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Jours de la semaine dans la tradition germano-scandinave

CHAQUE JOUR DE LA SEMAINE EST LIÉ À UNE DIVINITÉ PARTICULIÈRE. Les correspondances sont assez évidentes dans les langues germaniques actuelles, de la même manière qu’en français les noms des jours font référence à des divinités latines (Lundi = Luna, Mardi = Mars, etc).

FRANÇAIS

VIEUX FRANCIQUE

VIEIL HAUT-ALLEMAND

VIEIL ANGLAIS

VIEUX NORROIS

DIVINITÉ HONORÉE

ASTRE

Dimanche

Sunnundag

Sunnuntag

Sunnandæġ

Sunnudagr

Sunna

Soleil

Lundi

Mânendag

Mânetag

Mōnandæg

Mánadagr

Mani

Lune

Mardi

Tiusdag

Zîostag

Tiwesdæġ

Týsdagr

Tyr

Mars

Mercredi

Wuodansdag

Wôtanstag

Wēdnesdæġ

Óðinsdagr

Odin

Mercure

Jeudi

Thonarsdag

Donarstag

Þunresdæġ

Þórsdagr

Thor

Jupiter

Vendredi

Frîadag

Frijatag

Frīġedæġ

Frjádagr

Freyja/Frigg

Vénus

Samedi

?

Sunnuaband

Sæternesdæg

Laugardagr

Freyr (?)

Saturne

Nous vous proposons donc, à la fin de chaque jour, de remercier la divinité en question. Étant donné que l’année commence en hiver, l’ancien calendrier fait commencer les jours à la tombée de la nuit, vous pouvez donc faire cette courte salutation au crépuscule, ou le plus vite possible après. L’idéal est de la faire auprès de votre autel domestique, face à une bougie allumée, mais cela peut se faire n’importe où. Voici quelques exemples :

Dimanche : « SUNNA, CONDUCTRICE DU CHAR D’OR, ROUE SOLAIRE, FLAMME DU CIEL, CLARTÉ DES ELFES, TOI QUI DONNE LE COMPTE DES JOURS, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR CELUI-CI. SALUT À TOI, SUNNA ! »

Lundi : « MANI, CONDUCTEUR DU CHAR D’ARGENT, ROUE LUNAIRE, TÉMOIN DES ASSEMBLÉES, GRAND BUVEUR, TOI QUI DONNE LE COMPTE DES NUITS, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR CELLE-CI. SALUT À TOI, MANI ! »

Mardi : « TYR, ASE MANCHOT ESTROPIÉ PAR LE LOUP, ÉTOILE DANS LA NUIT, GARDIEN DES TEMPLES ET DES SERMENTS, TOI LE PLUS COURAGEUX DES DIEUX, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOS VICTOIRES. SALUT À TOI, TYR ! »

Mercredi : « ODIN, ASE AUX CORBEAUX, HABITUÉ DES CHEMINS, SACRIFIÉ À TOI-MÊME POUR OBTENIR LES RUNES, TOI LE PLUS SAGE DES DIEUX, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOS APPRENTISSAGES. SALUT À TOI, ODIN ! »

Jeudi : « THOR, AMI DES HUMAINS, CONDUCTEUR DU CHARIOT, PORTEUR DU MARTEAU, PUISSANT SANCTIFICATEUR, TOI LE PLUS FORT DES DIEUX, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOTRE SÉCURITÉ. SALUT À TOI, THOR ! »

Vendredi : « FREYJA, MATRONE DES VANES, TRUIE GÉNÉREUSE, MAÎTRESSE DES TUÉS, TOI LA PLUS BELLE DES DÉESSES, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOS AMOURS. SALUT À TOI, FREYJA ! » (Certains dédient ce jour à Frigg. Hors de Scandinavie, Frigg et Freyja sont remplacées par une seule déesse, nommée Friga, Frea, Perchten, Frau Holle, Fraud Gode … selon les endroits).

Samedi : « FREYR, MAÎTRE DE LA PLUIE, DU SOLEIL, ET DES FRUITS DE LA TERRE, ROI DES ELFES, TOI QUI AS ENGENDRÉ DE GRANDES LIGNÉES, MERCI D’AVOIR VEILLÉ SUR NOTRE PROSPÉRITÉ. SALUT À TOI, FREYR ! » (Samedi est d’étymologie variable dans les différentes langues germaniques. Saturne étant une divinité agricole, nous vous proposons d’honorer Freyr ; certains choisissent Hel, d’autres Loki dont nous n’encourageons pas le culte).

semaine

« The Seven Saxon Gods » (Oliver Goldsmith, 1839, d’après Olaus Magnus, 1555)

CE RITE NOUS PERMET DE MESURER CE QUE NOUS ACCOMPLISSONS CHAQUE JOUR. Sunna conduit chaque fois le même Soleil, Mani nous rappelle que chaque jour est différent du précédent par la Lune qui varie. Les autres Divinités nous rappellent nos objectifs : victoire, apprentissage, sécurité, amour, prospérité, pour nous et aussi pour les nôtres. Comme les Anciens, n’hésitons pas à faire savoir à divins alliés quand nous pensons qu’ils ne nous ont pas aidé. Sachons aussi prendre nos responsabilités, en reconnaissant nos erreurs pour les racheter par nos actes le jour suivant.

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Vous pouvez retrouver ici le fascicule sur Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Ôstarmânoth et blot à Tio

Pour le premier jour de la Lune d’Ôstara (Ôstarmânoth), le clan Liddel Franke des Enfants d’Yggdrasill s’est réuni dans la forêt sacrée qui se trouve sur ses terres, afin de placer ses actions à venir sous l’égide de Tio. A la fois sage et hardi, il est le plus courageux de nos Dieux, donc le plus apte à assurer le succès. Sous les bourgeons, les pervenches avaient étendu leur réseau violacé, marquant l’arrivée du printemps. Après des offrandes de gâteaux au Grand’arbre Fourchu qui domine le bois, et à la vieille Mère-Bouleau qui protège le lieu des banquets, nous avons dédié une corne de bière, infusée maison au genièvre et à l’aspérule selon l’ancienne coutume, aux Esprits des Lieux.
Un timide rayon de soleil a ensuite lui sur notre tardif pique-nique du midi. Vers la fin de celui-ci, une invitée (que nous n’avions pas pu récupérer à la gare à cause de son retard de deux heures) a appelé afin de demander quelques précisions supplémentaires sur l’itinéraire. En d’autres termes, elle était visiblement totalement perdue. S’ensuivit une trépidante aventure, impliquant des portables qui ne captent pas – oui, parce qu’il n’y a pas toujours de réseau en forêt, en tout cas pas celui que captent vos smartphones – et des olifants qui s’avérèrent être d’utiles substituts.
Pendant que nous allumions le feu, Baldric, un nouveau membre du clan, entreprit de poursuivre l’érection d’un haraho (cairn) au bord de l’étang sacré, en l’honneur des Esprits locaux, et plus particulièrement de la Fille de la Source. A l’intérieur, pour le consacrer, furent disposées diverses offrandes, enveloppées dans le voile des fumigations rituelles pendant que résonnaient la peau du tambour et des gorges. Après ceci, il fut entouré de pieux pour le désigner comme wîh (consacré), demeure inviolable des Esprits. Notre Ancienne Coutume est avant tout un ensemble de principes permettant de vivre en harmonie avec notre environnement ; et il nous importe que, sur nos terres, certains lieux appartiennent clairement à d’autres qu’aux humains.

Haraho-Dîks : le cairn de l'étang

Haraho-Dîks : le cairn de l’étang

Ensuite, tout en répétant les chants rituels du Sigiblot (le Blot pour la Victoire) en l’honneur de nos Divinités, nous avons confectionné une croix solaire pour porter le feu dans leur grand Wîh en haut de la colline. Deux massives branches furent attachées par des bandes de tissu enduites de cire fondue avant d’être mises à reposer contre un bouleau en attendant que vienne la lueur rougeoyante du crépuscule. Pendant ce temps, alors que les rayons dorés devaient de plus en plus obliques et que le brasier finissait de crépiter, on conta une nouvelle fois l’enchaînement du Feniwulf, le Grand Loup, par Tio qui y laissa sa main droite pour sauver le cosmos de sa voracité. Car, comme nous l’apprennent les poèmes runiques, Tio est l’Anse manchot, blessé par le loup, et celui qui règne sur les temples ; Tio est aussi une étoile, il garde bien la fidélité des nobles, sa course continue toujours au-dessus des brumes nocturnes car jamais il ne faiblit ; et le forgeron doit souvent souffler.
Enfin, alors que Sunna incendiait le ciel d’occident, son effigie terrestre s’embrasa, saluée par nos cris. Nos pas, rythmés par le tambour, portèrent au sommet la Clarté des Elfes pour la déposer dans le cercle de pierres runiques, sous le regard de Wuodan et de Thonar, gardiens du seuil, de Frouwa, déesse du foyer, et de tous les dieux et déesses du Wîh. L’énigmatique dernier vers du poème runique norvégien, sur lequel on peut longuement s’arracher les cheveux, prit soudain soudain un sens assez concret : à cause de l’humidité du bois, réussir à faire prendre durablement le feu sacré n’allait pas être de tout repos. A plat ventre dans la boue pour échapper à l’épaisse fumée, nous nous sommes relayés sans relâche pour maintenir à la force de nous poumons un flux d’air constant pour attiser les braises.
En cela, nous étions unis par notre fidélité à un but commun, guidés par la même étoile polaire qui règne sur les temples. L’idée d’abandonner et de retourner dîner en contrebas nous parcourut un instant comme le brouillard s’avance dans le soir, mais nous nous sommes remis à l’ouvrage en retroussant nos manches pour forger notre noble destin. Enfin, les flammes dansèrent dans le cercle runique, et nous autour de celui-ci. Pour célébrer la victoire, et en préparation de celles à venir, forts de cette leçon de bravoure, furent partagées entre les hommes et les dieux la sainte bière et le cidre caché au pied des arbres par le Renard de Pâques (oui, l’Osterfuchs est une tradition franque assez sympathique). Baldric, pour la première fois, menait la cérémonie, et j’ai une fois de plus été surpris de constater comme la pratique de nos coutumes nous poussent à nous dépasser pour accomplir ce dont on ne se serait pas cru capable quelques lunes plus tôt.

TIWAZ

TIWAZ est une étoile qui garde bien la fidélité des nobles, sa course continue toujours au-dessus des brumes nocturnes car jamais il ne faiblit.

Un oracle runique à l’antique a aussi été demandé, concernant les actions à entreprendre pour favoriser la connaissance et la compréhension de nos traditions. Comme souvent, la réponse fut assez lapidaire : continuez votre course au-dessus des brumes nocturnes, et ne faiblissez point.
Heel Tio ! Merci pour ton courage qui nous montre la direction à suivre. Tu seras encore longtemps honoré, toi, nos autres Divinités, nos Ancêtres et les bienveillants Esprits de ces lieux.
Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur les célébrations de la Walburganaht le 9 mai, rendez-vous ici : http://www.enfants-yggdrasill.fr ou ici : https://www.facebook.com/1tierschemin !

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