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Chantons pour outrepasser le temps.

Le chant, un acte de communion gratuit et fraternel, est en voie de disparition. Appuyez sur un bouton et la musique jaillit, mais sans nulle présence ni dialogue. Apprendre et se partager des chansons, au coin du feu, au bar, en marchant, est un acte de résistance à l’effacement de notre mémoire, individuelle et collective.

Flamberge et belladone

Article écrit en juillet 2012, posté sur mon ancien blog.
Style et coquilles en partie corrigés pour cette re-publication.
Le titre fait référence à une chanson présente sur mes carnets de chant de petite fille mais dont je n’ai jamais connu l’air : « Chantons pour passer le temps ».

* * *

Quelle poignante beauté que, sous le ciel étoilé d’une nuit d’été, entendre autour d’un feu des jeunes gens chanter le Kyrie des Gueux en polyphonie.
Quel joyeux partage que la ponctuation du De Profundis Morpionibus d’énergiques (malgré l’heure avancée de la nuit) « ZOB ! ».
C’est ce qui m’a poussée à exercer à la fois ma voix et ma mémoire en apprenant par cœur certaines ballades dont il m’arrivait de fredonner l’air mais dont je n’avais jamais retenu plus de deux vers de suite, et à faire cette amère constatation : le citadin moyen occidental et surtout français ne chante pas. L’homme…

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Pierre Bitoun : « Le sacrifice des paysans, c’est celui de tous les autres »

« Pour caractériser la disparition voulue du monde paysan, vous parlez d’ethnocide. Le terme n’est-il pas un peu fort ?
– Non. Il s’est bien agi de la destruction d’une culture, d’un monde, ou plutôt de mondes car il existait des sociétés paysannes/rurales diverses, contrairement au modèle uniformisateur de la société urbaine, industrielle puis de services, dont la mondialisation néolibérale accélère l’installation aux quatre coins de la planète. Partout, sous l’effet de la disparition des paysans et du déploiement du capitalisme productiviste, la diversité recule, les paysages s’uniformisent, les formes de vie sociale se ressemblent, la pluralité et l’autonomie des cultures s’effacent, au profit d’un “Grand Tout” qui colonise et marchandise la moindre parcelle de terre, le moindre compartiment de nos vies. »

Le Comptoir

Pierre Bitoun, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), est l’auteur de nombreux ouvrages dans différents domaines : histoire, sociologie, sciences politiques, littérature, etc. Certains d’entre eux sont en accès libre sur son blog. À l’occasion de la parution de son dernier livre, « Le Sacrifice des paysans, une catastrophe sociale et anthropologique » (co-écrit avec Yves Dupont, Éditions L’Échappée, 2016), il nous a accordé un entretien.

Le Comptoir : À la lecture de votre livre, on s’aperçoit que la paysannerie est loin d’être le seul sujet abordé. S’agit-il pour vous d’un fil rouge propice à la critique de la modernité dans son déploiement ?

pierre-bitoun-1Pierre Bitoun : Absolument. Ce que nous avons voulu faire, c’est nous défaire d’une démarche, inévitablement étroite, de spécialistes de l’agriculture pour tenter de réinscrire les problèmes dits de “politique agricole”‚ à l’intérieur d’un questionnement d’ensemble sur les raisons anthropologiques, techniques, économiques, sociales ou politiques…

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Comment fêter les Douze Nuits de Yule ?

Un Tiers Chemin

Vous pouvez trouver à cette adresse la version 2015 du guide « Les Douze Nuits de Yule, fêter le solstice d’hiver dans la tradition germano-scandinave », réalisé par le Clan Ostara : Les Douze Nuits de Yule

L’année est sans doute le meilleur moyen de saisir la nature cyclique de notre existence. On est souvent trop habitué à la succession des aubes et des crépuscules, et trop occupé au quotidien, pour les célébrer dignement. La lune a été bannie de notre vision du monde ; et les évènements de la vie, de la naissance au décès, sont trop espacés pour faire transparaître nettement la courbure du temps qui les relie.

Le calendrier annuel, lui, montre clairement le flux et le reflux des jours et des nuits. Il comporte un point d’inflexion fondamental : la période du solstice d’hiver, où les jours sont les plus courts mais pourtant marquent le début du racourcissement…

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Le bonheur selon Sénèque! (texte choisi)

« S’agissant de la vie heureuse, il n’y a pas lieu, comme pour un décompte électoral, de me répondre : « Voilà le choix de la majorité. » Car c’est justement le mauvais.

Les choses humaines ne vont pas si bien que ce qui est le meilleur plaise au plus grand nombre : la foule est le critère du pire. Cherchons le meilleur, non ce qui est ordinairement considéré comme tel ; ce qui nous met en possession d’une éternelle félicité, non ce qui a l’approbation du vulgaire, le plus mauvais interprète de la vérité. »

Sénèque, La Vie heureuse, II

Urgenius

Ce texte est extrait de De La Vie Heureuse de Sénèque, philosophe romain de l’école stoïcienne. Oeuvre, dans laquelle il tente de définir ce qu’est le bonheur et par quel moyen l’homme peut y parvenir.

« Vivre heureux : voilà, mon frère Gallion, ce que veulent tous les hommes. Mais s’agit-il de distinguer clairement ce qu’il faut pour rendre la vie heureuse, que, si une fois on s’est trompé de chemin, chacun s’en éloigne d’autant plus que sa course est plus rapide : dès qu’on marche dans le mauvais sens, la vitesse même éloigne du but. »

Déterminer ce que nous cherchons

« Il faut donc d’abord déterminer ce que nous cherchons, ensuite regarder de tous côtés par où nous pouvons y arriver le plus rapidement : c’est en chemin, pourvu que ce soit le bon, que nous saurons combien chaque jour nous aurons gagné, de combien nous nous serons rapprochés de l’objectif vers lequel nous…

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Un superbe chant traditionnel letton (daina) évoquant des divnités païennes baltes : Dievs, Laima, Saule.

L e    C a i r n

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Était-ce un don de Dieu¹,
Était-ce la loi de Laima²,
L’étranger rencontra l’étrangère,
Et ils s’aimèrent leur vie durant.

I

Un seul soleil, une seule terre,
Mais pas de langue partagée :
j’ai traversé la rivière,
Déjà la langue avait changé.

II

Saule³ a mené ses chevaux
Se baigner dans la mer ;
Elle est assise sur la colline,
Les rênes d’or à la main.

III

Où emportes-tu ta maison, Saule,
Le soir en te couchant ?
– Au milieu de la mer, sur l’eau,
À la pointe d’un roseau d’or.

IV

Extrait de Dainas, Poèmes lettons traduits et présentés par Nadine Vitols Dixon.

1 : Dievs, un Dieu qui au fil des siècles a été amalgamé au Dieu chrétien.
2 : Déesse de la Destinée mais aussi du bonheur, la plus souvent invoquée dans les Dainas.
3 : Mère Soleil, déesse solaire, une des plus importantes.

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D’r Wiehnàchtsbàuim !

La plus ancienne attestation du sapin de Noël est celle de Friburg im Brisgau en 1419, en terres alémaniques. A tout seigneur, tout honneur !

Elsasser Wurtzle

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Ce soir, c’est le réveillon de Noël et le sapin qui trône dans votre salle- à-manger, ou dans votre salon, méritait bien un billet pour le remettre à l’honneur bien au-delà de sa fonction décorative. Ce n’est absolument pas un arbre anodin et pour vous en assurer, il faut saisir ce qu’il représente tout au long de son histoire dans notre culture.

Là où il y a une famille alsacienne chrétienne, il y a un sapin de Noël: D’r Wiehnàchtsbàuim, comme on le prononce dans le Haut-Rhin. La plus veille mention connue en France d’un de ces sapins de Noël se trouve à la bibliothèque humaniste de Selestat , dans un document datant de 1521.  Dans les faits, l’Alsace qui n’était pas française, ne peut se vanter d’être le berceau de cet élément, si particulier, à cette fête de fin d’année. Il en subsiste d’autres antérieures à cette date, dont la plus ancienne remonte…

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La communauté est morte, vive la communauté !

Un article visionnaire et très fouillé sur la notion de communauté, comme recours à la marchandisation du monde et à la société du spectacle. Prenez le temps de lire, ça vaut le détour.

Le Comptoir

Des craintes d’une montée des “communautarismes” en passant par les références aux “communautés religieuses” dans le débat public, la communauté est aujourd’hui un terme qui revient souvent dans le débat public. Pourtant, à l’instar d’autres mots galvaudés par un usage surabondant et médiatique tels que “populisme” ou “démocratie”, ce dernier ne semble guère précisé lors des discussions. S’il a une connotation positive dans la bouche des anglo-saxons – plus particulièrement Américains –, il revêt une signification foncièrement péjorative chez les Français. La lecture de l’article de Pierre Ansay sur l’œuvre du célèbre communautarien américain Michael Sandel – « Michaël Sandel et les fondamentaux de la philosophie communautarienne » publié dans Politique, n°81 – nous offre l’occasion de revenir sur la question de la communauté, question trouble et large s’il en est, mais centrale tant elle touche à une myriade d’autres sujets.

Individualisme et société

« Il n’y a pas de politique sans société…

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SOLUTIONS TRADITIONNELLES VS PATRIARCAT TECHNICIEN

En s’appropriant les semences, les grandes firmes OGM mènent une réelle révolution chimique qui nie le droit des agriculteurs, en majorité des agricultrices, à cultiver leurs propres semences, alors même que celles-ci sont plus nutritives et plus résilientes.

La question des semences, déplore Vandana Shiva, n’a été traitée durant cette COP qu’à travers le vocabulaire de l’innovation technique et de l’ingénierie, niant explicitement le savoir traditionnel des autochtones, en semblant croire que les semences n’avaient jamais existé avant la civilisation occidentale. Une logique patriarcale, qui mise tout sur la technique et la concurrence, postule que la nature et les femmes ne sont pas productives par elles-mêmes. Ce faisant, les femmes comme la nature se révèlent victimes du même état d’esprit occidental, technicien, capitaliste, masculiniste. Vandana Shiva parle de catégories patriarcales « fossilisées » (comme l’énergie fossile, précise-t-elle), parmi lesquelles elle compte les mots « innovation », « performance », « rentabilité ». Et d’en appeler à un renversement de la privatisation du vivant, qui doit être remis entre les mains des femmes. Fatou Ndoye dresse elle aussi un diagnostic sans appel de la situation des femmes africaines, victimes de la dégration de l’environnement et des ressources, ainsi que de l’émigration masculine. Elle insiste sur toutes les initiatives portées par des femmes au Sénégal : reboisement de la mangrove, activités d’ensemencement, valorisation des connaissances locales.

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Voilà l’un des mantras de ce colloque : revaloriser les savoirs-faire traditionnels, locaux, portés par des femmes souvent non-diplômées, mais fortes de leur expérience. En bas, les écrans plats continuent pourtant à vendre leurs techniques innovantes, porteuses de croissance et de progrès. Fatou Ndoye, Hindou Oumarou et Vandana Shiva, elles, nous disent que les solutions simples existent déjà, que les femmes les connaissent, qu’il n’y a pas besoin pour cela d’investir des millions dans la recherche, mais seulement de faire confiance aux populations locales. « Les solutions sont là, insiste Vandana Shiva, mais un pouvoir irresponsable et aveugle refuse de les prendre au sérieux ».

Source : Greenwashing vs. Ecoféminisme : ce que j’ai vu à la COP 21

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La conspiration du bruit

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure », écrivait Georges Bernanos au siècle dernier. Que dirait-il aujourd’hui ? Le bruit – auditif, visuel, mental, physique – a tout envahi. […]

« L’état de notre époque requiert un grand silence », écrivait le poète latin Fulgence alors que l’Empire craquait de toutes parts. Et il craque encore aujourd’hui.

Face à cette conspiration du bruit, fomentons la conjuration du silence.

Source : La conspiration du bruit

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