Herboristeria : contra rhumus chiantus

Le solstice approche, avec son froid vivifiant… Du coup, on a beau faire gaffe et sortir couvert (ce qui est généralement une bonne idée, les MST c’est pas que l’été), c’est assez rare qu’on ne finisse pas par se choper un petit cadeau tout mignon, gentil rhume au mieux et sale grippe au pire, avec souvent quelque chose entre les deux qui implique diverses angines et éructations.

Il y a bien entendu l’option hertkärn, comme on dirait en Alsace. Du genre « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ». Pas question de perdre du temps et de l’argent, de toute manière la Sécu’ c’est pour les faibles et autant limiter la déforestation en se mouchant sur les gens qui ne baissent pas les yeux dans la rue. Ça semble légitime, mais dans les faits c’est quand même un peu compliqué ; et puis c’est dommage de barler gomme za quand on est un(e) viking trop viril(e).

C’est à ce moment-là que vous vous dites que le Progrès, c’est vraiment trop génial (comme le cheval dans les lasagnes). Il suffit de décrocher son téléphone pour prendre un rendez-vous chez le médecin pour amputer une partie de votre week-end dans sa salle d’attente ! Bah oui, en journée vous devez bosser, sauf si vous êtes un parasite indigne de respirer. Et là, hop, c’est Noël avant l’heure, pour les quelques eurosous de votre tiers payant vous vous retrouvez avec une liste longue comme le bras de cachetons et sirops miraculeux, sans aucun effets secondaires. Enfin, sauf l’anti-inflammatoire, mais vous avez un médoc’ supplémentaire pour les minimiser, pas bête la bête. En plus, vu que « ça fait tourner l’économie » en profitant à l’industrie pharmaceutique, tout va bien, que demande le peuple ? A se demander comment on faisait avant. Avant quand, d’ailleurs ? Oh, pas si longtemps en fait, depuis une loi concoctée par un gouvernement éclairé en 1941, le même qui a mis au point la région « Pays de la Loire » avec le château des ducs de Bretagne dedans. Avant, donc, il y avait un métier qui s’appelait herboriste, c’est-à-dire quelqu’un qui soigne avec des plantes.

Sérieusement ? Se soigner avec des plantes ? Eh oui, notre belle nature est aussi une énorme armoire à pharmacie. Une bonne part des médicaments a un principe actif qui se trouve aussi à l’état naturel, ou bien est une variation de ceux-ci. Parfois c’est vraiment plus efficace, mais d’autres fois c’est surtout une affaire de gros sous. Comment est-ce que vous voulez déposer un brevet sur des plantes, ou même rentabiliser des chaînes de production si chaque potager et même chaque balcon est un concurrent potentiel ?

Les « remèdes de grand-mère » sont souvent la meilleure solution contre la plupart des soucis de l’hiver. En ce qui me concerne, j’utilise deux potions magiques : une simple que je dois à la longue lignée de mes mammoù-gozh bretonnes quand quelque chose pointe au bout de mon nez (branches de thym, fleur de sureau, fleur de lavande), et une de secours quand la fièvre se joint à la danse (feuilles de laurier noble, écorce de saule blanc, sauge officinale). Avec un peu de citron (ou mieux, du vinaigre de cidre non-filtré) et surtout du miel pour faire passer le tout – nos amis les abeilles y mettent pas mal d’agents antimicrobiens pour empêcher le mélange sucre+minéraux+vitamines de devenir une couveuse à saloperies. J’utilise d’ailleurs ce simple mélange de manière assez routinière pendant la saison sombre dès que j’ai eu le moindre courant d’air, et je suis à peu près deux fois moins souvent avec le nez bouché qu’avant, quand c’était ma chère génitrice qui devait me tendre une embuscade pour me le faire avaler de temps à autres.

Ou alors c’est dû au fait que dès que les jours raccourcissent abusivement, je mets au choix de l’oignon, de l’ail ou de l’échalote dans une bonne moitié de mes plats ; l’autre moitié, c’est poivré à l’écossaise, ce qui veut dire « verry muchrrr ». Les propriétés bactéricides des Alliacées sont connues depuis longtemps (la 7ème strophe du Sigrdrifumal y fait allusion), et plus ça pique plus ça débouche.

Bref, allez, plaaace aux recettes ! Mais avant, un petit « avis de non-responsabilité » – par tous les Dieux, je déteste devoir me décharger comme ça, mais c’est la très-bienfaisante Loi qui le veut (et les profits du Big Pharma).

Ceci n’est pas une prescription médicale : je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni herboriste (puisque ce métier a été supprimé par le régime de Vichy). Je décline toute responsabilité en cas de consommation de cette recette théorique seulement utilisée de manière fictieuse par mon alter-ego littéraire qui est le personnage principal de ce blog, et par ses ancêtres pendant les 1423 dernières années. Ne pas utiliser si vous êtes allaitant(e) ou enceint(e)*. Ne pas utiliser si vous suivez un traitement ou souffrez d’une maladie (c’est évident que les plantes médicinales sont réservés aux gens bien-portants). Ne pas utiliser si vous êtes stupides au point d’utiliser 457 fois la dose conseillée, ou des huiles essentielles pures quand vous on parle de végétaux séchés 875 fois moins concentrés, même si ça ferait sans doute très plaisir à Tonton Darwin.

* : sans déconner, y’a certaines plantes qui peuvent faire des trucs pas cool au foetus, genre celles qui servaient d’abortifs avant l’IVG par aspirateur. Donc renseignez-vous bien, et demandez conseil avant plutôt qu’après.

Quand on s’est pris un vilain coup de vent dans le museau :

1) Faites bouillir de l’eau

1bis) Servez-vous-en (je voulais juste mettre deux traits d’union d’affilée, désolé) une bonne tasse

2) Ajoutez une cuillerée de miel, si possible de lavande, tilleul ou thym

3) Versez une cuillère à soupe de vinaigre de cidre non-filtré, ou ajoutez du jus de citron

4) Remettez du miel, parce que c’est trop acide  (et que le miel, c’est bon)

Ça, c’est un peu la base. En cas de problèmes gastriques, faites attention à ne pas boire trop acide, surtout à jeun. Cela dit, y’a bien ces gens qui blasphèment avec du Caca Cola (c).

Quand le nez commence à ressembler au périphérique de Paris à 18h :

1) Faites bouillir de l’eau

2) Ajoutez un bouquet de thym, de lavande (et de fleur de sureau si vous en avez)

3) Laissez infuser pendant 5 à 10 minutes avez de vous servir (vous pouvez filtrer si besoin)

4) Ajoutez une cuillerée de miel, si possible de lavande, tilleul ou thym

5) Versez une cuillère à soupe de vinaigre de cidre non-filtré, ou ajoutez du jus de citron

6) Le miel, c’est toujours aussi bon, et vous n’avez pas encore la main pour doser le vinaigre.

Minimum une fois par jour quand on rentre chez soi, éventuellement à répéter avant de se coucher.Potionlol

Quand c’est un sauna dans le dedans du corps, mais sans personne autour pour se rincer l’oeil :

1) Faites bouillir de l’eau 5 minutes avec quelques grammes d’écorce de saule blanc

2) Coupez le feu et ajoutez les feuilles de laurier noble et la sauge officinale

3) Laissez infuser pendant 5 à 10 minutes avez de vous servir (vous pouvez filtrer si besoin)

4) Ajoutez une cuillerée de miel, si possible de lavande, tilleul ou thym

5) Versez une cuillère à soupe de vinaigre de cidre non-filtré, ou ajoutez du jus de citron

6) Vous en avez trop mis à cause de la fièvre, donc rajoutez du miel.

Cumulable avec la deuxième potion, en alternance. Attention, l’acide salicylique contenu dans l’écorce de saule est comparable à l’aspirine (acide acétylsalicylique), ne pas prendre en cas d’ulcères, d’allergie ou d’hémorragie. Ne pas combiner avec de l’alcool. Les inflorescences de tilleul peuvent remplacer un des ingrédients.

J’utilise uniquement des plantes bio, parce que le rapport risque/bénéfice est pas aussi génial quand on y mêle des résidus de pesticides. Ça ne coûte pas forcément beaucoup plus cher si on applique quelques trucs secrets :

1) Éviter de se faire piegeonner. Ça peut sembler évident, mais en fait non. Les prix varient facilement du simple au double, voire au triple, donc il vaut mieux prendre son temps et comparer (ce qui signifie : faites vos stocks avant d’être cloués au lit).

2) Acheter directement au producteur. En incluant votre département dans la recherche internet, vous avez de bonnes chances d’en trouver un. La plupart du temps il les vendra comme « aromates » plutôt que comme « plantes médicinales », pour éviter de jolies surprises du type quelques SMIC d’amende.

3) Les cueillir soi-même. Mais pour certaines il faut habiter dans des coins où ça pousse bien, type Occitanie, et dans tous les cas faire attention aux faux-amis toxiques.

4) Les cultiver soi-même. C’est mon option préférée ; en fait il n’y a même pas forcément besoin de jardin puisque le thym et la lavande poussent très bien en pots ou jardinières à la fenêtre (ou mieux, sur le balcon). Ce sont des plantes assez robustes qui ne demandent pas spécialement d’avoir la main verte, et toutes les orientations peuvent convenir – sauf la face nord.

Liens externes :

http://www.ouvertures.net/les-profits-hors-norme-de-l´industrie-pharmaceutique-font-debat/

http://www.toutpratique.com/3-Sante/5888-Contre-le-rhume-des-infusions-.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_plantes_médicinales_par_indication_thérapeutique

Publicités
Catégories : Médecine, Savoirs | Étiquettes : , , , , , , , , , , | 4 Commentaires

Navigation des articles

4 réflexions sur “Herboristeria : contra rhumus chiantus

  1. Solen

    Cet article est intéressant, pour ma part en cas de rhume j’utilise des inhalations de thym et d’eucalyptus.
    Mais plus généralement, en consultant votre blog, les questions qui me viennent à l’esprit sont qui êtes vous, d’où sortez vous, pourquoi ce blog ?

    J'aime

    • Salutations,

      Comme vous avez pu le constater dans la section « A propos », je pense que les traditions ont prouvé leur intérêt dans la mise en place de relations harmonieuses à l’intérieur des différents groupes humains, entre ceux-ci, et avec leur environnement. D’où la mise en ligne d’un blog qui leur est consacré.

      Dans l’immédiat, je sors de l’hôpital, d’où une réponse et une validation un peu tardives en ce qui concerne votre commentaire. A part ça, du ventre de ma mère, comme tout le monde.

      Concernant mon identité, je n’ai pas le plaisir de connaître de tradition où il est de bon aloi pour le visiteur de questionner son hôte à ce sujet sans s’être soi-même présenté. Ne prenez pas cela pour une marque d’hostilité, c’est simplement un fait. Aussi, je serais donc ravi de pouvoir répondre plus en détail à vos questions dans mon prochain mail.

      Je ne sais trop quoi vous souhaiter pour conclure ce message, étant donné que je manque un peu d’informations à votre sujet, donc je vais me limiter à une bonne soirée (en espérant ne pas me tromper d’hémisphère).

      Aimé par 1 personne

  2. Merci pour ces remèdes et la rhétorique astucieuse qui les accompagne
    . J’espère penser à cet article l’hiver prochain, quand cela deviendra de nouveau nécessaire. En attendant, il est bientôt temps d’aller cueillir le tilleul et le sureau, d’ailleurs.
    Contre l’asthme et la toux, j’utilise le vieux remède traditionnel indien : lait, curcuma et miel et là où les médicaments ne font plus effet, me mettant au supplice, ce merveilleux remède prend le relais, que le médecin soit d’accord avec ça ou non…

    J'aime

    • Je viens de tilter, mais parmi les cocktails de ma création, celui qui a le plus de succès est indéniablement le vodka-lait-miel-curcuma. Comme quoi, les grands esprits se rencontrent.

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :