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Wolfsangel : la « rune du loup »

Wolfsangel (piège à loup)La « rune du loup » est le sujet de beaucoup d’interrogations, de fantasmes et de réactions de rejet. Et pour cause : elle ne retranscrit aucun son, n’est expliquée par aucun poème runique, n’apparaît dans aucune inscription pré-chrétienne… mais a été utilisée comme emblème par plusieurs organisations affiliées au parti nazi.

Le Wolfsangel (« hameçon à loup ») est en fait un piège à loup médiéval utilisé en Allemagne. Sa forme rappelle celle de la rune Eiwaz (« if »), mais l’alphabet runique n’était plus utilisé depuis plusieurs siècles, à cause de la christianisation et du passage à l’alphabet latin. Ce symbole de Wolfsangel était donc utilisé pour délimiter des frontières (surtout sur les bornes forestières), puis pour identifier les garde-chasse. Il a donc également été utilisé en héraldique, pour des fiefs (puis des villes-libres) en zones frontalières et/ou boisées.  Armoires de Burgwedel (Basse-Saxe)

Lors de la révolte des paysans (Bauernkrieg) pendant la Guerre de Trente Ans au XVIIe siècle, il a aussi servi de symbole de ralliement aux paysans insurgés contre l’avidité des seigneurs-brigands qui rançonnaient la populace, et contre des ecclésiastiques qui monnayaient souvent la promesse du paradis chrétien.

Au XXe siècle, comme d’autres symboles runiques, il a été ré-utilisé par des organisations liées au parti nazi. Florian Geyer, un des meneurs de la révolte paysanne, était en effet une figure mise en avant par le parti nazi (tout comme d’autres mouvements anticatholiques de l’époque, tels que les Wandervögel ou les Jeunesses Communistes). Cela ne signifie pas pour autant que Wolfsangel ou la compagnie noire de Florian Geyer doivent être jetés aux oubliettes de l’Histoire… Souvenons-nous plutôt des traditions européennes qui condamnent fermement les accapareurs de richesses et l’avidité sans limite, et sachons plutôt piéger ces « jeunes loups » de la finance et de la politique qui nous réduisent à la misère et détruisent notre terre, comme le loup Fenrir qui veut dévorer le cosmos, ou ses rejetons Hati et Sköll qui tentent chaque jour d’avaler le Soleil et la Lune.

Borne frontalière (Deister, Basse-Saxe)

Borne frontalière (Deister, Basse-Saxe)

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Honorer les animaux dans la tradition germano-scandinave

Note : ceci est un extrait d’un fascicule en cours de rédaction sur une manière de pratiquer au quotidien la tradition germano-scandinave. L’impératif est utilisé par soucis de concision.

Les dieux et déesses de la tradition germano-scandinave sont liés à divers animaux, que ce soit considéré sous un aspect purement symbolique ou plus « idolâtre ». Quand vous les croisez ou les mangez, prenez le temps de saluer la divinité en question.

Saluez aussi la Terre généreuse, source de toute vie, à chaque repas qu’elle vous offre.

Odin

Corbeaux : Hugin et Munin (« pensée » et « mémoire »), les deux corbeaux d’Odin, prennent leur envol chaque matin pour revenir au soir, porteurs de nouvelles. Loin d’être considérés comme maléfiques, ces oiseaux étaient tenus en haute estime par nos ancêtres, et toutes les recherches récentes confirment l’intelligence surprenante de ces oiseaux, capable de communiquer des informations complexes à leurs pairs (telles que « les humains habillés en rouge sont mal intentionnés »).

Saluez Odin quand vous croisez un corbeau ou une corneille.

Odin sur son trône, illustration tirée du manuel de mythologie d'Alexander Murray publié en 1865

Odin sur son trône, illustration tirée du manuel de mythologie d’Alexander Murray publié en 1865

Canidés : Odin a deux loups, Geki et Freki, auxquels il donne sa part de nourriture au festin de la Valhalla, se contentant de voire du vin. S’il est plutôt rare de croiser des loups, nos chiens domestiques se trouvent appartenir à la même espèce, Canis lupus.

Saluez Odin quand vous croisez un chien.

Thor

Caprins : Le chariot de Thor est tiré par deux boucs, Tanngrisnir (le montreur de dents) et Tanngjostr (le grinceur de dents). Ceux-ci peuvent être mangés, puis revenir à la vie une fois sanctifiés par son marteau, à condition que leurs os soient intacts. Un paysan chez qui il est invité à dîner ébrèche d’ailleurs avec son couteau le tibia d’un d’entre eux, qui boîte une fois ressuscité. Le jeune garçon devient alors le valet de Thor, en compensation.

On peut voir cela comme un symbole des troupeaux de moutons, qui permettent de nourrir année après année un clan possédant des terres inaptes à être cultivées mais assez arrosées par la pluie (que cause Mjöllnir, le marteau de Thor) pour servir de pâturage. Cependant, si ces terres sont « grattées jusqu’à l’os » par de trop grands troupeaux, elles s’appauvrissent et le clan perd son autonomie alimentaire, devenant le « valet » de ceux chez qui il doit se fournir à manger ou émigrer.

Saluez Thor au moment de manger de l’agneau, ou du fromage de chèvre, rendant hommage à l’animal qui vous fournit votre nourriture.

Freyr

Porcs : Freyr chevauche le sanglier Gullinbursti. Les cochons sont des animaux fouisseurs, entretenant un lien naturel avec la terre dont Freyr est gardien de la fertilité.

Saluez-le au moment de manger du porc, y compris en charcuterie, ou du sanglier. Saluez aussi Freyja, dont un des noms en vieux norrois est Syn, la Truie (capable d’allaiter des portées de dix petits).

Sanglier

Cervidés : Après avoir donné son épée pour séduire la Géante Gerdr, Freyr a pour seule arme des bois de cerf, qui lui serviront d’arme contre le Géant Surtr au Ragnarök.

Saluez Freyr au moment de manger du chevreuil ou du cerf, ou si vous les croisez dans la nature.

Freyja

Félins : Le char de Freyja est tiré par deux « chats » scandinaves, qui s’apparentaient davantage à des lynx. Bien plus que de paresseux animaux d’apparat ou des substituts affectifs, les félins avaient pour nos ancêtres un rôle vital, en chassant les rongeurs qui apportaient diverses maladies et emportaient les réserves de vivres dans un échange peu avantageux.

Saluez donc Freyja quand vous croisez un chat.

Freyja dans son char tiré par ses chats, par Nils Blommér (1852).

Freyja dans son char tiré par ses chats, par Nils Blommér (1852).

Rapaces : On dit que Freyja possède le pouvoir de se transformer en faucon, secret qu’elle peut enseigner à ceux qu’elle en juge dignes. Loin d’être uniquement des fins chasseurs, ces rapaces sont aussi fréquemment charognards, et en tant que tels servent de messagers aux divinités qui se partagent les morts au combat, Freyja étant celle qui choisit en premier.

Saluez-la quand vous croisez un faucon, un aigle, un hibou ou une chouette.

Heimdall

Ovins : Heimdall est associé au bélier. Un de ses noms, Gullintanni (Dents d’Or) pourrait aussi être lié au fait que les dents des béliers jaunissent avec l’âge.

Saluez-le quand vous mangez du mouton, ou que vous mangez du fromage de brebis.

Njordh

Produits de la mer : Njordh, seigneur de Noatun (« l’enclos des navires »), est le maître de la fertilité des mers, qui nourrissait souvent les populations côtières.

Saluez Njordh en entendant les mouettes, et au moment de manger ou pêcher du poisson, des crustacés, ou des coquillages. Pour les poissons d’eau douce, saluez plutôt l’esprit de la rivière.

Ostara

Lagomorphes : Bien que les associations traditionnelles du lièvre et du printemps puissent être plus récentes que l’Antiquité, c’est aujourd’hui une idée bien ancrée.

Saluez donc Ostara, déesse de l’aube et du printemps, au moment du manger du lapin ou du lièvre, ou lorsque vous en croisez un.

Sunna

Palmipèdes et volailles : Les associations entre l’astre solaire et les canards sont peu nombreuses chez les Germains, mais plus courantes chez d’autres peuples indo-européens. Le coq, quant à lui, et connu pour acclamer bruyamment le petit matin.

Saluez Sunna, déesse solaire, au moment de manger de la volaille, du canard (y compris son foie gras), ou des œufs. Faites-le également en croisant des cygnes, des canards colvert ou des poules d’eau.

Audhumla

Bovins : Les vaches ou les bœufs ne sont associés à aucune divinité particulière, Ase ou Vane. Cependant, ce sont des animaux tenus en haute estime par les peuples indo-européens, et dans notre tradition la vache cosmique Audhumla est le premier être vivant, qui nourrit Buri, grand-père d’Odin.

Saluez-donc Audhumla, la nourricière, le principe premier de la Vie, au moment de manger du bœuf, du veau, ou de consommer des produits laitiers, ainsi que lorsque vous croisez des vaches.

Audhumla léchant Buri (manuscrit islandais du XVIIIe siècle)

Audhumla léchant Buri (manuscrit islandais du XVIIIe siècle)

Tous les Ases et les Vanes

Équidés : La plupart des Ases ont un destrier comme monture ; et Freyr, le plus puissant des Vanes, est lié au culte de l’étalon comme symbole de fertilité. Nourrir un cheval était très coûteux, et il servait non seulement aux voyages (physiques comme chamaniques), mais aussi et surtout au combat. Le seul poème runique conservé sur la rune e (Ehwaz), le poème anglo-saxon, en parle comme étant le principal signe de la noblesse. C’était l’animal dont le sacrifice revêtait la plus haute valeur sacrée, d’où le tabou contre la consommation de viande de cheval mis en place par les missionnaires chrétiens.

Saluez de manière générale toute l’assemblée divine des Ases et des Vanes au moment de manger du cheval, ou lorsque vous en croisez un.

Tiré de « Jour après Nuit – vivre au quotidien dans la tradition germano-scandinave », un fascicule du clan Ostara à paraître cette année. Vous pouvez retrouver ici le fascicule Les Douze Nuits de Yule concernant les festivités du solstice d’hiver.

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Eclipse solaire – vendredi 20 mars 2015

Dans deux semaine, le vendredi 20 mars 2015, aura lieu en Europe une éclipse solaire. Elle sera complète uniquement dans les îles Féroé, entre l’Islande et l’Écosse, mais au moins 80% du disque sera masqué dans toute la France. La pénombre aura lieu en début de matinée, plus ou moins entre 9h30 et 11h30 (avec un léger décalage selon l’endroit). Que ferez-vous à ce moment-là ? En général la réponse que je reçois est « pas grand-chose ». Sauf de la part de mes amis de la clairière armoricaine d’Ael Ys en baie de Douarnenez, pour qui l’ancrage dans le terroir passe aussi par les anciens cultes astraux qui signifiaient tant pour les druides et, avant eux, les bâtisseurs des mégalithes. Il se trouve au passage que ça tombe au moment des superbes grandes marées de l’équinoxe de printemps, une des deux dates à laquelle ils accueillent de nouveaux cheminants, du coup je me permets de vous inviter à les contacter si vous êtes intéressés. [Rectification du 05/03/2015 :] Les druides de la Celtiacon Certocredaron Credima procéderont aussi (en privé) aux déclamations et hymnes adéquats dans leur nemeton.

Mais bref, revenons au sujet. A première vue tout ça n’a rien de spécialement vital : il va faire plus sombre, puis moins sombre, et hop, tourne manège. Mais mine de rien, en creusant un peu, c’est quand même un moment assez spécial. D’abord, esthétiquement, c’est toujours relativement appréciable. La prochaine éclipse partielle en Europe est le 21 août 2017, mais peu avant le coucher du soleil, donc pas forcément très visible ; et l’éclipse (quasi-)totale sera pour le 12 août 2026, donc dans un moment. Aussi, les ombres pendant une éclipse partielle se déforment de manière assez rapide et étrange, ce qui est assez surprenant.

De plus, comme me l’a appris Matuos Ballios via le forum Druiidiacto, les anciens Irlandais nommaient le bras de mer qui sépare l’Islande et l’Ecosse la Mer Cronienne (« de Saturne »). Or, c’est par le cycle de Saturne dans le ciel que les druides comptaient leurs siècles de trente ans, et cette planète est entrée le 16 janvier dans la constellation du Scorpion au moment où le Soleil entrait dans la constellation du Verseau. Une telle conjonction, proche d’une éclipse dont le point central passe au pôle Nord d’où viennent les mythiques talismans des dieux (les fameuses « îles au Nord du monde »), mérite qu’on s’y intéresse. En plus, la Lune passe au point de son cycle où elle est la plus proche de la terre le 19 mars au soir… soit le jour même de l’éclipse dans l’ancien calendrier, puisqu’une journée commence par la nuit.

Schéma d'éclipse solaire (Wikimedia Commons)

Mais surtout, pour ce qui nous intéresse ici, c’est l’occasion d’aborder une vieille coutume européenne : celle du charivari lors des éclipses. Qu’avons-nous à faire que nos rustres d’ancêtres fissent du bruit parce qu’ils avaient peur de perdre le Soleil ou la Lune ? Après tout, grâce à la Très-Sainte Science, on sait bien que c’est ridicule et que ça n’arrivera pas. Sauf que, contrairement aux apparence, les traditions ont ici aussi beaucoup à nous apprendre, Occidentaux modernes imbus d’eux-mêmes.

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