Communiqué sur l’appropriation des symboles païens

CONSEIL SUPRÊME DES GRECS PAÏENS (YSEE) – Pour la restauration de la tradition ethnique et polythéiste grecque, de leur religion et de leurs coutumes, dans la société grecque actuelle.

A propos de l’appropriation culturelle des symboles de l’hellénisme ethnique, à l’occasion d’une « sculpture » de Méduse (Annonce 389, le 21/10/« 2020 »)


A l’occasion de l’œuvre de l’artiste italo-argentin Luciano Garbati, « La méduse à la tête de Persée », qui a été placée devant le tribunal correctionnel de Manhattan à New York, nous sommes une fois de plus contraints de souligner l’illettrisme mythologique flagrant qui conduit à des interprétations absolument erronées, et à des déformations de notre mythologie ethnique.


Le Conseil Suprême des Grecs Païens (YSEE), en tant qu’organe de la religion ethnique grecque, doit, une fois de plus, rendre publics les principes qui devraient régir l’approche, l’analyse et les ramifications intemporelles des mythes grecs. Nous devons aussi démontrer le caractère sournois des distorsions auxquelles recourent, intentionnellement ou non, ceux qui veulent calomnier et discréditer notre culture préchrétienne grecque.


L’homme monothéiste perçoit, au mieux, le mythe comme une allégorie à contenu moral, et, au pire comme un conte plein d’exagérations, de fantasmes et de superstitions. Cela se confond, intentionnellement ou non, avec la théologie et la philosophie, pour tenter de le discréditer. Fidèle aux diktats de ses aînés spirituels, comme l’apôtre Paul, qui conseille « d’éviter les mythes obscènes et obscures » ; ou comme Grégoire le théologien, qui appelle les mythes « enseignements des démons », qui dégrade le mythe en une histoire pour enfants mensongère, le monothéiste voit dans le mythe des faiblesses humaines et des passions divines scandaleuses. Le pire de tout, c’est le fait que le monothéiste considère avoir le droit de faire ses propres « lectures » du mythe en fonction de ses convictions politiques, religieuses, ou personnelles.


Alors Garbati a fait sa recherche personnelle, et a conclu que la figure mythique de Méduse représente « la femme violée et maltraitée qui vient maintenant se venger des dieux et des mortels ». Le créateur de la « sculpture » ignore cependant que les concepts de « matriarcat-patriarcat » dans le monde grec préchrétien ne signifient pas la domination d’un sexe sur l’autre, mais désignent simplement les caractéristiques d’une société et la culture qu’elle produit. Selon les nécessités du contexte, tantôt les caractéristiques « masculines » prévalent et tantôt ce sont les caractéristiques « féminines » qui prévalent, sans persécuter aucun des deux sexes. Ce que l’homme moderne trouve difficile à comprendre, éloigné de ses traditions et récits ethniques, c’est que pour saisir en profondeur le contenu d’un mythe, il faut faire partie de la tradition historique et culturelle du peuple qui l’a engendré.


Le mythe ne fait pas référence à un passé lointain et oublié, ni ne relève de l’interprétation individuelle de chacun. Il est universel et toujours à jour. Il reçoit des explications par allégorie et abstraction, et ne s’oppose pas au sens de la science. Le mythe est la codification de la Vérité intemporelle et contient toutes les idées concernant l’origine de l’Univers, des Dieux, des institutions politiques et de la Nature. La mythologie de chaque peuple est sa pierre angulaire et n’est ni comparée aux autres, ni classée par rapport à elles.


L’approche personnelle du mythe auquel Luciano Garbati succombe peut sembler l’altérer, mais elle ne touche pas vraiment à l’authenticité et à la validité de la Vérité que le mythe contient. Cette interprétation, bien qu’habile, est erronée, et le décrédibilise, lui et son récit. Il abuse du mythe et projette sur lui les formes mentales monothéistes du « politiquement correct » totalement binaire. En même temps, il attaque les significations authentiques du mythe en faisant passer un message biblique : « œil pour œil et dent pour dent ». Mais cet appel à répondre à la barbarie par une barbarie égale ou supérieure est plus proche de la « loi » islamique que du concept grec de la Loi et de la Justice.


Si le mouvement contre les abus sexuels souhaite s’attaquer aux racines du patriarcat monothéiste, il peut emprunter et retourner en miroir des « modèles de soumission » dans le livre commun des trois religions monothéistes, la Torah, qui en regorge. Sculptez plutôt Lot, un personnage sanguinaire abusant de sa fille ! Sculptez la prostitution forcée de Sarah par son propre mari, qui était le demi-frère d’Abraham !


L’interprétation erronée et abusive du mythe grec par les montagnes russes du « politiquement correct » toujours binaire ne diminue pas la valeur du mythe. Mais il diminue l’être humain, parce qu’il le prive de l’opportunité de rechercher la vérité de l’Être.

[Ajout de la rédaction : pendant ce temps, aux Etats-Unis, des « militants antiracistes » souhaitent supprimer Homère des cursus scolaires et des études littéraires à l’université]


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