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Stoïcisme Nordique du Lundi Matin (n°2)

La même sagesse infuse une nouvelle fois la pensée germano-scandinave et gréco-romaine. Le Chat Poron se joint dont à l’empereur Marc-Aurèle et au dieu Odin en postant avec un peu d’avance ce deuxième épisode.

« Le matin, quand tu as de la peine à te lever, voici la réflexion que tu dois avoir présente à l’esprit : « Je me lève pour faire mon œuvre d’homme ; je vais remplir les devoirs pour lesquels je suis né et j’ai été envoyé en ce monde. Pourquoi donc faire tant de difficultés ? Ai-je été créé pour rester ainsi chaudement sous des couvertures ?

— Mais cela me fait plus de plaisir !

— Es-tu donc né pour le plaisir uniquement ? N’est-ce pas au contraire pour toujours travailler et toujours agir ? Ne vois-tu pas que les plantes, les oiseaux, les fourmis, les araignées, les abeilles concourent, chacune dans leur ordre, à l’ordre universel ? Et toi, tu refuserais d’accomplir tes fonctions d’homme ! Tu ne t’élancerais pas avec ardeur à ce qui est si conforme à ta nature !

— Mais, diras-tu, il faut bien que je me repose.

— D’accord ; le repos est nécessaire ; mais la nature a mis aussi des bornes à ce besoin, comme elle en a mis au besoin de manger et de boire. En cela pourtant, tu vas au-delà des bornes, et tu dépasses ce qu’il te faut. Au contraire, quand tu agis, tu n’en fais pas autant ; et tu restes en deçà de ce que tu pourrais faire. Cette négligence tient à ce que tu ne t’aimes pas sérieusement toi-même ; car autrement tu aimerais ta nature. Ceux qui aiment réellement l’art spécial qu’ils cultivent se dessèchent sur les ouvres que cet art leur inspira, oublieux du boire, oublieux du manger. Et toi, tu apprécies ta propre nature moins que le tourneur n’apprécie l’art du tour, moins que le danseur n’apprécie l’art de la danse, moins que l’avare n’apprécie son argent, ou le glorieux, sa vaine gloire : quand tous ces gens-là sont à leur ardeur labeur, ils songent moins à manger ou à dormir qu’à avancer l’œuvre dont ils s’occupent si passionnément. Et toi, tu trouves les devoirs que la société impose à ses membres moins importants et moins dignes de tes soins ! »

(Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, livre V, I, trad. Barthélémy Saint-Hilaire).

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Et du côté scandinave, donc :

« Il doit se lever tôt, celui qui cherche vengeance,

Ou voudrait les possessions d’un autre.

Le loup qui se repose attrapera peu de viande,

Et l’homme qui dort aussi peu de succès.

Il doit se lever tôt, celui dont les ouvriers sont peu,

Afin de se mettre de lui-même à son ouvrage.

Beaucoup reste inachevé pour le lève-tard,

Car l’entrain est une richesse à moitié gagnée. »

Odin (Havamal, 58-59, trad. Chat Poron d’après H. A. Bellows)

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Pour ne pas perdre la tête, le retour aux sources

Contribution de la page facebook « L’Art occidental » : https://www.facebook.com/LArt-occidental-969668349746851/?fref=ts. Vous souhaitez vous aussi partager vos traditions et faire rejaillir notre plus longue mémoire ? N’hésitez pas à envoyer vos contributions par commentaire, mail à chatporon@hotmail.com, ou pigeon voyageur !

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Sire Gauvain et le Chevalier vert est un roman chevaleresque de la fin du XIVe. Anonyme, il raconte l’histoire d’un chevalier du roi Arthur, Gauvain, portant pour écu le pentacle magique. Au détour d’un chemin, il rencontre un étrange chevalier à l’armure verte, qui lui propose un défi. Gauvain peut, s’il le veut, lui porter un coup de hache à condition qu’un an plus tard, si le chevalier vert a survécu, il lui rende le même coup. Gauvain accepte et décapite le chevalier vert d’un seul coup. Mais ce dernier se relève, ramasse sa tête et lui rappelle sa promesse. Commence alors pour le chevalier de la Table Ronde une errance semée d’aventures qui le conduira à se laisser frapper au cou par le chevalier vert, comme il l’avait juré un an plus tôt.

Cette histoire rappelle le code moral qui était celui des chevaliers, notamment leur courage et leur parole, mais les met également en garde contre leur absence de prudence et leur arrogance. Elle est surtout inspirée d’un thème de la mythologie celtique, qu’on retrouve par exemple dans le Festin de Briciu en Irlande, où un géant propose ce type de pacte à trois guerriers qui se disputent la part du héros à un festin. Alors que les deux autres se défilent, Cuchulainn insiste pour respecter sa promesse, même devant le refus du géant. Celui-ci l’épargne en le frappant de l’autre côté de la hache, et le consacre comme le plus grand héros d’Irlande, le faisant ainsi accéder à l’immortalité par le biais de la gloire éternelle.

A un moment de son voyage, le chevalier Gauvain s’arrête dans un lieu saint relatif à la décollation qu’il a promis de subir : la source de sainte Winefride. Cette dernière était une noble galloise décapitée en 660 pour avoir refusé les avances de Caradog, qui voulait l’épouser alors qu’elle voulait se faire nonne. Une source jaillit à l’endroit de son supplice, qui est encore un lieu saint de nos jours sous le nom de St Winefride’s Well, à Holywell, dans le Flintshire au Pays de Galles.

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A cet endroit est une chapelle, lieu de pèlerinage gallois depuis des temps immémoriaux. Une église y fut construite tôt au Moyen-âge, mais c’est de la fin du XVe s. que date le bâtiment que nous voyons ici. De style gothique, il entoure l’exsurgence de la source sacrée qui, dit-on, est reliée à celle de St Mary’s Well à Cefn Meiriadog, dans le Denbighshire au nord du Pays de Galles.

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Si la chapelle de ce dernier lieu saint est totalement ruinée, celle de St Winefride’s Well évoque une forêt dense protégeant la précieuse source. En effet, les piliers de la chapelle sont traités comme des troncs d’arbres aux branches écotées et les nervures de la voûte, comme les ramifications de leurs cîmes. C’est comme si la nature était devenue art en ce lieu où le paganisme celtique est devenu catholicisme.

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Le sexe par le bon bout. Parlez vous l’Hargot ?

 

Derrière le discours promouvant la fin de la norme se cache en fait un « conformisme affligeant ». « En passant d’un extrême à l’autre, on n’a seulement changé la perspective. » En réalité, la société véhicule toujours un rapport normatif à la sexualité : il faut jouir, il faut multiplier les expériences sexuelles, il faut se mettre en couple, il faut choisir son orientation sexuelle et l’afficher…

Au-delà de cette multitude d’injonctions angoissantes, le discours hygiéniste sur la sexualité, qui a succédé au discours moralisateur, s’avère être un échec cuisant. « Sortez couverts », nous a-t-on rabâché. Les « années sida » ont ainsi donné place à une conception uniquement technique de la sexualité, empreinte d’une culture du danger. Sauf que cela ne marche pas. La sexologue est bien placée pour le savoir. Cela ne suffit pas à des adolescents qui n’ont qu’une envie : transgresser les règles.

On a tout fait pour éviter les questions existentielles qui sont pourtant au cœur de la sexualité, relève-t-elle tout au long de son livre. La « mentalité du tout pilule », à laquelle Thérèse Hargot consacre un chapitre, en est la preuve. Cette  « nouvelle technologie » a neutralisé tout savoir sur le corps et la fécondité. Elle a finalement conduit à un contrôle de la sexualité féminine par l’industrie pharmaceutique. On a fait mieux en terme de libération de la femme.

Source : Le sexe par le bon bout. Parlez vous l’Hargot ?

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Un charme celtique contre le mauvais oeil

La Carmina Gadelica est un recueil de prières et incantations collectées dans l’Ecosse gaélique par le folkloriste Alexander Carmichael, entre 1860 et 1909. Il est parfois nécessaire de décrypter l’interpretatio christiana pour avoir un aperçu du sortilège païen originel. Ici, ce n’est même pas le cas, tout a juste été traduit au plus près, dans la mesure où les nuances de langue poétique gaélique pouvaient s’exprimer en français moderne. Le titre originel est Eolas a bheum shula, ce qui signifie mot-à-mot « le savoir-par-l’expérience de frapper l’oeil » et que Carmichael traduisit par « Exorcism of the eye« .

 

COMMENT CHASSER LE MAUVAIS OEIL

Je chevauche l’œil,
Comme le canard chevauche le lac,
Comme le cygne chevauche l’eau,
Comme l’étalon chevauche la plaine,
Comme la vache chevauche la prairie,
Comme l’armée des éléments chevauche,
Comme l’armée des éléments chevauche.

La force du vent, je l’ai sur lui,
La force du courroux, je l’ai sur lui,
La force du feu, je l’ai sur lui,
La force du tonnerre, je l’ai sur lui,
La force de l’éclair, je l’ai sur lui,
La force de la tempête, je l’ai sur elle,
La force de la lune, je l’ai sur elle,
La force du soleil, je l’ai sur lui,
La force des étoiles, je l’ai sur elles,
La force du firmament, je l’ai sur lui,
La force des cieux et des mondes,
Je l’ai sur eux-mêmes,
La force des cieux et des mondes,
Je l’ai sur eux-mêmes.

Un tiers de ceci sur les pierres grises,
Un tiers de ceci sur les collines escarpées,
Un tiers de ceci sur les cascades galopantes.

Un tiers de ceci sur les jolis prés,
Un tiers de ceci sur le sel de la grande mer,
Elle est le meilleur contenant pour ceci,
Le sel de la grande mer,
Le meilleur contenant pour ceci.

Au nom de la Triade des Éléments,
Au nom des Trois consacrés,
Au nom de tous les Secrets,
Et de toutes les Puissance assemblées.

 

Ex-voto oculaire

Ex-voto oculaire, trouvé au sanctuaire à la déesse Sequana aux sources de la Seine (Côte-d’Or)

Une vraie tradition celtique, donc, à mille lieues des fariboles néodruidiques telles que les triades du franc-maçon et faussaire Edward Williams (dit « Iolo Morganwg »).

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Les Vers d’Or de Pythagore

I – Préparation

Honore en premier lieu les Dieux Immortels dans l’ordre qui leur fut assigné par la Loi.

Respecte les Serments. Honore ensuite les Héros glorifiés.

Vénère aussi les Génies terrestres, en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois.

 

Divinités, Ancêtres, Esprits : les trois piliers des religions indo-européennes… à quoi s’ajoutent le respect des traditions et de la parole donnée. Le paganisme ne saurait donc se limiter au simple culte des dieux.

 

II – Purification

Honore aussi à la fois ton père et ta mère, et tes proches parents.

Entre les autres hommes, fais ton ami de celui qui excelle en vertu.

Cède toujours aux paroles de douceur et aux activités salutaires.

N’en viens jamais, pour une faute légère, à haïr ton ami,

Quand tu le peux : car le possible habite près du nécessaire.

Sache que ces choses sont ainsi, et accoutume-toi à dominer celles-ci :

La gourmandise d’abord, le sommeil, la luxure et l’emportement.

Ne commets jamais aucune action dont tu puisses avoir honte, ni avec un autre,

Ni en ton particulier. Et, plus que tout, respecte-toi toi-même.

Pratique ensuite la justice en actes et en paroles.

Ne t’accoutume point à te comporter dans la moindre des choses sans réfléchir.

Mais souviens-toi que tous les hommes sont destinés à mourir ;

Et parviens à savoir tant acquérir que perdre les biens de la fortune.

À l’égard de tous les maux qu’ont à subir les hommes de par le fait des arrêts augustes du Destin,

Accepte-les comme le sort que tu as mérité ; supporte-les avec douceur et ne t’en fâche point.

Il te convient d’y remédier, dans la mesure que tu peux. Mais pense bien à ceci :

Que la Destinée épargne aux gens de bien la plupart de ces maux.

Beaucoup de discours, lâches ou généreux, tombent devant les hommes ;

Ne les accueille pas avec admiration, ne te permets pas de t’en écarter.

Mais si tu vois qu’on dit quelque chose de faux, supporte-le avec patience et douceur.

Quant à ce que je vais te dire, observe-le en toute circonstance.

Que jamais personne, ni par ses paroles ni par ses actions, ne puisse jamais

T’induire à proférer ou à faire ce qui pour toi ne serait pas utile.

Réfléchis avant d’agir, afin de ne point faire des choses insensées,

Car c’est le propre d’un être malheureux de proférer ou de faire des choses insensées.

Ne fais donc jamais rien dont tu puisses avoir à t’affliger dans la suite.

N’entreprends jamais ce que tu ne connais pas ; mais apprends

Tout ce qu’il faut que tu saches, et tu passeras la vie la plus heureuse.

Il ne faut pas négliger la santé de ton corps,

Mais avec mesure lui accorder le boire, le manger, l’exercice,

Et j’appelle mesure ce qui jamais ne saurait t’incommoder.

Habitue-toi à une existence propre, simple ;

Et garde-toi de faire tout ce qui attire l’envie.

Ne fais pas de dépenses inutiles, comme ceux qui ignorent en quoi consiste le beau.

Ne sois pas avare non plus : la juste mesure est excellente en tout.

Ne prends jamais à tâche ce qui pourrait te nuire, et réfléchis avant d’agir.

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L’hymne des pythagoriciens au soleil levant (Fydor Bronnikov, 1869)

III – Perfection

Ne permets pas que le doux sommeil se glisse sous tes yeux,

Avant d’avoir examiné chacune des actions de ta journée.

En quoi ai-je fauté ? Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je omis de ce qu’il me fallait faire ?

Commence par la première à toutes les parcourir.

Et ensuite, si tu trouves que tu as omis des fautes, reprends-toi ;

Mais, si tu as bien agi, réjouis-toi.

Travaille à mettre ces préceptes en pratique, médite-les ; il faut que tu les aimes,

Et ils te mettront sur les traces de la vertu divine,

J’en jure par celui qui transmit à notre âme le sacré Quaternaire,

Source de la Nature dont le cours est éternel.

Mais ne commence pas à prendre à tâche une oeuvre,

Sans demander aux Dieux de la parachever.

Quand tous ces préceptes te seront familiers,

Tu connaîtras la constitution des Dieux Immortels et des hommes mortels, tu sauras

Jusqu’à quel point les choses se séparent, et jusqu’à quel point elles se rassemblent.

Tu connaîtras aussi, dans la mesure de la Justice, que la Nature est en tout semblable à elle-même,

De sorte que tu n’espéreras point l’inespérable, et que plus rien ne te sera caché.

Tu sauras encore que les hommes choisissent eux-mêmes et librement leurs maux,

Misérables qu’ils sont ; ils ne savent ni voir ni entendre les biens qui sont près d’eux.

Peu nombreux sont ceux qui ont appris à se libérer de leurs maux.

Tel est le sort qui trouble les esprits des mortels. Comme des cylindres,

Ils roulent ça et là, accablés de maux infinis.

Innée en eux, en effet, l’affligeante Discorde les accompagne et leur nuit sans qu’ils s’en aperçoivent ;

Il ne faut point la provoquer, mais la fuir en cédant.

Ô Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent,

Si tu montrais à tous de quel Génie ils se servent !

Mais toi, prends courage, puisque tu sais que la race des hommes est divine,

Et que la nature sacrée leur révèle ouvertement toutes choses.

Si elle te les découvre, tu viendras à bout de tout ce que je t’ai prescrit ;

Ayant guéri ton âme, tu la délivreras de ces maux.

Mais abstiens-toi des aliments dont nous avons parlé, en appliquant ton jugement

À tout ce qui peut servir à purifier et à libérer ton âme. Réfléchis sur chaque chose,

En prenant pour cocher l’excellente Intelligence d’en haut.

Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,

Tu seras dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort.

 

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Les fêtes de mai : Belotennia, Hexenacht, Floraliae, …

Le mois de mai approche de la Gaule, et avec lui son cortège de festivités. La préparation de celles-ci, ainsi que la nature qui revit, se liguent pour tenir les coussinets du Chat Poron loin de son clavier. Ceci étant, ne serait-ce que par sens du devoir, pas question de ne pas donner ne serait-ce qu’une petite vue d’ensemble de ce qui se trame par chez nous.

Petit selfie printanier

Petit autoportrait à la mode moderne (dit « selfie » en anglois)

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A bout de souffle ?

Dans la plupart des langues indo-européennes, le simple fait d’inspirer est une activité spirituelle. Eh oui, en latin, spiritus signifie « souffle », avant même d’être utilisé pour conceptualiser une part de nous qui serait d’essence différente de la matière. C’est une conception qu’on retrouve chez les Hindous (prâna), les Grecs (pneûma), les Germains (önd, souffle-esprit offert par Odin au premier couple humain), … Naturellement, cela met un peu à mal nos conceptions modernes de la « spiritualité ». Il ne s’agit aucunement de se replier sur soi ou dans la contemplation d’une céleste transcendance, mais bien d’effectuer un acte d’hygiène aussi indispensable que bien manger et bien dormir, ou avoir un minimum d’activité physique (voire simplement se tenir plus ou moins droit). Oui, parce que ce n’est pas parce que la respiration est souvent en « mode automatique » que nous respirons naturellement de manière optimale en toute situation.

Bien respirer, en plus de faciliter l’oxygénation d’un cerveau qui peut en avoir besoin, permet surtout de relâcher des tensions omniprésentes. Malgré le fait qu’on courre au quotidien bien moins de danger que nos Ancêtres, force est de constater que le niveau de stress causé par notre mode de vie est bien supérieur. L’urbanisation croissante, l’isolement social au milieu d’une foule anxiogène et impersonnelle, la désynchronisation de nos cycles biologiques par rapport à ceux des astres, sont autant d’éléments néfastes qu’il nous revient de contrebalancer activement. D’autant plus que ce n’est pas seulement notre « bien-être » subjectif qui est en jeu, mais bien la régulation de notre équilibre physiologique (par exemple en diminuant la concentration sanguine de cortisol, hormone liée au stress). Cela joue sur nos capacités de vision à long terme, sur nos décisions et notre attitude qui en retour influent sur notre entourage, et même sur les maladies cardiovasculaires, les problèmes de dos, la digestion, et sans doute d’autres éléments qu’il reste à découvrir.

En bref, bien respirer, c’est abolir ce qui est bien souvent un facteur limitant au plein développement de notre potentiel physique et intellectuel. C’est en tant que telle que la spiritualité fait sens, s’enracinant à la fois dans une antique vision du monde et dans les défis que nous avons à relever au quotidien. Car la « volonté de puissance » (máttr ok megin à l’époque viking), c’est façonner son masque (personna en latin) pour jouer le mieux possible son rôle dans le cycle de la vie, en adéquation avec l’ordre cosmique. Celui-ci est d’ailleurs nommé Ṛta dans les Védas, de la même racine que notre « rite ».

Mais ne vous inquiétez pas, je commence à m’essouffler donc j’arrête ici les grands discours et pour passer à l’aspect pratique. Naturellement, ce qui suit est très sommaire et donc demandera de la pratique de votre part pour l’adapter, sans oublier que ce n’est qu’une technique parmi d’autres qui peuvent mieux vous convenir. Aussi, dans le Râja Yoga, le prânâyâma (« maîtrise du souffle ») ne s’enseigne qu’une fois acquis les trois étapes précédentes (ascétisme, vertus et postures), donc même si le savoir-faire développé par les yogis indiens peut être intéressant, le sortir de son contexte le dénature forcément dans une certaine mesure.

Le travail du souffle, comme celui de la concentration, peut se faire de nombreuses manières : assis dans diverses postures (de la chaise au lotus en passant par le tailleur), allongé, en marchant, et ainsi de suite. Je vous conseille de commencer assis sur une chaise, si vous pouvez en trouver une assez haute pour que votre bassin soit légèrement surélevé par-rapport à vos genoux :

    • bien avancés de manière à ce que les fesses soient au bord de la chaise (ou, si vous pouvez, assis au fond de la chaise mais avec un support sous les pieds arrières qui les relève de quelques centimètres)

    • en faisant reposer le poids du corps sur les os des deux fesses, bien redressé

    • les épaules ouvertes (mains sur les genoux ou les cuisses selon votre morphologie)

    • la tête relevée pour étirer la nuque, bien en arrière, menton légèrement vers la poitrine

Dans un premier temps, gardez les yeux fermés. Si ça ne vous convient pas, essayez de fixer la flamme d’une bougie, une statuette, ou autre chose (même un joli paysage sur un écran d’ordinateur pour un premier essai, mais bon…).

Le but va être d’allonger au maximum le souffle, pour en augmenter l’amplitude et abaisser votre fréquence cardiaque (c’est donc contraire au zazen japonais de l’école Sôto qui consiste à « juste s’asseoir », et que certains jugent plus efficace, mais parfois la simplicité est plus difficile d’accès). Pour cela, inspirez par le nez, le plus profondément et le plus lentement possible, en gonflant bien l’abdomen. N’hésitez pas à vraiment forcer le mouvement dans le bas ventre d’une manière qui vous paraîtra ridiculement artificielle au début. Pareil, lors de l’expiration, expulsez par le nez un maximum d’air des poumons, en insistant jusqu’au bout. Vous découvrirez rapidement que quand on croît être arrivé au bout, on peut encore pousser un dernier souffle en exhalant par la bouche.

Une fois que vous avez bien le truc pour gonfler à bloc le bas du ventre, vous pourrez aller plus loin dans l’inspiration en gonflant aussi le thorax, puis même en montant jusqu’aux clavicules. Lors de l’expiration, videz d’abord uniquement le thorax avant d’expirer l’air par les abdominaux. Faites toujours cela le plus lentement et le plus profondément possible, en vous concentrant sur vos sensations. Vous remarquerez que cela demande tellement d’attention que la petite voix dans votre tête et les pensées parasites tendent à s’espacer puis à se suspendre, faute de mémoire vive disponible.

La petite astuce qui aide bien pour ralentir au maximum la fréquence respiratoire est de laisser un tout petit instant d’apnée poumons pleins et poumons vides. Attention, à partir de la demi-seconde (à la louche), cela a tendance au contraire à vous précipiter lors de la reprise de la respiration et à produire l’effet inverse. Focaliser son attention sur le contact de l’air avec les muqueuses respiratoires aide aussi à mener le processus plus loin.

Bien sûr, j’en entends au fond qui me demandent : et on fait ça combien de temps ? Pour commencer, cinq à dix minutes suffisent. L’important étant de pratiquer très régulièrement (genre, tous les soirs juste avant d’aller se coucher, ça fait un bon break et diminue le temps d’endormissement). Ensuite, monter jusqu’à vingt-trente minutes est un bon objectif, mais laissez les choses venir. La clé, c’est la régularité quitte à viser bas, et de se laisser l’occasion de faire des « pics » les jours où ils se produisent. Vous pouvez vous minuter, en ce qui me concerne quand c’est avant d’aller au lit j’utilise la méthode des bâillements : au bout du troisième bâillement, fin de la séance.

Notez bien entendu que le plein gonflement des poumons et l’expiration profonde peut s’utiliser n’importe où et même le plus souvent possible dans la vie de tous les jours. En particulier dans les situations anxiogènes et/ou dans les transports en commun, salles d’attente, … où on a « rien à faire » (maintenant, si).

http://pratiquer-la-meditation.com/comment-mediter-comment-bien-sasseoir-sur-une-chaise-pour-mediter/

http://france.wildmind.org/posture/chaise

http://fr.wikihow.com/méditer

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Jare Gody : équinoxe & musique polak

Trois morceaux de musique traditionnelle pour accompagner Jare Gody, la célébration polonaise de l’équinoxe de printemps.

Plus de détails sur les rites de Jare Gody dans un prochain article, n’hésitez pas à vous abonner par mail (en haut à gauche) ou par la page Facebook du Chat Poron !

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Réflexions sur le Corps

Toutes les traditions européennes, et bien d’autres au-delà, accordent au corps un rôle fondamental. Pour commencer, il est notre véhicule dans le cycle de la Vie, indispensable au cheminement de notre être dans son ensemble. En tant que tel, il est le principal facteur qui détermine nos capacités d’action, donc la concrétisation de nos choix éthiques, car une bonne intention non-réalisée est littéralement irréelle, nulle et non-avenue. Il est donc un élément à part entière de notre identité. De plus, le corps symbolise parfaitement les liens qui nous unissent à notre lignée : nous l’héritons de nos Ancêtres, mais c’est notre responsabilité de le préserver et de le développer.

Guède

Dans les pratiques dites « magiques », le plan physique revêt une grande importance. Par le biais des Esprits, on peut se métamorphoser ou transformer autrui, projeter son double sous une forme animale pour voyager dans des endroits bien matériels, provoquer ou guérir des maladies… On retrouve ici le fameux « l’esprit domine la matière » dont les courants new-age sont friands. Cependant, on observe que les états de transe permettant ces opérations sont induits par une modification des processus physiologiques : jeûne ou privation de sommeil, danses et sauts, modulation de la respiration, substances psychoactives, vibrations des tambours ou des chants. Ces techniques, pour être maîtrisées, nécessitent donc d’avoir une bonne condition physique, sans laquelle la sensibilité spirituelle est au mieux inutile, au pire dangereuse.

Il est intéressant de constater que les philosophies hindoues, héritières d’une tradition païenne ininterrompue, considèrent aussi que le corps et l’esprit sont profondément intriqués, que les sens et même la pensée sont des phénomènes physiques. Le bouddhisme, qui a passé les doctrines hindoues au crible de la réflexion logique et de l’expérimentation par la méditation, a conservé et même renforcé cette vision des choses… Or, c’est également ce que nous apprennent les recherches menées en neurobiologie depuis plus de deux siècles, et qui se sont accélérées depuis que des scanners plus perfectionnés sont disponibles : notre cerveau et nos nerfs fonctionnent par des influx électro-chimiques, réagissant à notre environnement selon les structures établies par nos gènes et notre mode de vie. Nos émotions peuvent affecter notre santé de manière psychosomatique, mais à l’inverse les influences externes auxquelles on s’expose influencent profondément le fonctionnement de notre cerveau (y compris par le système nerveux entérique qui relie intestin et cerveau, et qui est très sensible aux variations de flore intestinale).

Système nerveux entérique

L’alimentation et le sommeil devraient donc être des priorités pour tout païen conscient. Les habitudes sous-jacentes à la société post-industrielle sont extrêmement néfastes pour notre santé physique comme mentale. Sans même parler de la foule d’additifs, les produits de l’industrie agro-alimentaire sont généralement trop caloriques, trop sucrés, trop salés, trop riches en matières grasses délétères ; mais pauvre en vitamines, en minéraux, en fibres et en acides gras essentiels. Les produits animaux, en particulier, tendent à concentrer les toxines à cause de leur position dans la chaîne alimentaire, et sont beaucoup trop présents dans notre alimentation (55% de l’apport calorique français, sachant que la fourchette conseillée par l’OMS est entre 15% et 30%).

Ainsi, dès que j’invite des frères et soeurs de clan chez moi ou même quand nous allons camper près de notre clairière, nous tenons à préparer nous-même le repas à partir d’aliments bruts, ce qui revient d’ailleurs bien moins cher. Nous favorisons les céréales complètes et les protéines végétales (légumineuses type pois et lentilles, oléagineux type noix et noisettes) en-dehors des grandes fêtes où nous pouvons nous permettre d’avoir de la viande de qualité correcte. Pour rappel, de plus en plus de viandes importées, y compris d’origine européenne, ne sont pas soumis à nos normes sanitaires : traitements antibiotiques sans contrôle vétérinaire, fourrage aux OGM sans obligation d’étiquetage, etc.

Quant au sommeil, une foule d’étude lie les cycles irréguliers et la fatigue chronique à des risques accrus de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancers et de maladies psychiatriques comme la dépression clinique, ainsi qu’au déclin de la mémoire et des capacités cognitives. Les lumières blanches ou bleues, type écrans d’ordinateurs ou de téléphones, participent au dérèglement de l’horloge biologique quand elles sont utilisées juste avant le coucher. Autant que possible, je dîne tôt, en quantités raisonnables, et j’ai une heure limite à partir de laquelle je ne fais rien d’autre que régler les dernières tâches qui ne peuvent attendre le lendemain. Ensuite, je m’accorde une 30 à 60 minutes de lumière tamisée et d’activités plus calmes (douche, lecture, méditation) qui permettent d’être interrompues dès que le pic de fatigue se fait sentir. Ça ne compte pas vraiment comme du temps perdu, puisqu’en général le gain de temps à l’endormissement représente la moitié de cette phase-tampon.

Un minimum d’activité physique est également indispensable à notre santé. Je ne parle pas des sportifs plus ou moins dopés, à l’intellect et aux mœurs plus ou moins discutables ; ni du diktat des magazines de modes qui poussent des foules de personnes culpabilisées dans les salles de musculation. Notre organisme est tout simplement adapté à un mode de vie beaucoup plus actif que le nôtre, beaucoup trop récent pour que les processus évolutifs ne fassent effet. Une heure de sport par semaine, ou trois heures de marche, sont le minimum pour ne pas dégrader notre état ; mais on devrait pousser jusqu’à 6h de sport par semaine ou 18h de marche si l’emploi du temps le permet et qu’il n’y a pas de contraintes médicales. 2×45 minutes de sport et 4h30 de marche constituent un bon objectif, auquel j’arrive à peu près à me tenir depuis que j’ai réglé quelques soucis de dos.

La grande question étant : quel sport ? La marche est rarement contre-indiquée, ne nécessite pas d’équipement particulier, et peut parfois se placer dans son emploi du temps quotidien à la place de la voiture ou des transports en commun. On peut aussi opter pour le vélo, qui fait gagner du temps de trajet, ou courir pour optimiser le ratio dépense/durée de l’exercice. Attention aux problèmes de dos ou d’articulation pour la course, le but n’est pas de battre un record mais d’optimiser votre santé ! Si vous avez accès à un club ou à un professeur qui prend en compte vos éventuels problèmes, je conseille particulièrement le yoga, qui fait travailler les muscles, les articulations et le souffle tout en préparant aux techniques de méditation. Les pratiques taoïstes comme le tai-qi ou le qi-gong, plus axées sur le mouvement, peuvent également être de très bons choix. Pour ceux qui souhaiteraient rester dans un cadre plus « local » ou moins spirituel, la danse est une excellente option trop souvent négligée. J’y reviendrai dans un autre article, mais un peuple qui ne danse pas est un peuple mort. Il y a des cercles de danse bretonne un peu partout en France et même dans le monde, qui sont toujours parfaitement ouverts aux débutants. Si vous ne vous sentez pas spécialement d’âme celtique, vous pouvez tout de même chercher si il y a un club de danse traditionnelle (ou moins traditionnelle) près de chez vous, de votre terroir ou d’ailleurs.

Enfin, les arts martiaux ou sports de combat sont à la fois des moyens d’optimiser sa santé, de grandir spirituellement et de développer des capacités nécessaires à l’application de son éthique. Boxe, lutte, gouren, canne, escrime, autodéfense, ainsi que ju-jitsu, karaté, kung fu et autres, la liste est longue. Les goûts personnels sont des facteurs déterminants, mais prêtez surtout attention à l’enseignant et à l’état d’esprit des élèves. Sont-ils là pour la compétition, pour suivre une voie vers la sagesse, pour apprendre à se défendre en cas d’agression réelle, pour se défouler ? N’hésitez pas à venir faire une séance d’essai dans différents clubs ou dojos avant de faire votre choix. Une année de remise en forme active avant d’attaquer ce genre d’activités peut aussi être bénéfique, pour éviter de se démotiver après trois mois de galère sans progresser car on est largué physiquement.

Pour finir, je voudrais aborder deux points trop souvent mis de côté. Comme dit plus haut, l’usage de substances psychoactives est tellement répandu dans le temps et dans l’espace que c’est quasiment une part de la nature humaine. Cela peut se faire dans différentes optiques : thérapeutique, spirituelle, sociale, … Toutefois, la consommation purement hédoniste et l’addiction sont des phénomènes assez rares historiquement, qui ont explosé à partir de l’industrialisation et de l’urbanisation. Malgré le fait que les gouvernements aient décidé de ne pas inclure divers médicaments, l’alcool et le tabac parmi les drogues, il faut bien garder à l’esprit qu’ils en font bien partie, et plutôt dans la catégorie « drogues dures ». De plus, les effets néfastes de leur consommation chronique ou abusive sont très loin d’être négligeables.

Si vous êtes actuellement en état d’addiction au tabac, à l’alcool, ou à quoi que ce soit (à part peut-être un traitement médical en cours et non-remplaçable par d’autres approches), vous devriez mettre bien en haut de votre liste de priorités le fait d’arriver à une consommation non-journalière – ou au moins de réduire les doses. Je ne vais pas jouer au moralisateur puisque ce n’est pas « mal » en soi : simplement je considère qu’il est de mon devoir en tant qu’indigène de faire ce que je peux pour convaincre mes frères et sœurs de cesser de s’empoisonner jour après jour, et de libérer leur volonté de ces entraves pour accomplir pleinement leur destin.

Pour finir cette masturbation intellectuelle sur une note plus concrète, deuxième point tendancieux : le sexe et la nudité. Les païens n’ont pas de « péché de luxure ». Le plaisir sexuel est parfaitement normal et favorable au bon développement d’un organisme sain, et se défaire de certaines inhibitions et névroses collectives à ce niveau-là est plutôt une bonne idée. Idem, je suis fondamentalement opposé au « slut-shaming » et à ce mouvement antijupes qui va en s’accélérant dans certaines villes  : disons que mes habitudes sont plutôt plages naturistes de la Baltique et saunas collectifs sans arrières-pensées que cosplay transgenre de Batman. Pour autant, l’hypersexualisation de la femme à des fins publicitaires, le « si t’as pas couché avant x ans t’as raté ta vie, on est plus au Moyen-Âge » (x diminuant visiblement d’un an tous les dix ans), ne m’enchantent pas spécialement. L’éloge de l’infidélité et du divorce au bout de dix ans, sous prétexte d’épanouissement personnel, non plus. En fait, tout ce qui tend à faire du « sex, drugs & rock’n’roll » (donc du culte de l’ego et du plaisir facile) le but suprême et universel de l’existence m’inspire à peu près autant de sympathie que le puritanisme le plus étroit… même en remplaçant rock’n’roll par n’importe quelle chapelle du metal.

Spartiate, Veme siècle avant l'ère commune (?)

Spartiate, Ve siècle avant l’ère commune (?)

Pour le bien-être de chacun et de notre société il me semble qu’il y a un minimum de responsabilités à avoir dans le couple, surtout au niveau des enfants adultérins, des maladies sexuellement transmissibles, etc. Je n’ai rien contre le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels, mais pas sans dialogue et confiance réciproque. Un cadre familial stable, où on peut compter sur des relations inter-partenaires (et, le cas échéant, parents-enfants) assez fiables pour ne pas se poignarder dans le dos ou faire ses valises un beau matin, est tout simplement un rempart indispensable contre l’insécurité matérielle et affective dont se servent les multinationales pour nous manipuler et nous refourguer leurs merdes. Des fringues superflues aux sites de rencontre en passant par la parfumerie et autres cosmétiques, c’est toute une industrie qui se nourrit de notre solitude ou de notre insécurité affective, sans même parler de la prostitution et de la pornographie. Au passage, cette dernière, à haute fréquence, via le lien corps-esprit abordé en début d’article, est bien connue pour provoquer des dérèglements neurochimiques du système de récompense… c’est-à-dire une addiction, avec tout ce qui va avec (troubles de la libido, problèmes relationnels, dépression, etc). Je me sens clairement mieux depuis que je fais confiance à mon imagination en l’absence de ma partenaire.

Bref, prenez soin de vous. Et pas seulement avec du vernis à ongles, ou des rituels de soin trop cools. On vit dans un environnement toxique à tous les niveaux, et notre premier devoir en tant qu’êtres vivants est de faire ce qu’on peut pour ne pas se laisser détruire à petits feux.

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