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Gérer une maison hantée selon Athénodore de Tarse

Athénodore de Tarse (aussi nommé Athénodore le Cananite) était un philosophe grec païen de l’école stoïcienne qui a vécu au Ier siècle de l’ère chrétienne. Il est entres autres connu pour avoir enseigné la philosophie à Octavien (fils adoptif de Jules César, qui devint le premier empereur romain). Il lui avait appris à réciter l’alphabet en entier avant toute réaction de colère, pour se laisser le temps de voir si c’était vraiment une bonne idée de s’énerver ou s’il valait mieux garder son calme. On raconte aussi que, Octavien ayant l’habitude de faire venir secrètement de jeunes femmes dans ses appartements, Athénodore se fit passer pour l’une d’elles et lui expliqua que n’importe qui de mal intentionné pouvait en profiter pour s’introduire chez lui.

Alors qu’Athénodore rassemblait peu à peu des économies pour envisager d’acheter une maison, il en trouva une à vendre qui était très en-dessous des prix habituels et qui était donc dans ses moyens. La raison était simple : elle était hantée, c’est pourquoi le propriétaire voulait s’en débarrasser… mais personne n’en voulait ! Athénodore l’acheta sans hésiter et y emménagea. Y avant amené ses quelques affaires dans la journée (il ne possédait pas grand-chose), il passa la soirée à réfléchir et à écrire, faisant son oeuvre de philosophe. C’est alors que le fantôme apparut, agitant lourdement des chaînes et poussant de grands cris en s’approchant de lui (en tout cas, c’est ce que nous dit Pline le Jeune dans ses Lettres, XXVII, « de Pline à Sura »).

Que fit Athénodore ? Sans lever le nez de son travail, il dit simplement au fantôme qu’il l’avait entendu, mais qu’il était présentement occupé à son devoir de philosophe. Cependant, dès qu’il aurait fini, il lui accorderait bien entendu toute son attention à ce fantôme qui semblait en grande détresse. Et le fantôme… attendit.

Une fois l’heure de travail terminée, Athénodore se leva et s’approcha du fantôme, qui tourna les talons et se dirigea vers la sortie de la maison. L’apparition finit par s’arrêter dehors à un endroit donné, ne bougea plus, et finit par disparaître. Notre philosophe lui souhaita bonne nuit, marqua l’endroit avec un bâton, et alla se mettre tranquillement au lit.

Le lendemain matin, Athénodore retourna à l’endroit marqué par le bâton, et, ne voyant rien de spécial, emprunta une pelle à un ami et creusa. Il trouva à cet endroit un squelette enchaîné, qui avait été caché là. Puisant dans ses économies (il lui restait un peu d’argent, grâce au bas prix de la maison hantée), il fit organiser une cérémonie funéraire simple et sobre mais correcte, lors de laquelle les rites traditionnels furent accomplis et permirent au malheureux de gagner l’autre monde. Plus aucun phénomène étrange ne se produisit dans cette maison.

On raconte aussi que, pour sa grande sagesse, ayant participé au renversement d’un gouvernement corrompu, Athénodore de Tarse fut honoré dans sa ville natale par ses concitoyens reconnaissants, lors d’un rite annuel qui dura jusqu’à l’interdiction du paganisme dans l’empire romain.

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[TEMOIGNAGE COVID] Vers la fin de rites funéraires ?

Témoignage de Quitterie Solaire, thanatopracteur et artisane à l’Atelier Prospère, à propos du silence général dans lequel les mesures gouvernementales mettent fin aux rites funéraires, fondements indispensables de toute civilisation vivante :

En tant qu’actrice du funéraire, j’ai subi une interdiction temporaire d’exercer les soins et les toilettes au début de la crise en avril dernier. Nous n’avions plus le droit de manipuler les défunts, ni de les toiletter, ni rien du tout. La mise en bière et la fermeture immédiate du cercueil étaient négligemment cochées par les médecins signant l’acte de décès, privant les familles d’un si précieux recueillement, et classant ces morts comme pestiférés, au même titre que ceux atteints de maladies hautement contagieuses, telles que la peste, le choléra ou encore Creutzfeldt-Jakob…

Alors que nous n’avons toujours pas d’information officielle sur la contagion post-mortem effective du Covid, la mesure de précaution s’allonge indéfiniment, interdisant carrément les familles et les proches, de veillée funèbre et d’une amorce de deuil apaisé.


Je vous parle bien de toutes les attentions que les vivants vont porter naturellement à leurs morts, dans cet espace-temps sacré qui survient juste après le décès, jusqu’au moment de la mise en bière. Ce moment hors du temps, qui en fonction des traditions, dure plus ou moins longtemps et durant lequel les proches défilent auprès du défunt, qui pour un dernier adieu, qui pour panser des plaies, qui pour constater dans l’intensité d’un ressenti le départ, ou encore pour célébrer le passage vers un autre état, vers un monde meilleur. Chacun à sa façon, toujours en dévotion. La veillée funèbre ressemble fort à s’y méprendre à un ultime rempart contre la déshumanisation du monde cruel qui semble émerger, dans le marasme de ses « mesures », de ses « crises », de ses errements…


Voyez-vous où je veux en venir? On parle de suppression pure et simple de toute forme de recueillement, de rites funéraires. Les rites funéraires, la base de toute humanité !


Quand on se pose la question de ce qui la définit en tant que telle, ce qui constitue les fondations d’une civilisation, d’une époque, la première chose que l’on observe, à bien des niveaux, ce sont eux, les rites funéraires, le respect porté aux morts et l’aspect sacré et intouchable de tout cela.

Alors quand j’ai entendu mes collègues m’annoncer au début du premier confinement, à quel point cela les choquait, eux, les pros, les anciens du métier, les croques-morts de campagne, qu’en 30 ans ils n’avaient jamais vu ça, que les familles ne venaient même plus au cimetière, n’écrivaient plus de discours, plus d’hommage, plus de messes, plus de fleurs, rien, qu’ils enterraient les gens comme des chiens, qu’on versait le cercueil dans la tombe et qu’en trente minutes, c’était plié, et qu’à ce rythme là, on en ferait 10 par jour ! Mes collègues, les durs à émouvoir, là ça leur a fait drôle, ils étaient tout chose de tant de froideur, ça les laisse encore ahuris. Le métier change. Toujours plus impersonnel.

Là, les copains, là… vous pouvez être sûrs que, socialement, humainement, parlant, il y a eu une bascule. Une chute grave vers l’inhumanité, le mépris, l’abandon, la fin des principes fondateurs.


Mais il reste des gens qui ne verseront pas dans l’abîme sans fond leur souvenirs précieux et leurs nobles sentiments, qui continueront à se battre pour que la Vie prenne le pas sur la Mort, toujours. Parce qu’accompagner le corps sans vie, c’est rester vivant soi-même, c’est honorer l’étincelle mystérieuse qui nous anime et participer au grand cycle immuable. C’est ici que nous pouvons trouver le réconfort, la vitalité et la verticalité de ce qui a toujours été et sera toujours.

Je vous invite à prendre un peu de votre temps et à découvrir et soutenir ce collectif de soutien aux familles de victimes retenues en otage dans les Ehpad, les hôpitaux et les cliniques, afin d’exiger un droit de visite aux mourants : https://www.tenirtamain.fr

Je vous embrasse, prenez soin de vous… et de vos morts.

Ce témoignage fait écho à l’entretien donné au magazine l’Inactuelle par Andreea-Maria Lemnaru, chercheuse en Philosophie et en Histoire des Religions à la Sorbonne, spécialiste de l’école néoplatonicienne (les derniers philosophes grecs païens) : “Le monde moderne face à la mort

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Penser le COVID en païen : Mort, Liberté, Localisme

Le manque de réflexion globale, sur la gestion de la pandémie du « COVID-19 » et sur le « monde d’après », est tout à fait surprenant.. même et surtout dans les milieux dits « alternatifs ». La plupart des discussions se réduisent à des détails et/ou à des débats techniques d’épidémiologie. Mais notre planète n’est pas un hôpital, nos communautés ne sont pas des services de réanimation, et les meilleurs médecins ne sont pas (ou ne devraient pas…) être considérés automatiquement comme des chefs politiques ou comme de sages philosophes. Aucune connaissance anatomique, aucune courbe du nombre de décès, aucun test PCR, n’est capable de prouver ou de réfuter le sens de notre existence, ni les valeurs profondes qui guident nos choix, ni les règles morales sur lesquelles sont fondées nos communautés.

A ce qu’il paraît, il FAUT « sauver des vies ». Peu importe comment, peu importe pourquoi, peu importe à quel prix, peu importe dans combien de temps ces gens allaient mourir, peu importe quelle est leur qualité de vie, peu importe même qu’ils le veuillent ou pas. Il faut SAUVER DES VIES. L’abstraction de l’arithmétique pure, le « règne de la quantité » dirait René Guénon. Tout ce qui compte est ce qu’on peut compter, la valeur absolue est celle de la courbe des décès, et l’erreur de l’impensé philosophique est escamotée par la marge d’erreur statistique. Sauver des vies est plus important que la Vie elle-même ; et notre monde devient à toute vitesse un EHPAD géant, dont l’avis des pensionnaires compte moins que l’équilibre budgétaire, et l’espérance de vie compte plus que l’espoir d’une vie (ou d’une mort) digne de nom.

L’humain sans courage

S’imagine qu’il vivra toujours

S’il évite la bataille;

Mais la vieillesse point ne donne

Aux hommes la paix

Que les lances leur donnent.

(Havamal, 16. Traduction Chat Poron d’après Y. Kodratoff, R. Boyer et H.A. Bellows)

Sur ce niveau supérieur de la réflexion, trop souvent délaissé, le dossier réalisé par Clémence Chastan (diplômée en philosophie de l’Ecole Normale Supérieure), publié dans la revue d’écologie intégrale Limite, est incontournable pour formuler une réponse païenne à l’idéologie sanitariste – et à ses dogmes jamais débattus.

1/3, Faut-il ré-apprendre à accepter la Mort ? : « Au moins 8 maladies connues présentent actuellement un risque pandémique. De plus, avec l’altération des équilibres écosystémiques, l’émergence de pathogènes anciens bien plus dévastateurs que le coronavirus est possible. Va-t-on aller, dans les années à venir, vers une normalisation de la mort comme cela pouvait être le cas au Moyen-Âge, et une acceptation de celle-ci ? Ou allons-nous continuer à la craindre comme le Mal absolu et l’échec de la toute-puissance du Progrès ? Quel arbitrage ferons-nous, demain, entre sécurité et liberté, entre prévention face à un risque de mort jugé inacceptable et acceptation de la normalité de ce risque, dans un contexte où le risque pandémique sera intégré comme probable ? De plus, selon une enquête menée en Chine, la mortalité du coronavirus Covid-19 est fortement augmentée avec l’âge du patient et la présence d’une pathologie sous-jacente : de 0,2% chez les moins de 40 ans à 15% chez les plus de 80 ans. Au total, plus de 80% des personnes décédées du Covid-19 avaient plus de 60 ans. D’où cette question : combien de temps (encore) va-t-on arbitrer en faveur de la population âgée, celle qui a déjà bien vécu, au détriment des jeunes en bonne santé, ceux qui doivent encore écrire leur vie ? »

2/3, Le prix de la vie… : « Lorsque nous prenons notre voiture, nous mettons en danger potentiel nombre de piétons (environ 3 000 morts par an), mais aussi par exemple lorsque nous ne respectons pas chaque hiver des mesures de confinement strictes face à la grippe (environ 9 000 morts par an). Bref, nous jugeons beaucoup de choses plus importantes que sauver des vies. Qui, sinon nos seniors, restent les plus insensibles à toutes les innovations (montres connectées, caméras dites intelligentes, aliments diététiques médicalisés, etc) qui ont pourtant pour but de les sauver ? Aucune société, de fait, n’a jamais placé la santé au rang de valeur ultime « quoi qu’il en coûte » ; on se souviendra à ce titre de ces utopies sécuritaires où l’intelligence artificielle considère qu’elle doit prendre le contrôle global des humains, pour protéger ces derniers de leur tendance à se mettre en danger. On voit donc bien que le confinement n’a rien d’évident. La question de savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller, et quels coûts (matériels et humains !) nous sommes prêts à payer pour enrayer la pandémie, est légitime… et poser cette question ne se réduit pas à la seule défense d’intérêts capitalistiques et financiers.« 

3/3, La démondialisation ou la mort ! : « Le pari que je fais, est que nous passerons de mesures de confinement individuel au sens de restrictions de la mobilité à l’échelle de l’individu (qui ne pourront constituer que des outils « ponctuels » de gestion de la crise, nécessaires sans doute, mais épisodiques), à des politiques structurelles de « confinement territorial », bref de re-territorialisation des flux et des activités, dont le corollaire est bien la restriction des mobilités (commerciales, touristiques et professionnelles) entre territoires. La seule solution pour éviter un effondrement de tout le système, c’est la démondialisation, et rapidement. Tout le monde en sortirait gagnant en termes de bonheur, de santé, de lutte contre le changement climatique, et la biodiversité se porterait beaucoup mieux. Peut-être que ce coronavirus peut permettre de réfléchir là-dessus. Selon une récente étude de l’institut Jean-Jaurès sur la sensibilité dans différents pays à l’effondrement, 65 % des Français sont d’accord avec l’assertion selon laquelle « la civilisation telle que nous la connaissons actuellement va s’effondrer dans les années à venir »; et selon un autre sondage Odoxa, plus de 50 % des sondés sont favorables à la décroissance, contre 45 % pour la croissance prétendue verte. Bref, la confiance dans le bien-fondé et la résilience de notre système s’effrite. Notre regard sur la mort, notre rapport à notre vulnérabilité, à la finitude en tout cas, devrait sans doute évoluer. Je crois que la « survie », non pas nécessairement au sens des survivalistes, mais plutôt au sens de la satisfaction des besoins primaires, va être remise au cœur de notre modèle sociétal : re-territorialisation des domaines d’activité dits « stratégiques » car vitaux (alimentation, santé, etc.), retour à la « terre » et aux activités agricoles dans un modèle extensif d’une partie conséquente de la population, réduction majeure des mobilités motorisées à l’exclusion des usages prioritaires, décroissance énergétique…« 

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Les Dieux et le Monde expliqués par un païen européen de l’Antiquité !

Rares sont les traités théologiques de l’Antiquité païenne qui soient parvenu jusqu’à nous : « Des Dieux et du Monde », de Salluste, en fait partie. C’est donc un document intéressant dans la résurgence de nos religions traditionnelles, bien qu’assez méconnu. Le traité en lui-même est relativement bref, ce qui en rend sa lecture plutôt rapide. Néanmoins, comme seule la traduction anglaise de Thomas Taylor (1793) est disponible en ligne à l’heure actuelle, et que le texte est tout de même très dense intellectuellement, le but de cet article est de proposer un résumé des principales idées exposées, et des raisonnements qui les étayent. Chacun pourra donc prendre connaissance de ce qu’est une théologie païenne européenne. On sait qu’il en existait un très grand nombre, variable selon les peuples et les époques, car certaines nous sont parvenues, tandis que nous avons des échos de plusieurs autres qui ont été perdues. Toutes ces théologies, en tout cas, proposaient des réponses aux grandes questions religieuses :

1) Quelle est la nature et le destin des Dieux et du Monde ?

2) Qu’arrive t-il à notre individualité au moment de la mort ?

3) Quel sens ont nos mythes et nos rites, si décriés par les religions abrahamiques ?

4) Comment expliquer le fait que ces religions abrahamiques aient, au moins un temps, triomphé en Europe au détriment de nos religions traditionnelles ?

Des Dieux et du Monde

Couverture de la traduction française de Maria Meunier (éditions Theurgia University)

Ces quatre problèmes sont particulièrement épineux (surtout le dernier), et il n’est pas aisé d’avancer même de simples hypothèses plausibles. Voilà donc, comme source d’inspiration, la théologie de Salluste, philosophe néoplatonicien de langue grecque ayant vécu il y a 17 siècles, au moment où les intellectuels païens tentaient d’apporter leur contribution théorique à la tentative de restauration des cultes traditionnels menée par l’empereur romain Julien le Philosophe. Cette théologie n’est donc pas celle des néoplatoniciens dans leur ensemble (qui regroupaient une grande diversité d’opinions), ni celle des philosophes grecs qui pouvaient appartenir à d’autres grandes écoles (stoïcisme, épicurisme, cynisme, pour ne citer que celles-ci), et encore moins celle de tous les Grecs païens qui n’étaient pas forcément philosophes : d’autres grands mouvements ont marqué la pensée religieuse grecque, en particulier les cultes à mystères, dont l’orphisme qui était très influent à une certaine époque.

Peut-on donc tirer quoi que ce soit d’utile de ce traité de Salluste, qui ressemble un débris insignifiant de la pensée grecque, surtout si on ne pratique pas la religion traditionnelle hellénique ? Certainement ! Nous savons que les écoles de pensée grecque avaient pour la plupart des équivalents ailleurs dans le monde indo-européen (spécialement en Inde dont les traités philosophiques ont été pour beaucoup mis par écrit et bien conservés), mais aussi chez les Celtes (les enseignements druidiques étant comparés par plusieurs auteurs aux doctrines de Pythagore).

Que nous soyons ou non de tradition grecque, « Des Dieux et du Monde » de Salluste est donc au moins un exemple, possiblement une source d’inspiration, et pourquoi pas une base solide pour développer des théologies païennes européennes pour notre époque.

Introduction

Plutôt que d’aborder chaque chapitre chronologiquement, cet article tentera de résumer la réponse apportée par Salluste aux 4 grandes questions exposées en introduction. Qu’il me soit simplement permis d’insister sur le premier chapitre, qui sont les conditions que l’auteur énonce pour pouvoir comprendre et interpréter son discours. Rien d’extravagant à ces exigences : elles se résument principalement à avoir reçu une bonne éducation et à disposer de capacités de raisonnement suffisantes, c’est-à-dire 1) connaître la langue qui est utilisée, 2) les mythes grecs auxquels il fait référence, et 3) les règles de la logique. A son époque, cela ne va pas de soi, précisément parce que les Galiléens avaient tendance à s’opposer à tout ce qui, pour un philosophe hellénique, constituaient « l’éducation » (paideia), à savoir :

  • la rhétorique : art de bien s’exprimer et de bien comprendre autrui, ce qui était considéré comme un artifice diabolique visant à induire en erreur son interlocuteur, en présentant de manière attirante des mensonges opposés à la vérité biblique ;

  • la mythologie : patrimoine littéraire et symbolique d’une importance capitale, puisqu’il portait l’identité et la vision du monde de toute une civilisation (les Galiléens n’y voyaient que des délires, ou les faits et gestes de démons dépravés) ;

  • la logique : là encore, au IVe siècle de leur ère, les Galiléens y voyaient une rivale de la Foi, seule capable de sauver du péché.

Voici donc les trois pré-requis : la maîtrise du bon langage, de la mythologie ancestrale, et du raisonnement logique. Attaquons la suite.

La Naissance de Vénus, Botticelli (1484)

La Naissance de Vénus, par Sandro Botticelli (1484)

1) D’où viennent les Dieux et le Monde, et quelle sera leur destinée ?

(chapitres II, V, VII, IX, XIII, XVII)

Tout ce qui existe dans le Monde a nécessairement une cause. Cette cause elle-même a une cause. En remontant ainsi, nous parvenons logiquement à une Cause Première. Elle est unique car une cause a toujours de multiples effets, donc en faisant le chemin à l’envers à partir de tout ce que nous observons, nous parvenons forcément à une seule cause. Toutes les choses participent à la nature de cette Cause Première dont ils sont les conséquences. L’ensemble de toutes ces choses existantes forme le Bien, car il ne peut par définition y avoir plus grand bien que tout ce qui existe. C’est donc du Bien, qui est la Cause Première, que tout dérive et dont tout fait partie, en premier lieu les Dieux (nier l’existence des Dieux comme intermédiaires entre nous et la Cause Première, c’est méconnaître la distance qu’il y a entre elle et nous, et donc la rabaisser terriblement !).

Les Dieux sont incréés, éternels, immatériels, immuables et omniprésents. Ils partagent une même essence. Il existe des Dieux supra-mondains, à l’origine des âmes rationnelles. Il existe aussi des Dieux mondains, qui sont engagés dans le fonctionnement du Monde.

Ces Dieux mondains sont au nombre de Douze, répartis en quatre types. Zeus, Poséïdon et Héphaïstos sont les créateurs du Monde. Déméter, Héra et Artémis, elles, animent le monde. Hermès, Aphrodite et Apollon l’harmonisent ; tandis que Hestia, Athéna et Arès le gardent. Les autres Dieux sont en fait des aspects de ces Douze grands, en particulier lorsque les mythes décrivent un dieu comme « enfanté » par un autre.

Ce Monde est incorruptible, c’est-à-dire qu’il ne sera pas détruit lors d’une « Apocalypse » pour laisser place à un « Paradis ». L’argument avancé est que ce serait sous-estimer l’intelligence des Dieux que de supposer qu’ils auraient fait quelque chose qui devrait être défait par la suite. De plus, Salluste avance le principe de conservation de la matière : rien ne peut réellement être détruit ni créé, par conséquent le Monde ne peut pas cesser d’exister pour laisser place à un autre Monde.

Dieux créateurs

Zeus, Poséïdon et Héphaïstos

Dieux animateurs

Déméter, Héra et Artémis

Dieux harmoniseurs

Hermès, Aphrodite et Apollon

Dieux gardiens

Hestia, Athéna et Arès

Tableau 1: Les quatre catégories des Douze Dieux du Monde

 

2) Que nous arrive t-il après la mort ?

(chapitres VIII, XIX, XX, XXI)

Comme expliqué précédemment, notre âme rationnelle (liée à la faculté de raisonner) provient des Dieux supra-mondains. Les Douze Dieux mondains, plus proches de nous car étant à l’origine du Monde, sont à la source de notre corps et de notre âme irrationnelle (liée à la faculté de sentir et d’imaginer). Lorsque nous mettons notre corps et notre âme irrationnelle au service de notre âme rationnelle, imitant en cela les Dieux, nous pratiquons la vertu. Celui agit ainsi verra, après sa mort, son âme rationnelle, c’est-à-dire son véritable lui-même, s’unir avec les Dieux pour jouir éternellement de leur parfait bonheur.

Salluste - des Dieux et du Monde

Origine et destinée des Dieux, du Monde, et des âmes vertueuses (selon Salluste)

Celui qui agit contrairement à la vertu verra son âme rationnelle passer dans un autre corps humain (car les animaux n’ont pas d’âme rationnelle), et ce corps humain sera malade ou difforme comme punition si sa vie précédente a été particulièrement peu vertueuse. L’âme rationnelle de celui qui a commis des crimes graves peut aussi être tourmentée par des démons vengeurs entre deux incarnations. Ces démons cependant procèdent eux aussi du Bien, car ils n’infligent pas les châtiments à cause d’une nature mauvaise, mais dans le but louable de purifier les âmes.

Enfin, il faut noter que les Dieux, dans leur grande sagesse, ont généré l’exact nombre d’âmes rationnelles nécessaires au nombre d’humains qui naîtra dans le Monde. Les âmes rationnelles, qui sont immortelles, ne sont donc ni détruites, ni générées au fur et à mesure.

3) Quel sens ont les mythes et les rites traditionnels ?

(chapitres III, IV, XIV, XV, XVI)

Les mythes sont des récits inspirés par les Dieux et transmis par la tradition. Lorsqu’ils semblent grotesques, immoraux, incohérents, … ils sont en fait semblables aux Dieux et au Monde, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être réellement compris que par le sage, grâce à de longues réflexions. De la même manière que l’âme d’un homme n’est pas visible ni par les yeux, ni du premier abord, mais seulement par l’âme et grâce à une longue approche.

Salluste considère qu’il existe cinq types de mythes : théologiques, physiques, spirituels, matériels, et mixtes. Les mythes théologiques ne concernent que la nature des Dieux (Cronos qui dévore ses enfants signifie l’unité des Dieux, de la même manière que toute vérité est unie aux autres dans la Vérité). Les mythes physiques sont ceux qui nous renseignent sur la marche du Monde (Cronos, interprété comme Chronos, « le Temps », dévore ses enfants : cela signifie que le Temps est père de tout et aussi destructeur de tout). Les mythes spirituels nous renseignent sur le fonctionnement et la nature de l’âme humaine (on dirait aujourd’hui : mythes psychologiques, domaine exploré par Jung avec sa théorie des archétypes de l’inconscient collectif). Les mythes matériels nous parlent du fonctionnement du Monde (chaque dieu représente un élément : le ciel, la terre, la foudre, le feu, le soleil, le vin, etc). Les mythes mixtes réunissent ces différents éléments dans leur narration, ils sont particulièrement prisés lors des rites initiatiques car ils ont pour but d’unifier ces différents niveaux, et donc d’unir l’initié aux Dieux et au Monde. Ces rites ont lieu à des moments déterminés de l’année, qui ont une valeur symbolique permettant de mieux comprendre la nature des Dieux et du Monde depuis notre point de vue humain soumis au temps et aux saisons.

Types de mythes :

Enseignements à propos de :

Mythes théologiques

La nature des Dieux

Mythes physiques

La marche du Monde

Mythes psychlogiques

Le fonctionnement de l’esprit humain

Mythes matériels

Le fonctionnement du Monde

Mythes mixtes

Tous ces éléments (rites initiatiques)

Tableau 2: Les cinq types de mythes et leurs enseignements

Pantheon

Panthéon de Rome (photo prise par Per Palmkvist Knudsen, licence CC BY-SA 2.5)

Passons enfin aux rites. Quel sens ont-ils aux yeux du sage ? D’une part, les Dieux sont à l’origine de tout ce que nous possédons, il est donc juste de leur en sacrifier une fraction. D’autre part, le but de la prière est de nous rapprocher des Dieux, et le sacrifice est une manière d’y parvenir réellement, car la parole a besoin d’être accompagnée d’actes pour produire son effet sur nous, sans quoi elle n’est que superficielle. De plus, le lien qui nous unit aux Dieux est celui de la vie, et il est donc plus efficace d’utiliser un matériel vivant pour faire résonner ce lien (un animal si nous mangeons de la viande, des végétaux dans le cas contraire). Dans tous les cas, le sacrifice doit se faire en conformité avec la tradition des générations successives qui nous relient aux Dieux, et d’une manière belle et harmonieuse. La symbolique permet en effet de renforcer l’effet du rite sur notre âme : le temple est à l’image du ciel, l’autel à l’image de la terre, et l’offrande à l’image de la part irrationnelle de notre âme, que nous soumettons à la part rationnelle de notre âme, elle-même à l’image des Dieux.

 

Ces éléments du rite :

Symbolisent ces éléments du Monde :

Temple

Ciel

Autel

Terre

Offrande

Âme irrationnelle

Dieux

Âme rationnelle

Tableau 3: Correspondances symboliques entre les éléments du rite et du Monde

Attention à ne pas confondre les offrandes avec un simple marchandage terre-à-terre. Les Dieux ne sont ni « énervés » par l’impiété, ni apaisés par les rites. Ils ne sont aucunement soumis aux passions humaines, ou affectés par nos actes. En réalité, l’impie se coupe simplement de la contemplation des Dieux et des dons que celle-ci apporte, tandis que les rites nous rapprochent des Dieux.

4) Pourquoi cette théologie si sage et vertueuse a t-elle été remplacée par celle du christianisme ?

(chapitres X, XI, XII, XVIII)

C’est une question de la plus haute importance, mais à laquelle il n’est pas aisé de répondre, et sur laquelle les Galiléens modernes ne se privent pas d’appuyer. Si les Dieux sont bons et auteurs de toute chose, comment se fait-il que nous soyons témoins de choses mauvaises ? En réalité, rien dans ce Monde n’est mauvais par essence. Ce sont simplement nos intellects qui, ne possédant pas le degré de perfection des Dieux, sont parfois dans l’erreur concernant ce qui est bon. Nous commettons donc des choses mauvaises par ignorance.

Toutes les bonnes institutions humaines, issues des Dieux (arts et sciences, vertus et prières, sacrifices et initiations, lois et gouvernements, jugements et peines) sont là pour combattre cette ignorance et nous guider vers le Bien. Mais les défaillances du gouvernement, de l’éducation parentale, et de l’instruction académique peuvent entraîner l’âme vers le vice, c’est-à-dire que la raison n’est plus ce qui prédomine. Le désir n’est alors pas seulement orienté vers les choses bonnes, et la colère pas uniquement vers les choses mauvaises. Cette absence de sens de la justice au niveau individuel peut finir par déboucher, au niveau collectif, sur des formes de gouvernement injustes. Si le pouvoir politique est détenu par un seul homme, mais qu’il n’est pas un homme sage (c’est ce qui s’est produit en particulier avec l’empereur romain Théodose, auteur de l’édit d’interdiction des cultes traditionnels), c’est une tyrannie. Cette forme de gouvernement est la plus désastreuse qui soit : le vice et l’impiété peuvent alors s’installer pour de nombreux siècles, en attendant que les âmes rationnelles d’une minorité d’hommes vertueux restaurent peu à peu de bonnes institutions.

Décadence et restauration de la vertu divine selon Salluste

Une explication de la domination temporaire du christianisme en Europe

Cette période d’impiété ne doit pas pourtant pas nous conduire à accuser les Dieux d’avoir fait une œuvre imparfaite. Il est inévitable que l’impiété prédomine dans certains lieux à certaines périodes de l’Histoire du Monde, parce que tous les endroits et moments du Monde ne peuvent pas être reliés aux Dieux de manière égale. Dans un corps, par exemple, le cerveau est plus haut placé que les autres parties du corps, dispose des cinq sens, et héberge la faculté de raisonner. Les autres membres ne participent qu’à un seul des sens et sont placés plus bas. De même, il existe des jours fastes et néfastes dans le calendrier, et à plus grande échelles, des périodes de plusieurs siècles qui peuvent être fastes ou néfastes.

C’est la loi naturelle qui fait que l’Europe a connu une période d’impiété, dominée par l’ignorance des mythes et le mépris des rites. C’est par cette même loi naturelle que nous savons qu’il nous est possible de nous exercer à la vertu, pour participer à la restauration d’institutions vertueuses, fidèles à ce qui a été conservé de la tradition comme à ce que la sagesse nous permet de percevoir du Bien, qui est la Cause Première des Dieux et du Monde.

Conclusion

Voilà pour la théologie de Salluste. Et vous, quelle est votre avis concernant ces quatre grandes questions ? La résurgence contemporaine de nos religions traditionnelles appelle nécéssairement à y trouver des réponses, qui ne soient pas des dogmes uniques, mais autant de tentatives de comprendre le divin.

Pour vous donner un exemple actuel, le blog Latitudes Spirituelles est une initiative particulièrement intéressante, surtout dans son Abécédaire du Petit Père Païen, qui nous offre autant de partager ses recherches sur différents sujets : « un appel sans mots, une convocation impersonnelle s’était manifestée dans mon ventre, et mes glandes endoctrines m’instillaient la conviction que l’Univers était vivant, bien plus profond qu’on ne pourrait jamais l’imaginer, et doté d’une immense conscience, qui, pour être muette, n’en dépassait pas moins tout langage. »

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Les persécutions romaines des chrétiens : faute morale ou légitime défense ?

De nombreux Galiléens aujourd’hui reprochent aux païens contemporains les persécutions des chrétiens sous l’Empire Romain, qui ont eu lieu essentiellement entre 112 et 311 (soit entre 865 et 1064 Ab Urbe Condita, selon la notation romaine).

L’historiographie occidentale s’est d’abord basée sur des « témoignages » chrétiens bien postérieurs aux faits, visant à donner une légitimité à l’Eglise catholique et orthodoxe, née du sacrifice de vertueux martyrs. C’est, de nos jours, le point de vue le plus relayé, bien qu’un peu édulcoré : des païens sanguinaires et intolérants prenaient plaisir à traquer et torturer d’innocents chrétiens, pour les jeter ensuite aux fauves. Jusque dans un manuel d’Histoire récent pour les collégiens en classse de 6e, c’est le point de vue chrétien qui est présenté (par le biais d’un texte fictionnel rédigé du point de vue d’une chrétienne à Lyon en 177, en se basant visiblement sur l’Histoire écclésiastique d’Eusèbe de Césarée, rédigée vers 324).

Martyre chrétien livre d'Histoire en 6e

Même pour la Seconde Guerre Mondiale, période chargée émotionnellement aujourd’hui, les collégiens ont accès aux différents points de vue, par la reproduction de documents de communication du régime national-socialiste, et même (ou du moins était-ce le cas au moins jusqu’en 2012) par une lettre d’un jeune Français engagé en Russie au sein de la Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme. Mais pour ce qui est du point de vue des autorités ayant appliqué le droit romain contre des Galiléens, néant.

N’aurait-il pas été possible de mettre en place une perspective romaine sur les chrétiens de l’époque ? Ce n’est pourtant pas si difficile. Beaucoup d’écrits ont certes été perdus ou détruits, mais pas tous. On a conservé, entres autres, les lettres du préfet Pline le Jeune à l’empereur Trajan aux alentours de 121, où il explique vouloir épargner le plus possible d’accusés, repousser d’office les témoignages anonymes, et admettre à bras ouverts tout repentir (Pline le Jeune, Lettres, X, 97-98) ; on peut reconstituer à partir de citations le Discours véritable de Celse, qui propose un point de vue philosophique sur les doctrines des Galiléens de son époque ; et enfin l’empereur Julien II le Philosophe a rédigé un traité Contre les Galiléens (d’autres ouvrages ont disparu suite à leur interdiction, tels que le Discours ami de la vérité contre les chrétiens de Hiéroclès, ou le traité Contre les chrétiens de Porphyre de Tyr).

Pour résumer, leurs arguments, bien qu’ils soient nombreux, s’articulent autour de deux points :

1) le choix délibéré des Galiléens de contrevenir aux fondements de la loi et de la citoyenneté romaine, en refusant le service militaire et le culte impérial, est une attaque contre les fondements même de l’empire, ce qui le fragilise face aux barbares ;

2) leurs dogmes sont absurdes d’un point de vue philosophique, et la multiplication des Galiléens est un facteur de régression de la pensée, des arts, et des sciences, sans compter que leur fanatisme les pousse à rechercher inutilement le martyre, alors qu’on ne leur demande que de respecter la loi.

Ces deux arguments se sont avérés entièrement fondés, puisqu’en 496 l’empire d’Occident est tombé, que les écoles philosophiques ont été fermées, que les temples ont été saccagés, que la maîtrise artistique et technique accumulée pendant des siècles a été brutalement perdue (et que la recherche scientifique a été paralysée en Europe pendant des siècles, cf. Galilée et l’héliocentrisme, pourtant bien accepté au IIe s.), etc.

Diptyque des Symmaques et des Nicomaques, début du Ve s.

Diptyque des Symmaques et des Nicomaques (ivoire, début du Ve s.) : la partie de gauche a été plaquée comme garniture d’un reliquaire après la défiguration de celle qu’on suppose avoir été une prêtresse de Cybèle ravivant la flamme sacrée.

Il suffit de comparer deux diptyques d’ivoire ouvragé, l’un réalisé au début du Ve s. par les Nicomaques et des Symmaques (deux familles de l’aristocratie romaine demeurées païennes), l’autre réalisé en 506 pour le consul chrétien Aerobindus. Celui des Symmaques et des Nicomaques a une finesse et une sensualité dans les drapés qui montre que l’ensemble du savoir-faire classique a été transmis et perfectionné au fil des siècles. Le diptyque d’Aerobindus, lui, a des personnages aux proportions peu fidèles, des traits standardisés et inexpressifs, les personnages sont placés de face dans une perspective anti-naturelle, et les vêtements comme les cheveux voient leur volume totalement écrasé.

Diptyque du consul Aerobindus, 506

Diptyque du consul Aerobindus, 506

Les fameuses « grandes persécutions » sont des épiphénomènes certes tragiques mais fort limités dans le temps comme dans leur intensité. En nombre de victimes, ils sont nettement inférieurs aux condamnations à mort émises suite à l’édit de Théodose contre les païens européens, ce qu’eux-même voyaient bien venir de loin…

Et ceci, sans compter le fait que, à peine le christianisme toléré dans l’empire, commencent déjà les premières frictions violentes entre chrétiens : dès 317, soit quatre (!) années après l’édit de Milan de 313 qui arrête poursuites judicaires contre les chrétiens, les donatistes s’opposent en Afrique du nord aux catholiques, jugeant ces derniers trop conciliants avec ceux qui avaient accepté de participer au culte impérial pour éviter les condamnations ; l’Eglise catholique obtient du pouvoir impérial qu’il fasse usage de la force pour rétablir l’ordre. Les violences religieuses inter-chrétiennes ne s’arrêteront plus pendant des siècles : affrontements entre nicéens et ariens s’opposant sur la nature du Christ, croisade contre les Albigeois, extermination des Hussites, guerres de Religion, etc. L’ouvrage Décadence, de Michel Onfray, est une description assez exhaustive de l’essor et de la domination des Galiléens sur l’Europe, le tout mis en parallèle avec les méfaits de leurs cousins les Islamistes.

Sans que cela signifie un appel à violence contre nos concitoyens chrétiens, il ne nous est pas nécesssaire en tant que païens de condamner moralement les décisions administratives prises sous l’empire romain. Il s’agisssait d’une politique visant à empêcher les excès des Galiléens de détruire toute une civilisation, et de provoquer des vagues d’ignorance et de violence sectaire. Pour cela, l’arsenal judiciaire en place a été utilisé, sans acharnement particulier dû aux opinions des condamnés, qui l’étaient selon le droit commun. Nous déplorons, comme le préfet Pline le Jeune, l’entêtement absurde qui a conduit ces personnes à rechercher la condamnation à mort dans le but de faire de la publicité pour leur dogme.

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Fêtes et rites de passage dans la tradition germano-scandinave

Certains moments de la journée (aube, midi, crépuscule, minuit) sont particulièrement sacrés. De la même manière, certaines journées sont plus sacrées que d’autres. Dans notre tradition, elles correspondent aux jours de fête, répartis le long de l’année et célébrant l’été qui revient après l’hiver, d’autre part aux rites de passage, qui marquent les grands moments de notre vie et qui célèbrent le fait que les générations se succèdent, chacun devenant tour à tour héritier puis Ancêtre.

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