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Communiqué sur l’appropriation des symboles païens

CONSEIL SUPRÊME DES GRECS PAÏENS (YSEE) – Pour la restauration de la tradition ethnique et polythéiste grecque, de leur religion et de leurs coutumes, dans la société grecque actuelle.

A propos de l’appropriation culturelle des symboles de l’hellénisme ethnique, à l’occasion d’une « sculpture » de Méduse (Annonce 389, le 21/10/« 2020 »)


A l’occasion de l’œuvre de l’artiste italo-argentin Luciano Garbati, « La méduse à la tête de Persée », qui a été placée devant le tribunal correctionnel de Manhattan à New York, nous sommes une fois de plus contraints de souligner l’illettrisme mythologique flagrant qui conduit à des interprétations absolument erronées, et à des déformations de notre mythologie ethnique.


Le Conseil Suprême des Grecs Païens (YSEE), en tant qu’organe de la religion ethnique grecque, doit, une fois de plus, rendre publics les principes qui devraient régir l’approche, l’analyse et les ramifications intemporelles des mythes grecs. Nous devons aussi démontrer le caractère sournois des distorsions auxquelles recourent, intentionnellement ou non, ceux qui veulent calomnier et discréditer notre culture préchrétienne grecque.


L’homme monothéiste perçoit, au mieux, le mythe comme une allégorie à contenu moral, et, au pire comme un conte plein d’exagérations, de fantasmes et de superstitions. Cela se confond, intentionnellement ou non, avec la théologie et la philosophie, pour tenter de le discréditer. Fidèle aux diktats de ses aînés spirituels, comme l’apôtre Paul, qui conseille « d’éviter les mythes obscènes et obscures » ; ou comme Grégoire le théologien, qui appelle les mythes « enseignements des démons », qui dégrade le mythe en une histoire pour enfants mensongère, le monothéiste voit dans le mythe des faiblesses humaines et des passions divines scandaleuses. Le pire de tout, c’est le fait que le monothéiste considère avoir le droit de faire ses propres « lectures » du mythe en fonction de ses convictions politiques, religieuses, ou personnelles.


Alors Garbati a fait sa recherche personnelle, et a conclu que la figure mythique de Méduse représente « la femme violée et maltraitée qui vient maintenant se venger des dieux et des mortels ». Le créateur de la « sculpture » ignore cependant que les concepts de « matriarcat-patriarcat » dans le monde grec préchrétien ne signifient pas la domination d’un sexe sur l’autre, mais désignent simplement les caractéristiques d’une société et la culture qu’elle produit. Selon les nécessités du contexte, tantôt les caractéristiques « masculines » prévalent et tantôt ce sont les caractéristiques « féminines » qui prévalent, sans persécuter aucun des deux sexes. Ce que l’homme moderne trouve difficile à comprendre, éloigné de ses traditions et récits ethniques, c’est que pour saisir en profondeur le contenu d’un mythe, il faut faire partie de la tradition historique et culturelle du peuple qui l’a engendré.


Le mythe ne fait pas référence à un passé lointain et oublié, ni ne relève de l’interprétation individuelle de chacun. Il est universel et toujours à jour. Il reçoit des explications par allégorie et abstraction, et ne s’oppose pas au sens de la science. Le mythe est la codification de la Vérité intemporelle et contient toutes les idées concernant l’origine de l’Univers, des Dieux, des institutions politiques et de la Nature. La mythologie de chaque peuple est sa pierre angulaire et n’est ni comparée aux autres, ni classée par rapport à elles.


L’approche personnelle du mythe auquel Luciano Garbati succombe peut sembler l’altérer, mais elle ne touche pas vraiment à l’authenticité et à la validité de la Vérité que le mythe contient. Cette interprétation, bien qu’habile, est erronée, et le décrédibilise, lui et son récit. Il abuse du mythe et projette sur lui les formes mentales monothéistes du « politiquement correct » totalement binaire. En même temps, il attaque les significations authentiques du mythe en faisant passer un message biblique : « œil pour œil et dent pour dent ». Mais cet appel à répondre à la barbarie par une barbarie égale ou supérieure est plus proche de la « loi » islamique que du concept grec de la Loi et de la Justice.


Si le mouvement contre les abus sexuels souhaite s’attaquer aux racines du patriarcat monothéiste, il peut emprunter et retourner en miroir des « modèles de soumission » dans le livre commun des trois religions monothéistes, la Torah, qui en regorge. Sculptez plutôt Lot, un personnage sanguinaire abusant de sa fille ! Sculptez la prostitution forcée de Sarah par son propre mari, qui était le demi-frère d’Abraham !


L’interprétation erronée et abusive du mythe grec par les montagnes russes du « politiquement correct » toujours binaire ne diminue pas la valeur du mythe. Mais il diminue l’être humain, parce qu’il le prive de l’opportunité de rechercher la vérité de l’Être.

[Ajout de la rédaction : pendant ce temps, aux Etats-Unis, des « militants antiracistes » souhaitent supprimer Homère des cursus scolaires et des études littéraires à l’université]


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Différencier « clairières néodruidiques » et « clans celtiques »

« Une clairière néodruidique est une institution moderne (datant de la fin du XVIIIe siècle) qui vise à procurer des initiations néodruidiques et à se retrouver entre personnes ayant reçues lesdites initiations, selon un mode de fonctionnement similaire à la franc-maçonnerie.

Un clan celtique est un groupe de personnes, liées par une fraternité de sang ou par une fraternité jurée, qui pratiquent au quotidien les traditions celtiques, en particulier en matière de rites et d’éthique. Cela se fait sur le modèle des institutions tribales celtiques, qui remontent à l’Antiquité et ont continué après la fin de l’institution druidique et par-delà la christianisation. C’est la forme qui est préférée par la majorité des païens celtiques reconstructionnistes aujourd’hui dans le monde, sauf peut-être chez les francophones.

Ceux qui optent pour une forme clanique considèrent en général que le titre de « druide » ne peut se porter qu’après vingt années de pratique et d’étude intensives des savoirs druidiques (lesquels sont pour la plupart à reconstituer), cette période devant mener à un apprentissage exhaustif, et ce uniquement par voie orale. Conclusion évidente : 99%, si ce n’est 99,99%, si ce n’est la totalité, des gens qui se donnent un tel titre ne remplissent pas ce critère.

Pour ce qui nous concerne, après dix années de lectures universitaires, de pratique régulière des rites, et d’échanges avec les néodruides francophones les plus pointus comme avec les reconstructionnistes gaéliques les plus sérieux, nous estimons que nous serions seulement tout juste en mesure de commencer à essayer de reconstituer le fameux corpus, qui serait à apprendre entièrement par coeur par le candidat au rang de druide.

Autant dire que ce n’est pas pour tout de suite, et possiblement pas pour notre génération – mais comme les structures claniques ont par essence une vocation transgénérationnelle, ce n’est pas un si gros problème. Notre génération pose les bases d’une communauté fonctionnelle, solidaire, et vivante. La génération suivante structurera cette communauté et verra en émerger des meneurs talentueux, dévoués et bien formés. La génération qui viendra encore après celle-ci aura le terrain prêt pour une éclosion complète et naturelle d’une institution druidique qui sera à la fois issue des plus anciennes et plus authentiques traditions, apte à exercer pleinement ses responsabilités dans les défis inouïs de son époque, et dédiée à bâtir un avenir pour les générations futures des siècles à venir. »

(communication du clan Beltan concernant le très intéressant projet « Paroles de druides« )

 

 

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Comment être lu par une centaine de personnes sans créer de blog

Bandeau 1TC

D’après une oeuvre de Mario Marchal (vision contemporainede la trifonctionnalité)

La réponse est simple : Un Tiers Chemin – ARS TRADITIONIS vous ouvre ses colonnes ! N’hésitez pas à nous contacter par ce formulaire pour rejoindre notre joyeuse équipe ou proposer un article. Toute personne respectanr la charte qui suit est la bienvenue.

1. Présentation
Un Tiers Chemin – ARS TRADITIONIS est un journal électronique collectif fondé en 2014, consacré à l’information et à la discussion concernant les arts, rites, et savoirs traditionnels. Par traditionnels, nous entendons enracinés dans une manière d’être au monde qui est héritée, partagée et transmise au sein d’une communauté délimitée. Cette délimitation, loin d’être une forme d’exclusion et encore moins de supériorité, est au contraire pour nous une garantie de respect de l’autre, puisque cela permet d’en reconnaître la valeur sans chercher à l’englober ou le soumettre à nos critères. Face à l’idéologie du Même, nous prônons l’harmonie des contraires.
Nos valeurs sont basées sur la déclaration de Vilnius du Congrès Européen des Religions Indigènes : « A une époque où le monde est en équilibre précaire au bord de bouleversements écologiques et économiques, pour beaucoup à cause d’un individualisme sans limite et d’une avidité effrénée, nos traditions promeuvent des modèles spirituels et sociaux très différents : la vie en harmonie, équilibre et modération avec la Terre ; l’importance de la famille et de la coopération collective ; le respect et les hommages rendus à toute forme de vie. Nous poussons tous les peuples et toutes les nations à placer le bien-être de la Terre – qui est, littéralement, notre Vivante Mère – au-dessus de toutes les autres priorités. Nous envoyons ce message en toute fraternité, amour, et respect ». En bref, d’autres mondes sont possibles : ils existent encore, et ont besoin de nous pour cela.
Pour l’équilibre de notre planète, nous estimons qu’il est souhaitable, pour tous les déracinés, de renouer avec leur héritage indigène (patrimoine culturel, identité ethnique, et ressources naturelles), de le partager au sein de leurs communautés, et de le transmettre par des institutions propres. Les Européens, dont le déracinement a engendré de nombreux maux à l’échelle mondiale et les a conduit à déraciner d’autres groupes humains, constituent à nos yeux une communauté traditionnelle à part entière, de mêmes que les diverses communautés européennes. L’enracinement, c’est maintenant !
2. Fonctionnement
L’équipe de rédaction est ouverte à toute personne francophone qui partage ces valeurs et est : soit enracinée dans une communauté traditionnelle, et qui souhaite diffuser des informations concernant son héritage ; soit en relation avec une communauté traditionnelle qui souhaite diffuser des informations concernant son héritage, et lui donne un mandat dans ce but. Cette équipe de rédaction est composée de toutes les personnes ayant publié un article il y a un an et un jour maximum. Celle-ci peut, à la majorité, inclure ou non une personne en faisant la demande et remplissant un des deux critères, ou exclure un membre de l’équipe de rédaction. En cas d’égalité lors du vote, la décision sera du ressort du plus ancien membre de l’équipe de rédaction.
Il sera évidemment possible à l’équipe de rédaction d’adapter ce fonctionnement au fil de l’évolution du journal et de son développement… car, nous en sommes convaincus, nos traditions ont de l’avenir.

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Peinture rupestre de la Cueva del Castillo (datée d’environ 40.000 ans)

 

3. Moyens techniques
L’équipe de rédaction dispose du site internet http://www.1tierschemin.wordpress.com et de la page Facebook « Un Tiers Chemin – Arts, Rites et Savoirs Traditionnels ». Elle pourra faire usage d’autres médias adaptés, tels qu’une chaîne Youtube, un compte Twitter, des publications au format papier ou numérique, un autre site internet, une structure associative selon les lois d’un État francophone.

 

4. Lexique
Arts : Ensemble de pratiques, moyens et méthodes ayant pour but d’inspirer des idées, impressions et sentiments intenses ou complexes
Rites : Méthodes en usage dans une communauté concernant la manière de témoigner du respect envers une réalité supérieure
Savoirs : Manière de se représenter de manière ordonnée les choses et leur fonctionnement, et les compétences qui en découlent
Enracinement dans une communauté traditionnelle : Rattachement durable et profond à un ensemble délimité de personnes (partageant l’héritage d’une manière d’être au monde qu’elles transmettent) perçu comme distinct de la somme des vivants qui le composent à un instant donné, et n’ayant pas vocation à englober toute l’Humanité

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Païens « identitaires » et « universalistes » : un point de vue traditionnel

« Universaliste » ou « identitaire«  ? La question inquisitrice semble devenue incontournable dans le néopaganisme américain, et se répandre en Europe – sans même qu’on prennne le temps de savoir si tout le monde est d’accord sur la définition de ces mots, et y compris dans un cadre se voulant apolitique. Voici donc le point de vue de Robert L. Schreiwer, responsable de l’Urglaawe (« antique croyance », communauté païenne tribaliste, basée sur l’héritage des Deitsch, les Germano-américains de Pennsylvanie). Il est également cadre de l’association américaine The Troth (principale association Asatru du pays ne se revendiquant pas comme identitaire) et rédacteur à Wild Hunt (site d’information païen fortement engagé contre les discriminations raciales).

 

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Robert L. Schreiwer, responsable religieux Deitsch

C’est un débat que j’essaye fermement d’empêcher de contaminer l’Urglaawe. Partout où il passe, la division s’ensuit, et les extrêmes mènent la danse. Nous avons notre propre coutume et notre propre chemin, issu de la réalité engendrée par les premiers migrants allemands qui passèrent d’un continent à l’autre et commencèrent à interagir, échanger, et parfois se métisser avec des tribus indigènes, et aussi avec des colons gallois. Nous définissons nos communautés sur la base de valeurs partagées, de l’amitié, et du frith [NdT : terme intraduisible dans les langues latines, mais qui correspond à l’harmonie sociale conformément à la tradition]. Notre point de vue est celui de la culture germano-américaine, mais il n’est pas besoin d’être un Germano-américain pour prendre part à la communauté de l’Uglaawe. Nous ne  sommes, également, pas « universalistes », parce qu’il y a beaucoup de gens (de toutes les origines ethniques) qui ne sont pas prêts à se séparer du point de vue monothéiste.

La sagesse semble être, pour éviter des conflits internes qui ne font qu’encourager à la radicalisation de chaque camp, écraser le débat (syndrome de la « barricade à deux côtés »), et mener à des exclusions à tout va, de suivre ce tiers chemin.

Nos traditions païennes, parce qu’elles sont basées sur une pratique commune et pas sur une pensée commune, nous permettent de faire vivre ensemble nos coutumes sans partager les mêmes opinions politiques. Parce qu’il y a trop à faire pour perdre du temps en chamailleries : bâtir à nouveau des sanctuaires, restaurer nos grandes fêtes sacrées avec leurs danses et leurs jeux, faire vivre les valeurs fondamentales que sont la protection de la Nature, les lois de l’hospitalité, et le respect de la parole donnée.

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Autel Deitsch à Frau Holle, avec un Irminsûl, la forme germanique de l’Arbre-Monde Yggdrasill (source : The Troth)

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Génération Kali Yuga

Lu sur le site du Nouvel Obs’ : le témoignage édifiant d’une prof de la génération 68.

« Eleusie de Mortagne est enseignante dans un collège du nord de la France. Tout le week-end, alors que les attentats ont secoué Paris et tué au moins 129 personnes, elle a pensé à ce qu’elle dirait à ses élèves ce lundi matin. Comment faire face aux questions des enfants ?

Plus ça va, moins ça va. C’est comme ça que j’ai vécu mon week-end. À mesure que les minutes passaient, les tweets et les textos défilaient, je me suis demandé comment on allait réagir ce lundi matin au collège. Aux e-mails du rectorat, du ministère, de mon chef d’établissement se sont ajoutés ceux de mes collègues. Au total il y en a eu plus d’une dizaine. Le ton était le même partout : « On attaque par quel bout ? » Tout le monde semblait dans le potage, même nos référents institutionnels. Je dois dire que ça ne m’a pas rassurée. […]

Et puis ce lundi matin est arrivé. J’avais très peur de la réaction des enfants, mais ça s’est bien passé. Beaucoup mieux qu’en janvier. Ce que je vais dire est terrifiant, et j’en ai conscience, mais j’ai le sentiment que ces ados de treize ou quatorze ans se sont habitués à ce climat post-attentats. […]

En revanche, pendant qu’un élève s’inquiétait que l’État islamique ne possède un jour la bombe atomique, d’autres se demandaient pourquoi on n’allait pas « leur péter la gueule » ? « Madame, en histoire [sic] on a vu l’armée rouge, on a vu la puissance de la Russie. Si on s’y met avec eux, avec les Anglais et les Américains, on les écrase en trois jours. » […]

J’ai essayé de répondre, dans la mesure du possible. Après, sur le fond des attentats, je n’en sais pas plus que tout le monde. […] Je suis enseignante certes, mais je suis aussi une maman de deux enfants, qui essaie de ne pas pleurer à l’idée qu’ils soient loin. Je suis une femme qui a la trouille et qui fait tout pour la tenir en bride.

Il ne faut pas se faire d’illusion. Ce n’est que la première journée. Nous mettrons bien plus de 24 heures pour gérer toute cette tension, prégnante chez les enfants mais surtout chez les enseignants. À treize ou quatorze ans, ils ont encore une part d’inconscience. Heureusement.

Nous, on le sent bien ce nuage noir au loin. Dans le collège, on a la gueule de bois. Aucun des adultes n’était préparé à devoir faire face à une telle situation. Quand les parents nous regardent et nous traitent en êtres infaillibles, parfaits, je me dis que j’ai grandi, tout comme eux, dans un pays en paix. Et que rien ne nous a préparés à réagir à un tel drame, tout profs que nous sommes. »

Ephèbe désignant les armes, vase attique du Ve siècle av. JC

Éphèbe désignant ses armes, vase attique du Ve siècle av. JC

La génération née après 1945 restera dans les annales pour avoir été la première à croire en une Pax Europaea sans fin. Son héritière directe, la génération post-68, comme la dernière à avoir pris ce fantasme pour une réalité.

Générations du Progrès qui entrez à présent dans le passé, nous vous rendons les honneurs funèbres qui vous sont dus, conformément à l’Antique Coutume. Pour nous avoir engendré, et nous avoir illustré avec brio cette maxime : si vis pacem, para bellum.

Ce « nuage noir au loin » vous chagrine comme des retraités cuvant leur ultime gueule de bois dans une chaise longue, et qui auraient voulu profiter encore un peu des derniers rayons du crépuscule. Mais pour nous, c’est le visage de l’avenir. Voilà pourquoi nous l’accueillons, tout naturellement, avec ce sang-froid que nous prenez pour de l’insouciance. L’insouciance, c’était votre vertu cardinale. La nôtre sera le stoïcisme.

Car nous sommes la génération Kali Yuga ; et, tournant le dos aux lueurs rouge-rose de l’occident, nous savons que c’est seulement par un long voyage au bout de la nuit que nous atteindrons notre aube dorée.

« Madame, en Histoire on a vu l’armée rouge, on a vu la puissance de la Russie. Si on s’y met avec eux, avec les Anglais et les Américains, on les écrase en trois jours. » Pense-bête pour l’avenir : veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse.

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Déclaration de l’Organisation pour une Papouasie Libre

Les tribus papoues, indigènes de l’île de Nouvelle-Guinée, sont sous domination indonésienne depuis 1963. Ils représentaient 94% de la population dans les années 70, mais d’après les courbes actuelles, ils ne seront plus que 15% en 2030. Cela est dû à une politique de remplacement ethnique mise en place par le gouvernement indonésien, à des programmes d’acculturation sous couvert de « modernisation », à la destruction des écosystèmes pour des raisons financières, à des conversions forcées à l’Islam (l’Indonésie est le plus grand pays musulman au monde) à la place de leurs religions traditionnelles, et à la répression gouvernementale (criminalisations d’actes « troublant l’ordre public », comme le fait de brandir un drapeau papou). Vous pouvez signer la principale pétition de soutien ici : http://www.thepetitionsite.com/fr-fr/takeaction/109/791/582/

Déclaration de l’Organisation pour une Papouasie Libre (Free Papua Movement / OPM)
Nous ne sommes pas des terroristes !
Nous refusons la vie moderne.
Nous refusons toute sorte « d’aide au développement » :  groupes religieux, organismes humanitaires, et organisations gouvernementales.
Contentez-vous de nous laisser tranquilles, s’il vous plaît !

Les raisons historiques et politiques de notre combat
Nous avons été envahis de manière violente et manipulatrice par l’Etat indonésien, sous la supervision de l’ONU et des Etats-Unis dont il servait les intérêts de manière opaque.
Nous avons été traités comme si nous n’avions aucune valeur : assassinés, torturés, oppressés d’une multitude de manières.

Nous avons été déplacés par les migrations forcées, l’urbanisation, et toutes sortes de processus d’ingénierie sociale, appliquées par le gouvernement indonésien avec l’aide de la Banque Mondiale, des organismes humanitaires internationaux comme la Croix Rouge, et même des organisations écologistes comme WWF.
Nous sommes considérés comme une menace pour la sécurité nationale et comme des terroristes alors que nous nous battons pour notre propre environnement, nos propres droits, notre propre peuple ;
Nos voix sont toujours négligées et ignorées.

Notre riposte est un choix logique

Notre riposte est la manière la plus naturelle de faire face à la destruction et l’exploitation délibérée de nos vies et de notre environnement.
Notre riposte est la réaction la plus naturelle aux intolérables massacres, disparitions, tortures, oppressions et intimidations causés par le gouvernement indonésien.
Notre riposte est une nécessité absolue face à ce régime brutal, inhumain, destructeur, exploiteur, ignorant et terrifiant.
Notre riposte est primordiale pour la simple survie de notre peuple tribal sur cette planète. Pas le lobbying, pas la persuasion, pas la diplomatie, pas la démocratie.
Notre riposte est ce qui est juste face à l’armée indonésienne, fermement soutenue par les pays dits « démocratiques », formule vide et absurde.
Nous ne serons plus ignorés.

Solidarité avec l’OPM !
Nous devons mettre fin à l’exploitation des ressources naturelles par les entreprises multinationales. Nous devons faire cesser l’exploitation des peuples tribaux de Papouasie Occidentale. Nous devons stopper les organisations religieuses, les gouvernements, les ONG, qui détruisent la culture des peuples de Papouasie Occidentale.
Nous nous adressons à « l’Occident » comme à des personnes. Pas comme à des représentants gouvernementaux, ou à des employés. Nous voulons que la civilisation moderne regarde en face la lutte des peuples de Papouasie Occidentale pour survivre en tant que peuples.    
1.    Faites pressions sur les gouvernements qui prétendent appliquer une politique étrangère éthique, mais vendent des armes à l’Indonésie
2.    Faites pressions sur le régime indonésien
3.    Faites pressions sur les entreprises qui détruisent notre terre et notre peuple
4.    Soutenez les peuples qui ont pris les armes dans la jungle
5.    Nous devons tous faire front contre notre Ennemi Commun

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Amérindiens, Européens, et religions indigènes

Un récent article bâclé sur un jounal en ligne (V**e.com), qui semblait visiblement n’être là que pour attirer les clics, a épinglé un leader du paganisme germano-scandinave nord-américain comme étant « raciste ». Il se trouve que deux traductions de déclarations de chefs religieux indigènes étaient dans les cartons de notre blog. Voici donc, sans commentaire particulier autre que des mises en gras. D’abord, la phrase qui est censée être raciste, puis une déclaration de mars 2003 d’Arvol Looking Horse, chef Lakota reconnu, puis une déclaration du prétendu raciste germano-scandinave.

Je n’ai jamais dit que des non-Européens ne pouvaient pas pratiquer l’Asatru [la religion traditionnelle germano-scandinave]. Mais je me demande juste pourquoi quiconque voudrait suivre une religion indigène européenne, alors que la religion de leurs ancêtres est toute aussi valide et digne d’être suivie. Je me demande ce que peuvent ressentir leurs propres ancêtres quand ils sont ainsi négligés.

On tremble devant une telle déclaration de suprémacisme racial. Par contre, chez Arvol Looking Horse, ça rigole déjà un peu moins…

Il a été décidé que, à partir du 9 mars 2003, il n’y aura plus de non-indigènes autorisés à être présents dans notre Ho-c’o-ka (notre autel sacré) pendant nos Sept Rites Sacrés. […]

Ne vous laissez pas tromper par la moustache, c'est le réincarnation d'Adolf Hitler.

La moustache prouve bien qu’il ne s’agit pas de la réincarnation d’Adolf Hitler.

Durant la Wi-wanyang-wa-c’i-pi (la Danse du Soleil), les seuls participants seront des indigènes. Les non-indigènes doivent comprendre et respecter notre décision. Si certains non-indigènes sentaient qu’ils devaient y participer prochainement et s’inquiètent de notre décision, ils doivent comprendre que nous avons été guidé vers ce choix lors de nombreuses prières. Notre but lors de la Danse du Soleil est la survie de nos futures générations, et ce avant toute autre chose. Si les non-indigènes comprennent ce but, ils comprendront aussi notre décision, et sauront que leur départ de notre site sacré est leur sincère contribution à la survie de nos générations futures. […]

Il a aussi été décidé que seuls les Lakotas, Dakotas, Nakotas, auront droit de mener une cérémonie liée à notre autel sacré. […] Il n’y aura aucun frais d’entrée pour participer à une de nos cérémonies sacrées. La seule obligation à ce niveau l’o-pa-g’i, qui consiste à offrir du tabac consacré, que l’Homme-Médecine peut accepter ou refuser. Les Hommes-Médecine doivent survivre, et si quelqu’un veut donner une contribution monétaire ou quelque cadeau que ce soit, après avoir participé à la cérémonie, si celui vient de leur coeur, il n’y a aucun problème à cela. Nous croyons que les Anciens nous permettent de survivre dans le monde moderne, et tous les présents, que ce soit de l’argent, des vêtements, de la nourriture ou quoi que ce soit d’autre représente notre gratitude par rapport à l’aide qu’ils apportent. Certains peuvent se permettre de gros cadeaux, d’autres non. Cela s’équilibre. […]

Je remercie tous les non-indigènes qui ont permis à notre Peuple de récupérer nos talismans sacrés. J’ai pu échanger avec eux en privé, et prendre connaissance de leur profonde sincérité dans l’aide qu’ils apportent à notre Nation pour permettre la survie de notre mode de vie traditionnel, pour les générations à venir. Ils nous ont été à restaurer l’honneur de nos sanctuaires et de nos talismans. […]

Il y a aussi eu des discussions pour savoir si seuls les membres des tribus des Plaines pouvaient participer à nos cérémonies sacrées. Dans les années 70, le chef Fools Crow et mon père Stanley Looking Horse autorisèrent les membres des autres Nations Amérindiennes à participer à ces rites. La raison était que beaucoup de ces Nations avaient perdu leurs traditions à cause de l’assimilation ou de la mort de leurs sages. Ils ont donc honoré et compris l’unité des Nations Amérindiennes, au vu de l’aide apportée lors de l’occupation de Wounded Knee. Je ne peux revenir sur leur décision à cause du respect que je leur dois. Il a aussi été dit tout au long de notre histoire que nous avons respectueusement convié à nos cérémonies d’autres Nations Amérindiennes. […]

Dans le Cycle Sacré de la Vie, il n’y a ni début ni fin !

(Chef Arvol Looking Horse, 19ème génération des gardiens de la pipe du bison blanc)

Et c’est bien normal. N’est-ce pas leur droit le plus strict ? Qui serions nous pour venir leur dicter ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire ? Nous autres, indigènes européens, nous laissons ce genre de droit d’ingérence aux colonialistes, et le « devoir d’ingérence » aux mondialistes néolibéraux, grands criminels contre l’humanité de notre époque, qu’ils fassent la guerre « sans l’aimer » ou non.

Pour finir sur une note plus positive, une déclaration un peu plus longue du chef religieux germano-scandinave incriminé :

Asatru – pourquoi nous devons soutenir tous les peuples indigènes

Mon rôle dans le mouvement Asatru a, pour ainsi dire, défini ma vie. Ceux qui me connaissent, toutefois, savent que j’ai fait un certain nombre de choses peu courantes en plus de la religion germanique. Je suis allé au nord de l’Inde interviewer des Tibétains qui luttaient contre l’occupation chinoise. J’ai campé avec les guérilleros Karen dans les jungles de Birmanie, qui défendaient leur identité contre un gouvernement tyrannique. On parle moins de mon soutien au militant démocrate nigérian Ken Saro-Wiwa, et de toutes les autres occasions où j’ai joint ma voix aux causes des peuples indigènes de la planète.

Pourquoi quelqu’un d’occupé à promouvoir notre foi germanique se donne t-il cette peine ? Que peut bien me faire ce qui arrive aux Tibétains, aux Birmans, aux Nigérians ? Nous autres Germains n’avons-nous pas assez de problèmes ?

En tant qu’Européen, et en tant que pratiquant d’une foi indigène européenne, l’Asatru, j’ai l’obligation spirituelle de m’occuper et de défendre mon propre héritage. Mais, même si c’est moins évident, il n’en est pas moins vrai que je dois aussi prendre en compte le destin des autres peuples.

Au final, nous autres Européens sommes dans le même bateau que les Tibétains, les Karens, ou les tribus amazoniennes. Nous essayons tous de préserver notre peuple, notre culture, nos religions indigènes, dans un monde où les multinationales et les gouvernements liberticides détruisent tout sur leur passage, afin de dénaturer l’Humanité en un amas des « gens normaux » déracinés, capables uniquement de produire, de consommer, et d’obéir. Où sera t-elle donc, cette liberté germanique dont certains se vantent ? Qu’arrivera t-il à cette fameuse « âme nordique », à notre tendance faustienne qui nous pousse à nous élever, quand nous serons esclaves dans la plantation mondiale des banquiers et des élites industrielles ? C’est simple : il n’en restera rien. Et le seul moyen d’empêcher cette mort par homogénéisation est d’être chacun ce que nous sommes, d’honorer chacun ce qui nous rend uniques. Nous devons le faire en tant qu’Européens, et devrions encourager les autres à faire de même.

A tel point qu’on a parfois raconté dans mon dos que je « voulais aider toutes les races sauf la mienne ». Non seulement cela dénote une vision un peu biaisée des choses, mais c’est faux. Mon propre peuple restera le plus proche de mes yeux, de mon cœur, de mes mains dévouées à faire le bien autour de moi. Mon amour, et surtout mes devoirs, me poussent en priorité vers lui, et je pense que c’est tout à fait naturel.

L'accusé semble plaider non-coupable.

L’accusé semble plaider non-coupable (mais la question devrait tout arranger)

Mais le monde n’est pas un jeu à somme nulle, et il y a énormément de situations gagnant-gagnant à des problèmes globaux. Même s’il peut y avoir compétition dans certains situations, tous ceux qui veulent préserver leur identité face à la monoculture mondialisée, quelle que soit leur langue ou leur couleur de peau, ont un but commun. Si les libéraux veulent nous vendre du soda fait aux États-Unis et des jouets faits en Chine, il doivent d’abord nous « moderniser ». C’est évidemment à double-tranchant : cela peut avoir des impacts positifs, mais le processus tel qu’il est programmé nous mène à marche forcée vers la destruction de toute forme d’échange interpersonnel gratuit, pour prêter allégeance à la banque et à la télévision. Drôle de manière de fabriquer des « citoyens du Monde ». Cela vaut aussi bien pour les Occidentaux que pour les sociétés tribales du Tiers-Monde, et rien ne serait plus terrible pour ceux qui veulent préserver leurs liens sociaux au XXIème siècle.

L’écologie fait aussi partie de cette lutte. L’industrialisation et l’exploitation des ressources naturelles ne prend pas en considération les besoins des écosystèmes et des peuples locaux qui sont les plus directement touchés. Au moment même où j’écris ces lignes, les derniers habitats forestiers du tigre de Sumatra sont détruits pour fabriquer du papier toilette ! Si cela vous semble trop lointain pour vous inquiéter, pas de soucis, il y a une longue liste d’espèces plus ou moins photogéniques qui sont en train de disparaître à moins de 100 kilomètres de chez vous. Les peuples, comme les animaux, sont adaptés à un écosystème particulier, et en l’affectant vous menacez leur existence-même.

Je suis fier de me tenir aux côtés de tous ceux qui sont fidèles à leurs traditions et à leur lignée face au naufrage de la mondialisation. C’est le plus grand défi de notre ère, et il consiste en notre devoir vis-à-vis de nos ancêtres comme de nos descendants, qui vivront dans le monde que nous sommes en train de forger par nos choix. Vous voulez un combat héroïque ? Pas la peine de fantasmer sur le passé – nous avons la chance de vivre au plus grand Âge des Héros qui ait jamais été !

Salut aux Dieux ! Salut à l’Asatru !phteven

Steve McNallen (Copyright © Asatrú Folk Assembly)

Tremble, monde libre : le fascisme écologiste anti-impérialiste est à tes portes. Très sainte consommation, priez pour nous et l’intercession de la main invisible du marché unique !

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Indigène et européen : une absurdité ?

D’après la définition donnée par le Groupe de Travail sur les Populations Indigènes (WGIP), un « indigène » est un membre d’une communauté qui non seulement se considère comme distincte de la société coloniale qui prévaut sur ses territoires historiques, mais qui est aussi déterminée à préserver, développer et transmettre aux générations futures son héritage ancestral (incluant son patrimoine culturel, son identité ethnique et ses ressources naturelles) via ses institutions propres. L’appartenance à cette communauté est effective même en l’absence de reconnaissance par un système légal extérieur : elle se base uniquement sur sa revendication par l’individu et son acceptation par la communauté en question.

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