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Interview d’identitaires amazoniens

 

Les réactions de ces indigènes d’Amazonie, face à ces images de l’Occident moderne, s’articulent autour de deux grands axes :

  1. Ce n’est pas notre coutume. On ne comprend pas (ou « on trouve ça triste », ou hilarant). Mais si c’est la vôtre, pourquoi pas.
  2. Ce n’est pas bien. Les plantes ont un esprit. Ca nous inquiète. On a remarqué des changements. Il faut plus chaud qu’avant.

Une réponse sort clairement de ce cadre, celle à la prestation de Maria Callas (cantatrice née en 27 before present, c’est-à-dire en l’an 1923 de l’ère chrétienne). Ils indiquent clairement ne pas comprendre, ne pas savoir comment réagir, mais être respectueux et touchés d’une manière inexprimable, parce que « il y  a quelque chose de sacré« . D’une manière assez intéressante, cela ne s’applique pas à Mickael Jackson (showman né en l’an 8 de l’Anthropocène, c’est-à-dire en l’an 1958 de l’ère chrétienne).

Le mot de la fin est également très éclairant.

« Est-ce que vous avez pas peur, en voyant ces images, d’être mangés par ce monde, engloutis par ce monde ?

– Bien sûr que nous sommez très inquiets. D’ailleurs, si on vous a permis de nous filmer, c’est pour que vous montriez aux Blancs qui nous sommes. On sent la pression de l’homme blanc qui monte tout autour de nous et de notre forêt. Que vous le vouliez ou non, nous résisterons, et nous nous battrons pour que vous ne souilliez pas notre terre. »

Encore une fois, Un Tiers Chemin ré-affirme sa position : tous les peuples indigènes de la planète sont objectivement alliés face à la mondialisation libérale qui menace la transmission de leur patrimoine écologique, de leur identité ethnique et de leur héritage culturel.

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DNH #24 : Le nouveau supplice de Tantale

Source : DNH #24 : Le nouveau supplice de Tantale

Le supplice de Tantale ressemble aux délices de l’internaute. Toutes choses sont sur son écran, mais aucune n’est réellement présente. Il croit que le monde est devenu plus petit, qu’il se déverse dans sa chambre, à portée de main, alors qu’il n’a jamais été aussi loin, et que ses doigts ne peuvent pas même saisir les touches de son clavier… […]

Le software nous cache le hard, et voici le plus hard, voici, derrière la pseudo-immatérialité technologique, sa matérialité la plus lourde : les minerais nécessaires à la fabrication de ses composants, et donc les mines, judicieusement délocalisées loin du cybersurfer, où des hommes, des femmes et des enfants travaillent dans des conditions auprès desquelles le « Voreux » de Germinal paraît une attraction de Disneyland. Et voici le plus beau : comme par hasard, parmi ces « minerais du sang », il en est un spécialement dédié à l’électronique, aux condensateurs de nos ordinateurs et nos téléphones mobiles, notamment, et qui s’appelle – je vous le donne en mille – le Tantale ! Celui-ci, dérivé du coltan, vient principalement de la région du Kivu, en République Démocratique du Congo, où des groupes armés tuent, pillent, violent depuis des années pour avoir le contrôle de l’extraction. En 2014, guerre et guérillas y avaient déjà fait pas moins de 6 millions de morts. […]

Bien sûr, ces informations, j’ai pu les obtenir via Google. La machine qui participe réellement au mal est aussi celle qui virtuellement le dénonce. Mais nous sommes comme des Tantale inversés : nous voyons les victimes de nos écrans sur nos écrans, et nos mains ne peuvent leur venir en aide.

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Non-violence et autodéfense chez Plotin

Les sociétés traditionnelles se posent généralement bien moins le problème de la violence que la société libérale. Le concept en lui-même est d’ailleurs rarement pensé en tant que tel, et encore moins moralement négatif, puisque la prédation et la compétition sont des interactions qui structurent les écosystèmes et les communautés.

Dans les cultures indo-européennes, largement diffusées par une aristocratie guerrière, le meurtre d’un hôte ou d’un animal sacré, le fratricide, le parricide, la profanation de lieux consacrés à des divinités pacifiques, enfreignent les traditions. Cela entraîne une souillure sur la personne qui a commis ces actes,  et un désordre qui doit être réparé au niveau cosmique.

Au contraire, la défense de sa communauté, de son héritage, de ses moyens de subsistance, sont des devoirs sacrés. La plupart des figures divines ou héroïques combattent et triomphent ainsi de nombreux adversaires (Akhilleus qui aquiert la « renommée intarissable », kleos aphthiton, formule qu’on retrouve aussi en sanskrit ; Sigurd qui tue le dragon Fafnir ; Cùchulainn qui affronte seul les ennemis de son peuple ; etc). Aujourd’hui encore, il semble normal de qualifier de « héros » quelqu’un qui, par exemple, empêche un viol. Sauf pour certains fonctionnaires du système judicaire. Comment en est-on arrivés là ?

En Europe, c’est surtout le christianisme qui soulèvera ce « problème de la violence » en conseillant de « tendre l’autre joue ». En mal de justification philosophique, les Galilléens jouèrent sur le fait que Platon, et les écoles néoplatoniciennes qui en sont héritières,  usent du terme « Dieu » (Theos) pour désigner l’ensemble de la puissance divine du cosmos. On a ainsi fait de ces écoles une pensée ascétique, coupée du monde, et parfois-même dogmatiquement non-violente. Pourtant, un des derniers grands auteurs néoplatoniciens et païens, Plotin, nous explique en quoi le vertueux a non seulement le droit, mais aussi le devoir, de se défendre des moins vertueux (Ennéades, III, 2, 8 ; trad. Bouillet) :

Il nous reste à expliquer comment les choses sensibles sont bonnes et participent de l’Ordre, ou du moins comment elles ne sont pas mauvaises.

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Plotin

Dans tout animal, les parties supérieures, le visage et la tête, sont les plus belles ; les parties moyennes et les membres inférieurs ne les égalent pas. Or, les hommes occupent la région moyenne et la région inférieure de l’univers. Dans la région supérieure se trouve le ciel avec les dieux qui l’habitent : ce sont eux qui remplissent la plus grande partie du monde, avec la vaste sphère où ils résident. La terre occupe le centre et semble faire partie des astres. On s’étonne de voir l’injustice régner ici-bas, parce qu’on regarde l’homme comme l’être le plus vénérable et le plus sage de l’univers. Cependant, cet être si vénérable ne tient que le milieu entre les dieux et les bêtes, inclinant tantôt vers les uns, tantôt vers les autres.

Certains hommes ressemblent aux dieux, d’autres ressemblent aux bêtes : mais la plupart tiennent le milieu entre les deux natures. C’est à ceux qui occupent cette place moyenne que les hommes dépravés, qui se rapprochent des bêtes féroces, font subir leurs rapines et leurs violences. Quoique les premiers vaillent mieux que ceux dont ils subissent les violences, ils sont cependant dominés par eux parce qu’ils leur sont inférieurs sous d’autres rapports, qu’ils manquent de courage et qu’ils ne se sont pas préparés à résister aux attaques. Si des enfants qui auraient fortifié leur corps par l’exercice, mais qui auraient laissé leur âme croupir dans l’ignorance, l’emportaient à la lutte sur ceux de leurs camarades qui n’auraient exercé ni leur corps, ni leur âme ; s’ils leur ravissaient leurs aliments et leurs habits moelleux, y aurait-il autre chose à faire qu’à en rire ? Comment le législateur aurait-il eu tort de permettre que les vaincus portassent la peine de leur lâcheté et de leur mollesse, si, négligeant les exercices gymnastiques qui leur étaient enseignée, ils n’ont pas craint de devenir par leur inertie, leur mollesse et leur paresse, comme de grasses brebis destinées a être la proie des loups ? Quant à ceux qui commettent ces rapines et ces violences, ils en sont punis, d’abord en ce qu’ils sont des loups et des êtres malfaisants, ensuite, en ce qu’ils subissent nécessairement [dans cette existence ou dans une autre] les conséquences de leurs mauvaises actions : car les hommes qui ont été méchants ici-bas ne meurent pas tout entiers [quand leur âme est séparée de leur corps].

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Gymnastes (Sascha Schneider, 1912)

Or, dans les choses qui sont réglées par la nature et la raison, toujours ce qui suit est le résultat de ce qui précède : le mal engendre le mal, comme le bien engendre le bien. Mais l’arène de la vie diffère d’un gymnase, où les luttes ne sont que des jeux. Il faut alors que les enfants dont nous venons de parler et que nous avons divisés en deux classes, après avoir tous également grandi dans l’ignorance, se préparent à combattre, prennent des armes, et déploient plus d’énergie que dans les exercices du gymnase. Or, les uns sont bien armés, les autres ne le sont pas : les premiers doivent donc triompher. Dieu ne doit pas combattre pour les lâches : car la loi veut qu’à la guerre on sauve sa vie par la valeur et non par les prières. Ce n’est point davantage par des prières qu’on obtient les fruits de la terre, c’est par le travail. On ne se porte pas bien non plus sans prendre aucun soin de sa santé. Il ne faut donc pas se plaindre que les méchants aient une plus riche récolte, s’ils cultivent mieux la terre. N’est-ce pas enfin une chose ridicule que de vouloir, dans la conduite ordinaire de la vie, n’écouter que son caprice, en ne faisant rien comme le prescrivent les dieux, et de se borner à leur demander uniquement sa conservation, sans accomplir aucun des actes desquels ceux-ci ont voulu que notre conservation dépendit ?

Mieux vaudrait être mort que de vivre en se mettant ainsi en contradiction avec les lois qui régissent l’univers. Si, quand les hommes sont en opposition avec ces lois, la Providence divine conservait la paix au milieu de toutes les folies et de tous les vices, elle mériterait d’être accusée de négligence pour laisser ainsi prévaloir le mal. Les méchants ne dominent que par l’effet de la lâcheté de ceux qui leur obéissent : il est plus juste qu’il en soit ainsi qu’autrement.

Plotin nous incite donc à :

  • Ne pas croire que, parce que le cosmos est divin, le désordre et les choses néfastes sont également divines
  • Développer nos aptitudes mentales pour guider nos aptitudes physiques, sans quoi elles sont aveugles et néfastes
  • Développer nos aptitudes physiques pour concrétiser nos aptitudes mentales, sans quoi elles sont manchottes et inutiles
  • Organiser notre trajectoire d’existence et notre quotidien en vue de participer à l’ordre cosmique, plutôt que d’être esclaves de nos désirs immédiats
  • Préférer prendre nos responsabilités et remédier à nos erreurs qu’implorer les Divinités hors du culte que la tradition leur prescrit
  • S’opposer activement aux systèmes de domination néfastes que la lâcheté et l’ignorance collective laissent advenir (en particulier le mondialisme libéral qui détruit notre planète)

On pourra poursuivre cette réflexion par cet article sur l’éthique de l’autodéfense : Quelle éthique pour une physique de la violence ? L’auteur, Olivier BOUTONNET, est diplômé d’Etat en arts martiaux, formateur d’unités d’élites, docteur en Histoire des religions et anthropologie religieuse (spécialisé dans l’étude du taoïsme médiéval).

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Dendrolâtrie : le culte des arbres

Il est très courant das les religions traditionnelles de vénérer des arbres, soit directement, soit comme réceptacle de la présence d’une divinité (on le voit encore aujourd’hui dans le chamanisme mongol, shintoïsme, hindouïsme, animisme africain, etc). La chose est aussi encore bien vivante en Europe, avec le sapin de Noël et la couronne de houx, mais aussi avec des arbres intégrés dans les cultes chrétiens, comme les chênes pouilleux, les arbres à clous (souvent des chênes ou des tilleuls), ou les chênes de la vierge.

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Arbre à clous, Herchies, Belgique

On pense parfois que ce culte des arbres, en Europe, aurait été uniquement d’origine celtique ou germanique. Ce texte de l’auteur romain Pline l’Ancien nous prouve le contraire :

« Les arbres ont été les temples des divinités ; et encore aujourd’hui les campagnes, conservant dans leur simplicité les rites anciens, consacrent le plus bel arbre à un dieu. Et, dans le fait, les images resplendissantes d’or et d’ivoire ne nous inspirent pas plus d’adoration que les bois sacrés et leur profond silence. Chaque espèce d’arbre demeure toujours dédiée à une même divinité, le chêne à Jupiter, le laurier à Apollon, l’olivier à Minerve, le myrte à Vénus, le peuplier à Hercule. Bien plus, les Sylvains, les Faunes, des déesses, des divinités spéciales sont, dans nos croyances, chargées du soin des forêts, comme d’autres divinités président au ciel. » (Pline l’Ancien, Histoire Naturelle 12, 3-5)

Rappellons qu’en l’an 743, le concile de Leptines interdit encore, dans son Indiculus superstitionum et paganiarum, « les sacrifices dans les bois qu’on nomme nemeton » (point VI).

Dans la tradition germano-scandinave, on associe le frêne à Odin ; le sureau, le genévrier et le lin à sa compagne ; le chêne à Thor ; le sorbier et les céréales à son épouse Sif ; la camomille sauvage à Balder ; les pommiers à Idunn. Les bouleaux et les ifs, symbolisés par les runes b (Berkana) et ï (Eïwaz), ont également tendance à être la demeure d’un esprit, de même que les prunelliers ou les aubépines, représentés par la rune th (Thurisaz).

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Arbre sacré, source de Madron, Cornouaille britannique

Chez les Gaulois, on associe le chêne à Taranis (Maxime de Tyr, Dissertations, VIII, 8 : « Les Celtes rendent un culte à Zeus, mais l’image de Zeus, chez les Celtes, est un grand chêne »). C’est sans doute pour cette raison, et pour le caractère sacré du gui de chêne, que leur abattage était interdit sans autorisation d’un druide ; et pour cette raison aussi que le mot français chêne vient d’un des trois mots gaulois le désignant (cassanos, deruos, tannos) et non du latin quercus. Les autres arbres ont des liens moins nets avec une divinité, mais le pommier (immortalité, cf. Avallon = Ynys Afallach en gallois, l’île des pommes), le noisetier (sagesse), le hêtre (inscriptions « Deo Fago », au dieu hêtre, en Gaule Aquitaine), sont également sacrés. Dans l’alphabet oghamique irlandais, cinq signes ont clairement un nom d’arbre : le chêne, le sorbier, l’aulne, le noisetier et le bouleau. Chez les Gallois, Yspaddaden Penkawr, l’équivalent du Balor gaélique, le chef des Géants, a un  nom qui signifie très exactement « Aubépine, Chef-des-Géants ». Enfin, en Bretagne, les buissons d’ajoncs servent de refuge aux âmes des morts, il faut donc éviter de les déranger pendant la nuit (particulièrement le 31 octobre et le 30 avril, quand le voile entre les mondes est le plus fin).

Quant aux Baltes, le chêne y est aussi associé au dieu du tonnerre, Perkûnas. Dans les Balkans, le bouleau est associé au personnage de Baba Marta, le grand-mère du printemps.

Dans tous les cas, les manières de procéder au culte des arbres sont assez simples : ne pas les abattre, ne les tailler que si besoin ou pour collecter un peu de bois à usage rituel conformément aux traditions, déposer des offrandes (rubans autour des branches sans trop les serrer, dépôt de fleurs ou de biscuits, libations). La prière n’a guère besoin d’être longue, il suffit par exemple de le toucher de la main droite en disant « Salut à toi, arbre sacré ! Je te remercie pour tes bienfaits ».

Notez aussi que, si vous vivez en appartement, il est souvent possible d’avoir des versions bonsaï de ces arbres ; bien que le débat reste ouvert pour savoir si c’est bien respectueux ou conforme aux traditions européennes, le Chat Poron en est assez partisan comme solution alternative.

Chez les Celtes, l’idée d’un Arbre-Monde était probablement bien ancrée aussi. Cette croyance semble avoir perduré dans des textes bretons en latin jusque dans le Haut Moyen-âge… Dans un passage de la vie de saint Judicael on peut lire : « il vit dans un rêve la montagne le plus élevée située au milieu de son pays de Bretagne, c’est-à-dire en son point central [ombilic], sur laquelle se trouve un sentier difficile d’accès. Et là, au sommet de la montagne, il était assis lui-même dans une chaire d’ivoire. Et devant ses yeux se dressait un poteau d’une taille prodigieuse en forme de colonne ronde, implanté dans la terre par des racines, fixé au ciel par ses branches, dont le fût s’étirait tout droit de la terre jusqu’au ciel. » (‘Orbituaire de Saint-Méen’, BNF ms 9889 ; Fol. 121r / cité par Bernard Merdrignac, ‘D’une Bretagne à l’autre – Les migrations bretonnes entre histoire et légendes’, éd. Presses Universitaire de Rennes, coll. « Histoire », 2012 ; page 236 : « vidit in sompnis montem excelsissimum esse constitutum in medio sue regionis Britannie, id est in umbilico, per quem ambulandi callis difficilis inveniebatur. Et ibi, in cacumine montis ipsius in cathedram eburneam seipsum consedentem. Et in conspectu ejus erat stans postis mire magnitudinis in modum columpne rotunde, radicatus radicibus in terra, firmatis ramis in celo, cujus hastile rectum a terra pertigebat celo tenus. »).

Il est intéressant de noter qu’un texte 
irlandais, la Veillée de Fingen, conservant d’importants 
motifs cosmogoniques, signale, parmi les «merveilles» 
apparues suite à la naissance du futur haut roi Conn, d’abord 
le surgissement d’un fleuve, la Boyne, du puits de Nechtan - 
nous y reviendrons -, puis un arbre, évidemment l’arbre du 
monde, aux abondants fruits et ayant survécu au déluge, 
puis l’apparition de Fintan, homme immortel et protéiforme, 
suivi des talismans des dieux, et enfin, avant de s’intéresser 
plus spécifiquement aux hommes, cinq routes, qui partagent 
l’Irlande et arrivent à Tara, centre sacré de l’île. Or l’Irlande 
était anciennement divisée en cinq parties, une centrale et 
quatre périphériques, à chaque orient.
(Patrice Lajoye, L'arbre du monde - la cosmologie celte)
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Les vraies caractéristiques de la spiritualité germanique résurgente (B. Linzie)

Traduction de la partie 4.4 de l’essai « Germanic spirituality » de Bil Linzie, un des théoriciens et premiers pratiquants du reconstructionnisme germano-scandinave aux Etats-Unis. Vous pouvez trouver un résumé de cet essai de 50 pages, et un lien pour le télécharger en entier dans sa version originale en anglais, ici, la traduction de l’introduction , et la traduction des parties 4.1 , 4.2 et 4.3 en cliquant dessus.

Recréer la vision du monde germanique, et la conscience du réseau de relations que cela implique, est un projet auquel s’attèlent en ce moment même un grand nombre de personnes et même quelques groupes. Aujourd’hui, et encore davantage à l’avenir, ces gens seront traités comme des « intégristes » par la plupart… mais pourtant, ils continuent à progresser dans leur démarche, et deviennent même de plus en plus nombreux. D’autres, qui se sont « convertis à l’Asatru » dans le seul but de justifier et promouvoir des opinions politiques basées sur la ségrégation ou le suprémacisme blanc, ont aussi beaucoup de reproches à faire à ceux qu’ils qualifient de « fondamentalistes » ou de « passéistes », mais les deux principaux sont ceux-ci : 1) une absence de dogmatisme, qui pousse les reconstructionnistes à remettre en question toutes les idées qu’on leur propose, en particulier des théories archéologiques dépassées ou pseudo-scientifiques, 2) un refus de blâmer les « autres » (en particulier « les autres races ») pour tous les problèmes du monde. Quoi qu’il en soit, la résurgence de la spiritualité germanique a commencé, et son retour sera inéluctable tant qu’aux moins certains refuseront de dévier le cap dans l’une ou l’autre des directions.

Sachant que la culture, et en particulier le contexte culturel général, est parmi les premières choses qu’un enfant apprenne dans sa vie, il pourrait être prudent que ce soit aussi la première chose qu’on recommande aux nouveaux adhérents. A l’heure actuelle, dans la plupart des groupes et associations, apprendre comment participer à (puis mener) un blot et un symbel est la priorité n°1, tandis que les aspects culturels sont considérés comme peu importants, et se limitent à des éléments en pièces détachées (tel ou tel mythe, tel ou tel fait historique, etc) plutôt que de s’intéresser à la vision du monde globale qui relie ces éléments et les a même façonnés. Si c’était le cas, l’Asatru ne serait plus sujet à des emprunts constants (comme nous l’avons vu précédemment), et la plupart des emprunts datant de la période d’indifférenciation avec la Wicca auraient déjà été mis de côté. On l’a dit ci-dessus, la cérémonie religieuse est une expression de la culture dans un contexte donné : la spiritualité germanique consiste à avoir le bon comportement dans ce même contexte, donc il semblerait raisonnable que la compréhension de la culture précède tout cela.

La spiritualité, donc, est ce qui détermine les expressions de la religion. C’est par l’interaction avec les communautés et familles concernées que les éléments acquièrent un sens, et ces éléments sont alors ce qui permet à la religion de s’exprimer. Tracer un cercle magique façon Wicca au début d’un blot n’a aucun sens dans notre culture, autre que celui d’être un élément emprunté et étranger. D’un autre côté, l’auteur connaît un seidhman [NdT : un pratiquant du seidhr, une forme de magie germanique] qui pratique des cérémonies de soins où il utilise un lasso, qu’il a trouvé par terre lors d’une de ses longues expéditions dans le désert où il ramasse ses herbes médicinales. Il dit que le lasso aide à protéger et maintenir en place l’esprit du patient pendant qu’il est soigné. La communauté où cette pratique a lieu est située dans le Sud-Ouest des Etats-Unis, où il est encore courant de faire un cercle de corde autour des dormeurs pour empêcher les serpents à sonnette d’approcher. Cette corde, parce qu’elle est utilisée de cette manière, dans cette communauté, et parce que le guérisseur l’a trouvée de cette manière, a acquis un sens – parce qu’elle s’intègre et interagit réellement avec le contexte culturel du groupe. C’est tout à fait normal que des groupes Asatru de Hawaii ou de Floride [NdT : ou de France] « acquièrent » ainsi localement des plantes, des fruits, des animaux, des poissons, et ainsi de suite, d’une manière similaire.

Quelle est la différence entre « acquérir » et « emprunter », alors ? Une des justifications favorites des adeptes du New Age accusés de bidouiller avec l’Asatru est : « Bah, si l’Asatru avait survécu de manière ininterrompue au fil des siècles, il aurait évolué aussi ! ». Le problème avec cet argument est pourtant évident. La personne est accusée de prendre un élément qui a un sens bien particulier dans un contexte donné, et de le transférer tel quel dans un autre contexte où il n’a aucun sens. Les mots clés sont « évoluer » et « adapter ». Ces deux mots sous-entendent que les éléments ont acquis un sens en interagissant avec l’Asatru. Prendre des éléments d’une cérémonie et les faire entrer par effraction dans un contexte germanique revient à court-circuiter complètement les processus de mise en contact, d’interaction, puis d’intégration, qui auraient eu lieu si cela s’était produit de manière naturelle. L’imitation n’est pas beaucoup mieux. La culture, dans une situation d’emprunt, s’exprime forcément d’une manière ou d’une autre en influençant lourdement les personnes aux commandes, de sorte que cela donne quasi-systématiquement de la Wicca superficiellement scandinavisée, ou du christianisme superficiellement scandinavisé, ou du bouddhisme superficiellement scandinavisé, etc. Quand c’est le cas, le processus de reconstruction devient impossible, est purement et simplement remplacé par un processus d’homogénisation avec les modes religieuses du moment [NdT : sous couvert, comme on l’a vu, d’être une « interprétation personnelle », puisque les envies et besoins de la personne prennent source dans un imaginaire intégré à la culture dominante].

Si l’Asatru, en tant que religion résurgente, veut continuer à assumer son destin propre plutôt que d’être un satellite du New Age, ses membres devront avoir des limites claires entre ce qui est Asatru et ce qui ne l’est pas. On devra nécessairement formuler des jugements, et, comme par le passé, passer outre les sentiments de certaines personnes. Les pratiquants, comme ceux des religions traditionnelles amérindiennes, devront sûrement un jour refuser la présence de certaines personnes qui voudront seulement imiter et s’approprier certains aspects sans jamais essayer de comprendre quoi que ce soit hors de leur cadre de pensée. Mais ils devront aussi commencer à remettre en question tout ce qui a été emprunté de manière non-pertinente (pratiques, formules, objets, idées), et prendre la décision de revenir sur ces emprunts, sans hésiter à écarter ce qui est clairement incompatible. Pour guider ces nécessaires débats, voici une proposition de neuf lignes de conduite :

  1. Accepter que l’Ásatrú en tant que vision du monde est probablement complète (même si pas encore totalement bien interprétée) et se tient à elle seule.
    2. Accepter que l’Ásatrú en tant que religion est l’expression de la culture sous-jacente.
    3. La spiritualité Ásatrú est fondée sur une interaction avec le monde réel d’une façon qui conforte le bien-être de la famille et de la communauté.
    4. « La récompense finale » [après la mort] est directement liée aux souvenirs qu’on laisse derrière soi après sa mort.
    5. La famille est la plus petite unité définie dans l’Ásatrú. L’individualisme radical est un concept à la fois étranger et moderne.
    6. La communauté géographique est la dernière ligne de défense pour la famille et, même si elle est « mixte », elle toujours être traitée avec respect.
    7. La terre sur laquelle repose la communauté géographique est sacrée.
    8. La communauté est naturellement divisée en trois classes et chacune des classes doit honorer (‘worship’ ) de façon appropriée – la prière individuelle adressée directement aux dieux est un emprunt à la chrétienté fait il y a mille ans. Les Ancêtres, les Esprits du terroir, les Esprits de la demeure, doivent retrouver leur juste place [NdT : de premiers interlocuteurs et, si besoin, d’intermédiaires].
    9. Il faut développer de nouvelles acquisitions :
    – qui ont une signification locale,
    – qui ne sont pas empruntées telles qu’elles à une autre vision du monde,
    – qui sont cohérentes avec la vision germanique du monde.
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Aéroport de Notre Dame des Landes, un enjeu de société

Ce projet d’aéroport masque derrière des réalités économique et environnementale un réel changement de culture. Se pose en effet le choix entre deux mondes. D’une part celui tendant vers toujours plus de mondialisation, de croissance urbaine, fondé sur une vision du développement datée des trente glorieuses et visant à construire, s’étendre toujours plus. D’autre part la défense de notre maison commune, la préservation des modes de vie traditionnels, de l’ancrage local, de l’enracinement et quelque part de la décroissance au profit de la sauvegarde de notre modèle de société. En somme les tenants de la mondialisation désincarnée face aux défenseurs d’une société enracinée.

Il est amusant de voir toujours les mêmes « progressistes » soutenir l’aéroport au nom de la marche inéluctable du temps. Alors que ce sont les idées qui mènent le monde, les leurs semblent pourtant en décalage avec la tendance actuelle favorisant de plus en plus les circuits courts, la consommation bio et locale, et le développement durable. Nous y trouvons la petite et moyenne bourgeoisie de l’Ouest, soucieuse d’assurer le développement économique de la région, et dont les représentants des Républicains et du PS font cause commune pour défendre le projet coûte que coûte. Alors que la majorité des élus locaux, toutes tendances politiques confondues, soutiennent le projet, l’avis de la population est bien plus mitigé (les sondages indiquent mêmes qu’une large majorité de français y est opposée). Ecolos, Cathos (cf. l’appel des chrétiens contre NDDL), paysans, altermondialistes, gauchistes, conservateurs traditionnalistes s’unissent dans une légion tout aussi hétéroclite.

Source : Aéroport de Notre Dame des Landes, un enjeu de société

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DNH #17 : Le grand art de la réparation

 

L’art de réparer exige une disposition à la fois cognitive et morale : « Être attentif, comme dans une conversation, et non pas simplement affirmatif, comme dans une démonstration. » À la différence du constructeur, le réparateur se place sous un horizon de réceptivité à un organisation qui le précède. Ainsi son mode opératoire est-il exemplaire pour l’écologie.

Source : DNH #17 : Le grand art de la réparation

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A la limite

 

« Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bérets, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. Bien sûr, nous avons appris à penser à Vienne, à rock’n’roller à Londres, à rêver à Hollywood, à innover à Silicon Valley… » Ainsi parlaient Marc-Georges Bennamou, Pierre Bergé et BHL dans l’édito inaugural de la revue Globe, mensuel branché des années 80.

Trente ans plus tard, voici Limite. Après le libéralisme à deux faces, l’écologie intégrale. Contre l’utopie des nouvelles Babel, l’espérance de Noé sur son arche. Globe rêvait d’un monde ouvert, homogène, traversé d’individus fluides et désaffiliés. Nous préférons un monde divers, multiple, riche de l’incroyable variété de ses paysages et des sociétés qui la peuplent. Et si nous voulons résolument nous réenraciner, si tout ce qui est jet set, offshore, Sofitel et CAC 40, bref, hors-sol ou indifférencié, nous est étranger, voire odieux, c’est que nous sommes nous-mêmes d’une génération précarisée, éparpillée.

[…]

On avait rêvé la fin de l’histoire, on se réveille avec le terrorisme islamiste, le changement climatique et le chômage de masse. Le Marché devait nous libérer, et c’est le chaos qui nous traque. Combien de fois, après le 13 novembre, avons-nous entendu la rengaine ? Il faut continuer à vivre comme avant, sans rien remettre en cause. Et de fait, en plein deuil national, les nouvelles de la Bourse nous parvenaient entre deux pages de pub. Consommez braves gens, comme si de rien n’était, et puis Noël approche. L’État-policier au secours de l’impérialisme marchand, le voilà le prix de la sécurité dans le désordre global : toujours plus d’artefacts, et moins de liberté. Nous n’avons connu que la société de marché, mais nous ne serons pas les agents du profit dans l’enclos sécuritaire. C’est une vie décente, plus simple et plus digne que nous voulons défendre. Et cela commence par des lieux et des communs, des solidarités locales et des souverainetés reconquises. Un retour à la politique, en somme, sans déni ni repli. Nous devons cela à nos morts. Ceux de janvier, ceux de novembre. Et ceux qui viendront après

Source : A la limite

(P.S. du Chat Poron : et les binioù vous le rendent bien)

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Pourquoi « protéger la nature » est-il souvent perçu comme contraire à la modernité ?

La philosophie politique et sociale, tout spécialement celle qui est d’obédience libérale, estime que la modernité se caractérise par l’accès à un ordre social « autonome », régi par des lois qu’il se donne lui-même ; ceci à la différence des autres sociétés, qui sont réputées guidées par un ordre « hétéronome », sur lequel l’homme n’a donc pas de prise. On trouve par exemple cette thèse chez Luc Ferry (1992), Marcel Gauchet (1985) ou Louis Dumont (1977).

Que l’ordre des sociétés soit ancré dans la nature implique que l’homme se voit attribuer une nature, une identité, une « essence » fixe, dont il ne peut pas sortir. La source de cette fixité diffère d’une société à l’autre : culte des ancêtres, religion, ordre sacré, ordre hiérarchique des castes, etc. Avec la modernité démocratique la nature de l’homme est devenu un problème, quelque chose à quoi on admet ne pas avoir de réponse claire. C’est l’objet d’une recherche, d’une enquête, faite d’essais et d’erreurs, dans le domaine de l’organisation humaine comme dans celui de la transformation de la nature.

La « protection de la nature » réactive donc un dangereux principe prémoderne, qui vise à sacraliser la nature, et donc restreindre le pouvoir des hommes. […]

On ne peut « défendre la nature » sans lui attribuer une valeur, ou importance, or la valeur est la composante majeure du sacré. « Sauver la biodiversité » a bien un sens dès lors qu’une large fraction de celle-ci est en danger… et qu’en outre la perturbation massive des écosystèmes terrestres et marins fragilise les sociétés humaines qui en dépendent). Il s’agit bien de limiter le « droit à l’expérimentation », comme le prouvent les controverses autour du principe de précaution, entre les partisans de la géo-ingénierie et ceux qui considèrent que l’instrument est trop grossier, quand il est mis en regard de la fragilité de la biosphère. On a bien un problème de valeur, d’une part, et de droit à expérimenter, de l’autre.

Est-il antimoderne pour autant ? Pas forcément. Tout d’abord parce que « l’expérimentation » n’a pas de raison de prendre forcément la forme qu’elle a en physique, où l’on travaille sur des propriétés éternelles et immuables, indestructibles. Ensuite on peut retourner aux critiques leur propre argument, en pointant du doigt le caractère extrêmement limité du monde qu’ils nous offrent. En effet dans leur ordre tout est permis du moment que la « valeur ajoutée » – au sens économique

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Algues vertes (Finistère, 2009)

– augmente : voilà qui est extrêmement restrictif. N’est-ce pas la sacralisation d’une certaine essence de l’humanité ? Luc Ferry et Alain Renaut le reconnaissant, les institutions libérales qu’ils décrivent découlent de « l’affirmation de l’existence d’une nature humaine commune » (Ferry & Renaut, 2007 : 476). Ce peut aussi être un acte de la volonté que de déboulonner l’Homo economicus, et de montrer que sa rationalité, sous l’angle écologique, est irrationnelle. De montrer que ce à quoi il tient est absurde, que ce soit sous l’angle de la démocratie ou de l’universalité. Car l’humanité entière ne saurait parvenir à vivre comme les Occidentaux. 

Il est évident ici que l’auteur, fort de son titre de docteur ès philosophie et argumentant en faveur de la biodiversité à destination d’un public politico-scientifique bien placé, ne saurait poser un conflit irrémédiable entre protection de la Nature et modernité… et encore moins y prendre parti contre ladite modernité. Là où sa pensée est intéressante, c’est qu’elle met en lumière, d’un point de vue compatible avec la pensée occidentale contemporaine, le fait que l’idéologie libérale est bien une idéologie et non le point de vue objectif qu’elle prétend être. Son culte de la valeur ajoutée, adossé au mythe de la croissance économique infinie dans un monde fini, sont de purs dogmes qui s’avèrent en plus dangereux et mortifères.

Au contraire, nos traditions ancestrales portent en elles une profonde rationalité. Autant que nous pouvons, il convient donc pour le traditionnaliste actuel de marcher sur ses deux jambes : savoir plaider notre cause avec les mots de l’ennemi à l’intérieur-même de son système en utilisant ses contradictions, tout en pensant le monde avec nos propres concepts et échelles de valeur.

Pour lire l’intégralité de l’article de Fabrice Flipo sur le site de la Société Française d’Ecologie : http://www.sfecologie.org/regards/2014/10/14/r61-f-flipo-nature-et-modernite/

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Le Hamster d’Alsace

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Aire de répartition de Cricetus cricetus

Le Hamster d’Alsace (Cricetus cricetus, aussi nommé Hamster d’Europe, Grand Hamster, Marmotte de Strasbourg ou Kornfàrel / « petit cochon des blés » en alsacien) est un rongeur présent en Europe de l’Est et en Asie centrale. A noter qu’il ne s’agit pas du hamster domestique, Mesocricetus aureus, originaire de Syrie. En Europe de l’Ouest, le Grand Hamster n’est présent que dans certaines zones très limitées, comme en Belgique, en Alsace ou très faiblement en Allemagne : en effet, il n’habite que les plaines limoneuses, c’est-à-dire les terres les plus fertiles quand elles sont bien arrosées. Considéré comme un nuisible, des actions massives d’empoisonnement au phosphure d’aluminium et de traque dans les terriers ont été menées à partir des années 60… si bien que, en 1993, il a dû être déclaré « espèce protégée » pour éviter son extinction totale du territoire français. En effet, l’urbanisation croissante et la monoculture de maïs intensive dans la plaine d’Alsace (servant à nourrir le bétail européen en mélange avec du soja OGM américain) ont détruit ses habitats naturels à une vitesse fulgurante.

Or, il joue un rôle important dans le fonctionnement de son écosystème, car il est la proie de nombreux rapaces et serpents, dont la survie devient à son tour remise en question. Ses terriers abandonnés favorisent aussi la survie de plusieurs espèces rares de crapauds, eux aussi déjà menacés par l’agriculture industrialisée. Et surtout, il favorise la dispersion de nombreuses plantes à graines en les stockant sous terre dans des conditions favorables pour germer… d’où son nom de hamstern (qui signifie « faire des réserves » en allemand).

Ce hamster est aussi un exemple, dans la mesure où il n’hésite pas à défendre ses petits et son terrier… parfois même, dit-on, face à un berger allemand !

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