombreux maux à l’échelle mondiale et les a conduit à déraciner d’autres groupes humains, constituent à nos yeux une communauté traditionnelle à part entière, de mêmes que les diverses communautés européennes. L’enracinement, c’est maintenant !
2. Fonctionnement
L’équipe de rédaction est ouverte à toute personne francophone qui partage ces valeurs et est : soit enracinée dans une communauté traditionnelle, et qui souhaite diffuser des informations concernant son héritage ; soit en relation avec une communauté traditionnelle qui souhaite diffuser des informations concernant son héritage, et lui donne un mandat dans ce but. Cette équipe de rédaction est composée de toutes les personnes ayant publié un article il y a un an et un jour maximum. Celle-ci peut, à la majorité, inclure ou non une personne en faisant la demande et remplissant un des deux critères, ou exclure un membre de l’équipe de rédaction. En cas d’égalité lors du vote, la décision sera du ressort du plus ancien membre de l’équipe de rédaction.
Il sera évidemment possible à l’équipe de rédaction d’adapter ce fonctionnement au fil de l’évolution du journal et de son développement… car, nous en sommes convaincus, nos traditions ont de l’avenir.

Avatar 1TC.jpg

Peinture rupestre de la Cueva del Castillo (datée d’environ 40.000 ans)

 

3. Moyens techniques
L’équipe de rédaction dispose du site internet http://www.1tierschemin.wordpress.com et de la page Facebook « Un Tiers Chemin – Arts, Rites et Savoirs Traditionnels ». Elle pourra faire usage d’autres médias adaptés, tels qu’une chaîne Youtube, un compte Twitter, des publications au format papier ou numérique, un autre site internet, une structure associative selon les lois d’un État francophone.

 

4. Lexique
Arts : Ensemble de pratiques, moyens et méthodes ayant pour but d’inspirer des idées, impressions et sentiments intenses ou complexes
Rites : Méthodes en usage dans une communauté concernant la manière de témoigner du respect envers une réalité supérieure
Savoirs : Manière de se représenter de manière ordonnée les choses et leur fonctionnement, et les compétences qui en découlent
Enracinement dans une communauté traditionnelle : Rattachement durable et profond à un ensemble délimité de personnes (partageant l’héritage d’une manière d’être au monde qu’elles transmettent) perçu comme distinct de la somme des vivants qui le composent à un instant donné, et n’ayant pas vocation à englober toute l’Humanité

Catégories : Arts, Chroniques de l'Âge de Fer, Rites, Savoirs | Étiquettes : , , , , , , , | Poster un commentaire

Identitaires et universalistes : un point de vue traditionnel

« Universaliste » ou « identitaire«  ? La question inquisitrice semble devenue incontournable dans le néopaganisme américain, et se répandre en Europe – sans même qu’on prennne le temps de savoir si tout le monde est d’accord sur la définition de ces mots, et y compris dans un cadre se voulant apolitique. Voici donc le point de vue de Robert L. Schreiwer, responsable de l’Urglaawe (« antique croyance », communauté païenne tribaliste, basée sur l’héritage des Deitsch, les Germano-américains de Pennsylvanie). Il est également cadre de l’association américaine The Troth (principale association Asatru du pays ne se revendiquant pas comme identitaire) et rédacteur à Wild Hunt (site d’information païen fortement engagé contre les discriminations raciales).

 

images.duckduckgo.com.jpg

Robert L. Schreiwer, responsable religieux Deitsch

C’est un débat que j’essaye fermement d’empêcher de contaminer l’Urglaawe. Partout où il passe, la division s’ensuit, et les extrêmes mènent la danse. Nous avons notre propre coutume et notre propre chemin, issu de la réalité engendrée par les premiers migrants allemands qui passèrent d’un continent à l’autre et commencèrent à interagir, échanger, et parfois se métisser avec des tribus indigènes, et aussi avec des colons gallois. Nous définissons nos communautés sur la base de valeurs partagées, de l’amitié, et du frith [NdT : terme intraduisible dans les langues latines, mais qui correspond à l’harmonie sociale conformément à la tradition]. Notre point de vue est celui de la culture germano-américaine, mais il n’est pas besoin d’être un Germano-américain pour prendre part à la communauté de l’Uglaawe. Nous ne  sommes, également, pas « universalistes », parce qu’il y a beaucoup de gens (de toutes les origines ethniques) qui ne sont pas prêts à se séparer du point de vue monothéiste.

La sagesse semble être, pour éviter des conflits internes qui ne font qu’encourager à la radicalisation de chaque camp, écraser le débat (syndrome de la « barricade à deux côtés »), et mener à des exclusions à tout va, de suivre ce tiers chemin.

blogger-image-1239356543

Autel Deitsch à Frau Holle, avec un Irminsûl (source : The Troth)

Catégories : Chroniques de l'Âge de Fer | Étiquettes : , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

A quoi peut encore servir la politique ?

JulianusII-antioch(360-363)-CNG

Classical Numismatic Group, Inc. http://www.cngcoins.com CC BY-SA 3.0

J’aime l’exemple des empereurs romains du Bas-Empire. Contrairement aux idées reçues, ils ne furent point des décadents. Au contraire, la valeur d’un Marc-Aurèle, d’un Julien, d’un Septime Sévère, Claude II, Probus, Aurélien, Valentinien, Théodose, Dioclétien ou d’un Constantin, est d’un rare mérite. Ce sont des hommes d’Etat et des soldats hors pairs, peut-être supérieurs à des Auguste ou des Césars. Pourtant, ils combattaient et régentaient dans le vent. Par leur puissance et leur énergie, ils parvinrent qu’à ralentir la mort d’un corps politique qui pourtant l’était déjà, l’Empire.

De Gaulle, le dernier des grands Français, avait tout compris. Dans « les Chênes qu’on abat… », dialogues avec Malraux, il reconnaît qu’il aura écrit la dernière page de l’Histoire de France, et il sait que ce qui n’est qu’une morphologie politique parmi tant d’autres, la France, était vouée à se transformer considérablement, comme l’Empire Romain du Ve siècle commença lui-même  à se transformer pour voir apparaître de nouvelles formes politiques, et, en quelque sorte, une nouvelle Histoire.

Désormais, à quoi sert donc la politique, si elle n’est plus qu’un théâtre d’ombres jouant au  pouvoir et rêvant à des restaurations impossibles ? Plus grand’chose, assurément. Toutefois, la politique a encore un rôle à jouer.

Si elle ne cherche qu’à retarder, qu’à restaurer, alors elle échouera, et le temps qu’elle fera perdre aux hommes sera catastrophique.  Mais elle peut envisager un autre objet : permettre l’accouchement du monde en germes en protégeant dans le chérubin ce qu’il y a de plus utile. Pour y parvenir, sa dignité sera de se retirer au maximum.

Les Européens, et parmi eux les Français, crèvent de déresponsabilisation. Quand leur corps politique était encore vivant et vivace, ils jetaient leurs yeux au Ciel et voyaient l’Etat, qui les embrassait dans une puissance commune ; il les protégeait, et les projetait. Aujourd’hui, quand leur corps politique n’est plus qu’une fiction, et qu’ils n’ont plus par conséquent qu’une fiction d’Etat, ils persistent à jeter leur yeux au Ciel mais ne voient plus rien. Le Salut par la politique n’est plus ; mais, misérables qu’ils sont, il attendent, à cause d’une trop longue habitude, les genoux à terre et les mains suppliantes. D’où les angoisses actuelles, la turbidité, la nervosité qu’aucune force ne semble pouvoir épancher.

http://www.rochedy.fr/2015/12/a-quoi-peut-servir-la-politique-dans-le-monde-nouveau.html

Catégories : Chroniques de l'Âge de Fer, Ethique, Savoirs | Étiquettes : , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

A la limite

 

« Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bérets, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. Bien sûr, nous avons appris à penser à Vienne, à rock’n’roller à Londres, à rêver à Hollywood, à innover à Silicon Valley… » Ainsi parlaient Marc-Georges Bennamou, Pierre Bergé et BHL dans l’édito inaugural de la revue Globe, mensuel branché des années 80.

Trente ans plus tard, voici Limite. Après le libéralisme à deux faces, l’écologie intégrale. Contre l’utopie des nouvelles Babel, l’espérance de Noé sur son arche. Globe rêvait d’un monde ouvert, homogène, traversé d’individus fluides et désaffiliés. Nous préférons un monde divers, multiple, riche de l’incroyable variété de ses paysages et des sociétés qui la peuplent. Et si nous voulons résolument nous réenraciner, si tout ce qui est jet set, offshore, Sofitel et CAC 40, bref, hors-sol ou indifférencié, nous est étranger, voire odieux, c’est que nous sommes nous-mêmes d’une génération précarisée, éparpillée.

[…]

On avait rêvé la fin de l’histoire, on se réveille avec le terrorisme islamiste, le changement climatique et le chômage de masse. Le Marché devait nous libérer, et c’est le chaos qui nous traque. Combien de fois, après le 13 novembre, avons-nous entendu la rengaine ? Il faut continuer à vivre comme avant, sans rien remettre en cause. Et de fait, en plein deuil national, les nouvelles de la Bourse nous parvenaient entre deux pages de pub. Consommez braves gens, comme si de rien n’était, et puis Noël approche. L’État-policier au secours de l’impérialisme marchand, le voilà le prix de la sécurité dans le désordre global : toujours plus d’artefacts, et moins de liberté. Nous n’avons connu que la société de marché, mais nous ne serons pas les agents du profit dans l’enclos sécuritaire. C’est une vie décente, plus simple et plus digne que nous voulons défendre. Et cela commence par des lieux et des communs, des solidarités locales et des souverainetés reconquises. Un retour à la politique, en somme, sans déni ni repli. Nous devons cela à nos morts. Ceux de janvier, ceux de novembre. Et ceux qui viendront après

Source : A la limite

(P.S. du Chat Poron : et les binioù vous le rendent bien)

Catégories : Chroniques de l'Âge de Fer | Étiquettes : , , , , , , , | Un commentaire

Le Hamster d’Alsace

diapo000_hamster

Répartition_hamster_d'europe

Aire de répartition de Cricetus cricetus

Le Hamster d’Alsace (Cricetus cricetus, aussi nommé Hamster d’Europe, Grand Hamster, Marmotte de Strasbourg ou Kornfàrel / « petit cochon des blés » en alsacien) est un rongeur présent en Europe de l’Est et en Asie centrale. A noter qu’il ne s’agit pas du hamster domestique, Mesocricetus aureus, originaire de Syrie. En Europe de l’Ouest, le Grand Hamster n’est présent que dans certaines zones très limitées, comme en Belgique, en Alsace ou très faiblement en Allemagne : en effet, il n’habite que les plaines limoneuses, c’est-à-dire les terres les plus fertiles quand elles sont bien arrosées. Considéré comme un nuisible, des actions massives d’empoisonnement au phosphure d’aluminium et de traque dans les terriers ont été menées à partir des années 60… si bien que, en 1993, il a dû être déclaré « espèce protégée » pour éviter son extinction totale du territoire français. En effet, l’urbanisation croissante et la monoculture de maïs intensive dans la plaine d’Alsace (servant à nourrir le bétail européen en mélange avec du soja OGM américain) ont détruit ses habitats naturels à une vitesse fulgurante.

Or, il joue un rôle important dans le fonctionnement de son écosystème, car il est la proie de nombreux rapaces et serpents, dont la survie devient à son tour remise en question. Ses terriers abandonnés favorisent aussi la survie de plusieurs espèces rares de crapauds, eux aussi déjà menacés par l’agriculture industrialisée. Et surtout, il favorise la dispersion de nombreuses plantes à graines en les stockant sous terre dans des conditions favorables pour germer… d’où son nom de hamstern (qui signifie « faire des réserves » en allemand).

Ce hamster est aussi un exemple, dans la mesure où il n’hésite pas à défendre ses petits et son terrier… parfois même, dit-on, face à un berger allemand !

Catégories : Savoirs, Zoologie | Étiquettes : , , , , , , , | Poster un commentaire

Que dire à un jeune de 20 ans (Hélie de Saint-Marc)

Que dire à un jeune de vingt ans ?

Helie_de_St_MarccESO_15

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche,
le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité
et vouloir l’asséner comme une certitude,
mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin,
tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.

La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n’est sûr,
que rien n’est facile,
que rien n’est donné,
que rien n’est gratuit.
Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde,
une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception,
qu’il a sa propre dignité
et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres
et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage,
ces courages,
c’est peut-être cela

«L’Honneur de Vivre»

Catégories : Arts, Ethique, Poésie | Étiquettes : , , , , , , | Poster un commentaire

Génération Kali Yuga

Lu sur le site du Nouvel Obs’ : le témoignage édifiant d’une prof de la génération 68.

« Eleusie de Mortagne est enseignante dans un collège du nord de la France. Tout le week-end, alors que les attentats ont secoué Paris et tué au moins 129 personnes, elle a pensé à ce qu’elle dirait à ses élèves ce lundi matin. Comment faire face aux questions des enfants ?

Plus ça va, moins ça va. C’est comme ça que j’ai vécu mon week-end. À mesure que les minutes passaient, les tweets et les textos défilaient, je me suis demandé comment on allait réagir ce lundi matin au collège. Aux e-mails du rectorat, du ministère, de mon chef d’établissement se sont ajoutés ceux de mes collègues. Au total il y en a eu plus d’une dizaine. Le ton était le même partout : « On attaque par quel bout ? » Tout le monde semblait dans le potage, même nos référents institutionnels. Je dois dire que ça ne m’a pas rassurée. […]

Et puis ce lundi matin est arrivé. J’avais très peur de la réaction des enfants, mais ça s’est bien passé. Beaucoup mieux qu’en janvier. Ce que je vais dire est terrifiant, et j’en ai conscience, mais j’ai le sentiment que ces ados de treize ou quatorze ans se sont habitués à ce climat post-attentats. […]

En revanche, pendant qu’un élève s’inquiétait que l’État islamique ne possède un jour la bombe atomique, d’autres se demandaient pourquoi on n’allait pas « leur péter la gueule » ? « Madame, en histoire [sic] on a vu l’armée rouge, on a vu la puissance de la Russie. Si on s’y met avec eux, avec les Anglais et les Américains, on les écrase en trois jours. » […]

J’ai essayé de répondre, dans la mesure du possible. Après, sur le fond des attentats, je n’en sais pas plus que tout le monde. […] Je suis enseignante certes, mais je suis aussi une maman de deux enfants, qui essaie de ne pas pleurer à l’idée qu’ils soient loin. Je suis une femme qui a la trouille et qui fait tout pour la tenir en bride.

Il ne faut pas se faire d’illusion. Ce n’est que la première journée. Nous mettrons bien plus de 24 heures pour gérer toute cette tension, prégnante chez les enfants mais surtout chez les enseignants. À treize ou quatorze ans, ils ont encore une part d’inconscience. Heureusement.

Nous, on le sent bien ce nuage noir au loin. Dans le collège, on a la gueule de bois. Aucun des adultes n’était préparé à devoir faire face à une telle situation. Quand les parents nous regardent et nous traitent en êtres infaillibles, parfaits, je me dis que j’ai grandi, tout comme eux, dans un pays en paix. Et que rien ne nous a préparés à réagir à un tel drame, tout profs que nous sommes. »

Ephèbe désignant les armes, vase attique du Ve siècle av. JC

Éphèbe désignant ses armes, vase attique du Ve siècle av. JC

La génération née après 1945 restera dans les annales pour avoir été la première à croire en une Pax Europaea sans fin. Son héritière directe, la génération post-68, comme la dernière à avoir pris ce fantasme pour une réalité.

Générations du Progrès qui entrez à présent dans le passé, nous vous rendons les honneurs funèbres qui vous sont dus, conformément à l’Antique Coutume. Pour nous avoir engendré, et nous avoir illustré avec brio cette maxime : si vis pacem, para bellum.

Ce « nuage noir au loin » vous chagrine comme des retraités cuvant leur ultime gueule de bois dans une chaise longue, et qui auraient voulu profiter encore un peu des derniers rayons du crépuscule. Mais pour nous, c’est le visage de l’avenir. Voilà pourquoi nous l’accueillons, tout naturellement, avec ce sang-froid que nous prenez pour de l’insouciance. L’insouciance, c’était votre vertu cardinale. La nôtre sera le stoïcisme.

Car nous sommes la génération Kali Yuga ; et, tournant le dos aux lueurs rouge-rose de l’occident, nous savons que c’est seulement par un long voyage au bout de la nuit que nous atteindrons notre aube dorée.

« Madame, en Histoire on a vu l’armée rouge, on a vu la puissance de la Russie. Si on s’y met avec eux, avec les Anglais et les Américains, on les écrase en trois jours. » Pense-bête pour l’avenir : veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse.

Catégories : Chroniques de l'Âge de Fer | Étiquettes : , , , , , , | Poster un commentaire

Les Vers d’Or de Pythagore

I – Préparation

Honore en premier lieu les Dieux Immortels dans l’ordre qui leur fut assigné par la Loi.

Respecte les Serments. Honore ensuite les Héros glorifiés.

Vénère aussi les Génies terrestres, en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois.

 

Divinités, Ancêtres, Esprits : les trois piliers des religions indo-européennes… à quoi s’ajoutent le respect des traditions et de la parole donnée. Le paganisme ne saurait donc se limiter au simple culte des dieux.

 

II – Purification

Honore aussi à la fois ton père et ta mère, et tes proches parents.

Entre les autres hommes, fais ton ami de celui qui excelle en vertu.

Cède toujours aux paroles de douceur et aux activités salutaires.

N’en viens jamais, pour une faute légère, à haïr ton ami,

Quand tu le peux : car le possible habite près du nécessaire.

Sache que ces choses sont ainsi, et accoutume-toi à dominer celles-ci :

La gourmandise d’abord, le sommeil, la luxure et l’emportement.

Ne commets jamais aucune action dont tu puisses avoir honte, ni avec un autre,

Ni en ton particulier. Et, plus que tout, respecte-toi toi-même.

Pratique ensuite la justice en actes et en paroles.

Ne t’accoutume point à te comporter dans la moindre des choses sans réfléchir.

Mais souviens-toi que tous les hommes sont destinés à mourir ;

Et parviens à savoir tant acquérir que perdre les biens de la fortune.

À l’égard de tous les maux qu’ont à subir les hommes de par le fait des arrêts augustes du Destin,

Accepte-les comme le sort que tu as mérité ; supporte-les avec douceur et ne t’en fâche point.

Il te convient d’y remédier, dans la mesure que tu peux. Mais pense bien à ceci :

Que la Destinée épargne aux gens de bien la plupart de ces maux.

Beaucoup de discours, lâches ou généreux, tombent devant les hommes ;

Ne les accueille pas avec admiration, ne te permets pas de t’en écarter.

Mais si tu vois qu’on dit quelque chose de faux, supporte-le avec patience et douceur.

Quant à ce que je vais te dire, observe-le en toute circonstance.

Que jamais personne, ni par ses paroles ni par ses actions, ne puisse jamais

T’induire à proférer ou à faire ce qui pour toi ne serait pas utile.

Réfléchis avant d’agir, afin de ne point faire des choses insensées,

Car c’est le propre d’un être malheureux de proférer ou de faire des choses insensées.

Ne fais donc jamais rien dont tu puisses avoir à t’affliger dans la suite.

N’entreprends jamais ce que tu ne connais pas ; mais apprends

Tout ce qu’il faut que tu saches, et tu passeras la vie la plus heureuse.

Il ne faut pas négliger la santé de ton corps,

Mais avec mesure lui accorder le boire, le manger, l’exercice,

Et j’appelle mesure ce qui jamais ne saurait t’incommoder.

Habitue-toi à une existence propre, simple ;

Et garde-toi de faire tout ce qui attire l’envie.

Ne fais pas de dépenses inutiles, comme ceux qui ignorent en quoi consiste le beau.

Ne sois pas avare non plus : la juste mesure est excellente en tout.

Ne prends jamais à tâche ce qui pourrait te nuire, et réfléchis avant d’agir.

1024px-Bronnikov_gimnpifagoreizev

L’hymne des pythagoriciens au soleil levant (Fydor Bronnikov, 1869)

III – Perfection

Ne permets pas que le doux sommeil se glisse sous tes yeux,

Avant d’avoir examiné chacune des actions de ta journée.

En quoi ai-je fauté ? Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je omis de ce qu’il me fallait faire ?

Commence par la première à toutes les parcourir.

Et ensuite, si tu trouves que tu as omis des fautes, reprends-toi ;

Mais, si tu as bien agi, réjouis-toi.

Travaille à mettre ces préceptes en pratique, médite-les ; il faut que tu les aimes,

Et ils te mettront sur les traces de la vertu divine,

J’en jure par celui qui transmit à notre âme le sacré Quaternaire,

Source de la Nature dont le cours est éternel.

Mais ne commence pas à prendre à tâche une oeuvre,

Sans demander aux Dieux de la parachever.

Quand tous ces préceptes te seront familiers,

Tu connaîtras la constitution des Dieux Immortels et des hommes mortels, tu sauras

Jusqu’à quel point les choses se séparent, et jusqu’à quel point elles se rassemblent.

Tu connaîtras aussi, dans la mesure de la Justice, que la Nature est en tout semblable à elle-même,

De sorte que tu n’espéreras point l’inespérable, et que plus rien ne te sera caché.

Tu sauras encore que les hommes choisissent eux-mêmes et librement leurs maux,

Misérables qu’ils sont ; ils ne savent ni voir ni entendre les biens qui sont près d’eux.

Peu nombreux sont ceux qui ont appris à se libérer de leurs maux.

Tel est le sort qui trouble les esprits des mortels. Comme des cylindres,

Ils roulent ça et là, accablés de maux infinis.

Innée en eux, en effet, l’affligeante Discorde les accompagne et leur nuit sans qu’ils s’en aperçoivent ;

Il ne faut point la provoquer, mais la fuir en cédant.

Ô Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent,

Si tu montrais à tous de quel Génie ils se servent !

Mais toi, prends courage, puisque tu sais que la race des hommes est divine,

Et que la nature sacrée leur révèle ouvertement toutes choses.

Si elle te les découvre, tu viendras à bout de tout ce que je t’ai prescrit ;

Ayant guéri ton âme, tu la délivreras de ces maux.

Mais abstiens-toi des aliments dont nous avons parlé, en appliquant ton jugement

À tout ce qui peut servir à purifier et à libérer ton âme. Réfléchis sur chaque chose,

En prenant pour cocher l’excellente Intelligence d’en haut.

Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,

Tu seras dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort.

 

Catégories : Arts, Poésie | Étiquettes : , , , , , , , , , | Poster un commentaire

DNH #8 : Perfectionnement du pulsionnel

Au fond, quelle est la vertu humaine que développe la sophistication des appareils qui nous entourent ? L’impatience, essentiellement. Le paysan d’hier était plutôt voué à être patient : il ne pouvait pas accélérer la pousse des plantes. Le chasseur d’avant-hier était aussi dans un environnement technique qui exerçait son endurance : il pistait le renne, savait se tenir longtemps à l’affût derrière un buisson. Que dire du consommateur d’aujourd’hui ? Le progrès de ses instruments, depuis la grande distribution jusqu’au micro-chip, consiste à tout lui mettre toujours plus à portée de clic. Il n’a qu’à appuyer sur un bouton pour obtenir sans attente ni prière. Les publicités en font sans cesse la démonstration : il s’agit de vanter des objets qui donnent d’aller toujours plus vite, plus facilement, avec plus de confort ; ce qui, pour leur utilisateur, signifie devenir toujours plus impulsif, plus irritable, plus douillet.

Source : DNH #8 : Perfectionnement du pulsionnel

Catégories : Chroniques de l'Âge de Fer, Ethique, Savoirs | Étiquettes : , , , , | Poster un commentaire

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.